Vu, lu sur le net.
Un conseiller de l’Elysée met en avant ses relations pour éviter un PV: Flashé à 119 km/h au lieu des 70 autorisés, Olivier Marleix a conseillé aux gendarmes d’Eure-et-Loir de "classer" l’incident. "La tolérance zéro pour les délinquants de la route" promise par Hortefeux n’est pas tout à fait au point.
Nicolas Sarkozy "attise la haine contre les étrangers": Le chef de l’Etat et son gouvernement "ont manifestement décidé d’agiter les vieux refrains des années 30", dénonce la Ligue des Droits de l’Homme au sujet du discours sécuritaire du chef de l’Etat.
Nicolas Sarkozy : une année de glissement sécuritaire - LeMonde.fr
Affaire Woerth : un bien petit monde...: Le directeur de cabinet du ministre, Sébastien Proto est l’ami d’Antoine Arnault. Or, le fils de Bernard Arnault a pour beau-père... Patrice de Maistre.
Depuis un mois et demi, Eric Woerth occupe une place de choix dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Woerth-Bettencourt. Une affaire qui a révélé que décidément, politiques et grandes fortunes évoluent dans un bien petit monde. La femme du ministre qui travaillait, jusqu’au mois dernier, pour une des premières fortunes de France, ses rencontres avec Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt et l’employeur de son épouse, le financement de son micro-parti… Le ministre a fait front. Forcément conseillé et aidé par son directeur de cabinet, Sébastien Proto. Ce dernier définissait ainsi son poste en 2009 : "Mon rôle est de m’assurer que (le ministre) a tous les éléments, à la fois techniques et politiques pour prendre sa décision". Il était déjà son directeur de cabinet au ministère du Budget après en avoir été le directeur adjoint. A ce poste, il était donc chargé de lutter, avec son patron, contre l’évasion fiscale. Par exemple, lors de la révélation en septembre 2009 de la liste de 3.000 évadés fiscaux, les deux hommes prennent la pose pour le JDD.
Défaite aux Régionales, Chantal Jouanno accuse Internet - Numerama: Il fallait bien que quelqu’un le fasse. Mise en échec lors des élections régionales, pour lesquelles elle était tête de liste UMP à Paris (42,05 %), la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Joanno a trouvé le coupable idéal. "Collectivement droite et gauche avons fait une mauvaise campagne. Twitter nous a fait beaucoup de mal, Internet aussi en diffusant des rumeurs absolument ignobles", a-t-elle ainsi témoigné dans un article du Monde. Peut-être voulait-elle parler des rumeurs sur son adversaire Ali Soumaré ?
Quoi qu’il en soit, la déclaration de Mme Jouanno est d’autant plus amusante que sous l’article du Monde figure un lien vers un article du même journal, intitulé "Sur Internet, les militants UMP se retournent contre Sarkozy". Fichu Internet. Fichu Twitter. Ils parviennent même à retourner les propres troupes de l’UMP contre leur maître ! C’est dire si la bête est cruelle.
Il faudra un jour que Mme Jouanno réalise qu’il est aussi absurde de dire "Twitter nous a fait beaucoup de mal" ou "Internet a diffusé des rumeurs absolument ignobles", que de dire "le téléphone portable nous a fait beaucoup de mal" ou "le papier des magazines a diffusé des rumeurs absolument ignobles".
Twitter et Internet n’existent pas. On ne leur serre pas la main. On ne les croise pas au marché le dimanche matin. Ils ne s’engouffrent pas le soir dans des métros bondés après une dure journée de travail.
Twitter et Internet n’existent pas. La société civile qui s’y exprime, elle, en revanche, existe bien.
Peut-être un jour l’UMP l’entendra-t-elle, plutôt que de lui faire la guerre.
Peut-être même, allez, osons... Peut-être même un jour l’écoutera-t-elle.
Dans Newsweek : "Les gros ennuis de Sarko": L’heure des adieux n’est peut-être pas encore arrivée, mais après vingt ans au cours desquels il a paru invincible le président français Nicolas Sarkozy commence à ressembler à un perdant. Le premier tour des élections régionales début mars a été l’occasion d’une formidable déculottée. Comme l’a titré l’hebdomadaire de gauche Le Nouvel Observateur, c’est SAR K.O.
Le problème du président est basique : il n’a pas tenu ses promesses. L’homme est perpétuellement en campagne, frénétique, enchaînant initiatives après initiatives, en quête des gros titres. Mais la France veut un président qui s’élève au-dessus de la mêlée, que ce soit une figure paternelle façon Charles de Gaulle — obsédé par la grandeur de la France (en français dans le texte) ou un courtois tonton comme François Mitterrand, d’où exsude la littérature et l’histoire. De Gaulle a fait de la France une nation moderne et puissante, Mitterrand en a fait un des pivots de l’Europe. Sarkozy n’est qu’un simple homme politique dans un pays qui a soif d’hommes d’Etat.
Sarkozy regorge d’énergie, mais semble incapable d’ordonner ses priorités de façon cohérente. Il dénonce le capitalisme au Forum Économique Mondial, mais adore faire la fête avec les oligarques français hyperriches. Un nombre croissant d’électeurs retraités voudrait de meilleures retraites et plus de dépenses de santé, et Sarkozy leur garantit qu’il s’occupera d’eux. Parallèlement, il promet aux entreprises des allégements de charge, des départs à la retraite plus tardifs et des services publics plus chers.
Sarkozy a gagné les élections en 2007 en promettant de nettoyer les rues de la "racaille", au besoin avec un Karcher. Il a lancé un débat sur l’identité nationale qui a ouvert la boîte de Pandore du racisme et de la haine anti-musulmane. En réponse peut-être, de jeunes musulmans furieux continuent de se livrer aux rituels incendies de voitures, et les idéologues islamistes du pays se manifestent de plus en plus bruyamment. En foi de quoi, une portion des électeurs d’extrême-droite que Sarkozy avait attirée lors des dernières élections est retournée au Front National, ouvertement anti-musulman.
Les fidèles de son propre parti se sont vus privés de promotions et de postes, Sarkozy ayant bourré son gouvernement d’outsiders venus de la gauche ou d’ONG afin de s’attirer les faveurs des médias. Aujourd’hui, les mécontents de l’Union pour un Mouvement Populaire de Sarkozy se mettent à se retourner contre leur président, qui semble avoir perdu de son aura de vainqueur.
En 2007, Sarkozy avait promis d’être le président des droits de l’Homme, mais pour préserver l’influence de la France en Afrique, cultiver les relations avec la Chine et remporter des contrats en Libye, Sarkozy a mis au rencart les ambitions françaises, gardienne autoproclamée des droits de l’Homme en Europe. Parallèlement, après avoir décidé le retour de la France au sein de l’OTAN (à la grande fureur de l’establishment militaro-industriel), il a entrepris de vendre des navires de guerre ultramodernes à la Russie — qui venait de déclarer l’OTAN comme étant son ennemi.
Sarkozy n’a pas joué avec plus de talent la carte européenne. La chancelière allemande Angela Merkel est saoulée des sermons de la France sur la nécessité pour l’Allemagne de réduire ses exportations et de stimuler sa consommation intérieure. Elle appelle aujourd’hui à une modification des traités de l’UE afin de permettre l’expulsion de la zone euro des pays qui manqueraient à leurs engagements en matière de dette et de déficit. La cible est de toute évidence la Grèce. Mais la sortie de Merkel est également un défi lancé à la France, qui a maintes fois transgressé les règles budgétaires imposées par l’Union — notamment à l’époque où Sarkozy était ministre de finances de Jacques Chirac.
Paris est nostalgique de l’époque où l’Union Européenne était emmenée par l’axe franco-allemand, comme ce fut le cas avec Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt dans les années soixante-dix, Mitterrand et Helmut Kohl dans les années quatre-vingt, ou encore Chirac et Gerhard Schröder, lorsqu’ils étaient unis contre la guerre en Irak de l’axe Bush-Blair. Mais Sarkozy et Merkel ne s’entendent pas. Ils ne parlent pas le même langage politique et son conservatisme social teinté d’austérité est à l’opposé de son style hédoniste.
Tandis que Sarkozy s’agite, le nouveau leader du Parti Socialiste, Martine Aubry, a entrepris de construire son équipe dans le calme. Cette approche discrète a payé au cours des dernières élections, qui a vu les Français voter contre un président tout sauf discret. Les socialistes disposent, en outre, d’une carte maîtresse en réserve. Le patron actuel du Fond Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn est un socialiste qui, dans les années quatre-vingt-dix a été salué comme meilleur ministre des finances du continent. Aujourd’hui, à l’instar d’un de Gaulle, Strauss-Kahn guette en coulisse, et se prépare à défier la terne administration Sarkozy à l’occasion des présidentielles de 2012. Un mauvais score lors d’élections de mi-mandat où la participation est faible ne constitue pas nécessairement un indicateur fiable du résultat de futurs scrutins nationaux. Mais Sarkozy a perdu son invincibilité, et pour les socialistes français, c’est peut-être ce qui suffira à faire la différence.
Par Denis MacShane, député travailliste et ancien ministre des affaires européennes du Royaume-Uni.
Zéro sale con au bureau : objectif prioritaire !
Quand Frédéric Lefebvre pirate les médias - LeMonde.fr
Climat : le Canada ridiculisé par les Yes Men à Copenhague | Rue89
La chanson du lipdub des jeunes de l'UMP était bien piratée | Rue89
« Ce serait vraiment pas gentil que tout le monde déclare @FLefebvre_UMP comme spam à Twitter... »- Ecrans : Un tweet posté mercredi en fin d’après-midi. Une petite blague lancée, comme ça, l’air de rien. Mais qui, relayée, prend une autre tournure.
L’Etat "dilapide" l’argent public pour ses voitures
Le magazine « Auto Plus » embraye sur les dépenses de l’Etat - Libération
Etiam Rides : Pierre Lellouche : "Alors, tu la sens mon Europe qui protège ?": Parmi les nouvelles nominations qu’a occasionnées le dernier remaniement, celle de Pierre Lellouche aux Affaires européennes n’a pas été la plus commentée, la presse préférant s’apitoyer sur le sort de la pauvre Christine Boutin, virée du gouvernement comme un SDF du Canal Saint-Martin. Pourtant, le nouveau représentant de la France auprès des institutions européennes est sans doute la nomination la plus politique (au sens fort du terme) et la plus sarkozyenne.
Un style
Comme le gesticulateur, Pierre Lellouche est avocat d’affaires. Il n’y a pas de sot métier. Mais disons qu’il en est certains qui développent naturellement certains affinités avec certaines pratiques et certains groupes sociaux. Une vision du monde dont le style bling-bling n’est qu’un symptôme.
Autre point commun avec le gesticulateur, le nouveau ministre des affaires européennes n’aime guère la contradiction. C’est ainsi que, Jean-Luc Mélenchon, ayant décrit les positions de Lellouche comme "alignées sur celles de la CIA", le représentant spécial pour l’Afghanistan lui rétorqua : "Si on était au XIXème siècle, je vous flinguerais, et ça serait mérité".
A côté de cela, le "Cass’toi pov’con" du gesticulateur passe presque pour une marque d’exquise urbanité et de délicat raffinement.
Comme Sarkozy, Lellouche appartient à la droite décomplexée. En 1998, lors des débats sur le PACS, il lance au sujet des homosexuels : "Il n’y a qu’à les stériliser".
De même, quand Jean-Marc Ayrault lance à Dominique de Villepin : "Vos mots, vos discours flamboyants ne sont que le paravent d’un démantèlement du code du travail, d’un alignement sur le modèle anglo-saxon…", les députés Yves Bur et Pierre Lellouche rétorquent et : "Et alors ?"
Une vision toute en nuance du monde social
Il est vrai que M. Lellouche a une vision très nuancée du monde social.
Ainsi s’exclame-t-il en 2005 à l’Assemblée nationale : "La situation est telle que, si vous achetez un trois pièces (…) vous êtes inéluctablement assujetti à l’ISF !"
Et tu sais pourquoi ? Parce que la France est "un pays sclérosé où règne une préférence nationale pour l’assistanat et où la religion antilibérale est partagée à droite comme à gauche." (Apprécie tous les mots, hein. Une "préférence nationale", si tu vois ce que je veux dire).
D’ailleurs, le social, c’est nul. Quand on ouvre un centre d’accueil pour SDF dans le 9ème arrondissement de Paris, « Rien ne nous dit que ce ne seront pas des drogués, des immigrés ou des malades du sida » qui vont en bénéficier (Le Figaro, 16 septembre 2002.)
On est plus chez nous, si vous voyez ce que je veux dire
D’ailleurs, en parlant d’immigrés drogués et malades du SIDA, M. Lellouche trouve qu’on n’est plus chez nous, si vous voyez ce que je veux dire.
C’est lui qui a le courage de nous révéler "un secret, sur lequel pèse une omerta obstinée : [...] 80 % de la population pénale en France est constituée d’immigrés ou de Français issus de l’immigration !"
D’ailleurs, si la plupart des hommes politiques s’alarment de l’importation en France du conflit israélo-palestinien, Pierre Lellouche, préfère décrire les émeutes de 2005 comme une "Intifada urbaine" (si vous voyez ce que je veux dire, toujours).
Il faut dire que notre homme a toujours eu la métaphore osée. Pour décrire son éviction de l’entourage de Chirac, il n’hésite pas à dire : "J’ai été la première victime d’une épuration que je n’ose qualifier d’ethnique.". Ah, les charmes de la prétérition...
L’axe de bien, forever !
Mais, à vrai dire, cet ami de Richard Perle ne fait que transposer en France son attachement à l’axe du bien. Certes, ses débuts ont été freinés (outre l’épuration qu’on-n’ose-qualifier d’ethnique) par le fait que les diplomates français ont le fâcheux défaut d’être outrageusement pro-arabes (donc de ne pas être très pro-israéliens, toujours si vous voyez ce que je veux dire), mais l’ancien éditorialiste à l’International Herald Tribune s’est bien rattrapé depuis. Après avoir soutenu bec et ongles l’intervention américaine en Iraq, il est élu président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN en 2004, puis nommé "représentant spécial de la France en Afghanistan et au Pakistan." Artisan inlassable de la vassalisation de la France du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, mis en oeuvre par Sarkozy, il est aujourd’hui récompensé pour sa pureté idéologique par le portefeuille des affaires européennes.
Gageons que l’Europe qui protège, promise par l’UMP n’est pas pour demain. En revanche, le marché transatlantique sans entraves semble sur la bonne voie.
Sources :
Principales citations : Sauvons l’Europe
Le rêve de Guillaume Sarkozy: Connaissez-vous Guillaume Sarkozy ? C’est un des frères de Nicolas. C’est aussi le DG de Médéric, un groupe d’assurance-santé, assurance-retraite… Il y a quelques années, Guillaume dirigeait une entreprise de textile. Mais il a cessé cette activité et s’est reconverti dans l’assurance santé. C’est plus rentable. D’autant que Guillaume a des projets pour développer son affaire et il connaît quelqu’un de haut placé, qui peut l’aider à réaliser ses projets.
Il y a trois ans, dans La Tribune, Guillaume Sarkozy expliquait qu’il fallait s’attendre « à des bouleversements majeurs dans le domaine de la santé. La réforme Douste-Blazy n’a pas eu le succès escompté en ce qui concerne les équilibres financiers. D’autres réformes seront nécessaires. Elles donneront aux assureurs complémentaires un rôle de plus en plus important. »
Sans trahir de secrets de famille (qu’est-ce que Nicolas a promis à Guillaume en coupant le gigot dominical ?), on voudrait en savoir plus : quels sont les “bouleversements majeurs” auxquels il faut s’attendre en matière de financement de la santé ? La “petite” franchise que Nicolas Sarkozy a créée en début de mandat n’est-elle qu’un premier pas vers de gros déremboursements ?
Pour développer un business très profitable pour certains, le gouvernement va-t-il diminuer les remboursements et le niveau des retraites, et inciter ceux qui le peuvent à se tourner vers des assurances privées ?
Certains Sarkozystes fervents vont m’accuser de faire à Nicolas et Guillaume un procès d’intention. Mais dans son édition du 4 juin 2008, Le Monde faisait état d’un document confidentiel qui permettait de bien comprendre les intentions de Guillaume Sarkozy :
« La Caisse des Dépôts, la CNP et le groupe de protection sociale mutualiste Médéric, qui est dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’Etat, veulent créer une filiale commune spécialisée dans le financement des retraites.
Les discussions autour de la Loi Fillon, prévues cet été, les incitent à aller vite. Un document de travail daté du 16 mai et estampillé “confidentiel”, relève que, en 2020, les non-cadres subiront une baisse de 5 % du taux de remplacement pour une carrière complète et les cadres subiront une baisse de 20 %.
Les grandes lignes de ce projet de partenariat sont posées : la création d’une “nouvelle entreprise d’assurance“, qui proposera “un bilan retraite et des services adaptés, en phase d’épargne (…) et au moment de la retraite“ aux salariés. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2019. Les futurs partenaires se fixent “des taux de rentabilité raisonnables sur le long terme.“
Le Monde du 4 juin 2008
Un grand nombre de médecins, de professionnels de santé et d’associations de malades disent aujourd’hui leur inquiétude. Car les propos de Guillaume Sarkozy ne sont pas les seuls à inquiéter : en septembre 2006, quand Les Echos demandaient à François Fillon si les problèmes de dépendance des personnes âgées ne devraient pas être mieux pris en charge par la Sécurité Sociale, François Fillon expliquait que “la bonne piste est de compléter le système actuel avec des dispositifs d’assurance privée“.
Et tout récemment encore, Nicolas Sarkozy rappelait sa volonté de réformer les retraites et sa volonté de “développer d’autres formes de protection“ :
« C’est une révolution discrète mais profonde du système de santé qu’a esquissée Nicolas Sarkozy, jeudi 4 juin. (…) M. Sarkozy a affirmé qu’à l’avenir “les régimes de base ne pourront pas tout financer”.
“Je souhaite que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires”, a expliqué le chef de l’Etat, qui confirme ainsi son intention de parvenir à un désengagement progressif de l’assurance-maladie obligatoire (…).
“La solidarité nationale continuera de remplir sa mission, a prédit le chef de l’Etat. Mais à ses côtés, d’autres formes de protection sont appelées à se développer.”
Le Monde du 4 juin 2009
Aux Etats-Unis, le modèle de Nicolas Sarkozy, les dépenses de santé sont deux fois plus importantes qu’en France (en proportion du PIB) mais l’essentiel de ces dépenses ne sont pas remboursées par l’Etat. C’est aux individus de s’assurer. Du coup, malgré des dépenses de santé deux fois plus importantes que les nôtres, l’espérance de vie est plus faible aux Etats-Unis qu’en France car des millions d’Américains n’ont pas de quoi se faire soigner et meurent prématurément.
Le système est très profitable pour les dirigeants et les actionnaires des sociétés d’assurance mais « 47 millions d’Américains n’ont aucune protection sociale et les problèmes de santé sont la première cause de faillite personnelle » expliquait le correspondant à New York du journal Les Echos le 6 novembre 2006. Quand ils ont un gros problème de santé, tous ceux qui n’ont pas de couverture sociale doivent vendre le peu qu’ils ont et s’endetter plus que de raison… Est-ce vers ce modèle que veut nous amener Nicolas Sarkozy ? Tant pis pour ceux qui n’auront pas les moyens de s’assurer !
Une question de dignité
Pour moi, ce point est fondamental. Il ne s’agit pas seulement d’économie dans le sens classique du terme. Avec les questions de santé, de retraite et de dépendance, on touche à la dignité humaine dans ce qu’elle a de plus concret : mon père est mort il y a quelques années après avoir vécu un mois dans une unité de soins palliatifs où tout a été fait pour éviter qu’il ne souffre. Il y a été admis sans qu’on lui pose aucune question sur son niveau de revenu.
Si Nicolas Sarkozy et ses alliés mettent en place un système de retraite et un système de santé à l’américaine, seuls les plus riches pourront avoir une fin de vie digne. Les autres, ceux et celles qui auront déjà galéré toute leur vie avec de faibles revenus, seront relégués dans des mouroirs ou des hôpitaux de seconde classe.
En matière de retraites et de santé, quels sont vraiment les projets de Guillaume et de Nicolas Sarkozy ? On a vu hier que, si l’on s’attaquait vraiment au chômage et si l’on rééquilibrait le partage salaires/bénéfices, on pourrait dégager de nouvelles marges de manœuvre pour financer la protection sociale. On aimerait que le Parlement organise un débat transparent sur cette question fondamentale.
Pierre LARROUTUROU est économiste.
Le ministère de la Culture "corrige" encore Wikipedia
Médecins du monde : "Des records de violence policière" | Rue89: L’ONG dénonce les abus de la police sur ses représentants et des teuffeurs en marge de la Fête de la musique.
« Fracture de la base du nez liée à un tir de flashball en plein visage sur un jeune homme âgé d’environ 25 ans », « plaies cutanées du cuir chevelus et du front avec saignement important lies à un matraquage prononcé d’un jeune homme âgé d’une vingtaine d’année », « matraquage d’un bénévole de 27 ans en fauteuil roulant », « traumatisme du coude et de la hanche chez une jeune femme de plus de 20 ans qui prenait des images avec sa caméra, laquelle fut détruite par les policiers »…
Ces extraits éloquents sont issus du rapport de soins de Médecin du Monde après les affrontements entre les forces de l’ordre et les teuffeurs, qui avaient organisé pour la Fête de la musique (et après la Free parade qui défilait à Paris dans l’après-midi du 20 juin), une rave dans la nuit de samedi à dimanche 21 juin à partir de minuit dans le Bois de Boulogne, à la lisière de Paris.
Sur Youtube, on trouve peu d’images de ces
affrontements, mais tout de même cette vidéo, qui montre des teuffeurs
au large d’un nuage de lacrymo et les premières voitures qui quittent
les lieux, sur fond sonore de bris de verre. (Voir la vidéo)
C’est Roberto Bianco-Levrin, chef de la mission « Rave et squats » chez MDM, qui a rédigé ce rapport de soins, que Rue89 s’est procuré. Lui aussi qui a entrepris « avec difficulté » de réunir des témoignages de cette journée au lendemain de laquelle ministre de l’Intérieur d’alors annonçait déjà 223 interpellations dont 196 gardes à vue, dont une petite moitié à Paris, où plusieurs témoignages sont arrivés à la rédaction pour raconter « des tirs de flashball à bout portant ».
Ce 22 juin, Michèle Alliot-Marie précisait que ces statistiques trahissaient « essentiellement des atteintes aux forces de l’ordre ou des violences ». Or, ce que Roberto Bianco-Levrin soutient, c’est qu’il n’a « jamais vu une telle violence » envers des teuffeurs, qu’il estime à « environ 600 dans un espace de 500 mètres par 30, au milieu du bois ». Le coordonateur de la mission raves est pourtant permanent de Médecins du Monde depuis 2001.
Sur place, il raconte avoir observé « une grande agressivité » de la part des forces de l’ordre avec qui il assure que « un dialogue plutôt paisible » s’était pourtant engagé avant minuit :
« Vers une heure du matin, une première charge policière très violente a eu lieu, massacrant les sound systems avec des coups de matraque sur les consoles, les enceintes. C’était la BAC75 [Brigade anticriminalité de Paris, ndlr] et des policiers anti-émeutes. Puis ils ont balancé des gaz lacrymoègnes, qui ont conduit un certain nombre de teufeurs à s’éparpiller dans les bois, où de petits groupes de policiers isolés les interceptaient.
La réplique était très violente, avec usage de grenades, matraquage au sol et tirs de flashball tendus. J’ai vu une fille avec des brûlures liés au gaz, un autre avec des éclats de verre incrustés sous les paupières parce que la police roulait en trombe sur des bouteilles de verre. »
Côté préfecture de police, on affirme n’avoir reçu aucune plainte et donc pas fait d’enquête. Seul retour des équipes du terrain :
« Un climat très tendu et des tirs de projectiles contre les véhicules de la police. »
Chez MDM, on confirme que les langues ont été difficiles à délier et que l’on en est pas au stade de la plainte. C’est le cas pour Teddy, le bénévole de 27 ans amputé des jambes, qui a été matraqué au niveau du haut du corps. Il n’a pas porté plainte mais son témoignage, conforté par plusieurs membres de l’équipe de l’ONG et adressé par écrit à Rue89, est édifiant :
« Une de mes activités avec l’équipe est le soutien psychologique. Vers 03h20, alors que je me trouvais avec un autre membre de la mission, sur le trottoir de l’avenue Gandhi, protégé derrière un véhicule, auprès d’une jeune femme qui était en état de choc, j’ai reçu un coup violent de matraque sur le bras droit.
Je n’ai pas vu mon agresseur, car je tournais le dos à la charge policière et que cette charge se déroulait principalement sur la chaussée, alors que je me trouvais en marge des affrontements.
Je me suis retourné et j’ai vu un policier en tenue anti-émeute, la matraque à la main, qui après une brève hésitation, a saisi mon fauteuil roulant et m’a très violemment poussé en criant, entre autres : « Toi tu dégage de là… Je vais te défoncer ! »
Déstabilisé, j’ai perdu l’équilibre et j’ai été aidé par les teuffers qui se trouvaient sur place à me remettre sur le trottoir et à me protéger d’une autre agression.
J’ai eu très peur, la personne que je tentais de rassurer est partie en courant. Les teuffers sont également partis en courant, car la charge de police était violente et continue : j’ai vu un policier en tenue pointer son Flash Ball, en direction du visage d’une jeune femme et la menacer en criant. »
Si Roberto Bianco-Levrin maintient que « c’est la première fois que la violence atteint de tels sommets en huit ans de présence sur le terrain », il note toutefois que de plus en plus de missions font remonter un regain de tension, localement, « y compris des exactions vis-à-vis des associatifs ».
Il rapporte ainsi avoir entendu plusieurs de ses bénévoles « se faire traiter de fils de pute alors qu’ils étaient bien estampillés MDM, avec des chasubles, des brassards et des autocollants un peu partout. »
Maniaco-remaniement à France Inter « Le blog de Philippe V., éditorialiste martyr
Sarkozy père et fils cités dans une affaire d’escroquerie
« Hou la menteuse », et en plus c’est une lâcheuse- Ecrans : La mère de famille, qui devait se présenter demain devant la police pour un commentaire sur le net à propos de Nadine Morano, a reçu une annulation de sa convocation.
Travailler plus pour stresser plus: Quatre salariés français sur dix disent souffrir du stress au travail, d’abord parce qu’ils sont débordés, selon un sondage publié ce mercredi.
"Certains représentants de l’Etat sont corrompus": A 77 ans, le Pr Philippe Even -qui préface le livre choc du Dr Sauveur Boukris Ces médicaments qui nous rendent malades- continue à mener, en franc-tireur, son combat pour une médecine et des experts indépendants de l’industrie pharmaceutique. L’ancien doyen de la faculté de Paris-V explique ce qui peut changer la donne.
Allez-vous prêcher dans le désert encore longtemps ?
Je ne mène pas de croisade contre les laboratoires pharmaceutiques. Comme mes confrères, j’ai vécu dans l’innocence jusqu’à être nommé, en 1981, membre de la commission chargée d’autoriser les nouveaux médicaments. Et là, je suis tombé des nues. Dans cette instance, la décision se prend sur la base d’un dossier préparé par l’industriel. Personne d’autre, autour de la table, n’a d’expérience quant au médicament proposé. Pouvez-vous imaginer un procès dans lequel on donnerait seulement la parole à la défense ? Au cours des sept années passées dans cette instance, j’ai découvert l’ampleur des mensonges de l’industrie pharmaceutique. Les représentants de l’Etat s’en accommodent. Certains, parce qu’ils sont naïfs, comme je l’étais moi-même. D’autres, parce qu’ils ont mis le doigt dans l’engrenage. D’autres encore, parce qu’ils sont corrompus.
Rien n’a changé depuis ?
Je m’inquiète de voir le lobby de l’industrie, le Leem, recruter comme directeur général Philippe Lamoureux, l’ancien secrétaire général de l’Agence du médicament au ministère de la Santé. Ce haut fonctionnaire connaît tous les rouages de l’administration, tous ses décisionnaires. Il a été recruté précisément pour cette raison. Mais personne ne s’en émeut.
Et les initiatives de l’assurance-maladie ?
Soyons sérieux. L’industrie pharmaceutique dispose, en France, d’une armée de 25 000 visiteurs médicaux pour sillonner les cabinets de ville. De jeunes et jolies filles, pour la plupart. Comment l’assurance-maladie peut-elle espérer les contrer en envoyant sur le terrain un maigre bataillon de 2500 médecins-conseils, de vieux messieurs fatigués qui n’ont pas mis les pieds hors de leur bureau depuis des années ? La seule solution, c’est de supprimer les visiteurs médicaux.
Selon vous, les mensonges continuent ?
Regardez le Tamiflu, ce médicament présenté comme le remède en cas de pandémie de grippe. Ces comprimés ne servent à rien s’ils ne sont pas pris dès les premiers symptômes. Certes, ils raccourcissent la durée de la maladie. Mais personne ne sait, au final, s’ils réduisent la mortalité ! Le gouvernement vante pourtant leur efficacité, parce qu’il n’a pas d’autre parade.
D’où attendre le changement, alors ?
Peut-être des Etats-Unis. Là-bas aussi, des médecins en exercice touchent de l’argent des firmes pharmaceutiques, pour être leur consultant, par exemple, ou pour tester un nouveau traitement auprès de leurs patients. Quand ces mêmes praticiens siègent dans des commissions soi-disant indépendantes pour évaluer l’intérêt de tel ou tel médicament, cela crée des conflits d’intérêts. Mais l’équivalent américain de notre Académie de médecine, l’Institute of Medicine, vient de proposer une solution radicale. Il demande que les industriels de la santé communiquent la liste nominative des médecins payés pour leurs collaborations, ponctuelles ou régulières, avec les montants correspondants. Voilà un vrai gage de transparence.
La France pourrait-elle suivre ?
Je ne vois pas l’Académie de médecine ni le conseil de l’ordre défendre de telles exigences. Le changement viendra des patients. Les accidents causés par les médicaments leur font plus peur qu’avant. Ils ne s’en laissent plus conter.
Hadopi et les députés godillots de la CNIL - BUG BROTHER - Blog LeMonde.fr
Pourquoi Madame Michu doit craindre l’Hadopi- Ecrans : Une vidéo très pédagogique explique pourquoi tout le monde est concerné par la loi Création et Internet.
Sarkozy, menteur multirécidiviste sur le bouclier fiscal allemand: En dépit des démentis, le Président continue d’affirmer que le bouclier fiscal est inscrit dans la constitution allemande.
Péché originel de la politique économique de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal cristallise toujours les critiques. Pour dégonfler la fronde, Sarkozy s’abrite depuis plusieurs mois derrière un prétendu bouclier fiscal que les Allemands auraient inscrit dans leur Constitution.
« Le principe selon lequel l’Etat n’a pas le droit de prélever plus de 50 % de l’argent gagné par un contribuable, les Allemands y sont tellement attachés qu’ils l’ont inscrit dans la Constitution », affirmait le Président, le 24 mars à Saint-Quentin (Aisne). Il ajoutait, pour mieux moquer les socialistes français : « Il ne viendrait à l’idée, naturellement, d’aucun membre de la CDU de revenir sur cet engagement, mais - plus intéressant - d’aucun socialiste allemand non plus. » A Nîmes (Gard), lors d’un discours sur l’Europe, le 5 mai, il a remis une couche : « On ne peut pas vouloir faire l’Europe et refuser le bouclier fiscal que l’Allemagne a inscrit dans sa Constitution. »
Désintox
Nicolas Sarkozy pourra le marteler cent fois, cela ne changera rien à l’affaire : la loi fondamentale allemande ne garantit aucun mécanisme tel que celui mis en place par Dominique de Villepin (bouclier fiscal à 60 %) puis Sarkozy (qui l’a abaissé à 50 %), pas plus qu’elle ne fixe de taux maximal d’imposition.
L’article 14 de la loi fondamentale allemande (l’équivalent de notre Constitution), qui garantit le droit de propriété, dispose que la propriété doit en même temps bénéficier à l’usage privé et contribuer au bien de la collectivité. En clair, la personne redevable de l’impôt sur la fortune doit pouvoir continuer à tirer profit de sa fortune. C’est en s’appuyant sur ce principe général qu’en juin 1995, la cour constitutionnelle de Karlsruhe a rendu le jugement où Nicolas Sarkozy trouve sans doute un pendant au bouclier fiscal Français.
Dans son arrêt, la cour allemande estime que l’impôt sur la fortune ne peut s’ajouter aux autres impôts dus que dans la mesure où le poids total des impôts acquittés représente environ une moitié des revenus. Ce principe a été dénommé « Halbteilungsgrundsatz » (que l’on peut traduire par « principe de la division en deux parts égales » des revenus).
Mais la portée de ce jugement s’est montrée d’emblée limitée autant que fragile. En janvier 1999, un couple imposé pour l’année 1994 à hauteur de 57 % de ses revenus au titre de l’impôt sur le revenu et de la taxe professionnelle échoue à obtenir une révision à la baisse de son imposition devant la section fiscale de la cour suprême fédérale. Laquelle cour avait jugé alors que la décision de Karlsruhe en juin 1995 ne concernait que l’impôt sur la fortune (lequel n’est plus en vigueur en Allemagne depuis 1997), qu’elle n’avait pas de valeur contraignante, et surtout, que l’article 14 de la loi fondamentale empêchait seulement une taxation « excessive » des biens, sans fixer aucune limite quantitative à l’imposition.
Le 18 janvier 2006, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, vers laquelle le couple de plaignants s’était tourné, a confirmé la décision.
L’étonnant dans cette affaire est que Nicolas Sarkozy et plusieurs membres de la majorité (dernier en date, Alain Juppé qui a affirmé cette contre-vérité, dimanche sur RTL) continue de proférer ce mensonge en dépit des démentis qui ont été apportés ces dernières semaines.
Car dès le 27 mars dernier, le site Médiapartavait relevé que le bouclier fiscal allemand auquel le Président se référait si souvent était une fumisterie. Le Monde a démonté à son tour l’argumentaire présidentiel le 30 avril… Ce qui n’a pas empêché Nicolas Sarkozy, quelques jours plus tard, dans son discours de Nîmes, d’invoquer à nouveau le bouclier fiscal allemand, pour mieux faire avaler le bouclier fiscal aux Français.
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Le Courrier picard - 24 heures de garde à vue pour un SMS: « Pour faire dérailler un train, t’as une solution ? ». Pour avoir reçu ce SMS, un Abbevillois de 29 ans a passé une nuit au poste. Il en ressort profondément choqué.
Cendrillon Dati: Ces jours-ci, paraissent deux excellentes enquêtes « à l’américaine » sur Rachida Dati. On a d’abord pu lire aux éditions du Moment Belle Amie, de Michaël Darmon et Yves Derai (le premier est journaliste à France 2, accrédité à l’Elysée). Quelques semaines plus tard, le Seuil publiait Du rimmel et des larmes, par Jacqueline Rémy, ex-journaliste à l’Express.
Lecture faite, la ministre de la Justice en sort totalement, radicalement, effroyablement nue. De la destinée exceptionnelle de la beurette de Chalon-sur-Saône, on n’ignorera plus aucun détail de cuisine, ni de chambre à coucher. Ses mensonges sur ses diplômes, ou sur sa famille. Son mariage arrangé. Sa manie de ne pas rendre les robes que lui prêtent les grands couturiers, contraignant ces derniers à menacer de sortir les vidéos dans lesquels on voit la ministre leur rendre visite. On apprendra qu’elle est parvenue où elle se trouve grâce notamment à une vigilance sans faille à « baiser utile » (les mots figurent en toutes lettres dans la biographie de Jacqueline Rémy, même si aucun nom d’amant « utile » n’est mentionné). Plus impudique encore peut-être, les auteurs se sont glissés dans les failles psychologiques de la ministre. On apprend qu’elle est habile à masquer ses insuffisances par des quintes de rire. Jacqueline Rémy insiste longuement sur une manie de la ministre, qui adore se réfugier en petite fille dans le lit de ses amies, pour s’y endormir rassurée.
Ces livres viennent pulvériser une certaine tradition française de respect de la vie privée des responsables politiques. Cette rupture ne date pas de l’avènement du sarkozysme. On pourrait la dater de la diffusion des valeurs de la télé-réalité dans le récit politique français. Tout a peut-être commencé vers 2001, par l’irruption de Loft Story, sur M6. Le bling-bling, le « carlabrunisme », la contamination de la presse et de l’édition traditionnelles par les rumeurs d’Internet (au point qu’aujourd’hui, les médias traditionnels ont dépassé la Toile dans ce domaine) ont accéléré cette évolution. Le sarkozysme, et son ostentation d’une fausse transparence (car ce pouvoir, comme tous les pouvoirs, sait faire régner l’opacité où elle doit demeurer) n’est sur ce plan qu’une application à la politique de la culture Loft Story. Toute réflexion faite, ayant pesé le pour et le contre, on ne voit pas au nom de quoi on s’en plaindrait. Après tout, comme toute activité économique, l’investigation journalistique ne doit se connaître d’autres limites, en dernier ressort, que celles des lois. Si la ministre de la Justice n’a pas éprouvé le besoin de poursuivre les livres en question, pourquoi les lecteurs seraient-ils plus datistes que Dati ?
Un souci pourtant : Rachida Dati est la seule responsable politique, aujourd’hui, à relever d’un tel traitement de choc. Il y a eu beaucoup d’enquêtes biographiques, et parfois sévères, sur les ministres de droite et de gauche. Jamais aucun autre livre publié sur un responsable politique de son vivant, a fortiori en activité, a super fortiori au pouvoir, n’a égalé celui-ci en crudité et en sévérité.
Alors, pourquoi Dati, et sur elle seule ? Les auteurs et leurs éditeurs objecteront sans doute le caractère atypique du cas Dati. C’est vrai. Tout est atypique chez Dati. Mais qu’est-ce qui est le plus atypique : son incompétence, ses failles psychologiques ou… son parcours ? Incompétence ? Certes. Mais une Christine Albanel, que les journalistes parlementaires dépeignent comme perdue sans ses conseillers au cours du marathon Hadopi, est-elle vraiment plus compétente ? Un Hervé Morin connaît-il quelque chose à l’armée ? Sans parler de tous les ministres géniteurs, ces temps-ci, de réformes en voie d’avortement, de Darcos à Pécresse, en passant par Bachelot. Quelles preuves de compétence politique ont-ils apportées ? Les failles psychologiques ? Recertes. Mais que sait-on des failles des autres ? Si l’on braquait sur tous les ministres et sur les opposants des projecteurs aussi aveuglants que ceux qui sont braqués sur Dati, allant interroger leurs copains d’enfance ou de fac, leurs logeuses, leurs ex-amants et maîtresses, quelles failles béantes ne se dévoileraient pas ? Et ne parlons pas du Président, dont tant de paroles et d’actions attestent d’une radicale absence de surmoi, qui devrait déchaîner des curiosités au moins aussi fortes. Et ne parlons pas de son épouse. Et, tiens, ne pensons même pas aux seigneurs du CAC 40. Autour de ceux-ci, la muraille du secret est plus opaque qu’autour des politiques. La cupidité inimaginable que révèle le comportement d’un Daniel Bouton, ex-patron de la Générale, ne donne-t-elle à aucun investigateur des envies d’enquête ? Mais non. Dati, et elle seule. Femme, beurette, en défaveur : ne concluons pas que ce sont les seules raisons qui ont poussé l’édition à dépouiller Cendrillon de ses robes de bal, alors qu’approche le douzième coup de minuit. Mais présumons qu’elles ont dissuadé de s’interdire de le faire.
Un rapport blâme des méthodes policières musclées - NouvelObs.com: La Commission nationale de la déontologie de la sécurité s’alarme notamment des fouilles à nu et des menottages devenus "la règle", et non "l’exception".
Les rockeurs de MGMT font payer l'UMP pour contrefaçon | Rue89
L’arrière-cuisine des Tiberi: Ca se passait dans la cuisine, évidemment. La petite cuisine de la permanence de Jean Tiberi, au rez-de-chaussée de la mairie du 5e arrondissement, place du Panthéon. Anne-Marie Affret, la première ajointe du maire, y traînait Annick Mercier, sa secrétaire, et lui dictait les noms, prénoms et adresses des faux électeurs.
« Quand je me suis informée de ces pratiques, a expliqué mercredi 11 février Mme Mercier au tribunal, Mme Affret m’a répondu « Ferme ta gueule et tais-toi”, ce qui lui a certes semblé redondant, mais assez clair.
« Je ne l’ai pas pris sur le ton de la plaisanterie », assure lamentablement la petite dame, qui avait peur de Mme Affret, voire de l’ombre de Mme Affret ; elle répète qu’elle était « sous ordres » et, comme si c’était une qualité, qu’est est « une femme docile ». Les témoignages des agents municipaux ont permis d’accrocher une belle série de casseroles à la famille Tiberi, mais il se dégage de cette petite cuisine électorale une forte odeur de grasse lâcheté et de rance veulerie. Tous les fonctionnaires ont obéi, et regardé ailleurs. On frémit de penser ce qui se serait passé en 1943 avec quelqu’un qui aurait dépassé les 1,50 m de Mme Affret.
La douce madame Mercier habitait alors le 19e arrondissement. Mme Affret lui a demandé si elle voulait s’inscrire dans le 5e, « elle m’a dit qu’il y avait plusieurs fonctionnaires déjà inscrits, apparemment c’était la coutume ».
On l’a inscrite avec son mari chez une madame Sabatier, qui a fait une fausse attestation.
« Je n’osais rien dire,murmure Annick Mercier, j’ai accepté pour avoir la paix ». La voilà de surcroît fausse électrice. Elle explique que Jean-Claude Bardon, « le maire transitoire » du 5e lorsque Jean Tiberi a été élu à l’Hôtel de ville, « est passé une fois ou deux » dans la cuisine pendant que les deux femmes mijotaient leur liste.
Cela ne fait pas du tout l’affaire de Jean-Claude Bardon, qui aurait bien évité qu’on lui passe le plat. Entre le ridicule et l’humiliation, M. Bardon a choisi l’humiliation et se cramponne à sa ligne de défense.
Il n’a jamais hébergé personne à son domicile du 5e, il avait certes entendu « des rumeurs de fidélisation des électeurs », qu’il mettait sur le compte de la faible fiabilité du corps électoral parisien, mais ne se doutait de rien. Il ne se souvient pas d’être entré dans la cuisine, « conteste formellement » avoir apporter des demandes fictives d’incription sur les listes.
On a inscrit son nom dans le fichier des interventions, un vote pour un logement ? « Mon nom a été introduit à mon insu”. La mention manuscrite sur une demande, « Olivier, m’en parler », qui vise évidemment Olivier Favre, le chef du bureau des élections ? « Ce n’est pas mon écriture ».
L’homme qui l’accuse de lui avoir trouvé un appartement et qui s’est retrouvé sur les listes du 5e ? « Ce n’est pas moi. J’aimerai qu’il me le dise les yeux dans les yeux ». En somme, il s’inscrit en faux.
Bien sûr, il se doutait de quelque chose. « Je me suis concentré sur ma tâche, où je me sentais protégé, explique Jean-Claude Bardon, le rouge au front. Parce qu’il y avait un circuit électoral que je ne voulais pas connaître. Ce cloisonnement, je me le suis imposé. »
Ce n’est ni très glorieux ni très crédible. Le maire transitoire insiste : « Peut-être par lâcheté, monsieur le président. J’ai manqué de courage, je n’ai pas été en adéquation avec ce qu’on attend d’un politique. »
Ce pauvre Raymond Nentien, secrétaire général de la mairie et héros tardif de la procédure, a connu lui aussi mardi 10 février son chemin de croix. Il avait appris en 1991 de la bouche de son prédécesseur, Claude Comiti, qu’on faussait les listes électorales, il n’a attendu que sa garde à vue en 2000 pour tout avouer, et s’emploie en vain à se garder de toute tache venue de l’arrière cuisine.
Le système de fraude était somme toute assez simple. On échangeait, apparemment depuis au moins 1978, divers avantages - une place en crèche, un logement, un emploi à la mairie - contre une inscription sur les listes et la promesse de bien voter. Ces électeurs, qui donc bien souvent n’habitaient pas le 5e, étaient faussement domiciliés dans les services municipaux ou chez des sympathisants RPR, parfois à grande échelle.
Le problème, a expliqué une ancienne fonctionnaire du bureau des élections, partie à temps pour ne pas être inquiétée, c’était pour les cartes d’électeurs. « Au bout d’un moment, les listings n’étaient plus à jour, on ne pouvait plus faire la différence entre les vrais et les faux électeurs tellement il y en avait ».
Ainsi, aux veilles d’élection, une réunion générale était-elle organisée à 18 heures au bureau des élections, dès que la mairie était fermée. Mmes Tiberi et Affret, Olivier Favre, le chef du bureau, et la directrice de cabinet étaient chargés de faire le tri. On ôtait les cartes dont l’adresse était fictive, et la permanence RPR se chargeait de les envoyer à la bonne adresse, sous enveloppe blanche. « En 1994, il y a eu un prélèvement de 2000 cartes, assure Raymond Nentien. J’y suis resté une heure et demie, avec Jean Tiberi ».
En 1997, M. Nentien a décidé d’envoyer toutes les cartes par la poste, les vraies comme les fausses ; celles qui revenaient avec la mention « NPAI », n’habite pas à l’adresse indiquée, étaient les fausses, c’était quand même plus simple. Il suffisait de les renvoyer aux bonnes adresses ou en mains propres, si l’on peut dire.
Les choses se gâtent pour Raymond Nentien lorsque les petits fonctionnaires expliquent que lui aussi apportait de fausses demandes d’inscription. « Je ne savais pas qu’il y avait de faux certificats d’hébergement, maintient le secrétaire général, je dis que les faux ne passaient pas par moi, si je suis coupable, c’est par négligence ».
Il appelle au secours Olivier Favre, qu’il sent à peu près sur la même ligne que lui. Funeste erreur.
Le chef du bureau des élections a choisi, lui, de minimiser la fraude. « Les inscriptions de masse, c’était pas 2000 ou 3000, c’était une centaine avant un scrutin, assure le fonctionnaire. Je ne voyais aucun intérêt à ces pratiques. Jean Tiberi l’a bien dit, il était toujours réélu confortablement, c’était pas 150 inscriptions qui allaient changer les élections ». Il ne voit pas non plus l’intérêt de toutes ces manœuvres pour les cartes électorales, puisqu’on peut voter avec une simple carte d’identité.
Pour le reste, Olivier Favre enfonce les clous avec vigueur. « A la fermeture de la mairie, Raymond Nentien m’appelait pour savoir s’il n’y avait plus personne dans les bureaux, et on vérifiait les adresses. Chacun avait son petit domaine de compétence. Mme Affret connaissait tous les commerçants de l’arrondissement, celle qui connaissait le mieux les électeurs était Mme Tiberi ». Lui aussi assure avoir vu passer Jean Tiberi un soir de tri.
Il a même aperçu un jour à la permanence les faux documents sur le bureau de Mme Affret. « Elle ne s’en est pas cachée. C’est une élue, je suis un administratif. C’est l’administratif qui obéit ». Quant au secrétaire général, « tous ces faux dossiers ont été vus par M. Nentien, insiste Olivier Favre. Quand ils ne passaient pas par lui, je descendais à son secrétariat pour qu’il les vise ».
Le coup de grâce a été porté mercredi 11 février par Jocelyne Mathias, une copine de bureau d’Olivier Favre de 1987 à 2004. Elle reconnaît « avoir opéré sur instruction, sur ordre de Mme Affret et de M. Nentien, à des inscriptions plus que litigieuses ». En fin d’année, Raymond Nentien lui donnait les dossiers truqués par Mme Affret.
« Il est arrivé que les pièces justificatives ne correspondaient pas avec les attestations, a dit Mme Mathias. On en parlait au chef de service qui faisait remonter au secrétaire général. M. Nentien se faisait fréquemment sermonner par Mme Tiberi et Mme Affret mais il ne disait rien. Il n’était pas question de procéder à une inscriptions sans que M. Nentien en soit informé ». Le pauvre Raymond a les oreilles toutes rouges, et regarde devant lui sans un mot. De sa ligne de défense, il ne reste que du sable.
Jocelyne Mathias en met une petite louche sur Xavière. « Elle gérait la mairie du 5e, par sa seule présence, elle était crainte de tout le monde ». De surcroît, « son comportement était particulièrement détestable, elle ne disait pas bonjour. En dix-sept ans, elle n’a jamais eu un mot gentil pour moi. » Elle maintient elle aussi que Jean Tiberi est passé une fois vérifier les cartes litigieuses, et n’oublie pas non plus Mme Affret. Elle lui aurait demander un jour d’apporter les 36 boîtes de cartes d’électeurs.
Jocelyne les pose sur le bureau principal. « Vous êtes folle ! m’a dit Mme Affret, et si on nous voit ? »
Du côté de la défense, les avocats commencent légitimement à s’agiter. Mais Jocelyne Mathias parle sans trouble, confirme ses déclarations aux gendarmes et paraît franche comme le bon pain. Dans ces cas-là, la défense laisse passer l’orage, mais mercredi, deux ténors se sont risqués à la coincer, avant de se faire moucher dans l’instant. La jeune avocate d’Olivier Favre, Me Sandrine Madani, s’y est prise plus habilement.
« Qui avait le pouvoir discrétionnaire au bureau des élections ?
Mesdames Tiberi et Affret, a répondu Mme Mathias.
Vous vous sentez dans quel camp ?
Je n’ai rien à faire là, je me sens dans le camp des victimes, comme M. Favre.
Et dans le camp de M. Nentien ?
Absolument pas. »
Raymond Nentien s’est levé douloureusement et s’est senti très seul, d’un coup.
Franck Johannès
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En fait, le chef de l’Etat n’est même pas monté sur scène et a tout simplement annulé son intervention. Officiellement, il a été retenu à l’Elysée pour préparer une réunion du G4 prévue le lendemain.
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Sarkozy, le roi de la procédure
Ça balance : De moins en moins de répression des délits financiers: Il faut sanctionner les délits financiers, martèle depuis peu le Président de la République. Dans les faits, c’est l’inverse qui se passe. Regardez le tableau suivant, portant sur les infractions économiques et financières ayant fait l’objet d’enquêtes par la police ces dernières années. Une baisse continue.
Nicolas Sarkozy, dans son discours sur la crise financière à New York, a demandé des sanctions contre les responsables de la crise financière. Or :
1. Il est à l’origine de la mise en place de la commission Coulon sur la dépénalisation du droit des affaires par Rachida Dati. Voici les propositions de la commission :
• Allègement de la répression de la récidive des personnes morales alors que dans le même temps, celle des délinquants récidivistes de droit commun est alourdie.
• Création d’un tribunal d’exception pour statuer en matière d’infractions boursières, composé de deux assesseurs supplémentaires, désignés par arrêté conjoint des ministres de l’Économie et des Finances et de la Justice. Cette proposition permet au gouvernement de composer directement les juridictions statuant sur les enjeux financiers les plus importants.
• Homologation par le parquet, qui dépend hiérarchiquement du Garde des sceaux, des transactions proposées par le Conseil de la concurrence.
• Développement, au bénéfice des personnes morales, des procédures de jugement en catimini par le plaider coupable ou la composition pénale, empêchant tout véritable débat public et contradictoire.
• Modification des règles de prescription pour les délits, comme l’abus de biens sociaux. Cette modification des règles de prescription a pour but d’interdire toute action pénale en matière d’abus de biens sociaux, une infraction facilement dissimulable.
2. Il a, comme ministre de l’Intérieur, affaibli les effectifs des brigades financières de la police judiciaire.
3. Il est à l’origine de la baisse du nombre des affaires financières transmises par la police à la justice ces dernières années : -12,7 %
En 2006, les condamnations pour affaires économiques et financières ne représentaient que 4,6 % des 614.231 condamnations prononcées en France.
2853 condamnations soit 0,46 % pour des infractions dont le consommateur est victime.
1764 condamnations soit 0,29 % pour banqueroute ou gestion et comptabilité frauduleuse, et abus de biens sociaux.
Faut-il absoudre ou condamner la double parole de Nicolas Sarkozy en matière de sanctions des délits financiers ?
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Sénat : la retraite dorée de Christian Poncelet: Le 1er octobre, les sénateurs devront élire leur nouveau président. A 80 ans, Christian Poncelet va passer la main. Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin sont les favoris pour lui succéder. Après 10 années passées à la tête du Sénat, Christian Poncelet s’achemine doucement vers un retrait de la vie politique. Et selon le Canard Enchaîné, c’est une retraite dorée qui attend le sénateur des Vosges.
Source : Didier Hassoux, "La présidence du Sénat, super-cagnotte de la République", Le Canard Enchaîné n°4586, 17 septembre 2008
Sénat : un budget de 2,5 millions d’euros peu contrôlé
Combien coûte le Sénat ? Cette question, volontairement provocatrice, est régulièrement posée à propos d’une institution dont l’utilité est souvent mise en cause. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une institution démocratique financée sur fonds public, le coût de fonctionnement du Sénat n’est pas une donnée publique. Même la Cour des comptes peine à savoir exactement combien dépense le Sénat. Officiellement, son budget est contrôlé en interne, par quelques sénateurs réunis au sein d’une "commission de vérification et d’apurement des comptes" qui valide le budget. Et de l’avis même des sénateurs, ce contrôle est très théorique, aucune dépense n’est remise en cause. D’ailleurs, en guise de récompense pour ce travail accompli, les sénateurs qui vérifient les comptes sont invités en "voyage d’étude" chaque année, aux frais de l’Etat, comme l’a révélé Le Canard Enchaîné dans son édition du 17 septembre.
Pour connaître le montant du budget du Sénat, il faut donc se contenter d’estimations calculées par deux journalistes, Robert Colonna d’Istria et Yves Stefanovitch, et mentionnées dans leur livre intitulé "Enquête sur les superprivilégiés de la République". Selon eux, le budget annuel du Sénat avoisine les 2,5 millions d’euros.
Un président du Sénat payé 22 500 euros par mois et bénéficiant de nombreux avantages
Christian Poncelet, président du Sénat depuis 10 ans, bénéficie de revenus confortables : il cumule son salaire de sénateur, qui est de l’ordre de 11 500 euros, avec sa prime de président du Sénat, qui s’élève à 10 000 euros. Avec un salaire mensuel de près de 22 500 euros, le président du Sénat est l’un des personnages les mieux payés de l’Etat. Mais son salaire n’est que la partie visible des avantages de la fonction.
En tant que président du Sénat, Christian Poncelet a 17 collaborateurs qui travaillent pour lui, sans compter les contractuels. Il bénéficie également de deux logements : l’un de 80m² (qu’il a fait visiter à un journaliste en 2006) et l’autre de 200m², que le Sénat lui a donné "à vie". Il l’occupe déjà depuis 2004.
Christian Poncelet s’apprête à cumuler les retraites
Si le 1er octobre, Christian Poncelet passe la main, il ne partira pas tout de suite en retraite. En raison du renouvellement par moitié du Sénat, il reste sénateur jusqu’en 2010. Il touchera donc toujours son salaire de 11 500 euros. Et quand viendra l’heure de la retraite, Christian Poncelet cumulera les pensions : la retraite de sénateur, mais aussi celle de député, conseiller régional, conseiller général... et même celle de fonctionnaire des postes, métier qu’il a exercé au début de sa carrière professionnelle. Au total, le montant de ses retraites dépassera... son salaire de président du Sénat !
En outre, comme ses prédécesseurs, il bénéficiera d’une voiture avec chauffeur, d’un bureau avec une secrétaire, d’un collaborateur et de deux gardes du corps.
Finalement, la retraite dorée de Christian Poncelet rappelle celle de Jacques Chirac. L’ancien président de la République cumule les retraites pour un montant avoisinant les 30 000 euros par mois. Et, aux dernières nouvelles, il est toujours logé gratuitement par la famille Hariri.
Tata Dati et son piston
Ground Zero à Turbigo « Le blog de Philippe V., éditorialiste martyr
Un avocat poursuivi pour crime de lèse-Dati: L’affaire des diplômes de la garde des sceaux arrive au tribunal, grâce au ministère public. Le bâtonnier de Saint-Pierre de la Réunion est convoqué, à la demande du parquet, au tribunal, jeudi 25 septembre, pour diffamation après avoir, lors d’une audience, fait allusion aux diplômes de la ministre de la justice, Rachida Dati.
Georges-André Hoarau comparait pour avoir "diffamé à raison de ses fonctions et de sa qualité de ministre du gouvernement, en l’espèce ministre de la justice, Mme Rachida Dati publiquement au cours d’une plaidoirie en défense (…) en déclarant : ’Un procès qui n’aura jamais lieu, c’est celui de notre grand chef à tous, madame Rachida Dati, qui utilise un faux, un MBA.’ Ces propos étant de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de la personne de la ministre de la justice".
Me Hoarau défendait un client accusé d’avoir produit des faux documents. Il fait allusion au fait, révélé par L’Express, que la ministre n’avait jamais obtenu de MBA à l’Institut supérieur des affaires (ISA). Le magazine, comme les publications qui ont repris l’information, n’a pas été poursuivi pour diffamation, mais ces titres ont souvent été assaillis d’appels téléphoniques de l’entourage de la ministre. Le CV de Mme Dati mentionne qu’elle est ancienne élève de l’ISA, mais le MBA figurait à son dossier d’intégration à l’Ecole nationale de la magistrature.
L’affaire provoque la colère des avocats, qui invoquent la liberté de parole à l’audience. Selon l’article 41 de la loi de 1881, "ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux".
La Conférence des bâtonniers rappelle dans un communiqué que la mission de l’avocat "implique, dans les seules limites de la préservation de l’ordre public, un droit d’expression absolu indépendant de toute soumission". Pour les bâtonniers, ces poursuites "sont de nature à réguler ce droit et par conséquent à porter atteinte à une liberté à laquelle les avocats n’entendent pas renoncer".
Mozinor : Georges Brassens et la puissance de la fonk
Censure en direct à la télévision russe | The Observers
Bernard Kouchner, un ministre galère pour les journalistes | Rue89
Texas : Veolia pourrait importer des polluants au mépris de la loi | Rue89
Noël Godin : « Faire vivre les crapules dans la peur, c’est magnifique »
Vendeuse à la sauvette pour des clopinettes: Michelle a déposé des habits d’enfants qu’elle vend sur une couverture violette, le long du boulevard de Belleville, dans l’est parisien. Les enfants, ce sont ses neveux. Cette année, c’est sa première fois, dans ce marché à la sauvette. Elle a étalé de petits ensembles en éponge, des tee-shirts, des robes, des pulls à col roulé. Il y a aussi un sac noir, un étendoir en plastique, avec des épingles à linge. « Abîmé », convient Michelle. Elle en demande 50 centimes. Elle nous le donne si on veut.
Michelle a 62 ans. Elle n’a pas d’enfants. « Heureusement, explique-t-elle, je ne sais pas comment je ferais. » Elle est vêtue d’une chemise bleue, d’un pantalon noir. Ses chaussures, on dirait des sabots. Elle grimace et gémit quand elle met un genou à terre pour rectifier son étal. « Sciatique », dit-elle. Michèle donne des cours particuliers de français qui lui rapportent entre 1 000 et 1 200 euros par mois. Cette année, elle a eu des charges qu’elle n’attendait pas. Elle ne s’en sort plus. Ce qu’elle a gagné ici ? « Une misère ». Elle ne lâche pas grand-chose à plus d’un euro. Le pouvoir d’achat ? Elle lève les yeux au ciel. Cela ne va pas s’arranger pour elle. Elle compte sur 200 euros par mois quand elle sera à la retraite.
Elle fait attention. A manger des fruits, des légumes. De la viande de temps en temps. Pendant l’année, des parents de ses élèves l’invitent parfois à déjeuner. Elle dit : « Ils me donnent à manger. » Un temps, Michelle a été libraire. Elle a pas mal voyagé, avant. Elle en a rapporté des trucs, comme cette cithare qu’elle a vendue porte de Vanves, l’autre jour, pour 40 euros. Elle se débarrasserait bien de ses livres, elle en a plein chez elle. Des vieux, des livres d’art aussi. Mais c’est lourd à porter depuis Château-Rouge (XVIIIe arrondissement) où elle habite. Elle a bien essayé ici, mais cela ne part pas. Elle a d’autres babioles dont elle va essayer de se débarrasser petit à petit. Elle dit : « Il y a des catégories qui s’en sortent, d’autres qui ont de plus en plus de mal. Les plus pauvres vont s’en prendre aux plus riches, et ça va éclater. »
Un homme seul demande à Michelle s’il peut poser sa montre à gousset sur sa couverture violette. Il n’a que ça à vendre. Cinq euros. Michelle accepte. « Il y a de la solidarité. »
La Poste privatisée : un avant-goût assez amer
BHL n'a pas vu toutes ses "choses vues" en Géorgie | Rue89
Des policiers se trompent de porte et blessent la voisine des braqueurs
Contrôle de paternité très zélé: Parents adoptifs, conservez votre livret de famille sur vous, surtout si vos enfants viennent d’un autre continent ! Un père de famille a ainsi vu sa paternité remise en cause lors d’un contrôle routier. L’Inspection générale des services (IGS, la police des polices, compétente sur Paris et les départements limitrophes) a été saisie, et le dossier vient d’être confié au parquet de Paris.
Triathlon. Antoine B. a deux filles aux traits asiatiques : Lou, 5 ans (adoptée en France) et Mia, 4 ans (adoptée en Chine). Le dimanche 22 juin, il vient de passer la matinée au bois de Boulogne avec elles, quand il est arrêté au volant de son monospace. Le triathlon qui se déroule ce jour-là à Paris désorganise un peu la circulation. Antoine B. passe un barrage puis coupe un cordon de signalisation pour faire demi-tour avec son véhicule. Deux gardiens de la paix le rattrapent. « Ils m’ont demandé mes papiers ainsi que ceux du véhicule et de mes filles en négligeant toute forme de politesse. Ils cherchaient la petite bête », se souvient ce cadre dans le secteur bancaire âgé de 44 ans. Les policiers verbalisent à trois reprises le conducteur : « J’ai commencé à contester les amendes, je ne voulais pas signer, affirme Antoine B. C’est à ce moment-là qu’ils m’ont dit : "Si vous ne signez pas, on ne va pas perdre notre temps, on appelle les renforts et on vous enlève les enfants car ils ne vous ressemblent pas." »
« Peur ». Choqué, Antoine B. dépose plainte le lendemain. « C’est toujours les autres qui vous rappellent que vous êtes un parent adoptif. Maintenant, ma plus grande fille craint les uniformes et a peur de se promener seule avec son papa », affirme-t-il. La présidente de l’association des familles adoptives françaises de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) qui a aidé le couple à adopter son deuxième enfant relativise : « Parfois des gens curieux posent des questions c’est normal, mais cela n’a rien d’agressif ou de méchant. » Alors pourquoi ces policiers ont-ils douté de sa paternité ? « Mes enfants ne me ressemblent pas et alors ! Ma femme aurait très bien pu être asiatique », s’indigne Antoine B. A la préfecture de police de Paris, on avance une explication : « Avec les affaires d’enlèvements d’enfants, les policiers sont devenus méfiants. » Quitte à faire peser le soupçon sur les parents et les enfants qui ne se ressemblent pas ?
Le Plan B : Affaire Charlie Hebdo : la pétition à laquelle vous avez échappé: « Le ventre est encore fécond... »
SOS Racisme, la Licra et une trentaine de personnalités politiques et d’intellectuels européens de tous horizons – parmi lesquels Bertrand Delanoë, Bernard-Henri Lévy, Elisabeth Badinter, Pascal Bruckner et Elie Wiesel – auraient signé un communiqué dont Le Plan B s’est procuré une copie. Ses auteurs dénoncent la campagne de haine antisémite déclenchée par le directeur de Charlie Hebdo, le PDG de Libération et un chroniqueur de France Culture par ailleurs éditorialiste au Figaro.
Nous tenons à exprimer notre plus vive émotion après les déclarations à caractère antisémite proférées par Philippe Val et son entourage à l’occasion de « l’affaire Siné ». Pour justifier l’éviction du chroniqueur de Charlie Hebdo, congédié pour avoir moqué le fils du chef de l’Etat français, le directeur de l’hebdomadaire satirique et deux dignitaires de son fan-club ont insulté la communauté juive en des termes qui nous renvoient aux pages les plus sombres de notre histoire.
Le 18 juillet, en direct sur France Culture, c’est d’abord le journaliste gastronomique du Figaro, Alexandre Adler, qui dérape en s’attaquant à Michel Polac, un collaborateur de Charlie Hebdo qui a refusé de prendre part à la curée contre le dessinateur : « Michel Polac, né juif sans aucun doute, ami de Siné et dont la femme Catherine Siné est sa productrice [sic]… » Alexandre Adler établit une corrélation entre l’origine juive supposée de Michel Polac et les intérêts financiers – incarnés ici par la figure déshumanisée de la « productrice » – qui motiveraient son soutien à Siné. Derrière cet amalgame ignoble, une oreille attentive ne peut pas ne pas percevoir l’écho sinistre des pogroms.
C’est ensuite au tour de Laurent Joffrin de se couvrir d’infamie. Dans une tribune de soutien à Philippe Val publiée le 25 juillet dans Libération, il utilise le mot de « race » pour qualifier les personnes d’origine juive. Le fait que Laurent Joffrin soit connu comme le « journaliste le plus bête de France » ne saurait excuser l’usage d’une notion ancrée au cœur-même de l’idéologie raciste. Faut-il rappeler au directeur de Libération que le concept de race est dépourvu de toute valeur biologique et qu’il est à l’origine des crimes les plus abominables jamais perpétrés dans l’histoire de l’humanité ?
Cinq jours plus tard, dans un portrait de Siné publié par Libération (30.7.08), Philippe Val laisse échapper : « Rendez-vous compte, pas un seul journaliste non juif qui me soutient. » Comment comprendre un tel dérapage ? Le directeur de Charlie Hebdo s’est-il enquis auprès de chaque journaliste qui a traité de l’affaire Siné pour savoir s’il était juif ? La judéité constitue-t-elle à ses yeux un critère pertinent pour évaluer le travail d’un journaliste ? En sommes-nous arrivés à ce point de régression antisémite qu’il nous faille signaler à Philippe Val, au risque de nous rabaisser à son niveau, qu’un certain nombre de personnes d’origine juive ont désavoué ses procédés d’épuration interne et signé la pétition de solidarité envers Siné ? En laissant entendre qu’être juif vaut soutien au patron de Charlie Hebdo, ce dernier contredit les enseignements de Hannah Arendt et de Spinoza ; il offense gravement tous les Juifs et, à travers eux, l’humanité entière.
La conjonction en quelques jours de ces trois émanations pestilentielles, dont aucun observateur de bonne foi ne peut nier le caractère antisémite, apparaît d’autant plus révoltante qu’elle n’a, jusqu’à présent, soulevé aucune réaction dans la presse française. Nous sommons par conséquent Alexandre Adler, Laurent Joffrin et Philippe Val de s’expliquer sur leurs propos et de présenter des excuses publiques pour le préjudice qu’ils ont causé à quiconque demeure épris d’égalité. À défaut de quoi, la LICRA et SOS Racisme se réservent le droit, soutenus par tous les signataires de ce communiqué, et au-delà par toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, de réclamer réparation auprès des tribunaux de la République.
14 Juillet : récit de deux nuits de violences passées sous silence | Rue89
Nicolas Sarkozy : après lui, le chaos (seconde partie): Partout où il passe, ses successeurs trépassent. Après la mairie de Neuilly et le Conseil général des Hauts-de-Seine mardi, voici ce mercredi l’histoire des difficiles successions de Nicolas Sarkozy à l’UMP et au ministère de l’Intérieur. A vouloir tout diriger tout seul, il annihile toute concurrence, quitte à rendre impossible toute succession viable.
Les Français travaillent plus que 35h par semaine: L’enquête Emploi de l’Insee pour 2007 montre notamment que les Français occupant un emploi à temps complet déclarent 41 heures en moyenne pour une semaine normalement travaillée.
Nicolas Sarkozy : après lui, le chaos (première partie) | Rue89: Partout où Nicolas Sarkozy passe, ses successeurs trépassent. A vouloir tout diriger tout seul, à vouloir être présent sur tous les fronts, à vouloir placer ses pions à tous les postes stratégiques, l’actuel président de la République a cadenassé chacun des postes qu’il a occupés. Au point d’annihiler toute concurrence, quitte à rendre impossible toute succession viable.
Certes, il s’agit généralement de l’apanage des grands hommes d’Etat, mais ses prédécesseurs ne se sont toutefois pas révélés aussi « efficaces ». Jacques Chirac a flingué Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand a éliminé Michel Rocard, mais ils ont toujours eu à affronter une concurrence coriace au sein de leur propre camp. Tandis qu’autour de Nicolas Sarkozy, la vie politique française ressemble à un champ de ruines.
Après Nicolas Sarkozy, le chaos, que ce soit à la marie de Neuilly, au Conseil général des Hauts-de-Seine, à l’UMP ou au ministère de l’Intérieur. Une manière de procéder qui a fait ses preuves et qu’il tente de reproduire à l’Elysée.
Siné : Val fan culo !
Acrimed | Laurent Joffrin et la « race » juive : un mot « mal choisi », dit-il
BHL entarté commenté par Desproges
"L’affaire Siné", une chronologie - Télérama.fr
L’honneur perdu de “Charlie Hebdo” : Siné, dessinateur historique de Charlie Hebdo, renvoyé par son directeur, Philippe Val. Motif invoqué : antisémitisme. Depuis deux semaines, cette décision a suscité énormément de réactions. Une pétition de soutien à Siné a recueilli dans un premier temps 2 000 signatures, parmi lesquelles celles d’Edgar Morin, de Gisèle Halimi, de Guy Bedos, mais aussi de confrères dessinateurs comme Willem, Gelück ou Pétillon. Par ailleurs, Philippe Val a reçu le soutien d’organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, telles que la LICRA ou SOS Racisme, mais aussi du philosophe Bernard-Henri Lévy, dans une tribune publiée par Le Monde. Mon propos n’est pas ici de revenir sur les circonstances de ce renvoi, sur ses causes réelles et supposées, mais de montrer, en tant qu’historien, comment cet acte constitue une des ultimes étapes visant à transformer un journal libertaire et insolent en un bréviaire moraliste et politiquement correct. Cette mutation radicale s’est opérée dans plusieurs directions, que nous allons successivement détailler.
Première orientation : faire preuve de révisionnisme historique. Philippe Val s’efforce depuis plus de quinze ans à travestir l’histoire du premier Charlie Hebdo, celui des années 1970. Certes, plusieurs noms illustres de la grande époque (Cabu, Wolinski, Willem) y signent encore des articles et des dessins, mais ce n’est plus leur journal. Ils servent de caution pour de vieux lecteurs espérant retrouver la verve satirique de leurs jeunes années. Pour Val, le Professeur Choron n’a jamais existé. Ou il ne fut qu’un alcoolo pathétique et exhibitionniste. Par charité, on fait apparaître chaque semaine dans l’ours le nom de Cavanna comme « fondateur » du journal, mais s’il y écrit encore sa chronique hebdomadaire, son poids décisionnel dans la rédaction est quasi-nul. Jusqu’à sa mort en 2004, Gébé, grande figure de la bande Hara-Kiri, était directeur de la publication et donc gardien du temple « bête et méchant ». Dès lors, Philippe Val a procédé à ce que l’on pourrait appeler une captation d’héritage. Val est devenu l’essence même de Charlie Hebdo.
Deuxième orientation : passer de la confrérie des égaux à une monarchie absolue. Dans les années 1970, même si Cavanna en était nominativement le rédacteur en chef, c’est « toute la bande » qui exerçait en fait cette fonction, puisque chacun, dessinateur ou rédacteur, était responsable de sa page. Aujourd’hui, il y a bien un chef, c’est Philippe Val et personne d’autre. Et alors ? Quoi de plus normal qu’un journal ait un chef ? Le problème est précisément que Charlie Hebdo ne devrait pas être un journal comme les autres, qu’il a été fondé il y a près de 40 ans pour proposer autre chose que la presse traditionnelle. Naguère, on pouvait y lire des diatribes de Gébé, Delfeil de Ton ou Wolinski contre France-Soir, Le Point, Le Parisien Libéré… Le Charlie de Val entend être parfaitement intégré au « champ médiatique » et n’a de cesse que de descendre en flammes la critique des médias, incarnée par Acrimed ou Le Plan B. Val est copain avec Jean-Luc Hees, Denis Jeambar, Laurent Joffrin, Franz-Olivier Giesbert… L’une de ses obsessions est d’être accepté par les barons de la presse écrite comme un des leurs, voire le primus inter pares.
Troisième orientation : passer du « bête et méchant » au pseudo-intellectuel. Dans un vieil article du premier Charlie Hebdo, Cavanna pestait contre ceux qui usaient et abusaient de citations d’auteurs, trahissant ainsi la faiblesse de leur réflexion personnelle. Chaque semaine, Philippe Val veut nous montrer qu’il a lu beaucoup de livres, et des plus ardus. Il n’est pas rare de trouver sur une seule demi-page les noms de Spinoza, Voltaire, Montaigne, Hugo… Cette manie est aussi celle du nouveau meilleur ami de Charlie Hebdo : Bernard-Henri Lévy. Il l’a encore démontré dans sa spécieuse tribune publiée par Le Monde (22.07.08), dans laquelle il prend vaillamment la défense de Philippe Val contre Siné, l’affreux antisémite. La communion d’esprit entre le Charlie Hebdo de Val et BHL est le pathétique couronnement d’un édifice patiemment construit. Il y a tout juste 30 ans, le « nouveau philosophe » s’en prenait à « l’antisémitisme discret et familier » (1) de Charlie Hebdo, provoquant ce soupir de Cavanna : « C’est triste de perdre son temps à répondre à des conneries » (2). En 1998, Philippe Val qualifiait encore BHL d’« Aimé Jacquet de la pensée ». Depuis deux ans, Val et Lévy sont côte à côte, sur les mêmes estrades, militants infatigables des droits de l’homme et de la liberté d’expression.
Cela nous amène à la dernière orientation : le positionnement de Charlie Hebdo en matière de politique extérieure. Dans les années 70, le journal renvoyait dos à dos les pro-israéliens fanatiques et les pro-palestiniens fanatiques. À l’heure actuelle, Val est clairement du côté israélien, parce qu’Israël serait la seule démocratie du Proche-Orient. Il se méfie comme de la peste des Palestiniens, suspectés d’être des terroristes en puissance, ces « islamo-gauchistes » dénoncés sans relâche par BHL. Dans les années 70, Charlie Hebdo condamnait toutes les guerres, au nom d’un pacifisme intransigeant assumé. En 1999, Val a applaudi l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo. Dans les années 70, Charlie Hebdo offrait une critique impitoyable de l’impérialisme américain et de son système politique gangrené par la corruption. Aujourd’hui, Val dresse les louanges de la plus grande démocratie du monde et de sa guerre contre le terrorisme. Dans les années 70, Charlie Hebdo insistait sur les dangers d’une construction européenne fondée uniquement sur le libre-échange et la technocratie. En 2005, Val a plaidé vainement pour le « oui » au référendum sur la construction européenne.
Par ailleurs, après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2007, Val n’a pas consacré son billet à la nécessaire mobilisation de l’électorat de gauche pour battre Sarkozy. Pas du tout : il s’est réjoui de ce que les anciens partisans du « non » au référendum aient réalisé de faibles scores. Et, fidèle à ses raccourcis abjects dont il a le secret – ainsi comparer un article de Télérama, signé Weronica Zarachowicz, aux Protocole des Sages des Sion – il établit l’équation Bové = Le Pen.
En virant Siné, Val élimine un des derniers bastions de résistance interne au journal. Charlie Hebdo est mort. Pourquoi conserver ce titre ? Il y a tromperie sur la marchandise, sinon publicité mensongère. En tant qu’historien du Charlie Hebdo des années 1970, je demande donc solennellement à M. Val de changer le nom de son journal. Plusieurs possibilités s’offrent à lui : Le Meilleur des mondes illustré, Le Figaro rigolo ou Sarkoland-Posten (3).
(1) Le Matin de Paris, 1er novembre 1978.
(2) Charlie Hebdo, 9 novembre 1978.
(3) En hommage au journal danois ultra-conservateur, Jyllands-Posten, qui publia, le 30 septembre 2005, les caricatures de Mahomet
(*) Agrégé d’histoire, Stéphane Mazurier est l’auteur d’une thèse sur le Charlie Hebdo des années 1970 qui sera publiée chez Buchet-Chastel en 2009. il est aussi le co-auteur, avec Cavanna, Michèle Bernier et Delfeil de Ton de l’album “Hara-Kiri”, publié par Hoëbeke en octobre 2008.
Siné , dessinateur à Charlie Hebdo (DR) : "Des larbins, des lèche-culs"
Le budget de com’ de l’Elysée en hausse de 292 %
Siné vu des USA
Pendant la visite du pape, la queue s’allonge devant les bordels australiens
A qui profite le bouclier fiscal ?
Un passeport biométrique qui ne passe pas | Rue89
Marie-Antoinette, en version Carla Bruni-Sarkozy
Quand Sarkozy menace France 3 en « off »
Vous avez demandé les impôts, un intérimaire va vous répondre... | Rue89
Des enfants soumis « à la question » à l’insu de leurs parents ! - FCPE - Pyrénées-Atlantiques: Pire que base élève, une nouvelle opération de fichage ose utiliser les enfants dans le cadre même de l’école.
À l’école primaire de Monein sont arrivées, dans un gros carton, les évaluations dites expérimentales, concernant les CM2.
Rien que de très normal direz- vous. Sauf que, premier point surprenant, les dits documents, une fois complétés par les élèves devaient être retournés directement au ministère SANS QUE LES INSTITUTEURS LES AIENT CORRIGÉS. En outre, contrairement aux autres évaluations les parents n’avaient pas à prendre connaissance des évaluations de leur enfant....et pour cause !
Si les 3 premières parties sont somme toute assez anodines, la partie 4 révèle bien des surprises !
Elle s’intitule : PARTIE 4 QUESTIONNAIRE. On précise bien au bambin, qui a déjà fait auparavant 3 séries d’évaluations que « ici toutes tes réponses sont bonnes, il n’y a pas de mauvaises réponses ».
Et ça commence très fort avec des questions du type :
« Es -tu né en France ? »
« Ta mère est née en France ? »
« Ton père est né en France »
« Quelle langue parles- tu à la maison ? »
« D’habitude qui vit avec toi à la maison ?
a) ta mère
b) une autre femme tenant le rôle de ta mère
a) ton père
b) un autre homme tenant le rôle de ton père"
La ressemblance avec les questions qui figuraient sur la première mouture de BASE ÉLÈVES n’est certainement pas fortuite. Viennent ensuite des questionnaires concernant « Ce que je pense des devoirs à la maison » morceaux choisis : « à la maison j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps » ou alors « je fais mes devoirs à la maison parce que j’aurais une mauvaise image de moi si je ne travaillais pas »
Également la rubrique « Ce que je pense de ce que je fais à l’école » avec des réponses comme « en classe je travaille parce que je n’ai pas envie que mon enseignant(e) me crie dessus »
Le questionnaire comporte 11 pages avec des questions QUI N’ONT RIEN À VOIR AVEC L’ÉVALUATION PÉDAGOGIQUE des petits CM2. De plus ces questions sont pernicieuses, retorses.
Quel est le but de ce questionnaire ? De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluation pédagogique ?
Les parents ne sont pas informés de ce que l’on demande aux enfants. Sans l’attitude courageuse et civique des enseignants de l’école de Monein qui ont alerté les parents, cette opération dite « expérimentale » se serait déroulée dans le plus grand secret. L’utilisation, fourbe, de l’ingénuité des enfants qui n’ont pas d’autre choix que de répondre dans ce contexte scolaire, la volonté délibérée de ne pas informer les parents et de maintenir cette opération dans l’opacité, rappelle des pratiques totalitaires en cours dans d’autres lieux et dignes d’autres temps. Sans parler de la culpabilité que pourraient ressentir les enfants face à un tel interrogatoire.
Cette « expérimentation » touche ou va toucher certainement d’autres écoles mais elle se déroule dans la plus grande opacité. Il est de notre devoir à tous d’alerter parents, professionnels, élus et de dénoncer un scandaleux fichage des enfants.
Interrogé par le secrétaire départemental du SNUIPP 64 (syndicat majoritaire dans le premier degré), l’Inspecteur d’académie n’a pas souhaité répondre....
Vous pouvez consulter ce questionnaire CM2 à cette adresse http://www.everyoneweb.fr/lec/
Samedi 24 juin les parents FCPE de Monein, très mobilisés, seront à la manifestation à 11h au complexe de la République à Pau, et distribueront des tracts pour informer et alerter les autres parents.
P.-S.
Vendredi 23 mai : devant l’avalanche deprotestations, malgré la caractère limité de l’expérimentation (80 écoles en France) le ministère a décidé de demander aux enseignants de ne pas faire remplir la partie 4 de l’évaluation CM2 « expérimentale ».
De l’huile de moteur dans des produits alimentaires
La préfecture, un guet-apens de plus en plus fréquent: La semaine du 21 janvier 2008, monsieur G. se rend à la préfecture de Melun (Seine-et-Marne) pour déposer un dossier de régularisation par le travail. Au guichet, on lui dit que sa demande sera étudiée. On lui remet un formulaire. On lui demande son passeport. On lui dit de s’asseoir. Cinq minutes plus tard, la police vient l’arrêter. Et la préfecture lui notifie un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF). Des récits de ce type, la Cimade (service œcuménique d’entraide) en relate une dizaine dans son Enquête sur les conditions d’accueil des étrangers dans les préfectures rendue publique ce matin.
Nuit. Depuis une circulaire de 2006 sur les « Conditions d’interpellation des étrangers en situation irrégulière », les arrestations au guichet « semblent en constante augmentation », signale l’association. Lorsque les conditions d’interpellation leur paraissent déloyales, des tribunaux sanctionnent l’administration. Abdelghani H., Algérien de 33 ans, demandeur d’asile, avait reçu de la préfecture du Nord une convocation du service « asile » . A l’arrivée, c’est le service « éloignement » qui l’attend et l’expédie en centre de rétention, antichambre de l’expulsion. Estimant qu’Abdelghani a été trompé, le juge l’a remis en liberté.« C’est notamment le cas lorsque l’administration convoque un étranger pour procéder à son arrestation en omettant de préciser l’objet de la convocation ou en mentionnant un objectif trompeur. En honorant leur convocation, les étrangers tombent dans un véritable piège ».
Dans son rapport, la Cimade s’intéresse également aux conditions d’accueil des étrangers dans les préfectures, sous-préfectures et commissariats (41 de ces lieux au total). Pour avoir une chance d’accéder au guichet, certaines personnes arrivent au milieu de la nuit. Du 3 au 17 décembre 2007, la préfecture de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a interrogé les personnes présentes à 8 h 30 devant la porte. 28,9 % étaient arrivées avant 5 heures, 29,2 % entre 5 et 6 heures. « Dans les préfectures de taille importante, le manque de personnel entraîne quotidiennement des refoulements à l’entrée », analyse la Cimade.« amélioration notable » des conditions d’accueil.
Une fois au guichet, les étrangers ne sont pas sortis de l’auberge. D’une préfecture à l’autre, les justificatifs requis pour l’obtention d’un titre de séjour varient. Certaines exigent des documents non prévus par la loi. Il est arrivé que des agents refusent d’enregistrer les demandes, « pratique illégale », selon la Cimade. « A la préfecture [de Toulouse, ndlr], ils ont exigé mon passeport alors que je venais de m’enfuir de mon pays, raconte un demandeur d’asile. Je refusais de partir alors ils ont fini par me donner le formulaire de l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr]. »
Arbitraire. Si les étrangers se déplacent en masse au guichet, c’est que l’information sur les procédures ou l’état d’instruction des dossiers, est « problématique ». Pour la Cimade, « la qualité des réponses est très inégale et dépend fortement de l’agent. Les étrangers qui n’obtiennent pas de réponse reviendront une autre fois espérant tomber sur un autre agent ». Les délais de traitement des dossiers les incitent également à venir se renseigner au guichet. En théorie, l’absence de réponse de l’administration dans les quatre mois s’assimile à un refus. « En pratique, de nombreuses préfectures sont incapables de tenir ces délais. » Source de stress pour les étrangers - et les agents préfectoraux -, les réformes successives des lois sur l’immigration ont renforcé l’arbitraire. Les régularisations de « plein droit » au bout de dix ans de présence, même irrégulière en France, ont été remplacées par des dispositifs discrétionnaires comme « l’admission exceptionnelle au séjour ».
A leur décharge, les fonctionnaires préfectoraux sont en sous-effectif, mal payés, mal formés et coincés dans des postes dont ils n’arrivent pas à sortir, les mutations étant rarement satisfaites. Ils sont également soumis à des obligations de rendements croissantes. A la préfecture de Paris, « il a été établi que chaque agent doit recevoir dix-huit personnes par jour, signale la Cimade. Du coup, il « en dit le moins possible pour éviter que l’étranger ne lui pose des questions ».
Devant cette situation, certains fonctionnaires se mobilisent. En janvier 2008, suite à l’arrestation au guichet d’un sans-papiers venu se renseigner sur son dossier, un réseau intersyndical s’est créé à la préfecture de Grenoble (Isère). Baptisé Résiste (Réseau isérois contre la traque des étrangers), il s’est fixé pour objectif de faire progresser chez les agents l’idée qu’il existe des limites au devoir d’obéissance.
La colère préméditée de Rachida Dati: La scène s’est déroulée mardi 3 juin à l’Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement, et a été depuis lors abondamment commentée. Interrogée par Martine Martinel (PS, Haute-Garonne) sur la décision d’annulation d’un mariage prononcée par le tribunal de Lille parce que l’épouse avait menti sur sa virginité et sur les revirements du parquet à propos de cette affaire, Rachida Dati, la garde des sceaux, a provoqué un déchaînement de réactions. Sa colère à elle n’avait rien d’improvisé.
Car, pour répondre, la ministre de la justice se saisit alors du micro, une fiche rédigée à la main, qu’elle lit. "Madame la députée, dans cette affaire du jugement du tribunal de Lille, je n’ai pas entendu un mot de votre groupe, je n’ai pas entendu un mot pour cette jeune femme qui attendait la décision de justice." "C’est faux", proteste Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste. "Vous brandissez des mots, vous brandissez des concepts déconnectés de la réalité. Oui, je le redis, cette décision de justice a protégé cette jeune femme, et c’est ce qui vous dérange. Nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il n’est pas question d’admettre..., poursuit-elle sous les huées, il n’est pas question d’admettre qu’une procédure en nullité soit fondée sur le seul motif de la non-virginité. Il ne doit pas y avoir d’ambiguïté sur l’interprétation de la loi. C’est pour cela que j’ai demandé au procureur général de faire appel du jugement du tribunal de Lille."
Un temps de silence. Mme Dati écarte alors son regard de sa fiche et interpelle les bancs de l’opposition. "Mais je voudrais vous ajouter, mesdames et messieurs les députés du groupe socialiste : où étiez-vous lorsque vous avez créé la politique des "grands frères" ? Quand vous avez abandonné un nombre de jeunes filles, dans ces quartiers difficiles, entre les mains des "grands frères" ? La politique des "grands frères", c’est vous, martèle-t-elle, l’index pointé en direction du PS. C’est vous qui avez abandonné ces jeunes filles. Votre politique d’intégration a été un échec. C’est votre échec que nous payons aujourd’hui."
Les protestations vont croissant. Quelques "Démission !" fusent. La ministre jette un bref coup d’oeil sur sa fiche, sous le regard interloqué du premier ministre, François Fillon, tandis que le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, opine du chef. "Vous avez créé les "grands frères", reprend-elle, pour s’occuper de ces jeunes filles qui ne demandaient rien. A défaut de votre soutien, elles ont trouvé la justice. La justice les a aidées, elle leur a permis d’être libres, d’être indépendantes. Parce que les "grands frères" ont conduit à une politique de repli communautaire, à une politique identitaire que vous avez soutenue. (Nouveau regard sur sa fiche.) Vous pouvez m’attaquer, comme vous le faisiez encore, monsieur Ayrault, mais j’ai échappé à l’échec de votre politique et c’est ce qui vous dérange ! Alors, de grâce, n’empêchez pas ces jeunes filles d’être libres. A défaut de votre soutien, elles ont besoin du soutien de la justice, elles ont besoin du soutien du gouvernement et elles ont mon soutien personnel."
Même si elle a paru parler "avec ses tripes", comme l’a relevé son collègue UMP Laurent Wauquiez, la réponse, en réalité, avait été rédigée de bout en bout. "Tout ce qu’elle fait est absolument "under control"", confie un membre de son entourage. Cependant, à l’issue de deux semaines de débat sur la révision constitutionnelle durant lesquelles Mme Dati a été malmenée, y compris dans son propre camp, l’expression de l’exaspération était, elle, réelle.
S’inspirant de la méthode chère à Nicolas Sarkozy, plutôt que de rester sur la défensive, elle a choisi de passer à l’attaque, comme il le lui avait conseillé. Au lieu de répondre à la question qui lui était posée, portant sur le changement de pied du parquet dans cette affaire, quand elle-même avait estimé initialement que l’annulation du mariage était "un moyen de protéger la personne", elle a ainsi pris à partie la gauche sur sa politique d’intégration.
La période récente n’en a pas moins mis en lumière les fragilités de Mme Dati. Pas plus à la fin qu’à l’ouverture du débat sur le projet de révision des institutions, elle n’a été invitée à prendre la parole pour défendre le texte dont elle avait la responsabilité. A plusieurs reprises, la ministre a semblé excédée. On l’a ainsi entendue, après s’être fait rabrouer par le président de l’Assemblée nationale au cours d’une séance de nuit, s’emporter au téléphone dans les couloirs du Palais-Bourbon.
Sa contre-attaque témoigne de sa volonté de ne pas se laisser mettre sur la touche. Dès le lendemain, le chef de l’Etat lui a apporté un soutien appuyé : "Tu m’as fait plaisir", lui a-t-il lancé en conseil des ministres.
Libé Orléans : Chômage : Nicolas Sarkozy se prend les pieds dans le plaquiste: Mardi, au cours de son déplacement dans le Loiret (LibéOrléans du 20 mai 2008), Nicolas Sarkozy a expliqué aux salariés d’une Pme locale les bienfaits de sa future loi sur les chômeurs « refusant deux offres d’emploi » correspondant à leur formation. Il s’est appuyé sur un exemple capté à l’Anpe de Melun (Seine-et-Marne) au cours d’un récent déplacement présidentiel.
C’était le vendredi 16 mai. « Un agent m’a dit qu’il recherchait des plaquistes. Il a proposé à un chercheur d’emploi qualifié dans ce domaine, 63 offres dans l’année écoulée. Ce dernier les a toutes refusées. C’est honteux et ça on va le changer ! ». Contactée par Libération, la direction départementale de l’Anpe de Seine-et-Marne dément formellement cette information : « La personne qui lui a dit cela est déséquilibrée et n’aurait jamais dû être présente ce jour-là. Le président aurait pu comprendre qu’il avait, face à lui, une personne souffrant de troubles graves ».
Au-delà de cette fausse information, la direction ne comprend pas la logique présidentielle : « 63 offres annuelles de plaquiste sur Melun… Et proposées à une même personne... Mais comment a-t-il pu croire une telle chose ? Pourquoi n’a-t-il pas vérifié cette information avant de la reprendre à son compte ? ».
Orwelle, un Libénaute vigilant, rappelle, en s’appuyant sur un article du Monde diplomatique, un précédent outre-atlantique : « Ronald Reagan martela pendant plus de dix ans l’histoire (fausse) d’une fraudeuse, celle d’une reine de l’aide sociale [“welfare queen”] qui utilise quatre-vingts noms, trente adresses et douze cartes de sécurité sociale, grâce à quoi son revenu net d’impôt est supérieur à 150 000 dollars ». Tout comme dans la France de 2008, cet exemple arrangé avait permis à Reagan de justifier le passage d’un plan d’austérité sociale.
À sa décharge, Sarkozy n’aura fait que plagier Reagan…
No logo, à la mode Sarkozy: Oubliés les marins du Guilvinec (Finistère), les visiteurs hostiles du Salon de l’agriculture : Nicolas Sarkozy ne veut plus laisser au hasard la mise en scène de ses apparitions publiques ni le choix de ses interlocuteurs. Vendredi 16 mai, à Melun (Seine-et-Marne), c’était au tour des militants CGT d’affronter les méthodes musclées et expéditives des forces de police, trois jours après ceux de Vienne (Isère).
Objectif des forces de l’ordre ? Débarrasser les syndicalistes de leurs accessoires les plus voyants, avant de les laisser s’approcher. Cette fois-ci, pour les policiers, l’arme du crime de lèse-présidence prend la forme d’une série de produits dérivés de la CGT : casquettes, autocollants et tee-shirts... rouges.
Quelques minutes avant l’arrivée du président, une vingtaine de salariés de l’ANPE qui veulent dire au chef de l’Etat leur opposition à la fusion avec l’Unedic sont fouillés. L’une des fonctionnaires de police, en civil, sort d’un sac en plastique qui leur appartient quelques produits estampillés du syndicat et s’en empare. "Vous nous avez arraché des mains du matériel syndical", proteste Margot Unbriener, responsable régionale de la CGT-ANPE. "C’est une atteinte à la liberté d’expression", poursuit-elle, polie mais la voix émue par le procédé. "On nous traite comme une organisation clandestine, comme des malfrats", proteste un autre militant CGT.
La policière demande aux militants de passer derrière les barrières de sécurité avant l’arrivée du cortège présidentiel, mais refuse de rendre son butin, sous l’oeil d’une demi-douzaine de journalistes.
"INSULTE À LA DÉMOCRATIE"
Aucune banderole n’est visible dans ce magot. Profitant du repli des syndicalistes derrière les barrières, elle confie à l’un de ses collègues masculins les objets qu’elle a confisqués : "Va mettre ça à l’intérieur." Une militante explique : "On nous a dit qu’il y avait une alerte de niveau 4... mais nous ne sommes pas des terroristes !" "Je n’ai jamais dit cela, nous avons saisi des banderoles et des objets qui pouvaient servir de projectiles", affirme la fonctionnaire de police à des journalistes qui l’interrogent sur "la base légale" de sa saisie.
De l’autre côté du trottoir, une autre fonctionnaire, probablement des renseignements généraux, en tailleur sombre et lunettes noires, mais identifiable grâce à son brassard rouge "police", mitraille la scène avec son appareil photo, figeant les portraits des militants et des journalistes.
Trois jours plus tôt, quelque 150 personnes venues manifester à l’occasion de la visite du président à Vienne (Isère) avaient, elles, été carrément repoussées par les forces de l’ordre, qui avaient en outre saisi des tracts de la CGT. "La police m’a interdit d’accéder à la place publique où doit arriver Nicolas Sarkozy sans que j’aie rien fait, on m’a mis à l’écart sans me donner de motif", avait expliqué à l’AFP Jean-Michel Rabut, l’un des responsables CGT à Vienne, venu participer à une manifestation à l’appel de son syndicat, de la LCR, du PCF et du PS.
"On ne nous permet pas d’être sur place et de manifester", avait déploré pour sa part la première adjointe au maire PCF de Roussillon, Maryse Dihl, dénonçant une "insulte à la démocratie". "Il n’y a pas eu de maintien de l’ordre organisé, mais seulement des interventions sur de petits groupes et la saisie de banderoles injurieuses", avait-on répliqué côté police.
A Melun, vendredi, le petit groupe de militants CGT a été autorisé à approcher le président. Mais pas avant qu’ait été dressé le décor d’un dialogue pacifié. Car Nicolas Sarkozy veut changer de registre.
Plus question de rejouer la scène des marins-pêcheurs du Guilvinec où, insultés par des individus du haut d’un pont, le président s’était énervé : "Qui est-ce qu’a dit ça ? C’est toi qui as dit ça ? Ben descends un peu le dire. Si tu crois que c’est en insultant que tu vas régler le problème des pêcheurs. Ben, permets-moi de te dire... Viens, viens, viens !" Ni de perdre ses nerfs en répondant à un visiteur qui refusait de lui serrer la main, au Salon de l’agriculture : "Casse-toi, pauvre con !"
A Melun, il sort de sa voiture pour aller aussitôt à la rencontre de la vingtaine de militants de la CGT. Margot Unbriener, qui prend la parole au nom du groupe, se plaint que sa casquette ait été saisie par les forces de l’ordre. "Je ne l’ai pas volée pour moi !", rétorque le président. Il enchaîne aussitôt, à l’adresse du petit groupe qui n’était pourtant pas inscrit au programme : "D’abord, je voulais vous dire merci de vous être déplacés pour me rencontrer." Les militants trouvent la ficelle un peu grosse... "Si, si", insiste le président.
Margot ne baisse pas les armes. Elle interpelle le président, elle l’interrompt, elle discute. Nicolas Sarkozy campe sur ses positions, défend ses réformes, mais joue avec elle. "Vous êtes un beau parleur !", lui lance Margot, un peu à court d’arguments. "Oh, parleur tout court ! Pourquoi beau ?", répond-il.
Au bout de cinq minutes, le président est sûr d’avoir conquis Margot. Il lui touche le bras, comme on ferait à une amie. Elle en rit : "Mon amoureux est jaloux, il ne veut pas que vous me touchiez." L’amoureux, derrière elle, se défend : "C’est parce que je sais que vous avez bon goût !" Le président répond du tac au tac : "Je vous présenterai Carla !" Sous le soleil, Margot commence à avoir chaud. "Si vous enleviez votre truc, vous auriez moins chaud !", lui fait alors remarquer le président, agrippant le brassard de plastique marqué du logo CGT porté par Margot, le seul qui ait échappé à la prise policière... Encore un brassard de trop ?
Alerte sanitaire sur les plastiques alimentaires: Pour des raisons de santé, le gouvernement canadien vient d’annoncer sa décision d’interdire prochainement la commercialisation de tous les biberons en plastique pour bébés. Dans le même temps un rapport préliminaire remis au ministère américain de la santé souligne que l’exposition de l’organisme humain à ces mêmes plastiques, dits "alimentaires" pouvait être à l’origine de problèmes hormonaux et neuronaux. Cette conclusion se fonde sur des résultats expérimentaux obtenus chez l’animal. "Il y a certaines inquiétudes quant à des effets sur le système nerveux et hormonal des foetus, des nouveaux-nés et des enfants" avec les niveaux actuels de certaines substances se retrouvant dans l’alimentation, écrivent les scientifiques du programme national américain de toxicologie dans un document récemment rendu public.
On commence aussi, depuis peu, à s’inquiéter de ce côté-ci de l’Atlantique : l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient d’annoncer qu’elle allait procéder à une nouvelle évaluation de la situation. Dans ce nouveau dossier de sécurité alimentaire, la principale substance visée est le bisphénol A (ou BPA). Ce composé a été pour la première fois synthétisé par un chimiste russe en 1891. On sait de longue date qu’il peut interagir sur le système hormonal humain comme sur celui des mammifères. C’est pourquoi les spécialistes l’ont classé dans la catégorie des "perturbateurs endocriniens", en observant qu’à certaines doses il peut jouer une activité similaire à celle des hormones oestrogènes. A la suite de rapports de toxicologie sur les effets à faible dose du BPA chez les rongeurs ses possibles effets négatifs sur la fertilité et la reproduction humaine suscitent depuis des années de nombreux débats scientifiques.
Il n’y aurait pas de polémique sur la sécurité alimentaire si le BPA n’était pas présent dans les polycarbonates, ce plastiques qui constituent de très nombreux récipients alimentaires, bouteilles d’eau et de boissons, biberons, vaisselle et récipients de conservation des aliments. "Des résidus de BPA sont également présents dans les résines époxy utilisées pour former une couche de protection intérieure dans les cannettes et les cuves contenant des boissons et des aliments, explique-t-on auprès de l’EFSA. Des petites quantités de BPA peuvent migrer à partir des plastiques polycarbonates ou des couches de résine époxy dans les boissons et les aliments. Le BPA peut également migrer dans les aliments si le plastique ou la résine sont endommagés ou fissurés." Il n’en reste pas moins vrai que le BPA est autorisé dans les matériaux en contact avec les aliments dans l’Union européenne, en Amérique du nord ou au Japon. Le sujet est très sensible compte tenu notamment des multiples intérêts économiques et industriels. En 2002, une première norme européenne avait été définie, un comité scientifique de l’alimentation humaine fixant la "dose journalière acceptable" à 0,01 milligramme de BPA par kilogramme de poids corporel et par jour. Puis l’EFSA entreprit une réévaluation de cette norme en 2006 sur la base d’une série de nouveaux résultats scientifiques publiés entre 2002 et 2006. Observant que les animaux de laboratoire (des souris) étaient a priori beaucoup plus sensibles que les humains aux effets hormonaux du BPA les experts estimèrent que l’on pouvait remonter le seuil de la dose journalière acceptable ; ils le fixèrent alors à 0,05 milligrame de BPA par kilogramme de poids corporel et par jour.
"Dans son évaluation, le groupe scientifique a porté une attention toute particulière aux nourrissons et aux enfants car ils appartiennent aux groupes où l’exposition alimentaire potentielle au BPA est la plus élevée par rapport au poids corporel, souligne-t-on auprès de l’EFSA. Les estimations du groupe scientifique concernant l’ingestion de BPA reposaient sur les hypothèses les plus prudentes ("scénario du pire" envisagé). Il est estimé que l’ingestion potentielle pour les nourrissons et les enfants est largement inférieure à la dose journalière acceptable." En pratique un bébé de trois mois nourri au biberon et pesant environ 6 kg devrait boire, par jour, plus de 4 fois le nombre de biberons habituel à cet âge pour atteindre cette dose.
Pour autant, au vu de l’évolution de la situation américaine, l’EFSA a annoncé qu’elle allait faire procéder à une nouvelle réévaluation des risques. Les résultats devraient être connus très rapidement.
Fronde d’élus sur le marché de l’eau francilienne
Libé Lyon : Ménage policier avant la visite de Nicolas Sarkozy: La scène se déroule dans le centre-ville de Vienne (Isère), mardi en fin de matinée, une heure et demie avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat visite une usine à ce moment-là, et il est attendu ensuite dans la salle des fêtes de Vienne, pour participer à une table ronde sur "la modernisation de l’économie française". Des militants veulent manifester aux abords. Certains du PS, d’autres du PCF, d’autres encore de la la LCR. Ils sont environ 150 à 200, selon un journaliste présent. Mais il y a également énormément de policiers en civil, sur la place et dans toutes les rues avoisinantes. Normal pour une visite présidentielle. Sauf que le journaliste présent constate que les policiers sont en train de contrôler et fouiller les militants, et surtout de saisir tous leurs tracts, leurs autocollants, et même leurs journaux. Celui-ci a Rouge dans son sac ? Saisi. Celui-là l’Huma à la main ? Saisi également. Quelques jeunes gens de la LCR refusent de remettre leurs tracts, ils sont alors menottés et embarqués. Sous l’objectif d’un photographe...
Message d’erreur : Votre mot de passe doit comporter 18 770 caractères au minimum et ne peut être identique à l’un de vos 30 689 mots de passe précédents
55% des Français ne veulent pas de candidature Sarkozy en 2012: Selon l’étude réalisée par l’institut CSA, 29% des sondés sont favorables à une nouvelle candidature de l’actuel chef de l’Etat en 2012. 62% estiment que d’ici la fin de son mandat, "l’hypothèse la plus probable" est que "la France va traverser une grave crise".
500 m2 pour la famille du président congolais et une grosse ardoise
Peugeot Motocycles : moins de RTT ou la porte ?
Un membre du ministère de l’Immigration aurait traité un vigile de « sale noir »
Coups droits : Cachez ce Martinon...: Plus de doute, ce blog est lu jusqu’à l’Elysée. Mon dernier billet a illico déclenché l’effacement des dernières traces du prince disgracié.
Sur le site Internet de la Présidence, le portrait de l’ancien porte-parole David Martinon apparaissait toujours hier sur les pages des communiqués de la présidence. Les anciens communiqués, ceux que Martinon a effectivement diffusés jusqu’à son élimination le 17 mars dernier. Mais aussi les nouveaux publiés après son départ.
Nous avions signalé cette curiosité, nous amusant de constater que la vigilance du conseiller élyséen chargé de veiller sur le Web avait été, sur ce coup, prise en défaut...
Piqué au vif, le webmaster du Château n’a pas tardé à réagir ! Quelques minutes après la publication de notre billet, le profil du malheureux Martinon avait été éradiqué. Y compris sur les pages mentionnant les communiqués dont il fut l’auteur.
Dans leur précipitation, nos effaceurs ont remplacé le portrait par un fauteuil vide. Un écriteau nous indique que c’est ici, sur ce velours bleu, que s’assoie parfois "Monsieur le Président de la République".
Le nouveau Sarkozy, ce sont aussi ces petits détails.
On se souvient que le mois dernier, la musique d’attente du standard du Palais a été changée : Asturias, célèbre partition de l’espagnol Isaac Albéniz, arrière grand-père de Cécilia, a été remplacée par la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz, le plus Français des romantiques.
Video JO : quand les officiels chinois font la loi à Paris : Hier soir, Envoyé spécial diffusait un sujet sur le passage de la flamme olympique à Paris. Réalisé par des journalistes de Capa, ce reportage de l’intérieur s’est attaché à démontrer les origines de l’immense cafouillage qui a semé le trouble au sein des forces de l’ordre et des manifestants au cours du parcours.
Des séquences surréalistes d’affrontement ont été diffusées mais l’une d’elle a attiré particulièrement notre attention : elle montre un un journaliste de France 2, présent pour faire son travail, mais viré d’un bus « officiel » chinois par les forces de l’ordre... françaises ! Regardez la séquence.
Une Béninoise menacée d’expulsion après le décès de son mari français: En un mois, la vie d’Elisabeth Guerin a basculé. Cette Béninoise de 38 ans, entrée légalement en France le 16 octobre 2005 pour se marier, menait depuis deux ans une vie heureuse et tranquille. Le 3 octobre 2007, Claude, son conjoint français, meurt d’un cancer. Le second choc survient à peine un mois plus tard, avec l’envoi par la préfecture d’un courrier qui lui refuse le renouvellement de sa carte de séjour et lui donne un mois pour quitter la France.
Un sans-papiers meurt en fuyant la police: L’homme d’origine malienne s’est jeté vendredi dans la Marne après avoir été interpellé par la BAC à Joinville-le-Pont. Le PS dénonce le "climat de terreur" que fait régner le gouvernement.
Un homme, qui s’était jeté dans la Marne vendredi en début d’après-midi à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) en fuyant un contrôle de police à la station RER, est décédé à l’hôpital où il avait été transporté, a-t-on appris de source judiciaire.
Des défilés contre la politique d’immigration du gouvernement
Lettres pour une « rébellion collective » contre la politique de Hortefeux
La chasse aux sans-papiers s’intensifie dans les préfectures
L’homme, de 29 ans et de nationalité malienne, avait été interpellé vers 14H30 par la Brigade anti-criminalité après avoir passé les portiques du RER sans avoir validé de titre de transport, a ajouté la même source.
L’homme a pris la fuite quand les policiers ont voulu vérifier dans leur fichier s’il était recherché, a indiqué une source policière. Les agents l’ont poursuivi sur environ 400 mètres avant qu’il ne se jette depuis le quai dans la Marne.
55% des Français contre l’envoi de renforts en Afghanistan
Libé Lille : Viré... ou reclassé au Brésil pour 300 euros par mois: Alain Leclercq, 38 ans, est un des sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont à qui on a proposé d’être reclassé au Brésil ou en Turquie, aux salaires locaux de 315 et 230 euros. C’est ça ou la porte. « Hors de question » répond le salarié porte parole de ses six collègues.
Video LCP décrypte Rama Yade en campagne à Colombes: Anti-communisme primaire
Nicolas Sarkozy s’arrange avec le code électoral
La loi anti-tabac remplit les brasseries
Nicolas Sarkozy s’est inscrit sur les listes électorales le 3 janvier
Libération : Chez Dati, c’est pas ceinture: A force de petits-fours, la garde des Sceaux a grevé le budget réceptions de son ministère.
Finalement, ça l’intéresse. Samedi matin, la ministre de la Justice, Rachida Dati, se fera élire maire du VIIe arrondissement de Paris. Une formalité, sauf peut-être pour le maire sortant, Michel Dumont, qui figurait en deuxième position sur la liste UMP : eu égard à la lourde charge ministérielle de la tête de liste, il pouvait espérer récupérer son fauteuil de maire. C’est aussi, d’ailleurs, ce qu’avaient aussi cru comprendre, pendant la campagne, de nombreux électeurs de l’arrondissement. Mais non. La mode est au cumul. Comme beaucoup de ses collègues ministres, Dati a donc choisi de cumuler. Désormais, promis, elle consacrera tous ses samedis au VIIe arrondissement de la capitale et à ses prospères habitants.
Entre le Champ de Mars et l’esplanade des Invalides, la protégée du Président espère se construire une légitimité politique, contre ceux qui guettent ses faux pas. Dans l’entourage de Dati, on n’a pas de mots assez durs pour dénoncer « les coups bas » et « les vacheries » de tous ceux que dérangeraient son parcours hors norme.
Dérapage. Selon un proche, la publication mercredi sur le site Mediapart d’informations relatives au train de vie de la chancellerie participe de cette conjuration. Le contrôleur financier du ministère de la Justice s’est inquiété du dérapage des frais de réception depuis juin. En décembre, le plafond des dépenses autorisées était dépassé de 30 %. Jeudi, Guillaume Didier, le porte-parole de la chancellerie, a confirmé qu’une rallonge de 100 000 euros avait été octroyée à l’automne, justifiée par l’organisation de réceptions telles que celle du 13 juillet, veille de la fête nationale. Une performance qui pourrait être dépassée en 2008 : plus de la moitié des 200 000 euros alloués avaient déjà été dépensés fin mars ! Mais la chancellerie a démenti qu’une seconde rallonge de 100 000 euros était dans les tuyaux. Démentie également, l’existence d’une « prise en charge de dépenses personnelles » évoquée par le site. « On ne peut pas qualifier le fait d’avoir un collant de rechange et un peu de maquillage pour faire un raccord avant une interview de dépense personnelle ! » s’insurge Didier. Pour l’entourage de Dati, l’évocation médiatique des « affaires de toilette » de la ministre est la preuve d’intentions malveillantes. « Beaucoup disaient qu’elle allait quitter son ministère. Elle y est en fait confirmée et avec un bilan positif. Cela suscite fatalement des jalousies politiques », souffle un proche.
« Simplicité ». Le 13 mars, des syndicats avaient accusé la ministre de travailler « au service de sa propre image ». Pour fêter (avec retard) la Journée des femmes, Dati avait invité 230 femmes du monde judiciaire, avec billet aller-retour en première classe. « Comme tous les buffets de la chancellerie, c’était d’une très grande simplicité », avait relativisé le porte-parole du ministère. Dati ne conteste pas la très forte hausse des frais de réception depuis juin. Elle assure que c’est le prix à payer pour renforcer notamment « la présence de la justice française en Europe ». Outre ses homologues de l’UE, la ministre fait savoir que si elle reçoit beaucoup, c’est parce qu’elle a choisi de « faire de la chancellerie une chancellerie ouverte ». Ouverte et généreuse.
OGM : Un sénateur dénonce "des intérêts mercantiles" au sein de l’UMP: Alors que les députés examinent le projet de loi, Jean-François Legrand dénonce "des intérêts mercantiles, ripolinés pour les rendre sympathiques" défendus au sein même de l’UMP.
Dans le sillage des troublantes amitiés patronales de Sarkozy: Suez-GDF. La justice ne donne pas suite à une accusation de corruption lors de la fusion.
Voyage sur le jet de Vincent Bolloré, Martin Bouygues comme parrain de son fils… Nicolas Sarkozy est - qui ne le sait pas ? - un ami des grands patrons. Et n’hésite pas à discuter business avec eux. Cette proximité, dont l’intéressé se vante, pourrait finir par lui causer quelques ennuis judiciaires. Le président de la République a ainsi été mis en cause dans une plainte qui évoque des faits de corruption concernant la fusion entre Suez et Gaz de France. Et qui dénonce le fait que l’un des principaux actionnaires de Suez, le baron et milliardaire belge Albert Frère - un proche de Sarkozy, présent, par exemple, à la fameuse soirée au Fouquet’s, après la victoire présidentielle - a été avantagé par les pouvoirs publics français au cours de plusieurs opérations financières récentes.
Célérité. Le dossier embarasse. Contactés, ses principaux acteurs ont fait les morts, ou refusé de s’exprimer officiellement. Heureusement pour le chef de l’Etat, il n’est aujourd’hui - provisoirement ? - plus inquiété. La plainte évoquait des faits relevant de « prise illégale d’intérêt », d’« escroquerie » et d’« abus de confiance » à l’encontre de X et d’Albert Frère. Mais déposée le 24 décembre dernier, elle a été classée sans suite dès le 15 janvier. Une célérité inhabituelle, surtout que l’auteur de la plainte n’a même pas été entendu. « La procédure n’a pas permis de caractériser suffisamment l’infraction », écrit le parquet de Paris. Une attitude qui contraste avec celle du ministère de l’Economie, qui avait examiné avec beaucoup d’attention ce dossier. Alertée, la direction des affaires juridiques de Bercy avait mené une enquête en toute discrétion, mais sans prévenir l’Elysée, et Christine Lagarde avait été informée de son état d’avancement.
A l’origine de cette plainte, il y a un homme d’affaires. Il s’appelle Jean-Marie Kuhn et est lorrain. Il y a dix ans, il rachète une entreprise de distribution de vêtement auprès du groupe GIB, aujourd’hui propriété d’Albert Frère. Mais l’opération se passe mal, une partie de la marchandise disparaît. Et il dépose une plainte. Après plusieurs mois, les deux parties finissent par s’entendre et signent une convention prévoyant un dédommagement pour Kuhn. Sauf que GIB ne l’honorera jamais. Pour se venger, l’homme d’affaires lorrain se lance dans une enquête sur Albert Frère. Et ce qu’il découvre est révélateur des mœurs assez particulières du capitalisme français. Où il est finalement assez courant de voir l’Etat faire des mauvaises affaires pour le plus grand profit d’acteurs privés.
Principale opération mise en cause par Kuhn, la vente en 2006 à la Caisse des dépôts de la chaîne de hamburgers Quick, alors propriété de GIB, à un prix démesuré. La transaction s’était alors faite pour un montant de 850 millions d’euros. Soit deux fois le chiffre d’affaires officiel de Quick. Celui-ci, en plus, aurait été « artificiellement gonflé », selon Kuhn, qui a refait les calculs. La CNP, l’un des holdings d’Albert Frère, avait retiré de l’opération une plus-value de 150 millions d’euros. Somme qui lui aurait permis ensuite de se renforcer dans le capital du groupe Suez. Et d’être en position de peser sur le destin du groupe alors qu’il s’apprêtait à fusionner avec Gaz de France. En août dernier, alors que les négociations sur la fusion bloquaient, Frère avait convaincu Gérard Mestrallet, le PDG de Suez, de se séparer de sa filiale Suez Environnement. Il était allé directement à l’Elysée pour négocier avec Sarkozy. Selon Kuhn, « seuls les décisionnaires politiques au plus haut niveau pouvaient autoriser ou avaliser l’engagement de la Caisse des dépôts dans ces opérations menées au profit d’Albert Frère ». Et de poursuivre, dans sa plainte : « L’enquête précisera les responsabilité et déterminera le profit que les décideurs ont pu tirer en contrepartie de leur soutien. » Mais d’ores et déjà, il met en cause « un pacte de corruption à la mesure de l’enjeu financier colossal que représente la fusion Suez-GDF, dans laquelle Albert Frère peut espérer tirer un profit de plusieurs dizaines de milliards d’euros » et dénonce une « complicité » de l’Etat.
Décoration. Fort de cette conviction, Kuhn écrit à partir du début 2007 de nombreuses lettres aux différents responsables de la majorité, dont Nicolas Sarkozy. Il veut être reçu et expliquer à la fois son affaire privée, et les avantages qui auraient été consentis à Frère. Tous lui répondent par le silence ou par des fins de non-recevoir. Sauf Bercy. A partir d’août 2007, un conseiller de Christine Lagarde s’entretient à plusieurs reprises avec Kuhn. Et ordonne une enquête. En décembre, la sous-directrice aux affaires juridiques du ministère reçoit l’homme d’affaires, et lui conseille de porter plainte « eu égard à l’extrême gravité des faits », dixit Kuhn. Ce qu’il fait quelques jours plus tard. Sans succès. Mais cela ne le désespère pas. Il contacte alors les syndicats de GDF, opposés à la fusion avec Suez. La CGT qui juge les faits « suffisamment troublants » fait alors circuler en interne un document, rédigé par l’homme d’affaires, intitulé « GDF/Suez : la face cachée ». A l’intérieur, Kuhn y détaille le « pacte de corruption », en relevant un événement récent : la remise en février dernier par Sarkozy de la grand-croix de la Légion d’honneur, récompense réservée à quelques dizaines de personnes, à Albert Frère et à son associé en affaires, le canadien Paul Desmarais (les deux hommes sont co-actionnaires de Suez au travers d’un holding).
A cette occasion, Sarkozy avait fait un aveu : « Si je suis aujourd’hui président de la République, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. » Et de détailler comment, en 1995, alors qu’il était au creux de la vague, le financier canadien l’avait invité dans sa famille et s’était engagé à « bâtir » une « stratégie » pour lui. Dans cette optique, tous les avantages accordés à Frère et Desmarais seraient une façon, pour le Président, de renvoyer l’ascenseur. Plutôt gênant comme théorie. Pourtant, personne n’a porté plainte pour diffamation contre Jean-Marie Kuhn. Pour l’instant.
A l’école des sans-papiers : Gloire de Dieu, 11 ans, seul au monde…: … pour la gloire de Monsieur Hortefeux
Gloire de Dieu est congolais (Congo Brazzaville), il est élève de 6e au collège Chantemerle à Corbeil (Essonne). Il a 11 ans et, depuis hier, il est seul au monde.
Sa mère Antou-Ghislaine MATOUBA FOUMA a été enfermée dans la prison administrative pour étrangers (CRA) de l’île de la Cité à Paris sur décision du Préfet de Seine-et-Marne, Monsieur Guillot en application des consignes précises et chiffrées du ministre, Monsieur Hortefeux. Beau boulot !
Arrivée en France en 2003, Antou-Ghislaine MATOUBA FOUMA travaille dans une maison de retraite de Seine-et-Marne. Elle a été arrêtée sur son lieu de travail par des policiers accompagnés d’agents de l’Ursaff, alors qu’elle procédait à la toilette d’une personne âgée. La classe !
Le Juge des libertés et de la détention de Paris devant qui elle a comparu aujourd’hui a estimé que tout baignait et l’a maintenue en rétention pour 15 jours. Bonjour la justice !
Antou est en prison, Gloire de Dieu est seul à la maison, comme un petit homme vaillant. Ce midi, la cantine du collège était fermée. Gloire de Dieu n’a pas mangé. Monsieur le ministre, Monsieur le Préfet, Monsieur le Juge, bon appétit.
Arrestation d’un Ivoirien s’apprêtant à repartir: Ange Djedje a été placé dans un centre de rétention en Alsace parce que son visa de touriste était expiré. Il était pourtant sur le point de quitter la France et avait même son billet d’avion en poche.
Un Ivoirien, dont le visa de touriste pour l’Europe était expiré, a été placé au centre de rétention de Geispolsheim (Alsace) alors que, billet d’avion de retour en poche, il s’apprêtait à regagner son pays, a-t-on appris mardi 19 février auprès de la Cimade.
"Je ne suis pas clandestin, j’ai un billet que j’ai payé, les Français n’ont pas besoin de me payer un billet d’avion, ça me fait mal", a déclaré Ange Djedje, 41 ans, joint par téléphone par l’AFP au centre de rétention pour étrangers de Geispolsheim (Bas-Rhin).
"Problème de quotas"
Selon Ange Djedje, qui a dénoncé une volonté de la France de "faire du chiffre" en matière d’expulsion, "la France a un problème de quotas" et "ils veulent me comptabiliser pour dire à la fin de l’année qu’ils ont réussi à baisser l’insécurité".
Cette procédure permet aux autorités françaises "de comptabiliser comme ’expulsé’ un touriste avec un visa expiré de quelques jours puisque son retour sera payé par la France", a dénoncé pour sa part un responsable régional de la Cimade, service oecuménique d’entraide. Cette association est la seule présente dans les centres de rétention des étrangers.
Ange Djedje était arrivé le 29 décembre en Italie muni d’un passeport et d’un visa d’un mois. Il s’est ensuite rendu en France où habite sa sœur pour faire des achats en vue de son mariage programmé à Abidjan le 13 février.
La préfecture ne commente pas
Lorsqu’il a rejoint en train l’Italie pour prendre son avion muni de son billet, il a été interpellé parce que son visa était périmé. Il a alors été reconduit en Suisse, dernier pays emprunté par son train, puis en France où la préfecture du Doubs a décidé de le faire conduire au centre de rétention interrégional de Geispolsheim, près de Strasbourg.
Interrogé par l’AFP, la préfecture du Doubs n’a pas souhaité commenter ce dossier.
Selon Ange Djedje, elle lui a fait savoir qu’il partirait pour Abidjan le 25 février, avec un billet réglé par les autorités françaises. "Les caisses sont vides en France, pourquoi tout ce gâchis ?", s’est-il interrogé.
A la Cimade à Paris, Damien Nantes a dénoncé "une application de plus en plus mécanique de la loi sans prise en compte des situations humaines (...) c’est extrêmement humiliant et c’est Kafka en logique administrative, cela ne sert a rien et ça coûte de l’argent".
Le député-maire UMP d’Aulnay-sous-Bois touche les Assedic: Selon l’hebdomadaire satirique, Gérard Gaudron, élu maire de la ville de banlieue en 2003, a commencé à toucher les Assedic en août 2005, "après avoir travaillé comme hydrogéologue durant de longues années". Elu le 17 juin 2007 à l’Assemblée, il a continué de toucher son indemnité, alors même que le règlement de l’Assemblée nationale est formel, poursuite Le Canard : "A la différence des maires et autres élus locaux, les députés ne peuvent bénéficier en aucun cas des allocations de chômage".
Son exclusion est annulée
De fait, Gérard Gaudron a été convoqué une première fois par l’ANPE le 11 mai 2007, mais ne s’est pas rendu au rendez-vous. Le 7 août 2007, les Assedic finissent par lui couper les vivres, après qu’il ne s’est pas rendu à un deuxième rendez-vous. Mais le 7 octobre, "à la demande expresse du directeur départemental du Travail et de l’Emploi", son exclusion est annulée et le député-maire touche à nouveau son allocation.
Pour sa défense, Gérard Gaudron affirme avoir écrit deux fois aux Assedic. Effectivement, le Canard a bien retrouvé trace de ces deux courriers, les 12 septembre 2007 et 26 novembre 2007, mais "ces lettres n’ont eu aucun effet".
"Je vais tout rembourser", a affirmé Gérard Gaudron au Canard.
Anecdotique, le Canard précise que Gérard Gaudron a fait partie, le 8 novembre 2007, du groupe de députés UMP qui ont signé une "proposition de résolution" demandant la création d’une "commission d’enquête sur les fraudes aux prestations et aux prélèvements sociaux".
Maria, touriste refoulée à Roissy : la France a perdu une amie | Rue89: Maria Gonzalés est une jeune femme élégante de 35 ans... c’est bien ! Elle est professeur... belle profession ! Elle est mariée à un professeur... rien à dire ! Elle est maman de trois beaux enfants... parfait ! Elle est Mexicaine et aime la France... tout est super !
Elle a un passeport en règle. Elle décide de venir voir sa cousine, étudiante et jeune fille au pair en région parisienne. Aucun problème à l’horizon ! Sa soeur organisera son séjour... vive la famille !
Maria prend d’abord un billet open, car elle ne sait pas exactement la date de son voyage. Lundi 26 novembre, la voilà finalement dans l’avion. Vol sans problème. A 9 heures, sa cousine Karla attend à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. L’avion a atterri depuis déjà quelque temps, mais elle attend toujours.
Personne ne peut dire où est Maria, qui ne parle pas un mot de français. Sa cousine est inquiète, elle remue ciel et terre. On lui conseille enfin de voir la Croix rouge, qui lui apprend que Maria est à la Zapi 3, le centre de rétention de l’immigration.
On précise à Karla que Maria n’a le droit de communiquer ni avec sa famille au Mexique ni avec sa famille en France. Que lui reproche-ton ? Des choses extrêmement graves : ne pas avoir une attestation signée de logement (avec preuve d’identité) ou une réservation ferme d’une chambre d’hôtel. Mais aussi de ne pas avoir une attestation d’assurance de rapatriement en bonne et
due forme -même si elle possède une carte bleue !
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I wouldn’t steal
L’homme percuté par le fils Sarkozy harcelé au téléphone: Deux poids, deux mesures. La famille Sarkozy semble conçue pour valider l’adage. Louis, 10 ans, fils de Nicolas et Cécilia, a récemment été victime de menaces téléphoniques sur son portable : « Tu vas mourir ! » Comme l’a révélé le Point, deux hommes ont promptement été arrêtés et seront jugés en correctionnelle dès le mois prochain. M’Hamed Bellouti, 37 ans, ne bénéficie pas d’une telle sollicitude judiciaro-policière. Lui-même fait l’objet de menaces téléphoniques : « Tu as bien trois enfants ? » Mais sa main-courante déposée en décembre auprès de la gendarmerie reste lettre morte.
Quel rapport entre les deux affaires ? M’Hamed Bellouti semble avoir eu le tort de porter plainte contre Jean Sarkozy, 21 ans, fils cadet de Nicolas (Libération du 11 septembre 2007), suite à un banal accident de la circulation : en octobre 2005, le scooter de Sarkozy junior aurait embouti la BMW de M’Hamed, place de la Concorde. Les dégâts matériels ne sont pas énormes : 260 euros pour réparer le pare-choc.
L’assureur a très vite retrouvé l’identité de l’illustre scootériste, dont la plaque d’immatriculation avait été relevée. Lequel ne répond pas. M’Hamed se résout à porter plainte, mais le commissariat égare le bout de papier… Par contre, la police fait preuve d’une remarquable célérité lorsque, en janvier 2007 à Neuilly, Sarkozy fils se fait dérober son scooter. Au moyen d’un dépistage ADN, l’engin est retrouvé en moins de dix jours.
Pendant ce temps, M’Hamed Bellouti persiste à réclamer ses 260 euros. Faute de diligence policière, il se résout à citer Sarko junior en correctionnelle. Une audience de procédure se déroule en septembre dernier, objet d’un premier tapage médiatique.
Une semaine plus tard, premier appel anonyme - le numéro de portable de M’Hamed Bellouti figurant sur sa plainte. « Une voix métallique, déclinant des informations détaillées qui m’ont refroidi. » Après avoir évoqué un rendez-vous avec son avocat, nouveau coup de fil : « Ce sera l’occasion de se voir. »Le procès Bellouti contre Sarkozy devait avoir lieu le 4 décembre. Me Thierry Herzog, avocat de Sarkozy père et fils, obtient alors un report de six mois, le temps de diligenter une expertise, la BMW ayant subi un autre accident.
Extravagante audience, pour une simple affaire de 260 euros, généralement expédiée en dix minutes. Jean Sarkozy : « Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés. » Le président : « Le tribunal estime qu’une expertise contradictoire s’impose, dans le souci d’une manifestation de la vérité. » Le procureur : « Je m’en remet à la sagesse du tribunal. » La défense de M’Hamed Bellouti avait alors fait venir un témoin de l’accident.
Peu après, la mère de ses enfants reçoit à son tour un appel anonyme : « On s’occupera de vous. » Elle habite pourtant en Suède… « C’est la preuve qu’ils ont des moyens, s’inquiète M’Hamed Bellouti. Je n’accuse personne, le destin s’est simplement abattu sur moi depuis qu’un connard m’est rentré dedans. » Mais que fait la police ?
« Les enfants sans papiers qu’on arrête, c’est inadmissible, Sarkozy dépasse la limite »
Enquête interne à TF1 pour identifier les auteurs d’un livre critiquant la chaîne: Dans "Madame, Monsieur, bonsoir…", qui paraît aujourd’hui, cinq journalistes de la chaîne, restés anonymes, égratignent notamment les journaux télévisés de PPDA, qualifié de "tyrannique", ou encore la collusion de la direction avec Nicolas Sarkozy.
Règlement de comptes à TF1 : la chaîne a ouvert, mercredi 9 janvier, une enquête interne pour découvrir l’identité de cinq journalistes qui racontent, anonymement, dans un livre, les dessous de la chaîne. Dans "Madame, Monsieur, bonsoir…" (Panama, janvier 2008), les auteurs décrivent les travers de la rédaction. Et tout y passe, de la personnalité des présentateurs, au travail fait à la va-vite. Pire, les journalistes confirment les soupçons de collusion entre la Une et Nicolas Sarkozy.
Présentateurs
Patrick Poivre d’Arvor remporte la palme du présentateur le plus contesté. Sous le pseudonyme de Patrick Le Bel (en référence à l’ancien président de la chaîne, Patrick Le Lay), les auteurs décrivent le journaliste comme un paresseux, "tyrannique" et "irascible", aux colères "destructrices, blessantes".
Jean-Pierre Pernaut, qualifié de "beauf de droite décomplexé", n’est pas épargné non plus. Et Claire Chazal apparaît plus occupée par sa manucure que par la composition de son journal.
Le livre attaque enfin le directeur de l’information, Robert Namias : "il fait ce qu’on lui demande de faire, c’est le secret de sa longévité". Or, "ce qu’on lui demande", c’est de se soumettre au pouvoir en place.
Dans l’émission "Sept à huit", il a ainsi fait couper une interview du frère de Rachida Dati (condamné dans une affaire de trafic de stupéfiants). Explication : "Vous n’allez pas me gâcher ma rentrée".
"Vous ne savez pas faire votre boulot"
Mais la chaîne obéit surtout à Nicolas Sarkozy. Le soir de son élection, dès 18h30, avant même les résultats, un cocktail était organisé, champagne à l’appui, dans la tour TF1, en l’honneur de sa victoire. Ces relations privilégiées remontent à avant l’élection du président. D’après l’ouvrage, en août 2006, Nicolas Sarkozy passe un coup de fil à Robert Namias et à l’auteur d’un reportage sur le squat de Cachan, montrant le dénuement et la détresse de ses occupants. "C’est une honte d’avoir laissé passer ce sujet", s’emporte-t-il alors. "Vous ne savez pas faire votre boulot". "Dès le lendemain, un nouveau sujet sur Cachan est diffusé pour rétablir l’équilibre. La rédaction lève alors le pied sur les sans-papiers", écrivent les auteurs.
Paranoïa
Bref, le livre met en cause la façon de travailler au sein de la rédaction, les reportages orientés, mais aussi les cadences infernales et le travail bâclé.
Depuis la parution d’extraits dans la presse, en début de semaine, il règne une ambiance exécrable de paranoïa dans les locaux de la chaîne, selon les témoignages recueillis par Libération ou sur le blog de Jean-Marc Morandini.
Villiers-le-Bel : Mariani dérape: Comment rebondir de façon – osons le mot – dégueulasse, ou du moins déplacée, sur un drame ? Réponse avec Thierry Mariani, habitué des déclarations à l’emporte-pièce. Le député UMP du Vaucluse, auteur de l’amendement sur les tests ADN, se dit « choqué par l’épilogue de l’affaire de Villiers-le-Bel », se demandant pourquoi les deux adolescents décédés ne sont pas « inhumés en terre française ».
Dans une interview au magazine VSD, le député affirme : « Immigration, une chance pour la France, je dis oui. Mais à condition que ceux qui choisissent la France l’épousent à 100%. »
Fin novembre 2007, deux adolescents de Villiers-le-Bel avaient trouvé la mort après être entrés en collision avec un véhicule de police, ce qui avait provoqué des violences urbaines. L’un a ensuite été inhumé au Maroc et l’autre au Sénégal.
« Pourquoi les deux adolescents ne sont-ils pas inhumés en terre française, mais dans leur pays d’origine ? », demande-t-il.
« Le choix des parents est tout à fait respectable, mais je pense qu’on ne peut à la fois brandir des papiers d’identité français en disant "je suis aussi français que vous autres" et aller se faire enterrer à l’étranger. Désolé, moi, toute ma famille d’origine italienne est enterrée dans le Vaucluse », déclare-t-il.
Le député UMP estime enfin que « grâce à Nicolas Sarkozy, la droite n’a plus honte d’être à droite. » On l’aura remarqué.
Le Monde.fr : La "virée people" de Nicolas Sarkozy à Louxor suscite des réactions peu amènes en Europe: Les photos de Nicolas Sarkozy et de Carla Bruni à Louxor (Haute-Egypte) ont fait, mercredi 26 décembre, le tour du monde. Aux Etats-Unis, elles ont été reprises par les journaux accompagnées d’une courte synthèse dans la page people. C’est surtout en Europe que les commentateurs politiques s’y sont intéressés, s’interrogeant, souvent de façon peu amène, sur le nouveau style de la présidence française.
Ainsi, en Italie, le quotidien La Repubblica, sous la plume de Bernardo Valli, se demande, jeudi 27 décembre, si, "à la veille de son cinquantième anniversaire, la Ve République n’a pas changé de visage", si "son sixième président, actuellement en fonction, n’est pas en train d’en écrire l’épitaphe". L’éditorialiste décrit "sur le trône de De Gaulle, un président en manches de chemise, avec la chemise déboutonnée et les lunettes de soleil d’Alain Delon, qui reçoit ses ministres les pieds sur la table et tutoie (presque) tout le monde".
"CELA TOURNE VITE AU VULGAIRE"
L’autre grand quotidien, Il Corriere della Sera, consacre sur deux pages un reportage très illustré et plutôt ironique aux "deux fiancés". En Espagne, où M. Sarkozy est bien en cour et suscite depuis sa campagne présidentielle une curiosité bienveillante, même les journaux conservateurs El Mundo et ABC s’étendent sur le coût du séjour et le rôle de Vincent Bolloré, après le prêt de son yacht à Malte.
C’est en Allemagne que les commentaires sont les plus durs, confirmant la difficulté outre-Rhin à s’habituer à un président de la République française dont les comportements désarçonnent les Allemands, qui ont toujours eu le sentiment qu’il ne les portait pas dans son cœur. A l’unisson, la presse accuse le chef d’Etat de chercher une fois encore à se mettre en scène, souvent au préjudice de sa fonction. "Au lieu de se démener, comme le reste de la classe politique du pays, sur le pouvoir d’achat, les retraites ou les délocalisations, il s’en va le week-end à Disneyland", note le magazine de droite Focus dans son édition en ligne, qui décrit un président à la recherche de "trophées".
"Ehonté, irritant, narcissique", s’agaçait la Süddeutsche Zeitung dès le 21 décembre : "Ses prédécesseurs aussi aimaient le luxe. Chez Sarkozy, cependant, cela tourne vite au vulgaire." "Les Français ne peuvent que constater à quel point ce nouveau Napoléon est imprévisible", conclut le Berliner Zeitung du 24 décembre.
En Belgique, tous les titres, francophones et néerlandophones, plaçaient en "une", mercredi, les photos de Louxor. Une "virée people" selon Le Soir, pour lequel "Sarko termine 2007 sûr de lui, arrogant, espérant mettre un voile sur ses premiers vrais déboires".
Aux Pays-Bas, le quotidien de référence NRC-Handelsblad s’interrogeait, jeudi, sur "ce qui se déroule vraiment à l’Elysée, où l’on semble tourner un remake de Louis de Funès".
Peut-être par trop habituée aux controverses entourant les voyages privés de l’ancien premier ministre Tony Blair, la presse britannique, qui avait fait ses choux gras de l’officialisation de la nouvelle liaison présidentielle au parc Disneyland, s’est faite plus discrète. "Kozy et sa copine sur les rives du Nil", titrait le tabloïd The Sun. Dimanche, The Independent ironisait sur un "Sarkozy qui a réinventé la présidence de la France à l’époque du star-system". M. Sarkozy est "le candidat unique d’un studio de ’Loft Story’ appelé Elysée, une star de soap opera", écrivait le journal.
Libé Lyon : Dominique Perben, "il est aussi très drôle": Libération s’est procuré un petit bijou de littérature militante. Parce qu’on ne s’improvise pas soutien de Dominique Perben et qu’il y a des règles et des usages à respecter, les troupes du candidat UMP à la mairie de Lyon ont mis en place une curieuse organisation : “l’école des militants”. Elle distribue à ses ouailles un petit guide des bonnes manières et des réponses toute faites destinées à convaincre l’électeur, en toute circonstance. Avec fair-play (ou presque) et efficacité. Pour connaître, vous aussi, la bonne façon de soutenir Dominique Perben, cliquer ici…
Première leçon que nous apprend la plaquette : faire barrage aux “clichés et ragots”. Ainsi, si un fâcheux ose avancer que Perben n’est pas lyonnais, répondre du tac au tac : “Faux ! Il est né à Lyon, il y a sa famille, y a fait ses études, y a vécu 25 ans”. Et ajouter, histoire de moucher définitivement l’intelorcuteur : “C’est Gérard Collomb qui est né à Chalon”. Vlan. Mais les millitants peuvent avoir à affronter pire. Comme un outrecuidant : “Perben n’est pas sympa”. Contre-attaque récommandée : “Faux ! Il est humain et chaleureux. Il est aussi très drôle. Demandez à ceux qui le cotoient tous les jours”. Autre épreuve : “Perben n’est jamais à Lyon ?”. Facile : “Faux ! Il a renoncé à tout poste ministériel pour se consacrer exclusivement à Lyon. Il est tous les jours sur le terrain. Il habite aux Jacobins”. Le petit livre perbeniste a visiblement été bien appris car qui a osé formuler ces remarques à l’égard de Dominique Perben a pu constater que les réponses sont, mot pour mot, celles-ci.
Miser sur la famille et les personnes âgées
Au-delà des ripostes-types aux éventuelles attaques, le guide donne aux militants les points importants sur lesquels ils doivent insister pour évoquer le programme de Dominique Perben. Deux cibles principales : la famille et les personnes âgées. Et trois axes : “une ville solidaire et responsable, une ville écologique, une ville capitale”. Enfin, une série de mesures, dont une bonne partie a déjà été annoncée. D’autres sont à venir, comme la gratuité des transports en commun les jours de pollution ou les plans “anti-solitude” pour les personnes âgées et “propreté II”, issus de la fusion avec les millonistes. Les militants ont d’ailleurs pour consigne de rappeler que Dominique Perben a réussi à “rassembler la droite” en signant un accord avec villiéristes et les millonistes.
Avec Gérard Collomb, les bronchiolites se sont multipliées
Et puis, parce qu’il ne faut pas oublier la concurrence, les militants disposent dans le guide d’une série de scuds pré-armés, à balancer sur le maire socialiste sortant, Gérard Collomb. Sur son bilan : ”il n’a rien fait pour qu’on respire mieux”, ”les bronchiolites se multiplient”, il n’a “pas d’idées nouvelles” (sur les grands projets), “il manque de courage et d’ambition” (sur le contournement ouest de la ville), etc.
Les militants de l’UMP sont préparés à tout, même à l’imparable “Oui, mais Gérard Collomb est sympa”. Dans ce cas, il convient de rappeler qu’au contraire, “il n’hésite pas à manier l’invective,voire la menace pour ceux qui “osent” rallier notre camp”. Et que même, un de ses adjoints, le Vert Gilles Buna, “a dénoncé ses difficultés de management, son manque de fibre sociale”. Pour enfoncer le clou (et le maire), il convient d’insister sur le “scandale de la vente à la découpe du quartier Grolée” et le surcoût du projet des berges du Rhône, “44 millions au lieu de 12 millions d’euros”.
Le document se conclue sur un rappel des “régles du jeu” : s’engager à être “exemplaires”, ne pas franchir la “ligne rouge”. Un exemple est donné “interdiction absolue d’arracher les affiches de l’adversaire”. Compris ? Allez, rompez.
Ces locataires de HLM qui font scandale: C’est Jean-Paul Bolufer lui même qui le dit : son cas n’est pas isolé, et les « donneurs de leçon » feraient bien de s’en souvenir. L’ex-directeur de cabinet de Christine Boutin n’est de fait pas le premier politique à se voir reprocher son HLM.
Ce qui pourrait expliquer un certain silence observé par la droite comme la gauche ces derniers jours, à quelques exceptions près. La médiatisation du cas de l’ex-directeur de cabinet de Chrisine Boutin fait remonter à la surface de vieilles histoires, et en dévoile de nouvelles.
Parmi les cas connus de longue date, celui de Jean-Pierre Chevènement, bénéficiaire de deux HLM à Belfort et à Paris (dans le Ve arrondissement), revient sous les projecteurs, un élu de Belfort revenant à la charge vendredi pour lui demander de quitter les lieux.
Autre scandale en 1995, quand le Canard Enchaîné révèle qu’Alain Juppé, alors adjoint au maire de Paris, fait diminuer par ses services le loyer de son fils, heureux locataire d’un appartement du très chic VIe arrondissement de Paris. Alain Juppé lui-même étant locataire d’un appartement refait à neuf aux frais du contribuable.
La même année, on découvre que Jacques Chirac, alors maire de Paris, loue à une SCI indirectement contrôlée par la mairie de Paris, un logement de 189 m2 à un prix inférieur au marché.
Egalement épinglés à cette période pour leurs abus en matière de logement, le fils de Jean Tibéri, celui d’Edouard Balladur, la fille de Jack Lang, et plus récemment Jean-François Copé.
Sans oublier la retentissante affaire Hervé Gaymard, elle aussi révélée par le Canard Enchaîné, en 2005. L’ancien ministre de l’Economie n’était certes pas logé en HLM, mais dans un duplex de pas moins de 600 m2 payé par l’Etat plus de 14.400 euros par mois.
Dernier HLM embarassant en date, celui de la directrice de cabinet de Fadela Amara, logée dans 80m2 pour 420 euros par mois dans une zone urbaine sensible (ZUS) de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Locataire de cet appartement depuis 23 ans, alors que ses ressources n’étaient pas celles d’aujourd’hui, elle se dit prête à payer un surloyer.
Quant à Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la Ville, également logée en HLM dans le XIIIe arrondissement de Paris, elle dit payer le prix du marché, et rappelle que son mandat « n’est pas un CDI ».
Le vigneron pleure son sans-papiers: Immigration. Un notable bourguignon choqué par l’expulsion de son ouvrier algérien.
C’est un « vieil homme de la vieille droite », comme il dit, qui semble avoir subitement égaré ses certitudes. Un notable bourguignon qui porte beau la casquette Sherlock Holmes, vouvoie son épouse, mais se met à dire des jurons la voix gonflée de colère. Un employeur qui ne comprend pas pourquoi on lui a « enlevé » son salarié. Un monsieur qui pleure un ami. Michel Millet, riche propriétaire de vignes sur la côte chalonnaise, avait rencontré Benali Sahnoune en 2005, via une de ses connaissances parmi la communauté harki.
Métier. Millet est un ancien officier de l’armée française en Algérie. Il en a conservé un vocable suranné aux accents plus paternalistes que colonialistes à l’égard de la communauté arabe. Benali Sahnoune, algérien, était alors clandestin en France, il n’avait pas de boulot. Millet l’a fait embaucher sur le domaine viticole de sa fille. Petit à petit, le travailleur clandestin a appris le métier de la vigne. Il a commencé par trier les sarments, puis se familiarisant, il a appris à les attacher, à ébourgeonner, à tailler… « C’est un bon vigneron », dit Michel Millet. Mais, la semaine dernière, alors qu’il se rendait sur le domaine de Châtenoy-le-Royal (Saône-et-Loire), Benali Sahnoune a été arrêté sur la route par les gendarmes et emmené au centre de rétention administrative de Lyon. Il doit être expulsé d’un jour à l’autre vers l’Algérie. Michel Millet a d’abord été en colère. Puis il a pleuré. L’histoire de Benali Sahnoune se confond avec celle des milliers de clandestins expulsés chaque année. En 2002, il a fui le nord-ouest d’Alger, région sinistrée par la guerre civile, laissant sur place femme et enfants, pour espérer trouver un travail en France. Il a rejoint Chalon-sur-Saône, où son père est installé depuis 1962, sa mère et ses frères et sœurs (français, eux) depuis une quinzaine d’années. Il s’est vu refuser, comme la plupart des Algériens, le statut de réfugié. A quand même trouvé du boulot. Déclaré. Il pensait que cela plaiderait pour sa régularisation. Il s’est trompé.
Lors de son arrestation, il a montré ses feuilles de paie, ses cotisations à la Mutuelle sociale agricole… « Ils m’ont dit que ça ne servait à rien. » Benali Sahnoune est résigné. Michel Millet, son employeur, n’y arrive pas. Benali Sahnoune sait que « c’est comme ça ». Michel Millet ne le savait pas. Cet homme de 73 ans vient de découvrir une France qu’il ne connaissait pas. Celle « des humiliations » et « du mépris ». Comme sa fille, il a été convoqué chez les gendarmes. Il lui a été signifié qu’il pouvait être poursuivi pour « aide à l’entrée, au séjour et à la circulation d’un étranger en situation irrégulière ». Le procureur n’a pas voulu donner suite. Mais Michel Millet n’est pas dupe : « On est une famille de notables convenables, cela explique. »
Quelques jours après l’arrestation de Benali Sahnoune, il s’est rendu avec Zerka et Amoulkeir, les deux sœurs de Benali, au centre de rétention administrative de l’aéroport de Lyon. Après deux heures de route, ils ont sonné au centre de rétention. On leur a demandé d’attendre sous le vague Abribus qui fait office de salle d’attente. Au bout de trois quarts d’heure dans le froid, croyant avoir été oubliés, ils ont resonné. Les policiers sont sortis, leur ont fait comprendre que leur impatience était de mauvais aloi. Ils ont été sanctionnés d’une privation de visite et sont repartis à Chalon. La colère au ventre. Avec un accent bourguignon comme on n’en entend plus, le « r » roulant et traînant, Michel Millet peste contre « cette droite de cons ».
Curieux trio. L’ancien président local de la CGPME (le très droitiste syndicat des petits et moyens patrons), qui fréquente le ban et l’arrière-ban des notables chalonnais, a des gros mots pleins la bouche contre la politique d’immigration de la France, la politique tout court et ses représentants. A sa femme qui s’inquiète de le voir sortir de ses gonds face à la presse, il répond : « Ne vous inquiétez pas Geneviève, je sais que je parle à un journal de gauche, je prends toutes les précautions d’usage. » Les sœurs de Benali sourient. Parfois le taclent sans ménagement.
Curieux trio que ce monsieur aux allures de gentleman-farmer version bourguignonne de la IIIe République et ces deux jeunes femmes portant le voile et le verbe haut. Ils sont retournés ensemble mercredi au centre de rétention pour un dernier au revoir à Benali. Cette fois-ci, ils ont pu entrer. Ils lui ont apporté sa valise et quelques cadeaux pour la famille au bled. Ils ont droit à vingt minutes d’entretien. Dans la salle aux murs blafards, personne n’arrive vraiment à parler. Michel Millet répète : « C’est ridicule tout ça. »
Mais où sont donc les 10 milliards ?: Lundi, dans la foulée de son entretien avec le président Kadhafi, Nicolas Sarkozy déclare devant la presse que la France « va signer pour une dizaine de milliards d’euros de contrats » avec la Libye. Ce qui équivaut, selon l’Élysée à « 30 000 emplois sur cinq ans ». Mardi, par souci du détail, on prend donc notre calculette et on refait les comptes. Et là, surprise : on a beau refaire les calculs, on est loin, très loin des 10 milliards annoncés. Revue de détail.
Les 21 Airbus
C’est le plus gros morceau : l’achat de 21 appareils par deux compagnies libyennes, pour 2,7 milliards d’euros selon l’estimation de l’Elysée. Sauf que cette double commande n’est en réalité que la confirmation d’une intention d’achat signée en juin au Salon du Bourget. C’est-à-dire bien avant l’affaire des infirmières bulgares. Or, comme le précise Airbus, une intention d’achat se transforme en commandes fermes dans « plus de 99 % des cas ». Donc la France n’avait pas besoin de faire venir Kadhafi pour concrétiser la commande. De plus, autre (petit) détail : Airbus parle d’un double contrat de 3,2 milliards de dollars, prix catalogue, soit 2,17 milliards d’euros. Ce qui fait 530 millions d’euros de moins que l’estimation de l’Elysée.
Les contrats militaires
Là c’est le grand flou puisque l’Elysée se contentait, hier, de répertorier une liste de matériels d’un « montant potentiel de 4,5 milliards d’euros ». Mais aucun contrat ferme, juste « un mémorandum sur la coopération en matière d’armement » , dans lequel l’Elysée espère fourguer notamment 14 Rafale, une cinquantaine de blindés et 35 hélicoptères Eurocopter, filiale d’EADS. « Mais aujourd’hui, on n’a aucun élément précis sur les volumes, les types d’appareil et donc les montants d’un contrat. On ne sait pas très bien ce qui va remonter de cette négociation globale », relève un cadre d’Eurocopter.
Le nucléaire
Passons sur les prétendus 2 milliards d’euros du contrat lié à la nouvelle coopération nucléaire entre les deux pays qui, toujours selon l’Elysée, recouvre « la fourniture de un ou plusieurs réacteurs pour le dessalement de l’eau de mer » ainsi qu’un soutien « à l’exploration et à l’exploitation de l’uranium ». Pour Areva, la vente d’une telle centrale si elle se réalise, mettra au minimum plusieurs années avant d’être concrétisée.
Eau et BTP
Reste une dernière enveloppe de 2 milliards qui, d’après l’Elysée, recoupe notamment l’extension de l’aéroport de Tripoli (Vinci) et un contrat de gestion d’eau potable (Veolia). Hier, il suffisait d’interroger les industriels concernés, pour mesurer leur embarras. « On n’a rien signé du tout. Sur l’annonce de l’Elysée, on ne souhaite pas faire de commentaire » (un cadre de Veolia). « L’extension de l’aéroport de Tripoli ? Oui, on en a entendu parler, mais aujourd’hui, ce n’est qu’un projet comme on en a plein dans d’autres pays » (un cadre de Vinci).
Résultat
Hier, le seul contrat commercial ferme signé (en dehors des 21 Airbus qui de toute façon auraient été vendus) était à mettre à profit d’Areva pour du matériel de transmission et de distribution d’électricité, pour un montant de 300 millions d’euros. On est donc très loin des 10 milliards annoncés.
Quand le groupe Hersant prend parti pour Christian Estrosi à Nice: Le Canard enchaîné révèle, mercredi 28 novembre, l’intrusion du groupe Hersant Media dans la campagne municipale à Nice. Dans la bataille opposant le sénateur-maire UMP Jacques Peyrat au ministre de l’Outre-Mer Christian Estrosi, "Philippe Hersant a déjà choisi le second", indique l’hebdomadaire satirique.
Et de rappeler la publication, le 23 novembre dernier, d’un sondage Sofres dans le quotidien Nice-Matin, qui titre en une "Municipales à Nice : un seul tour pourrait suffire".
Copwatch : un oeil sur la police: Entassés dans leur petit bureau encombré de dossiers et d’ordinateurs, une dizaine de militants de l’association Copwatch se préparent pour une patrouille de nuit. Ils vérifient que les caméras fonctionnent bien et que la radio scanner installée sur l’armoire balaie l’ensemble des fréquences utilisées par la police, afin d’intercepter les communications entre les voitures de police et les différents commissariats.
L’action de Copwatch ne se limite pas aux patrouilles. Toutes les vidéos sont stockées et indexées. La plupart sont anodines, mais il y a aussi une collection d’images chocs : arrestations ultraviolentes, passages à tabac en pleine rue, voitures de police renversant des passants, enfants tenus en joue avec des fusils à pompe... Andrea Pritchett fait un bilan en demi-teinte de leur impact : "Nous avons réussi à innocenter des prévenus accusés à tort d’avoir frappé les policiers lors de leur arrestation. Et qui sait, un jour nous réussirons peut-être à faire condamner un policier pour faux témoignage, ou violence abusive."
Libération LibéLabo » Les faux électeurs de Panaf’ Tivi: Pour la campagne des municipales parisiennes, Françoise de Panafieu a lancé sa “Panaf’ Tivi” sur le Net. Les électeurs lambda qui y posent des questions…. sont en fait des militants UMP. La preuve en vidéo par nos partenaires d’iPol.
L’UMP adoube l’ex-FN Simonpieri pour Marignane: Joli recyclage : l’UMP a donné mardi son investiture à Daniel Simonpieri, 56 ans, pour les municipales à Marignane (Bouches-du-Rhône). Le maire, qui brigue un troisième mandat, n’appartient pourtant pas a parti présidentiel. Il a été élu en 1995 sous l’étiquette FN, son parti pendant vingt-cinq ans. Il a été réélu en 2001, avec le soutien du MNR de Bruno Mégret, qu’il a quitté. En 2002, il a appelé à voter Le Pen et n’a jamais renié ses idées. « Il va prendre les couleurs de l’UMP, mais ce sera toujours un homme d’extrême droite », déplore Christiane Azam, du Mrap. « Il a fait sa mutation », rétorque Renaud Muselier (UMP). Pour la droite, Simonpieri, aujourd’hui apparenté UMP, est utile, voire indispensable : bien implanté, il gagne facilement les élections dans son fief. C’est pourquoi il a été préféré au chef de file local de l’UMP adoubé par les militants. Depuis 1998, la droite régionale menée par Jean-Claude Gaudin se targuait de lutter contre l’extrême droite. Là, elle revient à ses premières amours, quand Gaudin gérait le conseil régional avec le FN. Sacrifiant ses principes sur l’autel de l’efficacité électorale, l’UMP délivre un signal qui dépasse de loin Marignane : elle remercie un homme qui a appelé à voter Sarkozy au printemps, et lance un clin d’œil à tous les électeurs lepénistes.
A Neuilly, on n’expulse pas un Tapie: L’Elysée est intervenu dans le dossier d’endettement du foyer de Stéphane Tapie.
Problème de fils de. Claude François Junior, fils d’un papa chanteur, et Stéphane Tapie, fils de Bernard (qu’on ne présente plus) n’ont aucun conflit personnel, bien qu’ayant successivement épousé l même femme. Mais ils sont au centre d’un imbroglio immobilier qui relèverait de la sphère privée si, comme l’a révélé hier le Canard enchaîné, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, n’avait cru bon d’intervenir, le drame se déroulant en la bonne ville de Neuilly-sur-Seine dont Nicolas Sarkozy fut longtemps le maire.
Claude François junior (dit Coco dans le magazine Podium) et Marie-Laure louent depuis 1999 un appartement de 220 mètres carrés. Le bail est au nom de madame, mais monsieur est caution. En 2001, ils divorcent. Claude François junior doit verser une pension alimentaire de 6 000 euros par mois à la mère de ses enfants, qui conserve l’usage de l’appartement neuilléen. Au printemps 2005, il cesse de verser la pension ; elle cesse de payer le loyer de 4 123 euros. « Elle ne pouvait plus, n’ayant pour seul revenu que la pension versée par son ex-mari, interrompue unilatéralement sous prétexte de difficultés financières » , plaide son avocat de l’époque, Me Jérôme Boursican.
Arriérés. Entre-temps, Marie-Laure s’est mise en ménage avec Stéphane Tapie et a déniché un travail – vendeuse de vêtements chez Zadig & Voltaire. En avril 2007, leur remariage est célébré en mairie de Neuilly par Sarkozy en personne. A partir de là, Tapie junior règle lui-même les loyers, mais reste la question des arriérés qui s’élèvent à 66 000 euros. A la même époque, Claude François Junior est condamné à trois mois de prison avec sursis pour abandon de famille, mais ne règle que 10 000 euros de ses arriérés de pension.
Trouvant le temps long, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), propriétaire de l’appartement, saisit à son tour les tribunaux. En octobre dernier, la cour d’appel de Versailles lui donne raison : elle condamne Marie-Laure à payer sa dette locative, proclame la résolution du bail, mais laisse le soin à la CDC d’enclencher le processus d’expulsion. « Nous avions le choix d’expulser, au risque de rendre difficile le paiement des arriérés, ou de signer un accord, permettant de récupérer nos fonds , souligne un porte-parole de la Caisse.
« Lézard ». A la veille de la trêve hivernale des expulsions (le 1er novembre), un protocole est mis en place. Tapie senior met la main au portefeuille : il règle tout de suite 15 000 euros puis se porte caution de son fils jusqu’à 100 000 euros. Tout le monde assure que l’Elysée n’y est pour rien. La direction de la CDC : « Nous n’avons reçu aucune instruction de l’extérieur. » Bernard Tapie : « Vous m’imaginez vraiment appeler Nicolas à propos de mon fils ? Tout s’est passé entre avocats, il n’y a aucun lézard. » Me Olivier Pardo, avocat de Stéphane : « J’ai dû me battre pour éviter l’expulsion d’une famille de six enfants [trois de chaque côté, ndlr]. Franchement, Sarkozy est plus efficace au Tchad... » Le Canard maintient : Guéant a décroché son téléphone pour appeler la Caisse des dépôts, quand bien même Bernard Tapie avait accepté six mois plus tôt (donc avant la présidentielle) d’assumer l’ardoise de son fils. Excès de zèle ?
Les Français sont de plus en plus critiques envers la publicité, en particulier sur Internet: Le désamour entre les Français et la publicité ne diminue pas. Bien au contraire, si l’on en croit les résultats de l’enquête réalisée par Ipsos pour le compte de l’agence de publicité Australie. Publiée mardi 13 novembre, cette étude met en évidence un décrochage entre les Français et la publicité en 2007. Surtout, elle démontre que la publicité sur Internet est tout particulièrement dans le collimateur.
La peur, raison d’être du ministère de Brice Hortefeux
La caillera du Guilvinec: Mardi, ça a chauffé au Guilvinec.
« Qu’est ce qu’a dit ça ? C’est toi qu’a dit ça ?
Ben descends un peu le dire ! Descends un peu… si t’as des… si tu crois que… si tu crois que… si tu crois que c’est en insultant que tu vas régler le problème des pêcheurs et ben permets moi d’te dire que … dire que… m’enfin… ttut psi (onomatopées) !
Ben viens ! Viens ! Viens ! Qu’on discute ! »
Le grand style ! Tout y est : tutoiement, torse bombé, affichage hyper viril. Il n’a pas tippé mais presque.
Dans un cadre scolaire, ce serait un cas d’école pour formateur IUFM sur la meilleure manière de désamorcer un conflit avec un élève :
« Bien sûr l’enseignant est touché par une agression verbale mais il réagit en utilisant les codes, le langage et les attitudes de l’apprenant. En cela il met en danger les fondements de son autorité et se place sur un rapport de force du type ‘bras de fer’ dont il n’est pas sûr de sortir gagnant, blablabla… ».
Après dix jours de vacances, ça revigore !
Demain les Troisième rouge n’ont pas intérêt à me chauffer.
Moi je crois à l’exemplarité ! Je ferai comme Not’président !
Peut-être que finalement l’élève n’est pas celui qu’on croit…
Au fait c’était quoi l’insulte ?
Une avocate blessée lors d’une manifestation contre la réforme de la carte judiciaire: Une avocate du barreau de Belfort a été blessée à la tête, lundi 5 novembre, dans une bousculade avec des forces de l’ordre, lors d’une manifestation contre la réforme de la carte judiciaire à Colmar (Haut-Rhin), en marge d’une visite de Rachida Dati. Amélie Beaumont, du barreau de Belfort, tentait de franchir un barrage de police quand elle a été arrêtée par quatre agents qui lui ont asséné des coups de matraque et l’ont traînée par terre, selon des témoins.
Une centaine d’avocats s’étaient rassemblés devant la cour d’appel pour protester contre la venue de Rachida Dati, qui présentait ses projets de réforme de la carte judiciaire en Alsace et en Franche-Comté.
Le préfet du Haut-Rhin, Michel Fuzeau, a confirmé qu’"une manifestante tombée au sol a été reconduite malgré sa résistance de l’autre côté de la barrière", mais a démenti les informations faisant état de "saignement, notamment à la tête". L’avocate, saignant d’une blessure au cuir chevelu, a été prise en charge par les pompiers et hospitalisée, selon un journaliste de l’AFP. Le préfet du Haut-Rhin a affirmé qu’"il n’y a pas eu d’usage de matraque".
Le patron de « l’Express » déclare avoir subi la pression de Dati: Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de l’Express, explique, sur son blog, avoir subi de la part de l’entourage de la ministre de la Justice un « déluge d’interventions dissuasives ». Point de départ : la publication d’une enquête révélant que le dossier d’admission à l’Ecole nationale de la magistrature de Rachida Dati fait mention d’un diplôme de MBA du groupe HEC-ISA, qu’elle n’a pas.
Réagissant sur le fond, la Chancellerie suggère une erreur administrative, répétant que « la ministre n’a jamais prétendu avoir ce diplôme ». Sur la forme… Christophe Barbier raconte une « déferlante » de coups de fil de personnes mandatées par la ministre pour « relayer des menaces incroyables : “Je vais aller à la télévision dire que c’est un journal raciste !” » Barbier s’interroge : « Est-il raisonnable de réagir ainsi quand on occupe un des plus hauts postes de l’Etat ? »
Laporte : l’affaire du casino arcachonnais revient sur le tapis
Santini rattrapé par le musée fantôme de l’île Saint-Germain
Sur une chaîne américaine, Sarkozy pète un câble et plaque la journaliste
La Liberté de l’Est boycottée par la préfecture après des articles critiques: La préfecture des Vosges aurait décidé de supprimer au journal l’accès aux informations d’Etat, comme les pompiers, gendarmes ou policiers. La raison : des articles sur le Grenelle de l’environnement en Lorraine n’auraient pas plu.
Le New York Times en guerre contre les tests ADN: Dans un éditorial très virulent, le quotidien américain dénonce un projet de loi sur l’immigration "abject", qui utilise des méthodes qui rappellent celles des nazis.
RESF prévient d’une rafle de sans-papiers à Paris vendredi: Le Réseau Education sans frontières (RESF), a averti jeudi 18 octobre dans un communiqué qu’"une monstrueuse rafle de sans-papiers serait prévue" vendredi à Paris. RESF cite "des informations concordantes émanant de sources sûres".
Selon la police, une opération de contrôle serait bien prévue vendredi mais son ampleur serait habituelle. De son côté, la préfecture de police de Paris affirme qu’"aucune opération exceptionnelle n’est prévue vendredi 19 octobre".
Pour l’association, qui défend les parents sans-papiers d’enfants scolarisés, "une rafle d’une ampleur inégalée" serait prévue vendredi à Paris par la préfecture de Paris.
Consignes de prudence
Elle vise à "rattraper son important retard par rapport aux quotas d’expulsions imposés par le ministère de la rafle et du drapeau", a ajouté RESF qui désigne ainsi le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement.
RESF donne même des "consignes de prudence" aux sans-papiers et appelle les Parisiens "à placer les interventions policières sous le regard de la population".
Le chiffre des expulsions serait en effet en dessous des objectifs, selon la police. L’objectif d’expulsions de clandestins avait été fixé à 3.680 pour 2007 sur Paris, d’après le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement.
Cécilia Sarkozy, l’impossible divorce: L’épouse du président de la République n’est pas libre de divorcer. Disposition de régime islamiste ? Non, simple effet de la révision du statut pénal du chef de l’Etat, voulue par Chirac et, hélas, très pe contestée, et qu’il est peu probable que la commission présidée par Edouard Balladur remette en cause. En vertu du nouvel article 67 de la Constitution, « le président de la République n’est pas responsable de actes accomplis en cette qualité […]. Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un act d’information, d’instruction ou de poursuite. […] Les instances et procédures auxquelles il est ainsi fait obstacle peuvent être reprises ou engagées contre lui à l’expiration d’un délai d’un mois suivant la cessatio des fonctions »
L’immunité dont bénéficie le chef de l’Etat vaut ainsi pour tous les domaines juridiques : pénal, mais aussi commercial, administratif ou civil. L’épouse du président de la République ne peut donc obtenir le divorce, qui passe nécessairement par une action judiciaire. Que ce soit le divorce pour faute ou pour altération définitive du lien conjugal, ou celui par acceptation du principe de la rupture du mariage, institué en 2004, ils requièrent une action civile contre le conjoint.
Arrêt Sur Images - TF1 occulte Martinon-non-non à Neuilly: Tout arrive : pour la première fois depuis le 6 mai, TF1 a décidé de n’accorder qu’une place modérée à une activité de Nicolas Sarkozy.
C’était à Neuilly, dimanche soir. Sarkozy venait tenter (avec difficulté) d’introniser son porte-parole David Martinon maire de Neuilly.
Arrêt Sur Images - Corn flakes et info gratuite: Tout se passe comme si non seulement les Etats, garants de la santé publique, mais les journalistes aussi, avaient définitivement capitulé face à la pub.
La scène est extraite de "Faites passer l’info", nouveau magazine mensuel d’investigation sur la consommation, présenté par Jean-Baptiste Rivoire, sur Canal+. Elle se déroule en octobre 2006. On y voit Xavier Bertrand, ministre de la Santé de l’époque, proprement humilié par le lobby de l’agro-alimentaire.
Sarkozy privé de portrait par un village creusois: Le conseil municipal de Sannat, village de 380 habitants de l’est de la Creuse, a refusé, par cinq voix contre quatre, de suspendre en mairie le portrait du président de la République Nicolas Sarkozy, a-t-on appri jeudi auprès du maire Henri Sauthon
« La question s’est posée lorsqu’on nous a proposé de recevoir un portrait du président », a indiqué à l’AFP l’édile, un exploitant agricole de 81 ans à la retraite qui se dit sans étiquette. « Lors de la séance, mardi, certains se sont élevés contre cet accrochage et un élu a demandé un vote qui s’est soldé par un refus à la majorité de cinq voix contre quatre », a-t-il expliqué précisant que l’accrochage du portrait du président en mairie n’était « pas une obligation légale ».
« Il n’y avait eu aucun problème pour afficher Jacques Chirac, qui reste accroché aux murs de la mairie, au côté de François Mitterrand et Jean Jaurès qui, s’il n’a jamais été président de la République, conserve son prestige de grand démocrate », a estimé le maire.
« Ici, nous nous faisons une haute idée de la démocratie, de la République. Nous sommes certes un peu rebelles. Nous avons peut-être la tête un peu dure. Tout le monde n’est pas béni oui-oui. Ce n’est pas pour autant que nous sommes des sauvages », a conclu le maire de Sannat.
Appel à "une journée nationale sans Sarkozy dans les médias", J - 80: Une association, le "Rassemblement pour la démocratie à la télévision" est à l’origine de cette initiative, qui se tiendrait le 30 novembre, jour anniversaire de la candidature à l’Elysée du chef de l’Etat.
Une association lancée en juillet, le "Rassemblement pour la démocratie à la télévision" (RDT), a incité lundi 10 septembre par le biais d’un communiqué les rédactions à participer à une "journée nationale sans Sarkozy dans les médias" le 30 novembre. Soit un an tout juste après l’annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.
Donc, dans l’idée que cette journée devienne "une grande journée de la démocratie et de la liberté de la presse", "pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s’il vous plaît".
"Indépendante de toute organisation politique"
Le RDT, présidée par un sociologue de 52 ans, Pierre Bitoun, encourage les citoyens à diffuser l’appel. Basée à Tours, l’association revendique une centaine de membres, dont 64 fondateurs depuis sa création en juillet dernier. Elle se définit comme "indépendante de toute organisation politique", "propose une action novatrice, ambitieuse, qui touche au coeur même du système d’influence : les sondages (interdire leur réalisation dans les trois mois précédents un scrutin électoral) et les journaux télévisés (démocratiser les journaux de TF1 et France 2)".
Consottisier : Non, je ne veux pas être traçable...
La police, pare-chocs de Jean Sarkozy : Le fils cadet de Nicolas Sarkozy est cité à comparaître ce matin en correctionnelle pour délit de fuite (une simple audience de procédure, destinée à fixer la date du procès et le montant d’une éventuell caution). Le plaignant, M’Hamed Bellouti, n’envisageait pas d’en venir à une telle extrémité, s’agissant d’un accident de la circulation d’une affligeante banalité. Mais après deux ans de vaines tentatives pour s faire rembourser 260 euros de dégâts, il ne supporte pas que « certains se croient au-dessus des lois ».
Le 10 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, haut lieu de densité automobile, M’Hamed freine au volant de la BMW de son père. Derrière, un scooter n’a pas le temps de s’arrêter et emboutit le pare-chocs de la voiture. Puis prend aussitôt la tangente « en faisant un geste offensant de la main » . Un passager de la BMW a le temps de noter l’immatriculation du scooter.
M’Hamed contacte son assureur, qui écrit au propriétaire du deux-roues en janvier 2006. Pas de réponse. Un mois plus tard, M’Hamed, muni d’une expertise qui fixe à 260 euros les réparations, porte plainte au commissariat du XVIe arrondissement pour délit de fuite. Il ne connaît pas encore l’identité du conducteur du scooter, même si il a vu son visage. « Les policiers m’ont dit : Pas de problème, il y aura une confrontation. »
Illustre. En mars, M’Hamed rappelle le commissariat : plus de trace de sa plainte… Egarée. L’été arrive, la police n’a toujours pas pisté le propriétaire du scooter. Mais l’assureur, si : Jean Sarkozy de Nagy-Bocsa, domicilié à Neuilly. « C’est quand même bizarre que l’assureur l’a retrouvé et pas la police », note M’Hamed, qui n’apprend le nom de son illustre « percuteur » qu’en septembre 2006, en obtenant copie des trois courriers envoyés en vain par la Maaf : « On me dit d’être prudent en période électorale. Alors j’attends. »
Le 7 janvier 2007, nouveau fait divers sur deux-roues. Le scooter de Sarkozy fils est dérobé à Neuilly. Avec une célérité remarquable et au moyen d’un pistage ADN, la police retrouve l’engin en dix jours. Pour M’Hamed, c’en est trop : « On me prend pour un con. » Son père et son frère militent à l’UMP, ils lui suggèrent de tenter un ultime arrangement amiable. Le second se rend au QG de campagne de Nicolas Sarkozy, est reçu par une secrétaire. Toujours rien.
« Principe ». M’Hamed Bellouti se décide à porter l’affaire au pénal. Son avocat, M e Christophe Launay, rédige une citation directe en août pour destruction de bien et délit de fuite. « Je ne lâche pas le morceau, par principe. N’importe quel citoyen qui tape une voiture avec délit de fuite est convoqué. Pourquoi cette justice à deux vitesses ? Quand on lui vole son scooter, y a du zèle ; quand il percute ma voiture, y a plus de zèle. » En plus des 260 euros (pour un pare-chocs enfoncé), M’Hamed en demande 4 000 pour préjudice moral : « Pour l’attente, et parce je crois encore à la démocratie. »
Le Monde.fr : L’un des fils de Nicolas Sarkozy cité devant la justice: Jean Sarkozy, l’un des fils de Nicolas Sarkozy, fait l’objet d’une citation directe, le 11 septembre, devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Selon l’assignation, le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, il aurait heurté avec son scooter l’arrière d’une BMW conduite par M’hamed Bellouti. Il ne se serait pas arrêté, et aurait eu "un geste offensant" à l’intention du conducteur.
M. Bellouti a pu relever le numéro d’immatriculation du scooter, l’a transmis à sa compagnie d’assurances, la MAAF, qui aurait relancé à trois reprises en 2006 Jean Sarkozy, sans obtenir de réponse de sa part. M. Bellouti a donc chargé ses avocats de faire citer à comparaître M. Sarkozy. Quatre délits lui sont reprochés : délit de fuite, défaut de maîtrise de son véhicule, non-respect des distances de sécurité et dégradation légère de la voiture. M. Bellouti réclame 260,13 euros pour des frais de réparation, ainsi que la somme de 4 000 euros à titre de dommages et intérêts.
Paris Match gomme un bourrelet de Sarkozy: La comparaison de la photo d’agence avec celle publiée dans l’édition du 9 août du magazine, montre une nette modification de la silhouette du président.
L’hebdomadaire L’Express révèle dans son édition à paraître jeudi 23 août que Paris Match a effacé un bourrelet disgracieux de Nicolas Sarkozy sur une photo de ses vacances à Wolfeboro, aux Etats-Unis, publiée dans l’édition du 9 août du magazine. Sur la photographie, le président est en train de pagayer avec son fils Louis, sur le lac de Wolfeboro, assis à l’arrière d’un canoë.
Interrogé par L’Express, Paris Match a affirmé que "la position sur le bateau exagérait cette protubérance" et qu’"en allégeant les ombres, la correction a été exagérée en photogravure".
En 2006, Alain Genestar, le directeur de la rédaction, avait été évincé de son poste pour avoir choisi de consacrer une Une du magazine à Cécilia Sarkozy avec son compagnon du moment.
Arnaud Lagardère, très proche de Nicolas Sarkozy, est le principal actionnaire du titre.
Licencié après avoir refusé d’aller au Nigeria
Pour les salariés, le haut du panier n’est pas en haut de l’échelle : Des études analysent la mauvaise image de la hiérarchie.
Vous détestez votre boss ? Vous le trouvez au choix : incompétent, inefficace, tyrannique, surpayé ? Normal : les mauvais chefs sont toujours promus, presque jamais punis. La prime à l’incompétence, c’es furieusement tendance, à en croire une étude de chercheurs australiens de la Bond University (1) qui se sont penchés sur « le bad leadership » du monde de l’entreprise
D’accord, l’étude qui sera présentée ce week-end à Phi ladelphie lors de l’assemblée annuelle du management (17 000 membres) est un peu légère : réalisée en ligne via un sondage auprès de 240 personnes. Mais elle viendra conforter ceux qui pensent, comme 64 % des sondés, qu’ « un mauvais chef n’est pas sanctionné, voire plutôt récompensé de façon remarquable ». L’étude, qui estime que « comme pour le cancer, la meilleure alternative à la prévention est le dépistage précoce », en appelle au big boss « pour empêcher les plus autoritaires de gravir les échelons ».
Sauf que. En plus d’être parfois aussi mauvais que trop payés, pas moins de deux chefs sur cinq s’avèrent être des menteurs invétérés. Résultat d’une enquête publiée, en début d’année cette fois, par la Florida State University (2). Réalisée auprès de 700 salariés, elle concluait notamment que : 23 % des plus gradés blâmaient les autres plutôt qu’eux-mêmes ; 24 % envahissaient leur vie privée ; 27 % adoraient médire sur leurs troupes ; 39 % ne tenaient pas leurs promesses. Il vous reste donc une possibilité : profiter de la vie ou bosser encore plus et moins bien pour tenter d’être promu.
Mais devenir un accroc du boulot a un revers : moins de sexe. Une très sérieuse étude, réalisée auprès de 32 000 personnes, par des chercheurs de l’université de Göttingen (3), assure ainsi qu’un tiers des insatisfaits au lit reportent leur frustration en travaillant encore plus. Et 45 % de ceux qui ne font pas l’amour se disent prêts à prendre plus de responsabilité dans leur travail. Question : des chercheurs vont-ils tenter de faire le lien entre les différentes études pour conclure que les chefs sont de gros frustrés ?
(1) www.bond.edu.au
(2) www.cob.fsu.edu
La police frappe une vendeuse de rue enceinte : Plaintes à l’IGS à la suite d’une opération des forces de l’ordre à la Goutte-d’Or, à Paris.
L’Inspection générale des services (IGS), la police des polices, devrait recevoir ce matin les plaintes de deux femmes enceintes brutalisées en pleine rue, par des policiers, mardi dernier, dans le quartier de l Goutte-d’Or à Paris. La première, Josiane, une vendeuse de légumes camerounaise, a été interpellée, frappée, puis placée en garde à vue jusqu’à mercredi midi. La seconde, Louise, venue acheter des légumes, a été seulement témoin de l’arrestation de Josiane, avant de prendre elle aussi un coup de matraque et d’être évacuée par les pompiers. « Je me suis approchée en voyant que les policiers demandaient à cette femme de lui remettre sa marchandise, raconte Louise. Mais ils ont commencé à la brutaliser. Je n’en revenais pas qu’ils la brutalisent comme ça. »
La fin de l’intervention policière a été en partie filmée par un riverain avec son portable [1]. Elle n’est pas sans rappeler les dernières opérations d’arrestations de sans-papiers dans le quartier de Belleville, en particulier celle effectuée à la sortie de l’école de la rue Rampal, en mars.
Cette fois, c’est une vendeuse à la sauvette, titulaire d’une carte de séjour de dix ans, qui a été interpellée. Josiane, enceinte de plus de huit mois, a reçu un coup de poing en plein visage, avant d’être emmenée par les policiers et frappée dans la voiture.
La vidéo la montre, allongée par terre, dans l’émotion générale. « Ils m’ont jetée dans la voiture, explique Josiane. Je me suis retrouvée allongée à l’arrière. Le policier est monté sur mon dos, et il me tabassait. Il me donnait des coups sur la tête, de gauche à droite. »
Moulinets. Dans le quartier, plusieurs témoins qui ont vu partir la voiture confirment la scène. « J’ai vu un flic à l’arrière de la voiture, qui semblait assis sur quelqu’un d’allongé, et qui tapait dessus », explique Emmanuel. Alors qu’il tentait de s’interposer, Traore, le mari de Josiane, s’est fait asperger de gaz lacrymogène avec son fils. Choquée du traitement infligée à Josiane, Louise, la seconde femme enceinte, se trouvait à proximité quand les renforts policiers ont entrepris de disperser les témoins. « Les policiers ont fait des moulinets avec leurs matraques, dit Christophe, le mari de Louise. Et ma femme a reçu un coup. Elle a peut-être été touchée par inadvertance, mais le policier n’a rien fait pour lui venir en aide. »
Louise est emmenée par les pompiers à l’hôpital Lariboisière. Elle a un hématome dans le dos, mais son enfant se porte bien. Elle préfère rentrer chez elle, plutôt que de rester en observation. Pendant ce temps-là, au commissariat de la Goutte-d’Or, Josiane, menottée, attend toujours un médecin. On a oublié ses légumes, et on lui reproche désormais un « outrage à dépositaire de la force publique ». Les pompiers passent la voir, mais ce sont les policiers qui la conduisent à l’Hôtel-Dieu, aux urgences médico-judiciaires, sous le régime de la garde à vue.
Echographie. Son mari, Traore, s’est présenté au commissariat pour apporter les chaussures de sa femme laissées sur le bitume du marché Dejean. On ne lui donne aucune nouvelle. Il n’en aura que le lendemain par un coup de téléphone de sa femme. Entre-temps, Josiane est conduite dans un autre hôpital pour y faire une échographie. S’il n’y a rien à signaler pour la grossesse, les médecins délivrent quand même à Josiane un « certificat de constatation de lésions », qui mentionne des « cervicalgies aiguës ». Josiane a été remise en liberté, mercredi, vers midi, informée que le parquet ne donnait « pas suite » à la procédure.
« Le dégoût de ceux qui ont dénoncé, pas de la France »
Cécilia Sarkozy a rendu il y a peu sa carte bancaire débitée au Trésor: Interrogée sur les informations du Canard enchaîné, qui a expliqué la semaine dernière que l’épouse du chef de l’Etat possédait une CB débitée sur le Trésor public, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy a expliqué qu’elle servait à "répondre à ses frais professionnels". Elle s’en est séparée il y a quelques jours "compte tenu de la polémique".
« L’Eglise opère comme la Mafia »
HNS-info : Les Yes Men mettent le feu à Exxon !: HNS-info : Les Yes Men mettent le feu à Exxon ! - , 14 juin 2007 à Calgary (Canada), les Yes Men allument un nouveau feu canularesque à GO-EXPO, la plus grande conférence canadienne de l’industrie pétrolifère. Devant une respectable assemblée de 300 professionnels du secteur, Mike et Andy - respectivement au nom d’Exxon Mobil et du National (...)
Trop vertes réclames dans le monde parfait des entreprises: Des associations ont lancé un Observatoire indépendant de la publicité
Des cadavres humains transformés en dérivé pétrolier, nouvelle imposture des Yes Men au Canada
A l’école des sans-papiers : « Est-ce que je suis en prison ? Je veux retourner à l’école ! » : Néli, 8 ans, vient de passer sa première nuit au centre de rétention de Marseille. LA première nuit d’une enfant dans cette « prison », comme elle l’appelle. « Est-ce que je suis en prison ? Je veux retourner à l’école ! »
A l’initiative du Réseau Education Sans Frontières (RESF), une quarantaine de personnes se sont rassemblées le mercredi 30 mai devant le centre de rétention dès son ouverture afin de rendre visite à la famille Al Khalili.
Arrivée la veille depuis Toulouse, cette famille avait été raflée à 6 heures du matin dans sa chambre d’hôtel, bien qu’ayant introduit un recours contre un arrêté d’expulsion. Seul leur fils de 18 ans, sorti, y a échappé. Mais que va-t-il faire seul ?
D’origine arménienne, née à Bakou en Azerbaïdjan, Mme Al Khalili n’est reconnue par aucun de ces deux pays. Seront-ils expulsés vers la Russie dont M. Khalili a la nationalité alors qu’ils vivent depuis cinq ans en France ?
Le RESF de Toulouse connaît bien cette famille et c’est probablement pour casser une éventuelle mobilisation locale que celle-ci a été acheminée à Marseille.
Nicolas Sarkozy victime d’un canular d’humoristes québécois: Le président élu français, Nicolas Sarkozy, a été victime d’un canular téléphonique d’humoristes québécois, mais il a raccroché au bout de trois minutes, après avoir été invité à un "dîner de cons" au Canada, ont affirmé mardi les auteurs de la plaisanterie.
Les "Justiciers masqués", qui avaient piégé le président Jacques Chirac en janvier 2006 en se faisant passer pour le Premier ministre canadien Stephen Harper, se targuent d’avoir réédité leur coup avec son successeur.
Ils disent avoir joint M. Sarkozy dimanche soir, peu de temps après son élection.
Dans un enregistrement que l’AFP a pu écouter, l’un des humoristes se faisant passer pour M. Harper, s’adresse avec un accent nettement exagéré à M. Sarkozy qu’il appelle "M. Sarkovny" et lui demande "comment ça va".
"Ça va très bien et les choses se sont plutôt bien passées", lui répond l’homme dont les "Justiciers" affirment qu’il s’agit bien de M. Sarkozy.
"C’est vraiment sympa. Vous savez que je suis un grand ami du Canada et que j’aiderai le Canada et que nous avons des relations avec le Canada excellentes", ajoute-t-il en réponse aux félicitations du faux Harper.
Celui-ci demande à M. Sarkozy d’excuser son français "qu’il a appris à l’Institut linguistique", une école de langues de Montréal.
Invité à venir manger une "poutine", un plat populaire québécois, M. Sarkozy dit ensuite qu’il sera "très heureux de venir au Canada", où il a "beaucoup d’amis".
"Puisque vous portez à droite, que je porte à droite et que le président George W. Bush porte à droite, je propose de l’inviter à manger au Canada en même temps que vous", lance alors l’humoriste avant d’ajouter : "Depuis le temps que je rêve d’organiser un dîner de cons".
On entend alors "non, mais attendez" et la communication est coupée.
Un peu plus tôt, le faux Harper dit à M. Sarkozy que le Canada connaît aussi des problèmes de banlieue. "Je parlerai de ça avec vous quand vous le souhaiterez", lui répond ce dernier.
Avant de parler à M. Sarkozy, les deux humoristes, Marc-Antoine Audette et Sébastien Trudel, se sont présentés comme des collaborateurs du Premier ministre canadien, disant s’appeler Willy Waller (un nom rendu populaire au Québec par les sketches comiques des "têtes à claques") et Tim Horton (le nom d’une chaîne de restauration rapide).
Le vrai Stephen Harper a appelé M. Sarkozy lundi pour le féliciter, selon le porte-parole du Premier ministre canadien.
Mme Ségolène Royal, la candidate socialiste battue dimanche par M. Sarkozy, avait elle aussi été victime d’un humoriste, mais français celui-là, qui s’était fait passer pour le Premier ministre québécois Jean Charest.
Le sketch des "Justiciers" devait être disponible mercredi sur le site www.justiciers.tv
Paris : sans-papiers arrêtés, enfants cachés
Qui veut gagner des millions ?: Les réformes qu’entend mettre en oeuvre le gouvernement Fillon privilégient les gros revenus et pourraient coûter près de 4 milliards à l’Etat.
Jaurès et la valorisation des fruits du travail dans les discours. L’impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente quand il s’agit de prendre des mesure concrètes. Au final, une politique fiscale menée par le gouvernement Fillon, qui, selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, « va profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu’ils vont en bénéficier ». Le doute n’est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s’apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus.
RESF annonce le placement de quatre étrangers en rétention: Le Réseau Education sans frontières (RESF) a relaté jeudi 24 mai le cas de quatre adultes sans-papiers, dont trois parents d’enfants scolarisés à Paris, arrêtés mardi 22 mai au soir en région parisienne et placés en centre de rétention.
Meï Zhu Pan et Long Pan, arrivés de Chine en 1999, parents de trois jeunes enfants nés en France et scolarisés dans des écoles du XIe arrondissement, ont été arrêtés dans leur atelier à la Courneuve (Seine-Saint-Denis) et ont été transférés au centre de rétention de Wassel, près de Rouen, a indiqué Anne De Blic, de RESF.
Leurs enfants, respectivement nés en 2002, 2003 et 2004 ont été "mis à l’abri", a indiqué la militante qui craint de les voir transférés, eux aussi, au centre de Wassel, qui peut accueillir des familles.
Aziz Benamar arrêté sur son lieu de travail
Une jeune mère de famille, Sylvie N’Daya Kalandji Ciunza, ressortissante de la République démocratique du Congo (RDC), a également été arrêtée et placée en centre de rétention. Ses deux enfants, scolarisés rue de Lancry (Xe), vivent désormais avec leur père, arrivé en France après deux ans de détention arbitraire en RDC, ont précisé des militants de RESF.
L’association appelait à un rassemblement ce jeudi matin devant l’école maternelle de l’avenue Parmentier (XIe) pour demander la libération des parents.
Enfin, dans un communiqué, RESF précise qu’un Algérien, Aziz Benamar, a été arrêté mardi sur son lieu de travail en région parisienne et transféré le lendemain du commissariat de Nanterre au centre de rétention de Vincennes. L’association indique que Aziz Benamar et sa femme, arrivés d’Algérie depuis peu, n’avaient pas encore fait de demande de titre de séjour. Elle précise que le couple attend un premier enfant pour le 5 juin et dénonce une "politique d’expulsion inhumaine".
Graine de résistance: Le paysagiste Gilles Clément explique qu’il annule ses engagements avec l’Etat. Décision dictée par l’élection de Sarkozy, qu’il juge porteur d’un projet néfaste pour la planète.
Un article du "Journal du dimanche" sur Cécilia Sarkozy aurait été censuré : Un article du Journal du Dimanche expliquant que Cécilia Sarkozy n’aurait pas voté lors du second tour de la présidentielle aurait été censuré par l’actionnaire de référence de l’hebdomadaire, le groupe Lagardère, selon une information parue sur le site Internet Rue89. Une source proche de la rédaction du JDD a confirmé au Monde.fr que cet article avait bien été prévu mais avait été retiré au dernier moment sans être cependant en mesure de préciser pour quelles raisons.
« Je reprends un gros coup de matraque sur la tête »: Témoignage d’un ingénieur frappé mercredi par des policiers à Paris.
Les Français ne sont pas des paresseux: Nous travaillerions trop peu selon Nicolas Sarkozy. Un préjugé insultant.
Il faut, paraît-il, « réhabiliter la valeur travail ». Nicolas Sarkozy en a fait le thème central de sa campagne victorieuse. Il considère manifestement que la paresse actuelle des Français est la cause principale des difficultés que rencontre le pays. Il s’agit là pourtant d’une contrevérité qui aurait dû en bonne logique lui coûter l’élection tant le propos est insultant à l’égard des 22,5 millions de salariés, qui travaillent dur chaque jour, et des 2 millions de chômeurs, qui aimeraient pouvoir en faire autant.
Rien n’est plus faux en effet que ce préjugé tenace d’une France paresseuse : les salariés français figurent au contraire parmi les plus productifs au monde. Selon les chiffres du Bureau des statistiques du travail (BLS), un Français qui occupe un emploi avait produit 71 900 dollars de richesses en moyenne au cours de l’année 2005. C’est certes moins que les 81 000 dollars produits par l’employé américain moyen, mais significativement plus que les 64 100 dollars d’un Anglais, les 59 100 d’un Allemand ou les 56 300 dollars d’un Japonais... Et même en matière de temps de travail, si Nicolas Sarkozy ne se contentait pas de répéter les poncifs que lui soufflent ses amis chefs d’entreprise, il saurait que les salariés français ne sont pas, et de très loin, ceux qui travaillent le moins en Europe. Selon Eurostat, l’organisme statistique officiel de l’Union, un salarié français travaillait en moyenne 36,4 heures par semaine au troisième trimestre 2006. Contre 36,1 dans l’ex-Union à quinze pays. Les Français travaillent presque aussi longtemps que les Anglais (36,5 heures) et significativement plus que les Danois (34,6 heures) dont le modèle social est si envié, ou que les Allemands (34,5 heures) champions du monde de l’exportation. Sans parler des Néerlandais qui ne restent en moyenne que 29,8 heures au travail chaque semaine. Dans l’ex-Europe à quinze, c’est en Grèce (39,9 heures) et au Portugal (39,2 heures) qu’on travaille le plus longtemps. Rattraper la Grèce et le Portugal, est-ce cela l’ambition de Nicolas Sarkozy pour l’économie française ?
Contrairement à ce que laisse entendre le nouveau président de la République, les salariés français ne sont donc pas des paresseux ni les chômeurs de l’Hexagone des profiteurs. Pour autant, il ne fait guère de doute que les entreprises françaises rencontrent des difficultés importantes. Elles sont souvent à la peine sur les créneaux high-tech en expansion et s’en sortent nettement moins bien sur le marché mondial que les entreprises allemandes. Et cela bien que le travail soit sensiblement plus cher outre-Rhin : 33 dollars de l’heure en 2005 pour un ouvrier de l’industrie contre 24,6 en France selon les chiffres du BLS. Si la paresse des salariés n’est pas en cause, ni le coût de leur travail, est-ce que les raisons de ces difficultés ne seraient pas à chercher plutôt en priorité du côté de la tête des entreprises ? Du côté de la faible qualité de leurs dirigeants et de l’inefficacité de leurs modes de gestion ? Quand on observe, par exemple, le gigantesque gâchis que l’incurie d’un Arnaud Lagardère, actionnaire de référence, combinée à la soif de pouvoir d’un Noël Forgeard, a provoqué au sein d’Airbus, on se dit en effet que c’est surtout au niveau de ses élites économiques, de leur recrutement et de leurs habitudes de fonctionnement, que l’économie française aurait besoin d’une « rupture ».
Deux enfants risquent le fichage génétique, JUSTICE: Deux frères de 9 et 11 ans, qui ont volé des jouets, risquent d’être inscrits au fichier des empreintes génétiques. Leurs parents s’y opposent.
Deux frères de 9 et 11 ans risquent d’être inscrits au fichier des empreintes génétiques pour avoir volé deux balles rebondissantes et deux tamagotschi dans un hypermarché du Nord, indique Le Parisien du samedi 5 mai.
Le père des deux enfants a d’abord pensé que les gendarmes voulaient les impressionner, lorsqu’ils se sont présentés à leur domicile. "Ils venaient nous apporter une convocation pour vol dans la mesure où le magasin a porté plainte, a expliqué le père au Parisien. Ils ont expliqué à mon fils aîné qu’il serait photographié, qu’on lui prendrait ses empreintes digitales et aussi ses empreintes génétiques, ajoutant même que mon fils ne pourra pas forcément faire le métier qu’il veut plus tard car il sera fiché !"
Utilisation abusive
Le père, qui pensait que le fichage génétique ne s’adressait qu’ aux délinquant sexuels, et aux adultes, il ne voulait pas croire que l’on conserverait des échantillons d’ADN de ses fils dans les fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).
Or, Le Parisien rappelle que la loi du 17 juin 1998 visait surtout à protéger les mineurs des agressions sexuelles. Mais depuis 2003, son application s’est élargie à de nombreux crimes et petits délits. Le Parisien précise également quel a loi ne prévoit pas d’âge minimum.
Le père a déjà affirmé au journal qu’il s’opposerait à tout prélèvement.
Pour Josiane Bigot, magistrat et président du Réseau pour l’accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes, "cette situation met en lumière les dérives possibles de l’utilisation abusive du fichage génétique.
Le Monde.fr : Ségolène Royal sonne l’alerte face au "danger" Sarkozy: Ségolène Royal sonne l’alerte face à Nicolas Sarkozy dont la candidature représente selon elle un danger pour la France.
En cas de victoire du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle dimanche, la France risque de plonger dans la brutalité, la concentration des pouvoirs et la fracture sociale, estime la candidate socialiste, toujours distancée dans les sondages à deux jours du scrutin.
"Je pense que le choix de Nicolas Sarkozy est un choix dangereux, je ne veux pas que la France soit orientée vers un système de brutalité", a-t-elle déclaré sur RTL.
"Je veux que la fracture sociale ne soit pas le destin de la France de demain", a-t-elle ajouté.
Ségolène Royal a affirmé que François Bayrou estimait lui aussi que le champion de l’UMP représentait un "danger pour la France en termes de concentration des pouvoirs, de brutalité, de mensonge aussi".
Elle a dit qu’elle s’associait "au refus du mensonge, de la concentration des pouvoirs, de la défense d’un certain nombre d’intérêts, du creusement des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres parce que c’est cela le programme de Nicolas Sarkozy, c’est cela que la France sera demain si Nicolas Sarkozy est élu".
"LES FRANÇAIS VONT RÉFLÉCHIR"
"Ma responsabilité, aujourd’hui, c’est de lancer une alerte par rapport au risque de cette candidature et par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays, tout le monde le sait mais personne ne le dit, il y a une sorte de tabou", a ajouté la présidente de Poitou-Charentes.
Ségolène Royal a estimé qu’en cas de victoire de Nicolas Sarkozy "il y aura des tensions très fortes dans le pays puisqu’il a multiplié les provocations et les violences verbales, en particulier à l’égard des quartiers populaires".
"Lorsqu’un candidat ne peut pas se rendre dans les quartiers populaires sans être entouré de 300 policiers, comme lorsqu’il a essayé de s’y rendre encore récemment, je pense que ce n’est pas la France que nous voulons", a-t-elle expliqué.
"Je crois que cette candidature est dangereuse", a ajouté Ségolène Royal.
Elle a affirmé qu’"une élection n’est pas faite par les sondages, donc je me bats jusqu’au bout pour convaincre les Français" bien que "tous les sondages m’(aient) donnée perdante".
"Je suis convaincue que pendant ces deux derniers jours, les Français vont réfléchir à ce qu’ils veulent pour notre pays", a-t-elle ajouté.
A Donzère, Eric Besson laisse un goût amer: La petite ville de la Drôme digère mal le retournement de son maire ex-PS.
"l’ego surdimensionné" de Nicolas Sarkozy: J’invite les Français à rallier mon ego surdimensionné". Des Français de New York ont fait un bond en lisant les sous-titres en anglais du discours prononcé par Nicolas Sarkozy au soir du 22 avril dans un sujet diffusé dans le journal de France 2 du lendemain, retransmis aux Etats-Unis sur des chaînes du câble.
Le dérapage dans la traduction a été aussitôt signalé sur un Web magazine à l’intention des Français de New York, French Morning NY. Et un élu des Français de l’étranger, Jean Lachaud, se serait plaint de l’incident auprès de France 2... qui a décidé de licencier son traducteur facétieux.
La responsable du service traduction de France 2, Claire Quidet, souligne dans un courrier qu’"il serait faux de croire (...) qu’il s’agi[t] d’un sous-titre anti-Sarko". "Il s’agit plutôt, souligne-t-elle, d’une blague de potache d’un traducteur un peu surmené, qui aurait pu s’appliquer à n’importe quel autre personnage, politique ou non, que le traducteur aurait eu à traduire dans sa partie ce soir-là. Il faut enfin rappeler que tous les traducteurs sont américains, et qu’en plus de ne pas être électeurs pour ce scrutin, leurs sentiments vis-à-vis des candidats n’ont rien d’aussi tranché que ceux des citoyens français."
La haute main de Sarkozy sur les médias: Présidentielle. Rencontre télévisée. Le feuilleton autour du débat Royal-Bayrou relance la polémique sur les relations ambiguës du candidat de l’UMP avec les patrons de presse.
Les médias sont-ils au service de Sarkozy ? Et, si oui, qui passe les plats ? Alors que l’organisation du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a continué vendredi de défrayer la chronique (lire ci-contre) la question d’une certaine intrusion pour rester poli du candidat Sarkozy dans les médias se repose avec une méchante acuité. Suite d’un long feuilleton, lors duquel l’homme a su déployer un large registre grosse colère (récemment, en coulisses de l’émission France Europe Express sur France 3, parce qu’il n’avait pas de loge), invectives directes à des journalistes, remerciements douteux, par exemple à Robert Namias (TF1) et Arlette Chabot (France 2) pour avoir levé le pied sur le soulèvement des banlieues fin 2005, quand il ne s’agit pas d’abus de pouvoir caractérisé. C’est bien Nicolas Sarkozy qui, lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur, a exigé et obtenu le limogeage du patron de Paris Match, qui avait eu l’outrecuidance de montrer Cécilia en compagnie d’un autre que lui en une. Caractère autoritaire ? Manque de respect pour l’indépendance des médias ? Ce qui est sûr, c’est ce que le candidat jouit d’un formidable réseau de copains qui tiennent le haut du pavé dans les médias.
Un grand réseau
D’abord, il y a Martin Bouygues, le plus proche de tous, son meilleur ami et, ça tombe bien, patron de TF1 (soit un tiers de l’audience télévisuelle). Mais il y a aussi Arnaud Lagardère, son « frère », patron du groupe qui abrite en son giron Europe 1, Paris Match, le JDD, etc. C’est sans compter avec Serge Dassault, déçu du chiraquisme, et propriétaire du Figaro, Bernard Arnault, le témoin de son mariage avec Cécilia, et propriétaire de la Tribune, ou encore François Pinault, propriétaire du Point avec qui Sarko partage entre autres la même passion du vélo. Et alors ? Tous ces patrons-actionnaires ont-ils le petit doigt sur la couture et peuvent-ils vraiment mettre leurs journalistes au garde-à-vous ? Pas si simple. Mais certains faits sont troublants.
La télé sous influence
Coups de fil, conseils, pressions, et sans doute et aussi une bonne dose d’autocensure de la part des chaînes de peur de déplaire, l’ombre de Sarko plane sur les JT. La crise des banlieues de 2005 en est l’illustration toute spéciale. Novembre de cette année-là, 7 à 8 (TF1) saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon du directeur de l’information. Le dimanche suivant, l’émission contrebalance avec les interviews de maires de banlieues chaudes. Le 10 novembre, cette fois, c’est France 2 qui diffuse dans son JT les images du tabassage de jeunes par des policiers. Ceux-ci sont suspendus. Arlette Chabot décide d’ôter le reportage du site web de France 2 : « Nous ne voulions pas tomber dans la surenchère. » En août dernier, le ministre de l’Intérieur, invité à TF1 pour une interview, en profite pour passer un savon mémorable à un journaliste. La raison ? Un reportage sur les sans-papiers de Cachan, jugé trop complaisant. En juin 2005, quand Canal + songe à se débarrasser de Karl Zéro à la déontologie variable, Sarkozy appelle Bertrand Méheut, patron du groupe, pour l’en dissuader. Pour le coup, il n’est pas le seul, puisque Laurent Fabius s’est lui aussi fendu d’un coup de fil. Autre affaire : le 7 mars 2006, la veille d’un délicat voyage du ministre aux Antilles, TF1 annonce que le joker de PPDA sera désormais le journaliste noir et antillais Harry Roselmack. Un bien beau hasard n’arrivant jamais seul, Sarkozy est déjà au courant. Le 17 février, recevant Place Beauvau le club Averroes, qui défend l’image des minorités dans les médias, le ministre de l’Intérieur avait en effet annoncé la nouvelle : il y aura, cet été, un Noir au 20 heures. D’ici à ce que ce soit Sarkozy qui ait lui-même soufflé l’idée à Bouygues... Plus récemment, ainsi que le raconte cette semaine le Canard enchaîné, Claude Guéant, directeur de campagne de Sarkozy, a tenté de s’assurer auprès de Patrick de Carolis, président de France Télévisions, que les émissions de Georges-Marc Benhamou, récent soutien de l’UMP, seraient bien reconduites à la rentrée. Raté : Carolis l’a envoyé sur les roses. Mercredi dernier encore, lors de l’interview de Sarkozy sur TF1 par PPDA et François Bachy, un détail amusant : plusieurs plans ont montré que, sous la table, le candidat de l’UMP avait enlevé ses chaussures. Sarkozy en chaussettes ! Il se croit chez lui, ou quoi ?
Brouillage sur les ondes
Est-ce un hasard si les Guignols s’en donnent à coeur joie sur un si zélé Jean-Pierre Elkabbach qui, du haut d’Europe 1, pratiquerait à outrance des interviews cire-UMP ? En tout cas, en février 2006, le Canard enchaîné révèle que Jean-Pierre Elkabbach, directeur de la station, a pris conseil auprès de Nicolas Sarkozy sur le choix d’un journaliste politique. « C’est normal, fanfaronne Sarkozy. J’ai été ministre de la Communication. » Et il ajoute : « Je les connais, les journalistes. » De son côté, Elkabbach revendique sa « méthode » de recrutement, qui consiste, dit-il, à prendre l’avis des politiques, mais aussi de syndicalistes ou d’associations : « Je fais cela pour tous les services parce que je veux avoir les meilleurs... Je ne peux pas interdire aux politiques de me donner leur avis. Mais, ensuite, je décide à 100 % moi-même. »
Pressions sur la presse
C’est sans doute sur Paris Match que les interventions de Nicolas Sarkozy ont été les plus directes et les plus pressantes. Témoin, l’incroyable limogeage de l’ancien patron de Paris Match, Alain Genestar. Témoin aussi, depuis, le chouchoutage du candidat. Ah ! ce titre « Un destin en marche », dont a bénéficié Sarkozy en décembre dernier (sans parler des huit pages lui étant dédiées). Mais si c’était tout. Très déboussolant aussi, le tout récent « outing » de Joseph Macé-Scaron, actuellement directeur adjoint de la rédaction de Marianne (1) , dans l’émission On refait le monde du 16 avril sur RTL : « J’ai été démissionné du Figaro Magazine [en juin 2005], tout simplement parce que j’ai refusé de tailler des pipes à M. Nicolas Sarkozy. » Direct. Autant que les coups de fil de Sarkozy à Edouard de Rothschild (actionnaire de référence de Libération ) pour se plaindre...
(1) Les Inrockuptibles du 24 avril.
Monputeaux.com gagne en justice face au maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud: Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée-maire UMP de Puteaux, et son père Charles, sénateur UMP, sont condamnés pour diffamation.
La condamnation de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée-maire UMP de Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, ainsi que de son père Charles, sénateur UMP et ancien maire de la ville, a été confirmée jeudi 26 avril par la cour d’appel de Versailles.
Ils sont condamnés à 2.500 euros d’amende chacun, la première pour diffamation, le second pour complicité.
Joëlle et Charles Ceccaldi-Raynaud devront également payer solidairement 3.000 euros de dommages et intérêts et 750 euros chacun, au titre des frais de justice à la partie civile, à Christophe Grébert, blogueur et opposant socialiste, pour avoir laissé entendre qu’il était pédophile.
Publication du jugement
Déjà, le 5 septembre 2006, ils avaient été condamnés aux mêmes peines par le tribunal de grande instance de Nanterre.
Le jugement devra être publié à leurs frais sur le site internet de la ville et dans l’édition des Hauts-de-Seine du Parisien.
La publication du jugement dans le Journal du dimanche, qui avait été ordonnée en première instance, n’a pas été confirmée en appel.
La gestion de la ville mise en cause
Christophe Grébert, qui est journaliste à la radio RFM et militant socialiste, est poursuivi en diffamation par la mairie de Puteaux pour avoir mis en cause la mauvaise gestion de la municipalité sur son blog, en 2004. Il a été relaxé en première instance en mars 2006.
Devant la cour d’appel de Paris, mercredi, il a plaidé la bonne foi et s’est dit "harcelé" par la municipalité. L’avocat général de la cour d’appel a estimé que les poursuites étaient irrecevables.
Les Raba : retour clandestin au pays natal de leurs enfants: « Libération » a rencontré à Lyon la famille albanaise expulsée au Kosovo en décembre.
Il y a quelques jours, dans un square de Lyon où elle se promenait avec ses enfants, Shpresa a été interpellée par une dame . « Madame Raba, vous êtes revenue ! Ça fait plaisir. » Shpresa a eu peur. Elle a dit que, non, elle n’était pas Madame Raba. La dame devait confondre. Mais cette dernière a insisté. Elle a expliqué avoir vu le film sur la famille Raba tourné au Kosovo par un militant du Réseau éducation sans frontières (RESF) et diffusé cet hiver lors d’une conférence à l’Opéra de Lyon. Dans ce film, Shpresa Raba, 27 ans, racontait comment elle, son mari, Jusuf, et leurs trois enfants avaient été expulsés le 6 décembre vers le Kosovo. Et comment ils vivaient, depuis, reclus dans ce pays qu’ils avaient fui cinq ans plus tôt. Ils disaient qu’ils tenteraient tout pour « rentrer » en France. Le pays où deux des trois enfants sont nés. Où ils ont une grande partie de leur famille. Où ils se sentent chez eux.
Peur. La semaine dernière, après quatre mois « d’exil », ils sont rentrés. Illégalement. Ils vivent ,depuis, cachés dans la région lyonnaise par des amis et des membres du Réseau éducation sans frontières. Ils ont peur de tout. D’être reconnus. D’être arrêtés, et à nouveau expulsés. Pourtant, suivant les conseils du RESF et de leurs proches, les Raba ont décidé de sortir de la clandestinité. Aujourd’hui, à midi, ils tiendront une conférence de presse sur leur histoire à l’Assemblée nationale. Des élus politiques (Verts, PC, PS et UDF), des responsables associatifs et syndicaux se sont engagés à venir les soutenir. Ils attendent notamment Jack Lang et « quelqu’un de chez Bayrou ». Mais Shpresa a peur. En en parlant, elle a le souffle tremblant et les doigts qui se tordent sur eux-mêmes. Les Raba vont devoir prendre le TGV, croiser des policiers. « Si ça peut nous aider, il faut le faire », répète Shpresa comme pour se donner du courage. Ils espèrent que la médiatisation les protégera. Autour d’eux, on leur a expliqué que la période électorale était plus propice aux belles promesses qu’aux coups bas. Mais leur expérience a érodé la confiance. La jeune femme sait que le futur président de la République pourrait être celui qui a mis sa famille dans un avion, il y a quatre mois, lorsque Nicolas Sarkozy était encore le ministre de l’Intérieur. Dans la salle de réunion de la mairie du Ier arrondissement de Lyon, mise à disposition par la maire socialiste pour qu’ils puissent nous rencontrer, Shpresa sursaute à chaque fois que quelqu’un frappe à la porte.
Ofpra. Les Raba vont déposer, dans les prochains jours, une demande d’asile auprès de l’Ofpra. Sans certitude d’obtenir gain de cause. Lors de leur première arrivée en France en 2001, ils avaient cru que cela ne poserait pas de problème. Les frères de Jusuf avaient, eux, déjà obtenu le statut de réfugié. Avec un dossier similaire : tous ont fui le Kosovo car, bien qu’Albanais, ils avaient refusé de participer aux exactions contre les Serbes aux côtés de l’UCK. En France, l’un des frères de Jusuf s’est même vu accorder la nationalité française. Pourtant, le statut de réfugié a été refusé à Shpresa et Jusuf. La circulaire Sarkozy de cet été leur avait redonné espoir. Installés dans le village de Gray, en Haute-Saône, où depuis cinq ans leurs trois enfants (dont deux nés en France) étaient scolarisés, ils avaient des promesses d’embauches... Les Raba réunissaient donc la totalité des critères exposés par la circulaire. Pire qu’un refus, ils n’ont même pas obtenu de réponse de la préfecture de Haute-Saône. Les gendarmes ont débarqué chez eux, à Gray, le 16 novembre 2006. Après deux semaines au centre de rétention administrative de l’aéroport de Lyon, une première tentative d’expulsion ratée (des passagers se sont interposés dans l’avion qui devaient les emmener à Paris), un transfert au centre de rétention de Toulouse-Blagnac, ils ont fini par être renvoyés au Kosovo. A grands renforts de moyens. Le ministère de l’Intérieur est en effet allé jusqu’à affréter un avion spécial pour Pristina avec, à bord, une dizaine de policiers chargés de les escorter. Le déploiement de force n’a fait que renforcer la mobilisation du soutien à la famille Raba.
Durant les quatre mois qu’ils ont passé à Orahovac, la ville du Kosovo d’où ils sont originaires, les Raba ont gardé un contact permanent avec la France. RESF a assuré leur survie matérielle, grâce à de l’argent et des téléphones. Des journalistes, dont un de Libération , sont venus les voir. Les amis, les copains d’école de Qirim, l’aîné (8 ans), appelaient aussi quotidiennement. A Gray, les voisins de leur immeuble sont allés en délégation voir l’office HLM pour exiger que l’appartement des Raba ne soit ni vidé ni reloué, expliquant qu’ils allaient revenir. « C’est ce qui nous faisait tenir », explique Shpresa. Avec Jusuf, ils avaient promis aux enfants ce retour. « On ne pensait qu’à ça. » Ils ont finalement trouvé un passeur fin mars. Contre 7 000 euros. Le départ a eu lieu un jeudi. Shpresa a dit aux enfants qu’ils partaient chez une cousine. « Pour qu’ils n’aient pas peur du voyage. » Ils ont quitté le Kosovo via la Grèce. En voiture, puis à pied, puis à nouveau en voiture avant d’embarquer sur un ferry direction l’Italie. « Quand Qirim a vu la mer, il a compris qu’on rentrait à la maison, il était heureux, il riait », raconte Shpresa. Le voyage a duré trois jours. « On a été avec sept messieurs différents. Le dernier, pour passer de Milan à la France, disait qu’on était de sa famille. » Trois jours et trois nuits d’angoisse pour le jeune couple. Jusqu’au moment où ils ont vu le panneau « Lyon ».
Vie normale. Les deux petits, Dashnor, 5 ans, et Dashroje, 3 ans, n’ont toujours pas compris qu’ils étaient à nouveau en France. « Pour eux, la France, c’est notre appartement à Gray », explique Shpresa. A Lyon, les Raba vivent clandestinement. Ils ne se déplacent jamais tous ensemble, ne donnent l’adresse de ceux qui les cachent à personne. Mais commencent à préparer le retour à la vie normale dont ils rêvent. Qirim passe ses journées avec des profs à la retraite qui lui font l’école. « Il faut qu’il rattrape ce qu’il a manqué pour passer en CE2 », explique Shpresa, reprenant un instant le ton assuré du parent d’élève. Shpresa, en albanais, signifie « espoir ».
Appel contre la franchise Sarkozy: « FRANCHISE » SUR LES SOINS : L’ASSURANCE MALADIE SOLIDAIRE EN DANGER
En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les « responsabiliser », c’est à dire les pénaliser financièrement pour « qu’ils consomment moins », ou, au minimum, pour que « la Sécu rembourse de moins en moins ».
Déremboursements incohérents, augmentation du « ticket modérateur » sur des soins courants, généralisation des dépassements tarifaires pour les médecins spécialistes, invention du forfait de 1€ par acte de soins ou de biologie, du forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91€, l’actuelle majorité a multiplié les atteintes à la prise en charge solidaire des soins. Mais si elle a augmenté le reste à la charge des patients, le déficit de l’assurance maladie n’en a pas été comblé pour autant.
Aujourd’hui Nicolas Sarkozy va plus loin, beaucoup plus loin, en annonçant que s’il est élu il mettra en place une « FRANCHISE » c’est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout. Franchise qui, pour mieux jouer son rôle de dissuasion de la consommation, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires, au moins dans un premier temps.
Cette vidéo pourrait bien coûter l’élection à Sarkozy: Cette vidéo pourrait bien coûter l’élection à Sarkozy.
Le quotidien Marianne a confirmé l’authenticité de la video. C’est une association de production video de Grigny réputée (www.grignywood.com) qui en est l’auteur.
Ils ont clandestinement enregistré l’entretien avec un magnetophone, d’où l’image fixe, juste là pour "décorer".
Oui il y a 3 ou 4 coupures, car ces 5 minutes sont extraites d’une heure de discussion. Ce sont des "morceaux choisis", mais chaque passage est suffisament long pour ne pas etre sorti de son contexte, puisque les questions sont egalement presentes.
Ceux qui ne trouvent rien de choquant a cette video feraient tout aussi bien de voter Le Pen. Non, vraiment.
Si le fait d’insulter et stigmatiser les turcs, les noirs, les musulmans, l’auditoire de l’emission de TF1 (les guguss, l’homosexuel et l’harpie), Jacques Chirac, Rachida Dati, les membres de son propre parti, et j’en passe, ne revèle pas pour vous une nature instable et une vision communautariste et étriquée de la société, je pense que vous devriez, tant qu’a faire, votez pour Le Pen.
Si vous etes pret a mettre votre enfant de 2 ans sur le divan d’un psy au pretexte qu’il a tiré les cheveux de sa voisine de maternelle ou qu’il a écrasé une fourmie, c’est vous qui devez consulter. Ou alors, relisez Freud et Dolto. Car pour Sarko, ce seront les premiers signes d’un gêne de la délinquance. Cela s’appelle l’eugénisme, tout simplement, dont le premier porte-parole était Hitler.
Bref, si rien ne vous choque, soit vous etes de mauvaise foi, soit vous partagez la même vision de la société que Le Pen, mais n’avez pas le courage de l’admettre, vous refugiant dans le vote pseudo-républicain qu’incarne Sarkozy.
Rachida Dati : Sarkozy veut devenir le patron de tous les Français:
Sarkozy le chef de gang - Betapolitique: Par Raphaël Anglade
Que nous enseigne la lecture des journaux depuis 5 ans sur la vision du pouvoir et la psychologie de M. Sarkozy ? Le portrait est éloquent :
Mégalomane
« La seule chose qui m’intéresse, c’est d’être un jour président de la République. » Nicolas Sarkozy, Le Parisien, 11/03/2005
« Deux mandats et c’est tout ? », glisse une journaliste. « Et encore, répond le candidat, si ca ne tenait qu’à moi je n’en ferais qu’un. Mais je ne peux pas. Tant d’espoirs reposent sur moi. Des millions de gens comptent sur moi. Je ne peux pas faire ça. » billet supprimé du blog de Laurent Bazin après intervention de la direction de i-Télé.
Selon Le Canard Enchaîné du 20 octobre 2004, lorsqu’il a été proposé de choisir une ville de province pour le Congrès de l’UMP, M. Sakozy aurait concédé que si les rois allaient bien se faire couronner à Reims, « le sacre de Napoléon a eu lieu à Notre-Dame de Paris ». Est-ce un hasard si ce grand événement eut lieu le 2 décembre 1804, soit deux cents ans presque jour pour jour avant le congrès de l’UMP ? « Je veux que ça y ressemble ! clame Sarkozy. Que, dans leur inconscient, les Français m’associent à l’Empereur. »
clanique, familial, avide, égocentrique
Ce que raconte Didier Schuller : « Ce jour là [en 1988], Sarkozy m’a surpris d’entrée de jeu. Il m’a dit qu’il comptait être Président de la République un jour et m’a demandé dans quel camp je comptais être à ce moment là. » Victor Noir, Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus, Denoël, 2005.
Selon Le Canard enchaîné du 5 mai 2004 : A son arrivée à Bercy, la famille Sarkozy emménage dans un hôtel particulier 5 logements : l’un de 278 m2, un autre de 330 m2, un de 83 m2, et 2 autres de 78 m2. Le tout uniquement pour les besoins personnels du couple et enfants. Le petit personnel, lui, est prié d’aller emménager dans des appartements sans aucune commune mesure. Cecilia, le 3 mai 2004, a commandé dans l’urgence, pour la demeure familiale, 5 téléviseurs à écran plasma ( coût moyen : 4000 euros par téléviseur ) payés par les contribuables. Nicolas, à son arrivée, a fait diffuser la note de service ci après : « Toute demande de Cecilia Sarkozy doit être honorée et qu’il ne soit jamais fait référence aux problèmes de coût ou de disponibilité de crédits » .. Pour les besoins de la famille, 7 voitures payés par le contribuable : 4 velsatis et 3 Peugeot 607. Tous les matins, une voiture avec chauffeur conduit le petit dernier à l’école, toutes sirènes hurlantes, ce qui est illégal. Mme Sarkozy a demandé un lit de 2 mètres sur 2 pour la chambre du couple. Quant au personnel mis à la disposition de la famille, et sur demande de Cecilia, il doit travailler continuellement en habits d’apparat (queue de pie et chaîne en argent) alors que le protocole ne l’exige nullement. Bref, l’argent du contribuable n’est pas un problème pour la famille Sarkozy. Jamais un ministre n’avait osé afficher tant de mépris pour la France d’en bas, et n’avait osé dépensé de manière si outrancière l’argent du contribuable.
Confusion des genres et des rôles avec Cécilia. « Ses conseils et ses avis me sont d’autant plus indispensables qu’elle prend soin de me les prodiguer à froid. Elle attend toujours que les passions soient retombées. Elle sait parler à bon escient, profitant d’un moment de disponibilité pour enfoncer le clou avec douceur et fermeté. » Nicolas Sarkozy, Libre, 2002. (Il n’est pas certain que les choses en soient au même point)
« Sont nommés au cabinet du Ministre d’Etat : Conseiller technique : Madame Cécilia Sarkozy… » (article 1 de l’arrêté du 16 avril 2004 portant nomination au cabinet du Ministre d’Etat).
despotique, colérique
« Sarkozy est incapable d’admettre un avis différent du sien. » François Goulard, Le Parisien, 20/11/2006.
D’après des policiers cités par l’AFP, Nicolas Sarkozy a piqué une colère, mercredi dernier à Bobigny, face aux principaux responsables de la police en Seine-Saint-Denis. Le ministre de l’Intérieur les avait réunis à huis-clos après la divulgation d’une note du préfet sur la délinquance dans le département. Le Canard enchaîné du mercredi 27 septembre relate également les propos d’un des fonctionnaires présents à cette réunion : "Nicolas Sarkozy a invectivé à coup de "crétins !", "connards", "incapables"’ les personnalités présentes. Des insultes démenties en revanche par d’autres policiers présents. "Il était intenable", poursuit le fonctionnaire au Canard, "il s’est mis à hurler, à prononcer des mots très durs et blessants".
Un autre policier rapporte à l’AFP : « C’était assez hard. Nicolas Sarkozy était très excité et énervé par la publication de la note du préfet. Il a eu des mots durs, moralisateurs, mais il n’a pas été grossier ». Nouvel Observateur, 27 septembre 2006
Selon Le Canard Enchaîné du 13 décembre 2006, pendant l’émission Ripostes, diffusée dimanche dernier, un juge, M. Portelli, avait « osé » dire à Sarko que ses chiffres sur la délinquance étaient faux et mensongers. Après l’émission, Sarkozy lui saute dessus, fou de colère, et lui dit : « M. Portelli, je n’ai jamais vu un juge comme vous, je n’aimerai pas être jugé par un magistrat comme vous ! » Et Portelli de répliquer : « M. Sarkozy, je n’aimerai pas être citoyen si vous êtes élu président de la République en 2007 ! » Et tout en disant ça, le juge, qui mesure plus d’1m80, tapote l’épaule de Sarko. C’est la goutte d’eau pour Nicolas qui frise la crise d’hystérie en hurlant comme si Portelli avait la peste : « Ne me touchez pas, ne me touchez pas !!! » et se casse.
aime l’affrontement personnel, la violence verbale
« Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher. » Nicolas Sarkozy cité dans la Tragédie du Président, Franz-Olivier Giesbert, 2006 (A propos des manipulations de l’affaire Clearstream)
« je les ai tous niqués » se serait-il écriré après la prise de Neuilly.
trahit ses amis et ses alliés
En 1983, il déclare à propos de Charles Pasqua : « tout le monde sait que je suis son double », avant de le trahir et de se faire élire à la Mairie de Neuilly.
Ralliement à Balladur alors qu’il était un « intime » de la famille Chirac, témoin de mariage de Claude qui reconnaît elle-même avoir été très intime avec Sarkozy (« mais pas sa maîtresse » La tragédie du Président, Franz Olivier Giesbert, Flammarion, 2006)
Soupçonné par Chirac lui-même d’être à l’origine de l’affaire des HLM de Paris (La tragédie du Président, Franz Olivier Giesbert, Flammarion, 2006). Il le reconnaît quasiment lui-même dans Libre « Pour empêcher [cette transmission à la justice] j’aurais du donner un ordre écrit contraire. Je serais aujourd’hui devant la haute cour de justice de la République pour répondre du crime de forfaiture ! ». Mais en fait, Chirac pense qu’il a accéléré la procédure et qu’il l’a ébruitée, et pas seulement transmise…
mélange des genres, abus de pouvoir
"Il était très sûr de lui, exactement comme aujourd’hui, se souvient Bernard. Il m’a expliqué très clairement que son objectif politique était d’être au premier rang. Beaucoup plus haut que député. « Mais j’ai besoin qu’on me soutienne », m’a-t-il dit. Moi, je lui ai répondu « Si vous obtenez l’investiture du RPR, on vous soutiendra ». Il me dit : « Non, vous ne n’avez pas compris, j’ai besoin de constituer une base solide. Je suis avocat, je peux assurer votre conseil. On pourrait faire un abonnement mensuel au cabinet. » J’étais stupéfait (…). Le déjeuner s’est mal terminé. Il m’a dit « Ne vous inquiétez pas, on se retrouvera. » (…) En 1994, Bernard se persuade que le contrôle fiscal auquel il a droit est le retour de bâton de sa « rencontre » avec Sarkozy, devenu ministre du Budget. « Un certain nombre de ceux qui ont soutenu Chirac y ont eu droit. », remarque-t-il, fataliste. » Victor Noir, Nicolas Sarkozy, le destin de Brutus.
Le 9 novembre 2005, Nicolas Sarkozy convoque au ministère de l’Intérieur le président-directeur-général des Éditions First, Vincent Barbare, pour le menacer de « foudres judiciaires et variées », selon Le Canard Enchaîné du 16 novembre 2005. Motif : cette maison d’édition s’apprêtait à publier le 24 novembre l’ouvrage signé de Valérie Domain, journaliste à Gala, et intitulé Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison. Dans une interview du Parisien publiée vendredi 18 novembre 2005, Cécila Sarkozy indique que c’est elle qui a alerté son mari sur la sortie du livre. « Je ne souhaite pas que ma vie privée soit médiatisée », a-t-elle affirmé. (Wikipédia).
Eviction d’Alain Genestar : « Pour la première fois, l’ancien directeur de la rédaction de Paris Match, Alain Genestar, met publiquement en cause le rôle de Nicolas Sarkozy dans son licenciement. « Le ministre de l’Intérieur, quand il affirme n’être pour rien dans mon licenciement, ne dit pas la vérité », déclare-t-il dans le Monde daté d’aujourd’hui. » Libération, 17 novembre 2006.
Nicolas Sarkozy a alors confirmé que Jean-Pierre Elkabbach l’avait consulté au sujet du remplacement de Caroline Roux. « Pas gêné le moins du monde », raconte Le Canard Enchaîné du 22 février 2006, le ministre répond : « bien sûr. (…) J’ai été ministre de la Communication. Je suis ça de près, ça fait partie du travail politique. (…) Si vous saviez. Il n’y a pas qu’Elkabbach qui fait cela… ».
Lu dans Marianne n°494 : Frédéric Lefebvre qui est le conseiler parlementaire de Nicolas Sarkozy est l’un des actionnaires principaux du cabinet de de lobbying Perroquet. Les clients de ce cabinet appartiennent à l’industrie alimentaire, à l’immmobilier, au milieu industriel tel Alcatel, Altadi.
Le Canard enchaîné du 6 août 2006 : moyens mis à disposition de Nicolas Sarkozy pour ses vacances au bassin d’Arcachon : « - Une demie compagnie de CRS (soit 50 hommes) basés habituellement à Vélizy -18 pandores du SPHP (pas le service public des hôpitaux de Paris !) le Service de protection des hautes personnalités -Pour se déplacer plus rapidement par les flots : deux zodiaques et un scooter des mers avec des gorilles armés jusqu-aux dents. -Un hélicoptère pour les promenades de Nicolas et sa petite famille. -Un court de tennis public complètement réservé à la famille Sarkozy à la demande ( les habitués n’ont qu’à se trouver un autre court) -La même chose pour le terrain de football municipal -3 gardes du corps affectés à Cécilia plus une voiture avec chauffeur. -4 super flics pour le petit Louis ( le fiston), plus un véhicule -Un policier plus un chauffeur pour la mère de Nicolas Sarkozy -Pour les besoins quotidiens de la famille : un intendant, 2 cuisiniers et 3 maitres d’hotel.
Les dix fractures programmées de Sarkozy: Une certaine idée de la justice
Ce qu’il veut faire.
Il a promis de « lutter contre la récidive en instituant des peines plancher pour les multirécidivistes ». La dernière loi visant à réprimer plus sévèrement la récidive (élargissement des critères de la récidive, limitation des sursis...) remonte à décembre 2005. Nicolas Sarkozy veut qu’au bout de trois fois le condamné écope de la peine maximale prévue. Ce qui malmène le principe de l’individualisation de la peine inscrit dans la tradition juridique, la Constitution et la Convention européenne des droits de l’homme. Tous les spécialistes estiment qu’une telle mesure fera exploser la population pénitentiaire.
Sarkozy veut aussi supprimer l’excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans, et aligner progressivement la justice des mineurs sur celle des majeurs. Il tient aussi à « expérimenter » une séparation entre les mineurs dont s’occupent les juges des enfants : d’un côté les victimes, de l’autre les délinquants. Sachant que les frontières sont totalement perméables.
Ce qu’il a fait.
Il a beaucoup joué avec le principe de la séparation des pouvoirs, en mettant en cause personnellement des magistrats, notamment ceux du tribunal des enfants de Bobigny, accusés de « démissionner » face aux délinquants. Au point que Guy Canivet, le premier président de la Cour de cassation, avait été reçu par Jacques Chirac, en septembre 2006, après avoir exprimé sa colère pour dénoncer « les termes provocants » de Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, « mettant en cause le fonctionnement de l’institution judiciaire ». Le haut magistrat se montrait alors désireux d’exposer au chef de l’Etat « la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges ».
Sarkozy a aussi multiplié le fichage en étendant notamment le fichier national automatisé des empreintes génétiques créé sous la gauche pour pister les délinquants sexuels à quasiment tous les délits. Contre l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, ce fichier ne contient pas que des condamnés mais aussi des suspects.
Une certaine idée de la police
Ce qu’il veut faire.
Le ministre de l’Intérieur en avait rêvé contre l’avis de Jacques Chirac, et cette fois le candidat à l’Elysée est bien décidé à la mettre en place : une direction unique du renseignement qui réunirait Renseignements généraux (RG) et Direction de la surveillance du territoire (DST). Officiellement, il s’agit de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Une direction unifiée aurait également l’avantage d’être plus facilement contrôlable pour le pouvoir politique avec un homme idoine à sa tête. Nicolas Sarkozy veut également faire voter une nouvelle loi de programmation afin de « combler » les poches de retard des forces de l’ordre en matière de cryptologie, de biométrie et d’équipements. Lors de ses deux précédents passages place Beauvau, Nicolas Sarkozy avait déjà largement communiqué sur les technologies (pistolet à décharge électrique, caméras...) au service de la police.
Ce qu’il a fait.
Dès son arrivée au ministère de l’Intérieur au printemps 2002, Nicolas Sarkozy s’est attaché à galvaniser des policiers et des gendarmes qui avaient manifesté leur blues dans la rue à l’automne 2001. Il leur a garanti moyens et effectifs dans une loi de programmation votée durant l’été 2002. Le deuxième étage de la fusée sécuritaire Sarkozy a été la mise en place de la « culture du résultat », aujourd’hui largement décriée dans les commissariats. Lors de leurs dernières élections professionnelles, les policiers ont dénoncé, la « chasse aux crânes », c’est-à-dire l’inflation des interpellations et des gardes à vue. Enfin, il est le ministre de l’Intérieur qui a enterré la police de proximité mise en place par ses prédécesseurs de gauche.
Une certaine idée de l’immigration
Ce qu’il veut faire.
L’objectif de Sarkozy est affiché : limiter l’immigration « subie ». Le candidat de l’UMP a annoncé la création d’un « ministère de l’Intégration et de l’Identité nationale » regroupant les attributions confiées aujourd’hui à trois ministères. Il a également promis, dès juillet, une troisième loi sur l’immigration et précisé que les immigrés souhaitant venir en France au titre du regroupement familial devraient apprendre des « rudiments » de la langue française.
Ce qu’il a fait.
Alors ministre de l’Intérieur, il a fait adopter deux lois sur l’immigration, en 2003 puis en 2006. La première comprenait une disposition plutôt favorable aux immigrés avec la suppression partielle de la « double peine ». La seconde a durci les conditions de régularisation des immigrés en situation irrégulière, et celles d’entrée et de séjour des étrangers. Hautement symbolique, la suppression de la régularisation de plein droit après dix ans de séjour, même clandestin, en France. La lutte de Sarkozy contre l’immigration clandestine s’est accompagnée d’une augmentation des reconduites à la frontière : 24 000 en 2006, un chiffre toutefois inférieur aux objectifs fixés aux préfectures. La loi de 2006 était également censée ouvrir la porte à une immigration « choisie ». Malgré quelques accords signés avec des pays comme le Mali, ce système tarde à prendre forme.
Une certaine idée de l’individu
Ce qu’il veut faire.
Nicolas Sarkozy pourrait revenir à la charge en proposant le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les enfants de moins de 3 ans. Il s’était déjà appuyé sur un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale qui préconisait « le repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l’école maternelle ». A trop scruter les « susceptibilités génétiques », il risque de considérer qu’ « un sujet "est" délinquant avant même d’entrer dans l’existence », comme le regrettait alors le docteur en psychopathologie Rodolphe Adam.
Ce qu’il a dit. Dans un entretien avec Michel Onfray, publié par Philosophie magazine d’avril, Nicolas Sarkozy déclarait : « J’inclinerais à penser qu’on naît pédophile », et, plus loin : « Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année [...] parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable [...]. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense. »
Une certaine idée du social
Ce qu’il veut faire.
Le candidat Sarkozy veut encadrer le droit de grève en imposant un vote à bulletin secret au bout de huit jours d’arrêt de travail. Dans le secteur public, il souhaite l’organisation d’un service minimum instauré par la loi dès juillet. Il veut réduire le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas les départs à la retraite. Pour les salariés du secteur privé, il veut remplacer le CDI et le CDD par un contrat de travail unique, sur le modèle du contrat nouvelle embauche (CNE) ou du contrat première embauche (CPE), ce qui permettrait à tout employeur de se séparer d’un salarié sans avoir à se justifier, en contrepartie d’une indemnité de licenciement revalorisée. Sa proposition d’exonérer totalement de charges sociales et fiscales les heures supplémentaires, payées 25 % plus cher, signerait la fin des 35 heures avec un effet négatif sur l’emploi, les entreprises ayant intérêt à allonger la durée du travail plutôt qu’à embaucher.
Ce qu’il a fait.
Du fait de ses fonctions ministérielles, Sarkozy n’a jamais eu à intervenir directement dans le domaine social. Son passage au ministère de l’Economie, de mars à novembre 2004, fut bref. Le budget 2005, qu’il a préparé et fait voter, se traduisait essentiellement par le non-remplacement d’une partie des départs à la retraite de fonctionnaires. Il a soutenu la création du CNE à l’été 2005, mais quand Dominique de Villepin a lancé le CPE en janvier 2006, il a prudemment laissé le Premier ministre s’enferrer avant de plaider comme président de l’UMP pour un repli stratégique.
Une certaine idée du logement
Ce qu’il veut faire.
Alors que la France compte 1,3 million de demandeurs de HLM, Nicolas Sarkozy, entend fixer « une obligation annuelle de vente de 1 % du parc social, soit 40 000 logements » sociaux par an. Cela permettrait « de rendre le rêve de propriété accessible à beaucoup de personnes qui en sont exclues actuellement », argumente le candidat UMP. Mais ces ventes risquent de concerner les plus beaux morceaux des HLM (les immeubles les mieux situés, les mieux construits), laissant dans le champ du parc social les cités ou les bâtiments les plus excentrés, accentuant ainsi les phénomènes de ghettoïsation. La mise en oeuvre d’un tel programme risque aussi de réduire l’offre d’habitat social, au moment même où les loyers du privé flambent et deviennent inaccessibles aux ménages à petits revenus, voire moyens en région parisienne et dans les grandes métropoles régionales.
Ce qu’il a fait.
Président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a décidé en 2005 de vendre 4 000 HLM dans son département en cinq ans (soit 800 par an en moyenne). Pour faire taire les critiques, il a promis de les remplacer par des constructions nouvelles, devant s’ajouter aux 3 300 logements sociaux nouveaux déjà programmés annuellement par le département. Ce qui fait un total de 4 100 logements HLM à réaliser chaque année. Mais sur le terrain ça ne suit pas : seulement 2 590 ont été construits en 2006 et à peine plus de 1 500 en 2005. Autre fait d’armes : maire de Neuilly pendant neuf ans, Nicolas Sakozy n’a jamais accordé une quelconque priorité au logement social. Sa ville compte moins de 3 % de HLM. C’est l’une des pires élèves parmi les communes de France, bien en deçà des objectifs de la loi SRU qui impose 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France).
Une certaine idée de la santé
Ce qu’il veut faire.
Son programme Ensemble réaffirme les grands principes du modèle français de Sécurité sociale, pour « garantir l’égalité et l’équité de l’accès aux soins pour tous ». Mais Nicolas Sarkozy veut « également que chacun se sente responsable du financement de notre système de santé ». Aussi propose-t-il « un système avec quatre franchises : les premiers euros annuels sur les examens biologiques, les premiers euros annuels sur les médicaments, les premiers euros annuels sur les visites médicales et même sur l’hospitalisation ». Ces sommes, inscrites sur un « compte annuel », ne seraient « pas remboursées » par la Sécurité sociale. Leur montant ferait l’objet d’un « débat chaque année devant le Parlement » et serait fonction de la santé financière de l’assurance maladie. Cette logique strictement comptable de rééquilibrage des comptes de la Sécurité sociale reviendrait à rembourser de moins en moins les malades, les contraignant à souscrire des assurances complémentaires de plus en plus onéreuses.
Ce qu’il a fait.
Ministre de l’Economie en 2004, au moment où ses homologues à la Santé, Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand, préparaient et faisaient voter la réforme de l’assurance maladie, Sarkozy ne leur a pas permis de puiser dans les recettes fiscales pour renflouer la Sécurité sociale. Défenseur de l’orthodoxie budgétaire et partisan d’une réduction des prélèvements obligatoires, il ne connaît que la baisse des dépenses pour équilibrer les comptes, qu’il s’agisse du budget de l’Etat ou des comptes sociaux.
Une certaine idée de la fiscalité
Ce qu’il veut faire.
Nicolas Sarkozy a prévu d’abaisser encore le « bouclier fiscal » (qui permet de plafonner le total des impôts payés par un contribuable) à 50 %, alors qu’il est actuellement de 60 %. Surtout il souhaite supprimer jusqu’à 95 % des « droits de donation et de succession pour tous les patrimoines petits et moyens ». Or, en France, grâce à la législation fiscale existante, 80 % des patrimoines transmis en ligne directe échappent déjà à toute imposition. Avec cette nouvelle proposition, 15 à 20 % des Français les plus riches échapperaient à nouveau aux successions. L’impôt sur la fortune pourrait de fait disparaître. Le candidat promettant une déduction de 50 000 euros de l’impôt contre un tel investissement dans une PME. La politique fiscale, au final, devrait profiter aux citoyens les plus aisés.
Ce qu’il a fait.
En cinq ans, la droite a mené une étrange politique fiscale. Que jamais Sarkozy n’a désavouée. Baissant de manière drastique l’impôt sur le revenu (IR), dont le taux marginal a progressivement été abaissé à 40 %. Aujourd’hui l’IR ne représente plus que 25 % des recettes fiscales de l’Etat. Mais dans le même temps, la majorité a réussi la prouesse de faire augmenter le taux des prélèvements obligatoires : l’ensemble des taxes fiscales et sociales atteint 44,4 %. Elle a aussi inventé le « bouclier fiscal » . Autant de mesures fiscales au service des plus aisés.
Une certaine idée des médias
Ce qu’il veut faire.
Il prévoit un superministère rassemblant les médias, la culture et l’éducation, et un renforcement des missions culturelles de France Télévisions. En matière de médias, le programme de Nicolas Sarkozy est maigre. Il faut dire qu’il en a déjà tellement fait...
Ce qu’il a fait.
Dernier incident en date : il pète les plomb en coulisses de l’émission France Europe Express sur France 3 parce que monsieur n’a pas de loge. Sarkozy n’aime rien tant que mettre sa patte dans les médias, où il compte beaucoup d’amis : Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme qui a gentiment viré Alain Genestar, patron de Paris-Match coupable d’avoir publié une une présentant Cécilia Sarkozy et son nouvel amoureux ou encore Martin Bouygues, qui possède TF1. Sarkozy aime aussi beaucoup passer des coups de fil. A Robert Namias (TF1) et Arlette Chabot (France 2) pour les remercier d’avoir levé le pied sur le soulèvement des banlieues fin 2005. A Bertrand Méheut, patron de Canal +, pour, en juin 2005, défendre Karl Zéro dont l’émission est menacée. A Edouard de Rothschild pour se plaindre de la façon dont Libération le traite. Le zélé Jean-Pierre Elkabbach cherche-t-il à Europe 1 un journaliste politique pour suivre l’UMP qu’il demande conseil à... Nicolas Sarkozy. « Normal, répond celui-ci, j’ai été ministre de la Communication. »
Une certaine idée du pouvoir
Ce qu’il veut faire.
Comme souvent en la matière, les postulants à l’Elysée oublient rapidement leur promesse de partager les pouvoirs du chef de l’Etat qu’ils viennent de se voir attribuer par le peuple. Lorsqu’il dit vouloir un « président fort », nul doute que Nicolas Sarkozy le sera. Et surtout, quinquennat oblige, plus engagé dans la conduite de la politique quotidienne. Dans ce cadre, le Premier ministre ne sera plus qu’un chef d’équipe gouvernementale. Logique dans ces conditions que le Président vienne s’expliquer en personne devant le Parlement, ce qui lui était interdit jusqu’à présent par la tradition républicaine. Tout aussi logique qu’il ne puisse plus se prévaloir d’aucun « domaine réservé » (politique étrangère et défense). Pour mettre en oeuvre ces réformes, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il désignerait avant l’été une commission de révision de la Constitution dont les conclusions seront soumises au Parlement en septembre
Ce qu’il a dit.
L’ancien ministre de l’Intérieur défend les institutions de la Ve République : « Ce régime, avec son président fort et son gouvernement doté des moyens d’agir, est fait pour la France », expliquait-il ainsi début avril. Mais, pour lui, « le président de la République devra gouverner ». S’il entend conserver l’essentiel des institutions créées par le général de Gaulle en 1958, il veut les amender sur deux points : en limitant le nombre de mandats présidentiels à deux et renforçant les pouvoirs du Parlement, qui aura un droit de regard sur les nominations dans les grandes institutions (Conseil constitutionnel, Conseil supérieur de l’audiovisuel, etc.).
Zalea TV : Documentaire sur Nicolas Sarkozy: Documentaire d’une heure et demie, qui questionne les grandes orientations de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration, de sécurité et d’économie. Il dissèque les liens entre le candidat de l’UMP et les médias, en particulier dans ses relations avec les journalistes. Et n’hésite pas, à l’instar d’un Michael Moore, à impliquer directement l’auteur qui cherche désespérement à nouer un contact avec Nicolas Sarkozy. Un documentaire à ne pas manquer, notamment pour ses savoureux entretiens de Claude Goasguen
Les « sages » s’inquiètent de VGE: Les membres du Conseil constitutionnel se sont « émus unanimement » hier du fait que Valéry Giscard d’Estaing « n’ait pas respecté l’obligation de réserve à laquelle sont astreints » tous les « sages » « y compris les membres de droit » . En tant qu’ancien chef de l’Etat, VGE est membre de droit du Conseil constitutionnel. Dans le Parisien d’hier, Giscard a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, s’en prenant à François Bayrou, qu’il accuse de préparer des « majorités impuissantes » .
« Paris Match », Cécilia et les rumeurs: Ce fut un tournant, mais un tournant discret, que seuls les initiés auront remarqué. Dans son édition du week-end de Pâques, le Monde faisait pudiquement état de « rumeurs sur les tensions au sein du couple Sarkozy, nourries par l’absence de Cécilia à ses côtés pendant ce long week-end de Pâques ». Pour la première fois, un média traditionnel, et pas n’importe lequel, franchissait, d’un doigt, d’un orteil, d’une phalange, la fameuse « barrière de la vie privée ». Le Monde relayait ainsi des rumeurs galopant fiévreusement sur Internet, et selon lesquelles l’épouse du favori de la présidentielle avait quitté, une nouvelle fois, le domicile conjugal.
Cette allusion fut tellement discrète qu’elle ne fut suivie de... rien. Averti de l’existence de ces rumeurs, et en ayant averti ses lecteurs, le Monde s’en tint là. Vivez désormais avec cette « rumeur », cher lecteur, cette rumeur assez bruyante pour se faufiler dans une analyse sur « la personnalité de M. Sarkozy, enjeu de la fin de campagne », mais sur laquelle nous ne souhaitons surtout pas approfondir les choses.
Plus rien, donc. Ni dans le Monde, ni ailleurs. Pas une question posée par Libération, par exemple, lors de l’interview de la semaine suivante dans le bureau du candidat. Pas une allusion, dans le réquisitoire fleuve de Marianne cette semaine, qui n’hésite pourtant pas à collecter des témoignages à charge, le plus souvent anonymes, sur Sarkozy. Plus rien jusqu’à ce que Le Pen, après ses immondes attaques xénophobes contre les Sarkozy, enfourche à son tour le cheval des rumeurs, en s’étonnant de la discrétion des médias sur le sort de Cécilia.
Les médias devaient-ils enquêter sur l’état du couple Sarkozy ? Si, comme semble l’indiquer son absence prolongée à ses côtés, l’épouse du favori de la présidentielle a bien quitté le domicile conjugal, il semble à la fois légitime et nécessaire que les médias nationaux en informent le public, même si Le Pen est venu polluer la question. Légitime, parce que Sarkozy a lui-même, de longue date, tiré argument de sa vie de famille. Avant le premier départ de son épouse, par force reportages filmés. Et même après son retour, en convoquant la presse pour des retrouvailles spectacle dans une pirogue en Guyane, sous couvert de déplacement officiel, puis en se faisant photographier par des photographes attitrés lors de week-ends privés. C’est lui-même (comme d’ailleurs Ségolène Royal depuis longtemps, et François Bayrou, lors de cette campagne présidentielle) qui a donné le feu vert aux investigations sur le sujet.
On sait la réticence de la presse française : mais alors, il va falloir évoquer chaque maîtresse, fouiller les poubelles, lister les amants ? Mais non. Une longue distance nous sépare encore de cet enfer orwellien. Et un départ du domicile conjugal est un acte autrement plus « lourd » de conséquences, matérielles et psychologiques, qu’une relation extraconjugale.
Ce départ (éventuel) est donc à la fois une information sur la psychologie du candidat, et sur son entourage politique : son épouse dispose d’un bureau au QG du candidat. Accessoirement, l’épisode met à nu la « pravdaïsation » de la presse française. Car évidemment, elle ne se contente pas de faire silence. Elle remplit le blanc. Mais en crypté, de manière subliminale. Quelques jours après que le Monde a fait état de « la rumeur », l’hebdomadaire du groupe Lagardère, Paris Match, publiait une page entière de photos de l’absente, titrée triomphalement « revoilà Cécilia ». En robe fuchsia, l’épouse disparue assistait à un gala de charité, en compagnie de l’homme d’affaires François Pinault, de la reine Rania de Jordanie et de chanteurs de flamenco. Cinq photos de la robe fuchsia dans la même page, assorties d’un article anonyme qui se gardait évidemment d’évoquer la rumeur. Mais la page hurlait deux messages contradictoires : oui, elle était là le 3 avril à Paris, à côté de la reine Rania. Mais seule. Sans lui. Si Sarkozy et son ami Arnaud Lagardère avaient pu, contre la rumeur, offrir aux lecteurs la photo du couple, nul doute qu’ils l’eussent fait. Donc, cette page ovni était, de fait, une confirmation de la rumeur. Elle n’était d’ailleurs pas incluse dans les pages politiques. On la trouvait en fin de journal, dans les pages people. Comme si le reportage se trouvait là par inadvertance. Comme s’il n’avait aucun rapport avec la campagne électorale. Comme si tout cela était anodin. Comme si un précédent directeur de Match n’avait pas été licencié par Lagardère justement pour avoir publié en couverture une photo de Cécilia Sarkozy et de son amant.
Tout se passe comme si la presse française n’avait pas été vaccinée par le précédent Mazarine. Des années durant, de nombreux journalistes (dont l’auteur de ces lignes) ont considéré que l’existence d’une fille naturelle du président Mitterrand, circonstance purement privée, ne devait pas faire l’objet de développements particuliers. Et puis, de fil en aiguille, l’utilisation incontrôlée des moyens de l’Etat pour protéger la jeune fille, utilisation d’autant plus incontrôlée que la presse faisait silence, aboutit au scandale des écoutes téléphoniques. Pour tuer dans l’oeuf toute nouvelle omerta, il est plus que souhaitable qu’un journaliste se lève et pose cette question, que n’importe quel confrère américain considérerait comme naturelle : « Monsieur Sarkozy, des rumeurs font état du départ de votre épouse du domicile conjugal. Que pouvez-vous nous en dire ? » Et de préférence, avant l’élection.
Nicolas Sarkozy n’est pas un homme d’Etat - Betapolitique: A cinq jours d’un scrutin qui sera déterminant pour les 20 prochaines années, il est important de s’interroger enfin sur le candidat favori des médias.
Betapolitique craint Nicolas Sarkozy : homme instable, emporté, violent, clanique, manipulateur, hâbleur, plein de lui-même : cet homme mettrait la France dans la rue et passerait alliance avec les puissances d’argent pour imposer un ordre répressif et injuste.
Ce n’est pas nous qui le disons, c’est lui : ses actes et ses paroles parlent d’eux-mêmes, et bien plus que ses discours...
Opération « rue propre » avant la venue de Sarkozy à RMC: L’arrivée du candidat à la station de radio, jeudi matin, s’est accompagnée d’un fort déploiement policier et de l’enlèvement des voitures stationnées devant.
Deux collaborateurs de Chirac recasés: Deux collaborateurs de Chirac ont été recasés hier au Conseil d’Etat : Frédéric Sala-Baroux, secrétaire général de l’Elysée, et Annie Lhéritier, chef de cabinet.
Le Monde.fr : Thierry Breton mis en cause dans l’affaire du parachute doré de Noël Forgeard: Selon des informations publiées, mercredi 18 avril, par le magazine Challenges, le ministre de l’économie, Thierry Breton, serait personnellement intervenu, contre l’avis du conseil d’administration d’EADS, pour que l’ancien PDG, Noël Forgeard, puisse bénéficier de ses indemnités de départ. D’un montant de 8,5 millions d’euros, celles-ci ont provoqué un tollé, que les candidats à la présidentielle ont largement relayé.
Nicolas Sarkozy | Ensemble tout devient possible : Ne donnez jamais le pouvoir à celui qui le réclame, surtout avec autant d’empressement que Nicolas Sarkozy !
« J’ai vu les types du FN qui frappaient le jeune »: Des frontistes poursuivis dans le Rhône après l’agression d’Amael et Rachid.
Amael parle la bouche fermée. Il a deux barres de fer devant les gencives, qui maintiennent une mâchoire fracassée. Des points de suture sous le menton. Un doigt dans une attelle. Et des hématome partout sur le corps. Rachid, son copain, n’a « que six points de suture » sur le front. Amael, 20 ans, et Rachid, 30 ans, ont croisé mercredi après-midi le chemin de militants du Front national en campagne à Thizy (Rhône), charmant village perché sur les monts du haut Beaujolais. Bel endroit pour une mauvaise rencontre. « Je traversais la rue sur le passage piéton quand j’ai vu une des deux camionnettes du FN me foncer dessus. J’ai mis un coup dans le pare-brise pour me dégager. C’est comme ça que je me suis ouvert le doigt. Après, les types sont descendus avec des barres à mine et ils m’ont frappé », dit Amael. Rachid, son copain, prend lui aussi un coup au front : « Le temps que je reprenne mes esprits, j’ai vu Amael tenu par un type. Un autre lui a balancé un énorme coup de pied dans la mâchoire. Les gendarmes sont arrivés en cinq minutes mais j’ai eu l’impression que ça durait une heure. »
La scène s’est déroulée sur la place du village. Les témoins, nombreux, racontent tous la même chose. Le buraliste : « J’ai vu une petite dizaine de types du FN qui descendaient de leur camionnette et qui frappaient le jeune. L’autre avait la tête en sang. » Un automobiliste : « Les militants criaient par les fenêtres des trucs du genre "on est chez nous". Une des deux camionnettes a foncé vers celui qui traversait. Je n’ai pas vu s’il l’a touché, mais j’ai vu les militants descendre avec des bâtons et des barres de fer et taper. J’ai jamais vu un truc comme ça. »
Interpellation. Même version d’un client du Café des sports. Ou encore du patron du café, pompier intervenu dans la bagarre. Ce jour-là, une équipe de Dimanche Plus, l’émission de Canal Plus, suit ces militants du FN en campagne, mais arrive après l’agression. Sur les images, les gendarmes saisissent un bâton, type gourdin. Les militants du FN ont été interpellés immédiatement. Deux d’entre eux, âgés de 26 et 44 ans, ont été placés en garde à vue. Vendredi, ils ont été mis en examen pour violences volontaires en réunion avec armes. Sous contrôle judiciaire, « ils ont interdiction de se rendre à Thizy ou d’approcher les victimes » , précise Francis Battut, le procureur de Villefranche-sur-Saône, qui a ouvert une information judiciaire.
Jeudi matin, Bruno Gollnisch, numéro deux du FN et dirigeant local du parti, dénonçait sans ciller « l’agression » dont avait été victimes ses militants ( Libération d’hier). Il explique qu’ils ont été attaqués par une « bande ethnique ». Parle d’une vingtaine de personnes. Assure qu’ils sont connus des services de police. « Ce sont des jeunes d’origine immigrée, qui sèment la terreur dans ce bourg paisible. »
Addition. Amael, au chômage et Rachid, coloriste dans une imprimerie, n’ont pas de casier judiciaire. Ils sont décrits par les gens du village comme des types tranquilles. Le Front national a beau battre des records ici (28 % à la dernière élection présidentielle), la scène de mercredi a choqué. « ça ne me dérange pas que le Front vienne faire campagne ici. Mais pas de cette façon-là », explique la patronne du restaurant l’Ecrevisse. Elle n’a pas vu la scène. Mais a servi les militants quelques heures plus tôt à sa terrasse. « Ils sont descendus de leur fourgonnette avec des bières. Ils criaient des trucs contre les étrangers en plein sur la place du marché, devant des Noirs et des forains. Je crois qu’ils cherchaient les problèmes... » Elle raconte aussi qu’ils lui ont demandé de ne pas payer l’addition « parce qu’ils rendent service à la France ». Bruno, lui, était attablé au Café des sports lorsque les camionnettes estampillées Le Pen ont débarqué dans le village. « ça a mis une ambiance malsaine. Ils gueulaient dans leur sono "Vive Le Pen, vive la France ". Ils paradaient, enlevaient les tracts des autres candidats posés sur les voitures. »
SOS racisme, contacté le soir même par la mère d’Amael, appelle à une manifestation de soutien dimanche à 15 heures place Bellecour, à Lyon. Amael et Rachid seront présents. Amael espère que « tout ça fera prendre conscience aux gens ». Et rappelle : « On vote dans une semaine. »
Machines à voter : les maires entre économies et démocratie: La France entre dans une longue période électorale : deux tours de présidentielle, puis les élections législatives en juin, et enfin, au printemps 2008, les municipales. "C’est le moment idéal pour investir dans des machines à voter", explique Eric Legale, directeur de la communication de la mairie d’Issy-les-Moulineaux. La ville d’André Santini vient d’acquérir une soixantaine de machines pour la somme de 300 000 euros. Un investissement, dit-on au sein de la majorité municipale : "Plus besoin de scrutateurs, de papier, l’organisation s’allège. Dans trois ans, les machines seront amorties", assure Eric Legale.
Pour l’opposition, "il s’agit d’un déni de démocratie. L’achat des machines n’a même pas été débattu en conseil municipal, dénonce Joseph Dion, secrétaire de la section du Parti socialiste d’Issy-les-Moulineaux. Le modèle acheté par la mairie n’offre pas la possibilité de recomptage manuel en cas de litige, il n’y a pas de contrôle visuel." Selon lui, "il aurait été préférable d’attendre des machines de seconde génération", d’autant que, affirme-t-il, "des Isséens ont affirmé qu’ils ne voteraient pas, de peur que leur vote soit détourné. C’est une régression. Le vote électronique ne doit pas être un frein à ce geste citoyen."
"Il existe un déficit de confiance, reconnaît Eric Legale. Mais les mentalités évolueront. Et s’il y a une volonté de tricher, ce n’est pas parce que le système de scrutin est traditionnel que la tentative de fraude n’aura pas lieu." La maire UDF de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), Nicole Rivoire, doit aussi faire face à son opposition. Toutefois, les machines à voter ne sont pas l’apanage des villes de droite. Marc Everbecq, maire communiste de Bagnolet, a équipé sa ville avant le dernier référendum. Un choix critiqué au sein de sa commune.
Le banquier suisse que Sarkozy voudrait oublier: A Lausanne, la justice vient de réexaminer l’affaire d’abus de confiance impliquant Jacques Heyer. Ses liens passés avec le candidat UMP intriguent.
Rachida Dati, future ministre de la rénovation urbaine à coup de karcher: Fin février dernier, une équipe de tournage filme une rencontre entre Bruno Julliard (leader du syndicat étudiant UNEF), et Rachida Dati (porte-parole de Nicolas Sarkozy), le tout orchestré par Paul Wermus pour VSD.
Dans le cadre de cette rencontre, Paul Wermus se tourne vers Rachida Dati et dit “Mme la porte-parole, ... je vais bientôt vous appeler Madame la ministre, alors écoutez-moi ...", s’ensuit un dialogue étonnant qui relève d’un vrai “off” de campagne, révélateur, ici de l’état d’esprit de la porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy.
Les propos tenus par Rachida Dati sont significatifs de l’état d’esprit de l’équipe de Nicolas Sarkozy, et des métaphores qu’ils utilisent.
Voici donc la “bonne blague” de Rachida... Ces images n’ont pas été tournées à l’aide d’une caméra cachée. Rachida Dati a semble-t-il oublié sa présence... et s’est lachée, au sujet de son futur ministère, celui de “la rénovation urbaine à coup de karcher"...
Sarko est mort !:
Didier Super gère la crise du disque
Sarkozy en meeting, c’est trois policiers pour dix militants
Y-a-t-il eu un accord secret entre Sarkozy et Chirac ?: Nicolas Sarkozy, en échange du soutien de Jacques Chirac à sa candidature, se serait engagé en cas de victoire à la présidentielle à « éviter au président sortant tout retour de flamme judiciaire », affirme l Canard Enchaîné
Selon l’hebdomadaire, le vote d’une amnistie spécifique aux affaires financières, mais si Sarkozy entre à l’Elysée il pourrait précipiter la discussion sur un projet de loi destiné à renforcer la lutte contre la délinquance. D’après un « chiraquien pur sucre », cité par le « Canard« , « un article de la loi imposera aux juges de clore leurs dossiers dans des délais très stricts. Pas plus d’une dizaine d’années après les faits incriminés pour les simples délits. Les dossiers trop anciens, encore à l’instruction, seront purement et simplement annulés ».
Jacques Chirac est toujours impliqué dans trois affaires parmis lesquelles les emplois fictifs de la Mairie de Paris, l’emploi fictif d’une secrétaire de l’ex-RPR ainsi que l’affaire concernant Jean-Marie d’Huy sur les fausses factures de l’imprimerie municipale Sempap.
Nicolas Sarkozy avait pourtant assuré le 12 mars qu’il ne se « mêlerait pas » de ces dossiers s’il était élu à l’Elysée. « Ce n’est pas le rôle du président de la République. Il y a une justice, elle est indépendante. Surtout je ne m’en mêlerai pas. C’est ce qu’on demande d’un président de la République, qu’il ne se mêle pas des affaires de justice », avait-il dit à l’époque
Un « proche de Chirac » cité par ailleurs avertit que « les promesses peuvent être oubliées, mais nous avons pris des garanties ». « C’est du rapport de forces, du donnant-donnant. On a des dossiers sous le coude », a-t-il affirmé au Canard.
Interrogée sur les informations de l’hebdomadaire, la présidence de la République n’a fait aucun commentaire.
De son coté Nicolas Sarkozy a qualifié en marge de son déplacement à Villepinte de « grotesque, blessant, mensonger » les affirmations de l’hebdomadaire. « L’article du Canard Enchaîné ne repose sur aucune espèce de réalité. (...) Je démens de la façon la plus ferme et la plus complète », a-t-il ajouté.
Extérieur nuit de violences policières
Quand M. Sarkozy menaçait M. Begag : "Je vais te casser la gueule, sale connard !": Dans son livre Un mouton dans la baignoire (Fayard) à paraître le 13 avril, l’ancien ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances Azouz Begag, qui a démissionné du gouvernement jeudi 5 avril, revient sur sa mésentente avec Nicolas Sarkozy. Le conflit avec celui qui est alors ministre de l’intérieur naît d’abord de l’emploi par ce dernier du mot "racaille" et s’amplifie avec les violences dans les banlieues en novembre 2005. Extraits :
"En pleine tempête, on m’a organisé un rendez-vous en tête à tête place Beauvau avec Sarko. Il me reçoit dans son bureau, avec des sourires enrobés de mots doux et m’invite à m’asseoir près de la cheminée, au coin du feu. (...) Il me fixe droit dans les yeux : "Pourquoi tu m’attaques, Azouz ? Moi, je ne t’ai pas attaqué, jamais. Je n’ai même pas réagi à tes propos, tu as vu ?" (...) Il ment. Prétend qu’il n’a pas répondu à mes attaques, mais en fait les ripostes dans la presse se multiplient, orchestrées par ses proches. Ils font de moi l’Arabe ministre qui défend ses frères arabes des banlieues au lieu de défendre les citoyens contre la "racaille" qui infecte la vie des bons Français. (...) Au passage, je lui glisse que mon grand-père est mort en 1918 dans le 23e régiment de tirailleurs algériens dans la Somme. Qui est le plus français de nous deux ? "C’est toi", il reconnaît. Il dit qu’il est hongrois. Puis il me montre son désir de résoudre au plus vite notre mésentente : "Alors, qu’est-ce qu’on fait ?" (...) Sans vergogne, il me propose le prochain mercredi, jour du conseil, de venir le rejoindre place Beauvau et d’aller ensemble, à pied, à l’Elysée sous l’oeil des caméras. Je suis stupéfait. L’homme me prend pour un bouffon ! (...) Il propose alors que nous allions ensemble dans un quartier de banlieue. Je dis : "Oui, mais sans caméra". Je souligne que ce sont les médias qui enveniment les situations, qu’il ne faut donc pas se rendre avec eux dans les quartiers. Il dit que cela ne sert à rien de sortir sans le faire savoir."
Un jour, M. Begag interpellé sur le projet de loi sur l’immigration, croit faire un bon mot en rétorquant : "Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy." Fureur du ministre de l’intérieur qui appelle M. Begag, alors dans le train, qui en fait le récit suivant : ""Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom... Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !" Je suis cloué à mon téléphone (...) Le ministre de l’intérieur m’a conseillé dans une ultime menace de ne jamais plus lui serrer la main, sinon il allait m’en cuire, "sale connard" que je suis. Je ne sais combien de fois il a projeté ces mots contre mes tympans. Je ne pardonnerai pas."
Nicolas Sarkozy à Lyon : pas de courage, pas de chocolat: Le candidat UMP annule sa visite d’une chocolaterie pour éviter sifflets et quolibets.
La visite est annulée, officiellement parce que l’avion du candidat a du retard. Sarkozy lui-même donne cette explication. On saura dans la soirée qu’il n’en était rien : à 14 h 56, l’avion était largement dans les temps, indiquait-on à l’aéroport
La campagne remplit moins ses devoirs conjuguaux: ...Au-delà des situations conjugales compliquées des prétendants - Cécilia aurait à nouveau quitté le domicile ces derniers jours, selon une rumeur persistante -, le couple ne serait plus médiatiquement « bancable » ?...
L’UMP « spamme » les Français de l’étranger: L’UMP pourrait bien mériter la palme du spam, le mail non sollicité sur Internet. Des centaines, des milliers peut-être, de Français expatriés ont reçu un long message signé de Nicolas Sarkozy, les invitant à vote pour lui. Libération a reçu de nombreuses protestations de lecteurs qui s’étonnent que leur adresse soit connue de l’UMP. L’an dernier, les expatriés avaient été invités à voter par Internet pour élire leurs représentants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et donc à communiquer leur mail aux consulats et ambassades. Une partie des mails de Sarkozy émanent de New York, d’un ordinateur étiqueté ump-fr.org, nom qui appartient à Guy Wildenstein, élu à l’AFE et délégué de l’UMP pour l’est des Etats-Unis. Ses bureaux parisiens se trouvent à une porte du siège de l’UMP, rue La Boétie...
« Madame Simone Veil... »: En décembre 2000, les étudiants de l’Institut d’études politiques de Lille ont décidé de choisir votre nom pour baptiser leur promotion. Vous nous avez même fait l’honneur de présider cette cérémonie. C’est ave beaucoup d’émotion que nous avons fait votre éloge. Nous avions alors lu les différentes biographies qui vous étaient consacrées. A la lecture de ces pages sur votre parcours, on ne pouvait qu’être conforté dans l’idé que nous avions fait le bon choix.
Il est toujours périlleux de baptiser une promotion d’étudiants, une rue ou une école, du nom d’une illustre personne, toujours vivante, car l’histoire continuera de s’écrire. Mais nous étions persuadés qu’au-delà de nos appartenances ou de nos convictions politiques, les combats que vous aviez menés et la vie que vous aviez vécue, devaient être perçus comme un modèle d’engagement et de lucidité politique, philosophique, éthique.
Vous avez fait le choix, madame, de soutenir Nicolas Sarkozy, et il ne nous appartient pas de mettre en cause votre décision personnelle. Mais voilà : le Conseil d’Etat vient de rejeter un projet du ministre de l’Intérieur baptisé « Eloi » et qui a pour objectif notamment de créer un fichier informatique collectant des données sur les étrangers illégaux, mais aussi sur les personnes qui les hébergent et qui leur rendent visite dans les centres de rétention. La décision du Conseil d’Etat ne statue pas sur le fond, mais simplement sur la procédure, et l’UMP a déjà fait savoir qu’elle porterait de nouveau ce projet, avec quelques légers aménagements. Tout cela s’inscrit dans une atmosphère particulière où a été récemment évoquée l’idée d’un « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale ».
Nous sommes plusieurs étudiants de la promotion Simone-Veil à nous étonner que vous puissiez apporter votre caution à un tel projet. Parce que nous avons pour vous la plus haute considération, nous osons croire que vous ne pouvez rester insensible aux inadmissibles dispositions de ce texte qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. Lorsque l’on arrive à un tel niveau de surveillance de la population, voire de délation, on n’est plus très loin du ravin. Nous sommes persuadés que les qualités qui nous ont motivés à choisir votre nom, vous pousseront à vous exprimer sur ce sujet pour le condamner.
Des étudiants de la promotion Simone-Veil de l’Institut d’études politiques de Lille (2000).
Harry Potter et la bave du crapaud - Journal d’un avocat
Une arrestation musclée de sans-papiers tourne à l’émeute: Les forces de l’ordre auraient arrêté, avec violence, un homme en situation irrégulière, mardi 20 mars, causant une petite émeute à la sortie de l’école de la rue Rampal, dans le XIe arrondissement à Paris, dénonce le Réseau éducation sans frontières (RESF). Cette interpellation, très musclée, aurait provoqué la panique parmi les habitants du quartier venus chercher leurs enfants aux écoles Lassalle et Rampal.
Mardi, vers 16h30, alors que la police avait déjà arrêté un "fourgon plein" de sans-papiers à la sortie de ces écoles, elle a voulu interpeller un homme qui attendait ses deux petits-enfants, scolarisés aux écoles Piver et 77, bld de Belleville, dans un café situé à l’angle des écoles, témoigne Brigitte Wieser, de RESF-Paris.
"Enormément de policiers"
Les policiers ont alors "assiégé" le café dans lequel le grand-père attendait. Les membres du Réseau et des habitants du quartier ont donc tenté de s’interposer, et se sont placés devant la voiture de police qui allait emmener ce sans-papiers. "Il y avait énormément de policiers", rapporte Brigitte Wieser. "Ils sont devenus fous furieux. Nous voulions faire de la résistance, nous ne recherchions pas l’affrontement". Mais les policiers ont tous sorti leurs matraques, et répandu des gaz lacrymogènes puissants. "J’ai pris un coup de matraque dans le dos. Si nous avions cherché l’affrontement, nous aurions tous fini à l’hôpital", souligne la militante parisienne.
"Entretenir la peur"
A cette heure de sortie des écoles, la rue était pleine de monde, d’enfants, de parents avec des poussettes, explique-t-elle. Les directeurs des écoles ont dû faire entrer les parents et les enfants dans les bâtiments pour les protéger des gaz et de la bousculade.
Une journaliste, qui était présente, a pu filmer la scène. Les policiers lui ont pris ses papiers. Ils lui ont rendu sa carte de presse, mais elle n’a pas récupéré sa carte d’identité. La police voulait aussi se saisir de sa caméra, mais elle est parvenue à s’en débarrasser. "Ils étaient très embêtés, ils ont longtemps cherché la caméra", commente Brigitte Wieser.
Jets de projectiles sur les policiers
Une version que contestent les forces de l’ordre. Selon une source policière, il s’agit d’une opération classique de contrôle, sur réquisition du procureur de la République, dans trois débits de boisson. Cette source confirme que les fonctionnaires ont interpellé un ressortissant chinois en situation irrégulière au "Petit Rampal".
Quand les fonctionnaires sont sortis du bar, une vingtaine de personnes les ont bloqués et ont encerclé le véhicule de police, certains s’allongeant sur la chaussée pour empêcher son départ, selon la source policière. Des coups et des projectiles ont détérioré la voiture de police. Les policiers ont essuyé des jets d’objets et d’un liquide provenant d’un squat d’artistes proche, précise-t-on. Pour se dégager, ils ont dû appeler des renforts et faire usage de lacrymogènes. L’un d’entre eux a été blessé à l’épaule et irrité au visage par le liquide, indique la source policière. Ce fonctionnaire fait l’objet de dix jours d’interruption totale de travail.
"Il est monté d’un cran"
"La préfecture de Paris avait toujours garanti qu’il n’y aurait pas d’arrestation à la sortie des écoles", souligne Brigitte Wieser. "Nous avons demandé aujourd’hui au préfet de nous recevoir, pour lui demander de ne plus céder aux pressions du candidat Sarkozy, qui exige du chiffre de ses préfets".
En même temps que cette "rafle", il y en a eu deux autres, aux métros Goncourt et Stalingrad, et plusieurs arrestations. "On est monté d’un cran dans les rafles", commente Brigitte Wieser.
Cette militante redoute que les parents en situation irrégulière ne scolarisent plus leurs enfants, par crainte d’être arrêtés en allant les chercher à l’école. "Hier soir, dans notre permanence du XIe arrondissement, il y avait beaucoup de monde. Les gens sont venus nous dire qu’ils avaient peur. Ces rafles servent à entretenir la peur", juge Brigitte Wieser.
Sarkozy s’emporte contre la direction de France 3: Selon Le Canard enchaîné paru mercredi 21 mars, le ministre de l’Intérieur et candidat UMP, Nicolas Sarkozy, a piqué une grosse colère, dimanche 18 mars, dans les locaux de France 3.
Invité de l’émission "France Europe Express", animée par Christine Ockrent, Nicolas Sarkozy est arrivé avec "une escouade de garde du corps, de conseillers et sa maquilleuse personnelle". Mais une fois dans la loge, le candidat a été invité à patienter, tous les sièges étant déjà occupés par les autres invités de l’émission.
Au bout d’un moment, le ministre a perdu patience, toujours selon l’hebdomadaire satirique : "Je ne veux pas attendre plus longtemps, je veux me faire maquiller tout de suite". Puis, encore un peu plus tard : "Mais enfin, il n’y a personne pour m’accueillir. La direction n’est pas là ? Ce n’est pas normal. Qu’est-ce qu’ils font ? Qui suis-je pour être traité ainsi ?".
Nicolas Sarkozy aurait alors fait mine de partir, déclenchant la panique parmi les journalistes, avant de "péter les plombs" : "Personne n’est là pour m’accueillir. Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder."
Sarko et son promoteur : petits cadeaux entre amis: Selon le Canard enchaîné, le promoteur Lasserre, auquel Nicolas Sarkozy a acheté son appartement à prix d’ami, avait bénéficié d’une ristourne sur la valeur du terrain municipal.
Le Canard enchaîné affirme que Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, a concédé en 1997 un rabais sur des terrains municipaux au promoteur Lasserre, avant de lui acheter un appartement
Dans son édition à paraître mercredi, l’hebdomadaire réitère pour la troisième fois ses attaques contre le candidat UMP, qu’il accuse d’avoir bénéficié d’avantages de la part de ce groupe, lors de l’achat et de l’aménagement à Neuilly, d’un duplex qu’il a revendu l’année dernière.
Selon le Canard Enchaîné, le promoteur aurait économisé 775.000 euros grâce à un "coup de bonneteau" sur les droits à construire qu’il était tenu de verser à la ville de Neuilly pour pouvoir édifier trois immeubles sur l’île de la Jatte.
"C’est une sorte de crédit gratuit que la mairie et la Sem 92 (une société d’économie mixte) ont accordé à Lasserre", avance, sous couvert de l’anonymat, un haut fonctionnaire parisien cité par l’hebdomadaire.
L’opération aurait consisté à retarder le solde de l’achat du dernier de trois terrains constructibles et à baisser le prix de 20%.
Le Canard Enchaîné précise avoir reçu le 13 mars une réponse écrite du président de l’UMP, lequel justifie le rabais accordé par la crise de l’immobilier.
"La ville de Neuilly et la Sem 92 ont fait face en 1997 à un effrondement du marché immobilier (...) Dans ce contexte, les nombreux promoteurs contactés se refusaient à réaliser la troisième tranche (...) et c’est ainsi qu’elle a cédé les parcelles de la troisième tranche au prix adapté à la réalité du marché au seul promoteur qui acceptait de s’engager sur la réalisation de cette troisième tranche", écrit-il.
Le Canard Enchaîné conteste l’argument de la crise immobilière, soulignant que la chute du marché date de 1992-93 et non de 1997.
"Le 9 juin 1997, deux mois après avoir accordé un cadeau de 775.000 euros sur les droits à construire, Sarko signait avec le promoteur un contrat de réservation - aux conditions que l’on sait - pour son duplex de 233 m2", avance-t-il.
L’hebdomadaire écrivait il y a une semaine que le candidat UMP avait économisé au moins 300.000 euros et publiait une photocopie des travaux effectués, selon lui, par le promoteur avant l’installation du couple Sarkozy.
Nicolas Sarkozy, qui s’était dit blessé par la "calomnie", avait publié une lettre du directeur général des impôts (DGI), Bruno Parent, affirmant n’avoir détecté aucune anomalie dans ses déclarations d’ISF 2005 et 2006.
S’agissant de sa propriété de Neuilly, Bruno Parent a répondu que l’estimation de la valeur vénale à laquelle Nicolas Sarkozy a procédé pour 2005 "n’appelle pas d’observation" et qu’elle est "cohérente" avec les prix du marché.
Le Monde.fr : Un maïs transgénique Monsanto serait toxique, selon Greenpeace: Un maïs transgénique de la firme américaine Monsanto, importé depuis deux ans dans l’Union européenne, présente des risques de toxicité pour l’homme, affirme Greenpeace qui dit se fonder sur les résultats d’une étude scientifique.
Dans un communiqué, le mouvement écologique incrimine le maïs génétiquement modifié "MON863", fabriqué par le géant américain des semences et estime qu’"il faut revenir d’urgence sur (son) autorisation" d’importation dans l’Union européenne.
Greenpeace dit se baser sur une étude scientifique réalisée à sa demande et publiée mardi dans la revue américaine "Archives of Environmental Contamination and Toxicology".
Cette étude révèle, selon l’organisation, "que des rats nourris pendant 90 jours avec du MON863 (...) présentent des ’signes de toxicité’ au niveau des reins et du foie".
"C’est la première fois que des recherches indépendantes, publiées dans une revue à comité de lecture, prouvent qu’un OGM autorisé à la consommation humaine présente des signes de toxicité", souligne Arnaud Apoteker, de Greenpeace France.
Interrogé par Reuters, Monsanto-France s’est déclaré "prudent et confiant". "J’ai confiance dans les autorités scientifiques qui ont donné l’autorisation d’importation. On est en train de lire en détail l’étude de Greenpeace", a précisé Yann Fichet, directeur des relations extérieures de Monsanto-France.
Ce maïs transgénique, cultivé dans plus de dix pays au monde dont les Etats-Unis et le Canada, est importé en Europe depuis 2005, mais il n’y est pas autorisé à la culture.
"Les scientifiques disent qu’ils ne présentent pas de danger pour la santé humaine et qu’il est aussi sûr que le maïs conventionnel", a dit le responsable de Monsanto-France.
En 2006, la France a cultivé, à des fins commerciales environ 5.000 hectares de maïs transgénique et devrait en produire davantage en 2007, a-t-il estimé, comparant ce chiffre aux 100 millions d’hectares de maïs OGM cultivés dans le monde.
Le Monde.fr : Hausse des plaintes contre des "bavures" policières: Menottages abusifs, fouilles trop poussées, violences contre des manifestants anti-CPE et en prison contre des détenus : le nombre de plaintes déposées à la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a grimpé de 30 % en 2006 par rapport à 2005, selon son rapport annuel publié jeudi 8 mars.
En 2006, 140 dossiers ont été enregistrés à la CNDS, instance administrative indépendante créée en 2000 chargée de veiller au respect de la déontologie par les personnes chargées d’une mission de sécurité, contre 108 dossiers en 2005, 97 en 2004, 70 en 2003, 40 en 2002, dit le rapport. La majorité des plaintes émises en 2006 concerne l’action de la police nationale (62 %). Elle explique la hausse des saisines par une "notoriété croissante après six ans de fonctionnement". La CNDS peut être saisie par tout citoyen à condition qu’il passe par l’intermédiaire d’un parlementaire ou de la Défenseure des enfants s’il s’agit d’un mineur.
Dans son document, la CNDS annonce avoir transmis sept affaires aux parquets pour des poursuites pénales contre des policiers et quinze au ministère de l’intérieur pour des poursuites disciplinaires.
VIOLENCES "ILLÉGITIMES"
La commission relate plusieurs cas d’abus policiers. Un réfugié politique algérien, arrêté après un contrôle d’identité en raison d’une rébellion et conduit au commissariat des Halles à Paris, "a été fouillé, totalement déshabillé, dans un couloir et (...) a ressenti un profond sentiment d’humiliation, qui ne faisait que décupler celui d’injustice face à un contrôle qu’il estimait déjà illégal", souligne-t-elle. La CNDS recommande au ministère de l’intérieur d’instaurer par circulaire l’obligation, pour l’officier de police, d’exposer dans un procès-verbal les motifs de la fouille à corps.
La commission relève que les policiers ont tendance à menotter des personnes dans des circonstances où cette procédure ne s’impose pas, ou même alors qu’elle est illégale. Elle rappelle "que l’usage de la coercition implique nécessairement, selon la jurisprudence en vigueur, le placement en garde à vue".
La commission relate plusieurs cas de violences "illégitimes", notamment une affaire à Strasbourg où un mineur de 17 ans "a reçu un coup au visage qui lui a occasionné une perforation du tympan alors que, d’après le policier, il n’avait fait aucun geste d’agression". "Il a par ailleurs été insulté, retenu dans un véhicule de police sans cadre légal ni information au procureur. Il a été menotté d’abord à un grillage, puis jusqu’à son domicile pour vérifier son identité, sans qu’il ne présente un quelconque danger ni pour lui-même, ni pour les policiers, aux dires mêmes de ces derniers", raconte le rapport.
La publication du précédent rapport annuel, en avril 2006, avait donné lieu à une passe d’armes entre le président de la CNDS, Pierre Truche, et le ministère de l’intérieur aux côtés des syndicats de police. Pierre Truche, dont le mandat arrivait à échéance, a été remplacé cette année par Philippe Léger, un autre magistrat, nommé par Jacques Chirac. Un amendement de la loi "prévention de la délinquance", texte présenté par le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, a, de plus, prévu la désignation auprès de la CNDS par le premier ministre d’un "commissaire du gouvernement".
Inquiétude au QG de Sarkozy : "On tourne en rond": C’est un ministre UMP qui confie, sidéré : "Ma fille de vingt ans va voter Bayrou." Un conseiller de Nicolas Sarkozy qui lâche : "Pourvu que Ségolène Royal tienne." Un député du parti majoritaire qui s’alarme : "En appelant à donner des parrainages à Le Pen nous allons transformer le second tour en un référendum contre nous." Depuis deux semaines, l’atmosphère autour de Nicolas Sarkozy est devenue plus opaque, plus angoissée.
Lui-même n’a pas la réponse à ces questions qui tournent en boucle dans son "QG" : jusqu’où ira François Bayrou, qu’un sondage LH2 place désormais à 20% d’intentions de vote ? Ségolène Royal maintiendra-t-elle son écart avec lui ? Jean-Marie Le Pen a-t-il tendu un piège à l’UMP en quémandant ses parrainages ? Comment Jacques Chirac annoncera-t-il, la semaine prochaine, son retrait de la vie politique en mai ? A-t-on vraiment besoin de son soutien ? "On ressasse. On tourne en rond", lâche un membre de l’équipe de campagne.
A ces questions s’ajoutent la pression des révélations sur son patrimoine. Balayées la semaine dernière par le candidat, qui les avaient jugées "inopportunes et outrancières", elles reviennent en deuxième semaine. Dans son édition du 7 mars, Le Canard enchaîné maintient que M. Sarkozy a bénéficié de conditions avantageuses pour l’achat et l’aménagement de son ancien appartement de Neuilly. Un journaliste interroge-t-il les porte-parole de l’UMP pour savoir si M. Sarkozy produira d’autres factures justifiant qu’il a bien payé les travaux, qu’un conseiller juge "la question illégitime"… Le même minore dans la foulée l’impact de ces révélations : "Les Français savent bien que Nicolas ne vit pas comme eux."
"IL NOUS FAUT DES IDÉES NOUVELLES"
Cette sensibilité exacerbée est à peine apaisée par les sondages, qui continuent de donner M. Sarkozy en tête au premier tour et vainqueur au second. Car l’impression demeure que tout peut changer ou être interprété à son détriment : que le candidat reste stable et les sondeurs concluent à la stagnation. Qu’il perde un demi-point, et ils diagnostiquent un effritement. "Au contraire de 1995 et 2002, les enquêtes de la troisième semaine de février ne nous donnent pas le résultat", admet Jean-Michel Goudard, ancien conseiller du chef de l’Etat passé chez Sarkozy. Relativisant "le phénomène Bayrou" – "un rejet du système plus qu’une adhésion", il lance : "Il n’y a pas le feu". Mais alors pourquoi M. Sarkozy, qui ignorait jusque-là le candidat de l’UDF, brandit-il désormais le spectre "de la IVe République" pour le décrédibiliser ? Pourquoi François Fillon torpille-t-il le Béarnais en déclarant : "Sa stratégie est dangereuse. Quand il n’y pas de différence entre droite et gauche, il n’y a plus qu’à choisir entre Laguiller et Le Pen" ? Le Pen justement. Jusque-là, consigne avait été donné à l’équipe de défendre la présence au premier tour de tous les courants de pensée au nom de la "démocratie", même si en privé les sarkozystes admettaient : "Si Le Pen n’est pas candidat on est morts." En déclarant qu’il se "battrait" pour que M. Le Pen ait ses parrainages, M. Sarkozy a surpris ses proches. "On voit déjà que le PS se prépare à faire de Sarkozy le Le Pen de 2002", s’alarme un député.
D’autres ajustements stratégiques donnent le hoquet à la campagne de l’UMP. EADS, par exemple. Après avoir raillé les Etats qui "ne sont pas les investisseurs les plus avisés", M. Sarkozy a plaidé pour une augmentation de la part de l’Etat dans le capital de l’avionneur… deux jours après M. Bayrou et Mme Royal. "Il nous faudrait des idées nouvelles", s’impatiente un ministre.
Enfin, M. Sarkozy jongle toujours avec ses deux emplois du temps de candidat et de ministre. Mardi, il a appris que M. Bayrou avait passé près de dix heures aux Salons de l’agriculture et de la machine agricole. Mme Royal, elle, séjourne 48 heures à Berlin. En traversant le Val-d’Oise pour se rendre, mardi soir, à un meeting à Cormeilles-en-Parisis, il a vu les affiches de son rival UDF l’annonçant à Argenteuil le 21 mars. "Les autres montrent qu’ils sont disponibles, explique un conseiller. Dès que Nicolas aura quitté Beauvau, ça va changer la donne."
Jeudi Noir sur l’île de la tentation: Samedi dernier, Jeudi Noir s’est fixé un objectif complètement démesuré : partir à l’abordage de l’Île de la Jatte. En tant que « galériens du logement », prendre une île d’assaut, c’est une sacrée tentation… Et puis l’Île de la Jatte, depuis les révélations du Canard enchaîné, c’est devenu le paradis des propriétaires : + 122 % pour l’appartement de Sarkozy en quelques années, 230 m2 de terrain cédés pour un euro symbolique par la collectivité à la copropriété du maire de Neuilly ; du marbre et des escaliers en chêne ciré en veux-tu en voilà…
Vous voyez l’idée ? Sympa, mais concrètement, comment tu fais vraiment pour organiser une expédition nautique en 24 heures ? On s’est fait refouler par le club nautique du coin, aucun magasin ne vend plus de bateau pneumatique et même quand on a finalement dégotté une barque au bois de Boulogne pas facile de dénicher un camion ou une remorque pour transporter 250 kg... N’est pas Greenpeace qui veut. Heureusement, on s’est souvenu que Jeudi Noir comptait des sympathisants parmi les propriétaires de péniche de l’Île de la Jatte…
Du coup, aussitôt remis de notre pendaison de crémaillère de vendredi, déguisés en flibustiers de l’immobilier, avec bandeaux de pirates, chapeaux adéquats et drapeaux noirs aux vents, on s’est jeté à l’eau et nous avons ramé vers la Terre promise pour y planter notre étendard façon « Iwo Jima » (mais avec un manche à balai en guise de porte-étendard). Suite à cet acte de bravoure, on ne pouvait pas déroger au détour par le 41 boulevard Vital Bouhot, le lieu du crime (supposé) de Nicolas Sarkozy.
Après un nouveau planter de drapeau dans les géraniums et quelques verres de mousseux à défaut de pots de vin, on a rencontré une habitante du 41 qui nous trouvait bien sympathiques. Mais elle ne comprenait pas qu’on s’énerve contre les plus-value immobilières : « Mais tout le monde a fait les mêmes plus-values ! ». Voilà, l’Île de la Jatte, c’est ça : un petit univers où tout le monde fait des plus-values, coupé du reste de la planète et des gueux qui paient patiemment, mois après mois, loyer après loyer, la bulle immobilière. « Paradis des propriétaires, Enfer des locataires ! »
Et pour finir, un samedi Jeudi Noir sans visite d’appartement, ce serait frustrant. On a donc pris le PAP pour trouver un appart’ à 1 085 euros pour 50 m2. Y’a plus cher et plus choquant. Certes, mais c’était quand même un quartier mal desservi !
Moins cher qu’un ticket de métro, le m2 Sarko !: La nouvelle est tombée mercredi 28 février à la Une du canard enchaîné…intitulée « la trop belle affaire immobilière de Sarkozy ». Elle révèle un nouveau scandale au sein de la droite. Après les HLM attribués à tous ses copains pour Tibéri, le logement de 800 m2 pour un loyer entièrement payé par les concitoyens pour Gaymard, nous avons appris que Sarkozy a profité de ses fonctions de maire puis de président du conseil général des Hauts-de-Seine pour négocier le prix d’un appartement dans une résidence de standing de sa chère ville de Neuilly-sur-Seine. Et pour faire bénéficier ladite copropriété d’un terrain de 230 m2 pour.... un euro symbolique. Quatre centimes le m2 sur l’île de la Jatte, qui a dit que le foncier est trop cher pour faire des HLM ???
Nicolas Sarkozy, si prompt à criminaliser les roms et les nomades, a, avec ses voisins, squatté pendant plus de sept ans un terrain public de 230 m2 appartenant à la société d’économie mixte du conseil général du 92 (la SEM 92). Et quelques mois après avoir été investi président du conseil général en 2004, il a demandé à la SEM 92 de céder pour un euro symbolique le terrain de 230 m2 qui longe sa copropriété… ce qu’il a obtenu sans aucune difficulté évidemment !
Neuilly-sur-Seine, ville emblématique qui ne respecte pas la loi SRU sur les 20% de logements sociaux, ne peut donc plus arguer du manque de foncier pour refuser de construire des HLM…
Dès le lendemain matin de la parution du Canard enchaîné, plus de 150 familles (mal-logées, menacées d’expulsion et sans-logis) du DAL ont décidé de manifester devant le QG du président de l’UMP pour acheter à leur tour des parcelles de 230 m2 sur l’Ile de la Jatte… Accueillies par des dizaines de policiers à l’angle de la rue du Faubourg Saint-Denis et de la rue d’Enghien, les familles scandaient « Sarkozy, un euro – Sarkozy, un euro » en sortant des panneaux : « 1 euro = 6, 55957 francs = 230 m2 de terrain Ile de la Jatte », « 100 millions de francs de subventions pour l’Ile de la Jatte : c’est pas pour des HLM… », « On veut tous le prix Sarko = 4 centimes le m2 de terrain Ile de la Jatte », « Moins cher que la maison Borloo : 230 m2 de terrain à 1 euro Ile de la Jatte »…
Une quête a même été improvisée, chaque manifestant versant une centime dans une boîte. 3,70 euros seront très rapidement récoltés.
Une délégation de trois personnes ira déposer quelques minutes plus tard le pactole au QG de l’UMP… soit de quoi acheter immédiatement 851 m2 …
Le logement de Gaymard est finalement à la porté de tous !
Edwige, miliante à la fédération Droit Au Logement
Monsanto, la pollution durable: Le Guardian a mené enquête sur un site gallois trente ans après le début du stockage de déchets produits par Monsanto.
Que faire de la carcasse de Maurice Papon ?: ...Nommé en 1942 secrétaire général de la préfecture de Gironde, Maurice Papon sert là où on lui dit de servir sans poser de questions. Il est fier de perpétuer la tradition bordelaise : là où les pères de la ville rangeaient les Nègres dans des bateaux, lui range des Juifs dans des trains. Après, c’est un autre service qui s’en charge, donc il s’en fout un peu.
En mai 1944, il sent la demande pour les Juifs faiblir et rejoint rétroactivement la Résistance en janvier 1943. De là il intègre le ministère de l’Intérieur en 1945 et devient ambassadeur du bon goût français : il apporte la civilisation en Corse et en Algérie avant de devenir secrétaire général de la préfecture de police de Paris en 1951. Malheureusement, l’Allemagne affaiblie n’envahit pas la France.
C’est une longue traversée du désert maghrébin qu’il entame alors, où il décime avec brio les terroristes marocains et algériens.
Ces succès lui valent d’être en 1958 nommé Préfet de Police de Paris. A ce poste, son talent prend toute son ampleur : il a carte blanche pour organiser des événements festifs tels que la capitale n’en a pas connus depuis la Commune, comme un remarqué lancer d’Algériens dans la Seine, ou une accumulation de contorsionnistes dans une bouche de métro que le général Pinochet devait plus tard classer dans son Top Cinque de la Deconnada...
Le piège aux parrainages de Nicolas Miguet: Nicolas Miguet, président du Rassemblement des contribuables français, candidat à l’élection présidentielle et « entourloupeur » en chef des 36 000 maires et élus susceptibles de parrainer un candidat ? C’es manifestement l’avis du Conseil constitutionnel, qui a mis en garde samedi les élus contre l’envoi massif par Nicolas Miguet, candidat pour la seconde fois à la présidentielle, de documents se présentant comm des « guides officiels » de la procédure des signatures et les invitant à renvoyer leurs parrainages à une adresse du VIIIe arrondissement de Paris. Adresse qui correspond à celle d’un hebdomadaire, RF République française que ton règne vienne ! lancé mi-janvier par Miguet. Le dernier numéro de ce magazine, « envoyé à tous les élus en droit de parrainage », comporte « un petit guide de 32 pages » concernant le parrainage des candidats à la présidentielle, mais aussi un texte de Miguet et la liste de ses réunions publiques électorales.
« Ce document surtout à la gloire de Nicolas Miguet n’a aucun caractère officiel, souligne le secrétaire général du Conseil constitutionnel, Jean-Eric Schoettl. Je mets en garde les maires contre toute fausse interprétation. »
Nicolas Miguet, par ailleurs président de l’Association pour la représentation des actionnaires révoltés d’Eurotunnel (Arare), s’est défendu ce week-end de toute manoeuvre ambiguë. « Il est précisé que le bulletin de parrainage doit être envoyé directement auprès du candidat, au Conseil constitutionnel, ou bien via une enveloppe réponse jointe, pour ceux qui parraineraient Nicolas Miguet », affirme-t-il.
Gérard Schivardi, candidat soutenu par le Parti des travailleurs, s’est joint à la mise en garde du Conseil constitutionnel. Un de ses collaborateurs a indiqué qu’il allait même porter plainte pour diffamation, le document envoyé aux élus par Miguet affirmant que Schivardi avait soutenu en 2004 une coalition autonomiste aux régionales, ce qui est « faux ». Faux également l’ « ensemble du document », qui donne des appréciations sur la « probabilité » pour les candidats d’obtenir les 500 parrainages nécessaires pour concourir.
Les OGM sont ils dangereux pour la santé ? L’étude qui accuse: Les experts l’affirment : manger des OGM est sans danger pour la santé. Et tous les ans de nouveaux OGM arrivent dans notre assiette. Pourtant, aujourd’hui deux nouvelles études scientifiques révèlent un risque toxique.
Pour 90 MINUTES, Michel Despratx raconte l’histoire d’une étude secrète sur un maïs OGM. Sous couvert du secret industriel, le ministère de l’Agriculture français n’a pas voulu rendre public les résultats, alors qu’ils sont inquiétants. Cette étude montre que le maïs OGM a provoqué des lésions sur les organes des rats de laboratoire qui en ont mangé. Comment une agence gouvernementale française, chargée de veiller à la santé des citoyens, ainsi que les instances européennes, ont-elles pu donner leur feu vert à cet OGM en connaissant cette étude ?
90 MINUTES a mené l’enquête en France, en Allemagne, au Luxembourg et à la Commission européenne à Bruxelles.
L’enquête révèle qu’une autre étude sur un soja OGM faite par des chercheurs italiens indépendants a mis en évidence que des souris ont subi des altérations de cellules de leur pancréas.
Orange : le chef de l’UMP était très accueillant: Il est mis en examen pour avoir organisé des « massages ».
Chef de la droite à Orange (Vaucluse), Alain Agostini a raté le dernier conseil municipal : il était en garde à vue à la sûreté départementale d’Avignon. Il en est ressorti libre, vendredi, après un passage a tribunal correctionnel, où le juge d’instruction Marc Jean-Talon l’a mis en examen pour « proxénétisme en bande organisée ». Son épouse a subi le même sort. Le couple a versé une caution de 70 000 euros pour rester en liberté. La fin d’une belle histoire : le couple Agostini avait monté, à son domicile de Sorgues, un salon de massage particulièrement agréable où quelques jeunes femmes prodiguaient massages, masturbations et fellations. Les prestations étaient facturées 80 à 300 euros.
Pourcentage. Les Agostini passaient des annonces dans la presse locale pour recruter les clients. Sur deux ans, en 2005 et 2006, ils ont engrangé 300 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Et autant pour les filles. Sauf que madame, agent hospitalier à la retraite, prélevait un pourcentage pour ses petits plats. Parfois, Alain Agostini devait prêter son lit tant il y avait d’activité. Les revenus engrangés leur ont permis d’agrandir leur propriété et de construire une piscine. Le parquet a fini par s’en inquiéter. Il a lancé une enquête, avec écoutes téléphoniques. Arrêtés, les Agostini ont reconnu les faits.
Alain Agostini, 61 ans, est un ex du RPR. Il a mené la liste aux municipales d’Orange en 2001, recueillant 16 % des suffrages, contre 60 % à Jacques Bompard (alors au FN, désormais au MPF). Ce commercial, aujourd’hui à la retraite, exerçait chez lui ses dons de rebouteux. « Des clients lui ont dit que les massages seraient plus agréables avec des filles, raconte son avocat, Me Patrick Gontard. Mais il n’y a jamais eu de violences ou de menaces. C’étaient des filles du coin, des mères de famille. »
Une quinzaine de femmes, âgées de 19 à 40 ans, travaillaient là. Elles pouvaient se faire 3 000 euros par mois, en travaillant trois jours par semaine, selon la Provence . Aucune n’est poursuivie. « Personne n’a vraiment conscience de la gravité des faits, relève Me Gontard. Comme ils se dévoilaient dans la presse, via les annonces, ça leur donnait l’impression que c’était toléré. » Ils risquent un maximum de dix ans de prison.
Moquer. La droite d’Orange prend aussi un coup. En 2001, elle comptait trois élus au conseil municipal. L’un est passé chez Bompard. Et ce dernier en profite pour se moquer de son ennemi de toujours, le député UMP sarkozyste Thierry Mariani, « qui est allé chercher [en 2001] ce garçon à Sorgues, hors de la circonscription : on ne peut pas dire que son choix soit couronné de succès ». Selon le maire MPF, « il semble qu’[Alain Agostini] se prépare à démissionner ». Mais s’il ne le fait pas, Bompard continuera d’accueillir cet élu d’opposition « très correct, toujours courtois » : « Tant qu’il n’est pas jugé, je n’y vois aucun inconvénient. »
Le Monde.fr : Prélèvements ADN pour le vol du scooter d’un fils Sarkozy: L’utilisation par la police de prélèvements d’ADN dans le cadre de l’enquête sur le vol d’un scooter appartenant à un fils de Nicolas Sarkozy a déclenché une nouvelle polémique autour du candidat UMP à la présidentielle.
Le candidat UDF, François Bayrou, a ainsi dénoncé deux poids, deux mesures".
Selon Le Parisien, qui a révélé l’information, "les grands moyens ont été utilisés pour retrouver" le scooter volé le 7 janvier à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
"Fait rare, un relevé d’empreintes et deux prélèvements d’ADN ont été décidés pour accélérer l’enquête" une fois l’engin récupéré en Seine-Saint-Denis, écrit-il.
"Cette initiative a permis de localiser rapidement trois personnes", ajoute Le Parisien, deux mineurs de 17 ans et un majeur de 18 ans, qui ont été mis en examen.
Le scooter a été retrouvé incidemment le 16 janvier par une patrouille qui recherchait des objets volés à Bobigny, a précisé un porte-parole de la Direction générale de la police nationale (DGPN).
L’enquête a montré qu’il appartenait à l’un des fils du ministre de l’Intérieur et des témoins ont dit avoir vu deux jeunes tourner autour de l’engin.
"Pour confondre les auteurs, on a procédé à des relevés", a dit le porte-parole, soulignant qu’il y avait actuellement "une banalisation de ce type de prélèvements".
Pour François Bayrou, président de l’UDF, cela montre que "nous vivons dans la France des deux poids, deux mesures".
"Elu président de la République, je ferai que les règles qui s’imposent aux uns s’imposent aux autres", a ajouté le dirigeant centriste, qui était interrogé au micro de RTL.
Selon le Parisien, qui dit citer des statistiques du ministère de l’Intérieur, sur les 85.167 vols de deux-roues l’an dernier, seuls 6.908 ont été élucidés, soit un taux de 8%.
Monsanto mis à l’amende pour son Roundup: Pesticides. Le tribunal de Lyon vient de condamner le géant de l’agrochimie pour « publicité mensongère ».
C’est la victoire de David contre Goliath. Monsanto, le mastodonte de l’agrochimie, dont le siège français se trouve à Bron, dans la banlieue lyonnaise, était poursuivi pour publicité mensongère autour du Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, par l’association Eaux et rivières de Bretagne (ERB). Vendredi à Lyon, Monsanto Agriculture France a été condamné à payer une amende de 15 000 euros. Le distributeur du Roundup, la société Scotts France, poursuivie pour les mêmes faits, a aussi été condamnée à une amende de 15 000 euros. Le tribunal correctionnel a également ordonné la publication du jugement dans le quotidien le Monde et dans Maison & Jardin Revue.
La famille Raba revient, via un film: Après l’expulsion, Shpresa, la mère, témoigne de leur vie éprouvante au Kosovo.
La mobilisation ne faiblit pas. Un mois et demi après l’expulsion de la famille Raba, voisins et enseignants continuent de réclamer le retour de ces parents et de leurs trois enfants (7, 4 et 3 ans), reconduits a Kosovo par avion spécial, le 6 décembre. Samedi, deux rassemblements ont fait salles combles, à Gray (Haute-Saône), où vivait la famille, puis à Dole (Jura), où jouait Josiane Balasko, qui soutient le mouvement La comédienne a d’abord regardé un film de trente-six minutes, simple et fort, tourné au Kosovo par Pierre Corman, un militant du Réseau Education sans frontières (RESF). La mère, Shpresa, est seule à l’image d’un bout à l’autre du plan séquence. Elle raconte, en français, la fuite du Kosovo, l’intégration en Haute-Saône, puis l’expulsion et la vie à Rahovec, terrés à cinq dans une pièce.
Exactions. Son mari Jusuf, Albanais du Kosovo comme elle, aurait refusé de brûler des maisons serbes, en représailles aux exactions subies durant la guerre. Un matin, l’un des hommes qui avaient tenté de le débaucher serait revenu alors que Jusuf était parti au travail. La jeune femme (26 ans) explique pudiquement qu’il s’en est pris à elle, qu’il l’a « touchée partout ». Puis Jusuf est rentré, dit-elle, il a frappé l’agresseur avec une chaise. Mais quand l’homme s’est relevé, il a dit : « Souviens-toi de cette date. » Ils ont fui le Kosovo. L’un des frères de Jusuf a fui en leur compagnie, avec sa femme et ses deux enfants. Ils sont arrivés ensemble à Vesoul (Haute-Saône), Shprendim et sa famille ont obtenu le statut de réfugié en mai 2006, Jusuf et sa femme ont été déboutés.
La famille s’était vite intégrée à Gray. « Qirim, l’aîné, a fait un an d’école à Vesoul avant d’arriver chez nous, indique Anne-Marie Richard, l’institutrice de la plus jeune. Les collègues ont été impressionnés par la vitesse à laquelle il apprenait le français. Leur maman était très présente, elle participait beaucoup aux activités. » Les enseignants continuent d’appeler régulièrement. Ils parlent avec les enfants au téléphone, leur envoient des livres. Des chaises devant l’école rappellent leur absence.
Dans le film, la mère raconte qu’en rétention, son mari et elle ont choisi de faire croire aux enfants qu’ils étaient à l’hôtel, pour ne pas les effrayer. Puis ils leur auraient dit qu’ils partaient en vacances. Mais en arrivant à Pristina, en voyant les uniformes kosovars qui venaient à leur rencontre, l’aîné s’est caché derrière les policiers français qui les raccompagnaient. Après deux jours d’escorte, certains de ces fonctionnaires auraient pleuré, lorsque le petit garçon les a embrassés. « Ils ont dit : "On est désolés, on est obligés de faire ça", raconte Shpresa. Ils nous ont souhaité bonne chance. »
Visages graves. A la fin de la projection, à Dole, Josiane Balasko prend la parole devant les visages graves. Elle salue « cette femme magnifique, dans tous les sens du terme, qui se bat, qui parle avec beaucoup de dignité ». Et dit s’être posée la même question, d’un bout à l’autre du film : « Pourquoi cet acharnement ? » Dominique Voynet, présente à ses côtés, avance une réponse : « Avant l’expulsion, on a contacté le directeur de la police nationale, Claude Guéant, car il a été préfet de Franche-Comté. On lui a dit : "Là, vous faites une erreur." Mais on a eu le sentiment que c’était devenu une affaire d’honneur. »
RESF va diffuser le film le plus largement possible. Et Josiane Balasko veut reprendre un « contact direct » avec Nicolas Sarkozy. Pour lui montrer les images, et lui demander : « Ce sont vraiment ces gens-là que vous aviez envie d’expulser ? »
Pour les juges, Gollnisch est négationniste
Les policiers prenaient l’adjointe pour un jouet: Une affaire de harcèlement moral et sexuel dans un commissariat près de Tours revient devant le tribunal.
Ex-adjointe de sécurité, M., 28 ans, n’est pas présente dans la petite salle des délibérés qui tient lieu de tribunal. Elle ne sait même pas que son affaire est examinée. « Elle en est à sa neuvième tentative de suicide », dit son avocat devant la vice-présidente du tribunal correctionnel de Tours. Avant chaque audience, elle recommence. Trois ans après les faits, « ce qui demeure, c’est son désir d’effacement et d’autodestruction : absorption médicamenteuse massive, veines tailladées, défenestration ».
« Phobies ». Me Michaël Doulikian réclame 100 000 euros de dédommagements provisoires pour sa cliente. Harcelée sexuellement, M. a quitté la police nationale. « Elle n’a plus pu travailler, mais elle n’a pas touché un seul centime. » Elle souffre de « phobies multiples », d’ « attaques de panique récurrentes », sur fond « de honte et de culpabilité ». Plusieurs fois hospitalisée, elle ne peut plus croiser dans la rue un policier sans être prise de terreur.
Ses ex-collègues, les gardiens de la paix Eric Limouzin et Laurent Petit, ont été condamnés le 7 juillet 2005 à deux ans de prison dont six mois ferme pour agression sexuelle commise en réunion. Sa supérieure, Hélène Tafforin, a écopé d’une peine d’un an avec sursis pour complicité et abus d’autorité. Tous trois avaient été révoqués un an plus tôt par le ministère de l’Intérieur.
Reste la question financière. Leurs avocats sont parvenus à faire reporter trois fois l’audience. « On ne peut pas évaluer ce préjudice. Il est hypothétique, selon les experts », déclare Me Paletha, défenseur de l’ex-brigadière Tafforin. Il décrit une fois de plus une jeune femme « extrêmement fragile », « déstabilisée par les problèmes rencontrés dans sa famille » (un divorce).
Durant le procès, les trois policiers n’ont pas exprimé de remords. Les photos pornos glissées dans son placard, son déshabillage forcé, ce pénis qu’elle a dû saisir sous la contrainte, les humiliations répétées jour après jour ? « Il ne s’agissait que d’une plaisanterie de mauvais goût pour décompresser dans un commissariat où on rigolait beaucoup sur le sexe. Il y avait même des livres pornos qui traînaient. Le processus de plaisanterie a dérapé car l’adjointe de sécurité stressée, fragile, n’a pas compris la profonde amitié que lui vouaient ses collègues », a plaidé le bâtonnier Bendjador, défenseur d’Eric Limouzin et Laurent Petit. « C’est un chahut qui a mal tourné », a renchéri Me Paletha.
« Vin rouge ». En 2000, dès son arrivée au commissariat de Joué-lès-Tours, M. hérite d’un nouveau prénom : « Raoul, parce que la police est un métier d’homme. » Très vite, les brimades commencent, surtout après l’arrivée d’une nouvelle chef de brigade, Hélène Tafforin. M. reçoit l’ordre de « pisser debout ». Fille d’une prof et d’un directeur de banque, on lui reproche ses origines sociales : « Tu n’as pas été élevée à la patate et au vin rouge. » Trop sage, elle devient le souffre-douleur de Limouzin et Petit. Il y a les obscénités, les « t’as vu mon gros bâton de défense », avec geste à l’appui, les douches qu’on lui impose tout habillée, les fessées sur le bureau du commissariat, baptisé « table d’ouvrage ». Le reste du personnel assiste à ces humiliations en spectateurs, « le sourire au coin des lèvres ». Un dimanche matin de septembre 2003, elle se retrouve seule avec ses trois persécuteurs. Limouzin et Petit lui arrachent le pantalon, la hissent jusqu’à la photocopieuse, font une reproduction de ses fesses et de son sexe. Sa chef, Hélène Tafforin, la maintient sur la machine et lui ordonne de se « laisser faire ». Ils lui imposent ensuite des attouchements et menacent d’exhiber les photocopies devant toute la brigade. Trois jours plus tard, elle tente une première fois de mettre fin à ses jours. Hospitalisée, elle bénéficie d’un arrêt de travail. Et elle se trouve licenciée. « On n’a pas cherché à comprendre », dira-t-elle plus tard.
Aveux. Elle ne porte pas plainte. Ce n’est qu’en janvier 2004 qu’elle raconte son cauchemar à un médecin de la police. Ce dernier saisit le procureur de la République. Interrogés par l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, les trois fonctionnaires passent aux aveux. Ils sont mis en examen quelques semaines plus tard.
Quand la Nouvelle République du Centre-Ouest a relaté l’affaire, le directeur départemental de la police a décidé, en représailles, de ne plus informer ses journalistes. Pour le faire revenir à de meilleurs sentiments, le quotidien a dû en appeler aux lecteurs.
Le Monde.fr : Ségolène Royal dénonce une "campagne de racailles": Ségolène Royal dénonce "la campagne de racailles" lancée selon elle par la droite sur sa situation fiscale, et a prôné transparence et respect des règles de moralité publique en la matière.
"La campagne qui a été lancée par l’UMP (...) est une campagne malhonnête. Comment disent-ils déjà ? Une campagne de racailles. Et ça, je ne le laisserai pas faire", a déclaré la candidate socialiste à la présidentielle au micro de RTL.
"Je ne veux pas me laisser accuser et traiter de fraudeuse fiscale. Je trouve cela scandaleux", a-t-elle ajouté.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, a dénoncé de son côté un "coup tordu (...) très révélateur des méthodes de l’adversaire".
"Si notamment les amis de M. Sarkozy comptent là-dessus pour gagner c’est que vraiment ils n’ont pas tellement confiance en eux", a déclaré le député-maire de Nantes sur LCI.
Pour couper court aux rumeurs circulant sur son patrimoine, Ségolène Royal a rendu public mardi l’état de ses actifs, confirmant qu’elle et son compagnon François Hollande étaient assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Tout candidat à la présidentielle doit transmettre sous pli scellé la liste de son patrimoine au Conseil constitutionnel. Elle n’est publiée qu’en cas d’accession à l’Elysée.
Le premier secrétaire du Parti socialiste a de son côté porté plainte pour diffamation contre le député UMP Jacques Godfrain, le journal Le Midi libre et les sites internet ayant relayé des informations selon lesquelles le couple tentait d’échapper à l’ISF en constituant une société civile immobilière
(SCI).
François Hollande et Ségolène Royal possèdent ensemble un appartement de 120 m² à Boulogne-Billancourt, aux portes de Paris, et une maison dans les Alpes-Maritimes. Ségolène Royal est également propriétaire d’un "bureau-logement à Melle, dans sa circonscription des Deux-Sèvres.
"JE SUIS AISÉE"
Sur RTL, Ségolène Royal a donné des précisions sur cette SCI "familiale, sans revenu et sans capital". "Cela n’a rien à voir avec une SCI commerciale", a-t-elle fait valoir, démentant toute volonté de dissimulation.
La création de cette société civile a été retenue "parce que nous sommes quatre co-propriétaires. Il y a les grands-parents, deux autres personnes et moi (...) et les banques ont demandé, pour avoir une garantie de l’emprunt, que nous soyons constitués en co-propriété".
"Je suis aisée et je pense normal de payer l’impôt sur la fortune", a ajouté Ségolène Royal, pour qui s’aquitter de l’ISF et représenter la gauche à la présidentielle n’est pas incompatible.
"Je pense également qu’au bout de trente années de vie professionnelle, avoir constitué un patrimoine en ne partant de rien - j’ai commencé ma vie en n’ayant rien - c’est le fruit de mon travail (...) Moi qui ai été élevée à la dure, vous le savez, dans une enfance que vous connaissez, j’ai appris ce qu’était l’honnêteté et la vérité de la parole", a-t-elle dit.
Face aux "insinuations" et aux "méthodes d’intimidation, la candidate socialiste n’a "pas l’intention ni de (se) laisser faire par ces méthodes d’intimidation ni de les imiter".
"Je considère que la politique doit être propre", a insisté la présidente de la région Poitou-Charentes, qui ambitionne de faire émerger en France une "République du respect".
Le 17, mauvais choix pour les sauveteurs de Levallois: Police secours a pris à partie deux hommes qui sauvaient une passante, lundi.
Il est 1 h 30 du matin ce lundi à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). La rue Voltaire est déserte. Laurent et Raymond rentrent d’une soirée bien arrosée lorsque devant eux une femme d’une quarantain d’années s’écroule, prise de convulsions. Ils s’approchent ; elle est inerte, « comme morte », diront les deux amis. Laurent se penche vers elle, et s’aperçoit que son coeur ne bat plus. « On était complètement paniqués tous les deux », raconte-t-il.
« Bouche-à-bouche ». Mais ce maître d’hôtel de 42 ans parvient néanmoins à lui prodiguer les premiers soins : « Je lui ai fait du bouche-à-bouche, et un massage cardiaque, d’abord léger, mais elle ne bougeait pas du tout, alors j’ai continué plus fort, pendant au moins quatre ou cinq minutes. Je ne suis pas secouriste, ce sont des gestes que j’avais vus à la télé. Et puis tout à coup la femme a pris une grande aspiration. » Laurent était certes ivre, mais il l’avait sauvée. Pendant ce temps, Raymond appelle le premier numéro d’urgence qui lui vient à l’esprit. Manque de bol, c’est le 17. « Les minutes paraissent interminables », se souvient-il.
Au moment où la passante reprend connaissance, les gyrophares apparaissent, les amis sont soulagés. Erreur. Des agents de police surgissent, « comme des cow-boys », racontent Laurent et Raymond, s’approchent, leur demandent leurs papiers. Laurent refuse de les donner, arguant que l’ « heure est grave », que la dame est « entre la vie et la mort », et qu’il faut qu’ils s’occupent d’elle. Rien à faire, selon les deux hommes qui font le récit suivant : au lieu de s’occuper de la femme gisant encore sur le trottoir, les policiers plaquent Laurent violemment contre le mur, le blessant à la pommette, lui passent les menottes et le jettent dans la voiture. Raymond reste aux côtés de la dame, tandis que les pompiers arrivent et prennent aussitôt la malade en charge.
« Surréaliste ». Alors que les policiers s’apprêtent à emmener Laurent à l’hôpital pour un test d’alcoolémie, Raymond dit qu’il veut l’accompagner, que la situation est « révoltante », « surréaliste » mais rien y fait. La dame est, elle aussi, conduite aux urgences. Raymond décide de l’accompagner. Sur la route, les pompiers lui confirment que sans les premiers secours de son ami, le pire aurait été à craindre.
A l’hôpital, Laurent et Raymond se retrouvent par hasard. Nouvelles tentatives pour résoudre la situation et rentrer chez eux. Mais Laurent est emmené au commissariat de Levallois-Perret où le cauchemar continue. Il raconte qu’assis dans la salle d’attente il interpelle un policier et dénonce des « méthodes bolcheviques ». Le policier aurait alors traversé la salle et lui aurait « donné un coup de matraque au niveau des côtes ». « La prochaine fois, vous ne ferez pas le 17 », lui aurait-il dit. Laurent est envoyé en cellule de dégrisement jusqu’au lendemain. On lui rend ses affaires accompagnées d’un PV pour « ivresse publique et manifeste ».
« Déjà blessé ». Il est allé hier déposer plainte auprès de l’IGS, la police des polices. Interrogée par Libération, la préfecture affirme que, selon les « premiers éléments recueillis », Laurent « était déjà blessé avant son interpellation et son attitude n’a laissé d’autre choix aux policiers que d’intervenir fermement ».
Les policiers pas très satisfaits de leur ministre: Le syndicat SGP-FO a mis en ligne son enquête lancée en septembre.
Que pensent les policiers de leurs relations avec les citoyens depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur ? Leurs réponses sont majoritairement défavorables si l’on en juge les résultats d questionnaire mis en ligne sur son site (1), jeudi, par le Syndicat général de la police (SGP-FO) : plus de 73 % des 5 051 policiers ayant répondu à la consultation estiment que leurs rapports avec la population n se sont pas améliorés depuis cinq ans. A la question « Pensez-vous que les rapports avec la jeunesse se sont améliorés depuis cinq ans, en particulier après la crise des banlieues et du CPE ? », les policiers qui se sont manifestés sont 88,93 % à répondre non (et 2,34 % oui ).
De cette consultation, il ressort également que l’image de la police nationale dans la société civile ne s’est pas améliorée pour 77,18 % des policiers, et que les conditions d’intervention sur la voie publique se sont plutôt dégradées (76,54 %).
Ce questionnaire met également en évidence une insatisfaction largement majoritaire chez les policiers sur leurs conditions de travail : près de 70 % des avis pointent une détérioration liée à la dangerosité du métier, aux horaires et à la qualité des matériels. Les policiers sont en revanche plus nuancés sur les rapports avec leur hiérarchie : 33,14 % répondent qu’ils se sont plutôt améliorés alors que 39,57 % affirment qu’ils se sont plutôt dégradés.
Concernant la communication intensive de Nicolas Sarkozy depuis la place Beauvau, 48,06 % des répondants estiment que « la très forte médiatisation du ministre de l’Intérieur depuis cinq ans » n’est pas utile à la profession de policiers contre 31,16 % de favorables. Enfin, 65,41 % des policiers pensent que la police est un métier d’avenir contre 25,60 % qui pensent le contraire, mais 59,17 % ne le conseilleraient pas à leurs enfants (26,27 % le feraient).
En septembre 2006, soit deux mois avant les élections professionnelles dans la police, le SGP-FO avait lancé ce questionnaire dans les commissariats afin de « prendre le pouls » des policiers en espérant « plusieurs milliers de réponses » des 120 000 policiers français à qui il avait garanti l’anonymat.
Rebellyon.info :: : "Torturés par Le Pen" par Hamid Bousselham: Oui, Jean Marie Le Pen a torturé en Algérie, et lui-même a admis avoir usé de la torture en déclarant notamment dans un entretien accordé au quotidien « Combat », le 9 novembre 1962 :
"Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel car il a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu être évitée".
Selon le journal officiel français du 12 juin 1957, le député parachutiste Le Pen déclarait également « J’étais à Alger officier de renseignement (...), comme tel je dois être aux yeux d’un certain nombre de mes collègues ce qui pourrait être le mélange d’un officier SS et d’un agent de la Gestapo. Ce métier, je l’ai fait... »
Tous les témoignages des Algériens torturés par Le Pen rejoignirent celui de Mohamed Louli, arrêté à Alger le 14 février 1957, et emmené par Le Pen à la villa des Roses, Boulevard Galliéni, aujourd’hui 74 boulevard Bougara :
« Le Pen m’a torturé. Oui, lui personnellement à l’électricité et à l’eau. Et je l’ai vu aussi torturer d’autres détenus ».
Le commissaire principal R. Gilles dans un rapport à M. l’inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire, préfet d’Alger, rapportait ceci : « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’à l’issue de son arrestation et de sa détention, du 8 au 31 mars, par les parachutistes du 1er REP, le nommé Yahiaoui Abdenour, né le 3 juillet 1938, domicilié 53 avenue Lavigerie à Kouba, s’est présenté devant moi et m’a déclaré avoir été l’objet de sévices de la part du Lieutenant Le Pen, et sur son ordre.
En particulier, lors de son arrestation, des fils électriques furent reliés aux lobes de ses oreilles. Le lieutenant Le Pen lui-même faisait fonctionner une magnéto à manivelles à l’aide de laquelle il envoyait des décharges électriques dans le corps. En présence de ce même officier, le jeune Yahiaoui fut frappé avec un nerf de bœuf, et y fut attaché nu sur un banc, pieds et poignets liés, et il dut y ingurgiter de force une certaine quantité d’eau.
Enfin, il reste cinq jours enfermé dans un "tombeau", trou creusé dans le sol et fermé par des barbelés, au 74 boulevard Galliéni où il était détenu. A la suite de ces cinq jours de "tombeau", il ne fut plus maltraité jusqu’à sa libération. »
Une vidéo pirate relance le débat sur la torture en Egypte: Postée sur le blog d’un journaliste elle a conduit un journal indépendant à enquêter et a abouti à l’arrestation de deux policiers • Le jeune homme torturé a lui été envoyé en prison…
Pas de vacances à Berlin pour la femme d’un député guinéen: Dans son pays, en Guinée, Fatoumata Sissoko, 22 ans, épouse d’un député, travaille comme couturière. Sa soeur habite en Espagne, son frère en Allemagne. Elle a décidé d’aller passer deux semaines chez celui-ci à Berlin et s’est offert un billet d’avion à 800 dollars, soit l’équivalent de deux mois et demi de salaire. Elle a économisé 1 000 euros sur l’argent du ménage pour les frais du séjour. Le 22 novembre, la jeun Africaine s’envole de Conakry sur une ligne d’Air France, atterrit à l’aéroport Charles-de-Gaulle à 6 h 30, et doit reprendre un vol pour Berlin à 7 h 15. Mais son escale de quarante-cinq minutes prévue à Paris a dur douze jours, « enfermée en zone d’attente » à cause d’un gardien de la paix obtus et suspicieux. Pourtant, selon l’avocat Bernard Solitude, Fatoumata Sissoko avait « tous ses papiers en règle » : un passeport valable, un visa Schengen daté du 11 novembre, une assurance annulation et rapatriement, un billet retour et une réservation d’hôtel à Berlin.
« Malentendu ». Le hic, c’est qu’elle tombe à Roissy sur un fonctionnaire de la police aux frontières (PAF) qui manque de discernement. Il lui demande l’objet de son voyage en Allemagne. Elle ne s’exprime pas très bien en français et répond simplement : « Visite. » Il comprend « visite médicale » et exige des documents d’hôpitaux ou de médecins... Elle n’en a pas. Il trouve ça louche. « Tout part sur un malentendu avec ce gardien aux petits pieds qui a une appréciation subjective de son dossier », explique Me Solitude. Après un examen prétendument « approfondi » de la situation de la Guinéenne, le policier, noir de peau comme elle, la colle en zone d’attente. Il écrit dans la procédure qu’elle « lit, parle et comprend le français », ce qui est faux. Il justifie sa décision en affirmant qu’elle ne dispose pas d’ « une attestation d’accueil en Allemagne, ni de réservation d’hôtel, et ne connaît pas la date de son retour », qu’elle ne justifie donc pas son séjour à Berlin. Aux yeux du défenseur de la voyageuse africaine, ces allégations s’apparentent à du « foutage de gueule » : « Dans la pochette qui contenait tous les documents de Fatoumata, il y avait deux feuilles jaunes bien visibles qui témoignaient de la réservation de son hôtel à Alexanderplatz, sans compter son billet retour Berlin-Conakry, et 1 000 euros en espèces pour son séjour. Ces pièces n’ont pas pu échapper au policier, qui ose prétendre avoir fait un examen approfondi de sa situation et l’a décrétée irrégulière. »
Fatoumata se retrouve en rétention dans un immeuble de Roissy (Zappi 3) avec les étrangers clandestins et se voit proposer « à quatre reprises » de réembarquer pour son pays natal. Elle comparaît une première fois devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) en pleine grève des avocats, sans interprète. Audience annulée, rétention prolongée de quatre jours de plus. Et ainsi, plusieurs fois.
Désemparée, la femme du député finit par contacter le consulat général de Guinée à Paris qui met l’avocat à sa disposition : « Je reçois un coup de fil. Je vais la voir. Elle se morfond depuis dix jours sans comprendre ce qui se passe. La première chose qu’elle me montre, ce sont tous ses papiers rangés dans sa pochette, avec les feuilles jaunes de réservation d’hôtel. » Me Solitude a plaidé la bonne cause de Fatoumata Sissoko devant le TGI de Bobigny : « C’était la cour des miracles, avec beaucoup de Palestiniens, d’Irakiens, d’Asiatiques sans papiers ce jour-là. Ma petite cliente guinéenne était perdue. »
Plainte. L’avocat a obtenu la libération de la couturière africaine : « J’ai soulevé le délit de faciès de la part de ce flic apparemment black qui a pris la petite négresse arrivant en Europe pour une clandestine, sans même se pencher attentivement sur ses documents. C’est du racisme et de la bêtise humaine. C’est scandaleux. Une Australienne ou n’importe quelle voyageuse blanche n’aurait certainement pas passé douze jours en zone d’attente ! » L’avocat estime que « l’administration française a commis une faute caractérisée », a outrepassé ses droits en retenant ainsi une voyageuse en règle. Il compte déposer plainte, les premiers jours de janvier, contre l’Etat pour « faute lourde ».
Relâchée le 3 décembre, Fatoumata Sissoko n’avait plus le temps de rejoindre son frère en Allemagne, son visa Schengen étant en voie d’expiration et son billet d’avion plus valable. Ecoeurée par le sort qui lui a été réservé en France, la Guinéenne a aussitôt déguerpi de l’Hexagone, destination l’Espagne pour aller voir sa soeur, avant de regagner son pays, « après deux semaines d’enfermement injuste à Paris, au lieu de deux semaines de vacances à Berlin ».
La famille Raba retrouve le Kosovo de tous ses malheurs: Un flot de larmes au téléphone. « J’ai peur, je ne veux pas rester ici », articule le père. La mère réclame en boucle qu’on l’aide « à sauver les enfants ». Le fils aîné ne pleure pas, il parle de ses copains d’école, « à Gray », en Haute-Saône, où il a grandi. Il n’a pas revu Gray depuis le 16 novembre, date à laquelle toute sa famille a été arrêtée et conduite en centre de rétention. Le 6 décembre, Jusuf Raba, sa femme Sphresa et leurs trois enfants, Qerim, 7 ans, Dashnor, 4 ans, et Dashroje, 3 ans, étaient expulsés à grands renforts de moyens, par un avion spécialement affrété pour eux par le ministère de l’Intérieur. Direction le Kosovo.
Taudis. A leur arrivée, ils ont été conduits par la police kosovare dans la bourgade d’Orahovac, celle-là même qu’ils avaient fuie en catastrophe il y a cinq ans. De leur maison, brûlée après leur départ, « il ne reste que quatre murs en pierre ». Les Raba ont d’abord passé quelques jours dans un taudis de fortune, avant d’être hébergé par les parents de Jusuf, seuls membres de sa famille à être restés au Kosovo. Pour l’instant, ils vivent tous les cinq dans une chambre à l’étage de la maison. Chambre dont ils ne sortent pas de la journée. Les enfants jouent avec les quelques jeux et livres qu’ils ont pu amener. Les parents tournent en rond. « Ils se terrent », résume Pierre Corman, un membre de Réseau éducation sans frontières (RESF) qui a pu se rendre sur place cette semaine.
Jusuf dit qu’il a peur des représailles contre sa famille. « On ne pouvait plus vivre ici à cause des menaces, c’est pour ça qu’on est partis », raconte-t-il. C’était un matin de novembre 2001. Contre 10 000 deutsche mark payés à un passeur, Jusuf et son frère Sphendim ont gagné la France avec femmes et enfants. A l’époque, la petite ville d’Orahovac, majoritairement peuplée de Kosovars albanais, est sous la coupe de l’UCK. Les exactions contre les Serbes, entre banditisme local et politique, sont quotidiennes. Violences, mais surtout incendies de maison. Jusuf dit avoir voulu rester « en dehors de tout ça ». « Ils m’ont proposé de l’argent pour brûler les maisons des Serbes. Je n’ai pas voulu, alors ils s’en sont pris à ma femme », raconte-t-il. Dans leur dossier déposé en France auprès de l’Ofpra pour obtenir le statut de réfugiés politiques, il est question d’un viol. Sphresa, l’épouse, dit que son agresseur est toujours à Orahovac. Elle n’a qu’une idée en tête, repartir : « Notre vie c’est à Gray, maintenant, pas ici. » Elle raconte le froid et les coupures d’électricité permanentes. La pauvreté. L’impression de devenir « fous ».
Promesses. Les enfants Raba ne parlent pas l’albanais. Qerim, l’aîné, est arrivé en France alors qu’il n’avait pas deux ans. Dashnor et Dashroje sont nés en Haute-Saône. Ils y étaient scolarisés. En arrivant, les parents Raba ont suivi les cours d’apprentissage du français, qu’ils parlent et écrivent aujourd’hui. Ils travaillaient au noir, forcément. Tous les deux avaient des promesses d’embauche s’ils obtenaient leur régularisation. Ils y croyaient. Parce que les frères de Jusuf ont obtenu leurs statuts de réfugié. L’un d’entre eux, arrivé en 1999, a même aujourd’hui la nationalité française. Son frère Sphendim, avec qui il a fait le voyage en France en 2001 et dont il est très proche, a fini par l’obtenir en mai. A quinze jours d’intervalle, il a été refusé à Jusuf et Sphresa. Selon Me Fréry, l’avocate de la famille Raba, « c’est incompréhensible. Avec des situations identiques, on rend des décisions complètement différentes ! » . Plus incompréhensible encore : les Raba ont déposé cet été un dossier à la préfecture de Haute-Saône pour être régularisés dans le cadre de la circulaire Sarkozy. Confiants : ils répondaient aux critères. La préfecture n’aura pas pris la peine de leur donner une réponse. Si ce n’est, le 12 octobre, par l’envoi d’une « invitation à quitter le territoire » . Dans leur département, l’incompréhension s’est transformée en une incroyable mobilisation. A Gray et à Vesoul (la ville de son frère Sphendim), les manifestations de soutien sont quotidiennes. Depuis leur chambre au fin fond du Kosovo, Jusuf et Sphresa n’ont qu’une crainte : qu’on les oublie.
Vidéo de Nicolas Sarkozy entarté: Vidéo de Nicolas Sarkozy entarté
Bédier au placard pour six ans: L’élu UMP a été sévèrement condamné pour corruption passive.
L’ancien secrétaire d’Etat (UMP) aux prisons, Pierre Bédier, a été condamné hier à 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et trois ans de privation de ses droits civiques. Ce jugement rendu par la XIe chambre correctionnelle de Paris spécialisée dans les délits financiers, concerne des faits de corruption passive et d’abus de biens sociaux
Davantage que la prison avec sursis et l’amende, ce sont les trois ans de privation des droits civiques qui retiennent l’attention. Ils impliquent en effet que le condamné est inéligible pendant le double du temps, soit six ans. Les élus impliqués dans ce genre d’affaires étant plus sensibles à l’inéligibilité on se souvient d’Alain Juppé qu’à la prison avec sursis, ce jugement a donc voulu frapper fort. Pierre Bédier a fait appel, et celui-ci est suspensif.
La lecture du jugement, qui est conforme à ce qu’avait demandé le parquet, est également très sévère pour le député des Yvelines. A l’audience, le président du tribunal a ainsi déclaré que « Pierre Bédier (avait) gravement porté atteinte à l’autorité de l’Etat, à des fins personnelles, et (avait) trahi la confiance que les citoyens avaient placé en lui pour les représenter ». L’affaire, qui avait coûté à Pierre Bédier sa place de secrétaire d’Etat, concerne des commissions versées à Bédier par Michel Delfau, un chef d’entreprise (décédé), ami de l’élu, afin d’obtenir des marchés de nettoyage de Mantes-la-Jolie. Delfau a d’ailleurs décroché tous les marchés de nettoyage à Mantes-la-Jolie et Poissy depuis les prises de pouvoir de Pierre Bédier, en 1995, et du député-maire (UMP) Jacques Masdeu-Arus en 1983. Ce dernier, ainsi que son premier adjoint et président de la commission d’appel d’offres Gilles Forray ont aussi été condamnés hier à deux ans de prison avec sursis et cinq ans de privation de droits civiques. Les trois hommes ont été déclarés coupables d’avoir perçu ensemble environ 200 000 euros (1,3 million de francs de l’époque). En espèces, dans un vain souci de discrétion.
L’expulsion ratée d’une famille kosovare: Une famille kosovare, les Raba, Jusuf (27 ans), Shpresa (26) et leurs trois enfants de 8, 5 et 3 ans, aurait dû être expulsée ce week-end, si les policiers n’avaient trouvé sur leur passage un vice-président du conseil régional Rhône-Alpes, et le Réseau Education sans frontières. Les Raba sont arrivés en France en septembre 2001. Les sept frères et soeurs de Jusuf avaient tous reçu l’asil politique. Mais le dossier de Jusuf et Shpresa a été mal plaidé, et l’asile refusé. En juin, ils ont tenté la régularisation dans le cadre de la circulaire Sarkozy, réservée aux parents d’enfant scolarisés. Installés en Haute-Saône, leurs deux derniers enfants sont nés en France, tous sont scolarisés. La famille remplissait les critères mais n’aurait même pas reçu de réponse
Faux témoignages de CRS : une enquête ouverte: La vidéosurveillance a démontré que des CRS ont menti au sujet d’une interpellation musclée. Quatre personnes ont purgé à tord cinq semaines de détention provisoire.
Une enquête doit être diligentée par le parquet de Lille (Nord) sur de présumées fausses déclarations de CRS, après l’interpellation musclée d’un jeune homme dans une galerie commerciale à Faches-Thumesnil, près de Lille, en octobre dernier, a-t-on appris vendredi 1er décembre de source judiciaire.
Les CRS avaient affirmé dans leurs dépositions avoir dû faire face à une émeute après avoir maîtrisé avec difficulté un jeune homme qui les avait insultés. Or, les caméras de surveillance de la galerie commerciale n’ont pas filmé d’émeute dans la galerie commerciale.
Cinq semaines de détention provisoire
Les images recueillies contredisent plusieurs points du témoignage des CRS. Le tribunal correctionnel a notamment pu constater que les personnes avaient été interpellées brutalement sans avoir provoqué les policiers ni s’être débattues.
Les quatre personnes poursuivies pour outrage et rébellion ont été relaxées mercredi par le tribunal correctionnel de Lille. Elles avaient purgé cinq semaines de détention provisoire.
Journaliste sanctionnée : l’Unsa-Police s’insurge: Une journaliste de l’AFP avait effectué un reportage critique sur les conditions d’une opération de police aux Mureaux. Elle fait depuis l’objet de représailles de la part de l’administration.
L’Unsa-Police, syndicat majoritaire au sein de la police nationale, a dénoncé jeudi 30 novembre les "sanctions" dont fait l’objet une journaliste de l’Agence France Presse, auteure d’un reportage sur une opération de police controversée aux Mureaux.
Raphaëlle Picard, pigiste permanente de l’AFP dans le département des Yvelines, avait en effet écrit une dépêche sur l’opération de police menée le 4 octobre, dans le quartier des Musiciens aux Mureaux. Dans son article, la journaliste relatée les conditions dans lesquelles cette opération, extrêmement médiatisée, avait été menée et rapportée notamment les témoignages de colère des habitants, victimes de perquisitions, menaces ou encore d’insultes de la part des forces de l’ordre.
Or, depuis la publication de ce reportage, Raphaëlle Picard serait frappée depuis trois semaines d’une "interdiction professionnelle" par la police et la justice du département qui lui refuseraient les autorisations nécessaires à l’exercice de sa profession.
"Parfaitement inattaquable"
Le 27 octobre dernier, les syndicats (SNJ-CGT, SNJ, FO, CFDT, SAJ-Unsa) et la Société des journalistes de l’AFP s’étaient indignés du fait "qu’un certain nombre de responsables, au parquet et dans l’appareil policier, ont décidé de faire payer à notre consœur ce reportage parfaitement inattaquable d’un point de vue journalistique, en la privant depuis plusieurs semaines d’informations"
La direction de l’agence a pour sa part indiqué dans un document interne avoir "entrepris des démarches" auprès des autorités "afin que l’AFP puisse continuer à travailler, aux Mureaux comme ailleurs, avec professionnalisme et objectivité".
Dans son communiqué du 30 novembre, l’Unsa-Police apporte donc également "son soutien à cette journaliste et demande que soit levée l’interdiction professionnelle dont elle fait l’objet". "Si l’UNSA Police ne peut laisser porter la suspicion sur les fonctionnaires de Police", affirme le communiqué, il est inconcevable de voir les obligations et droits fondamentaux qu’est la liberté de la Presse en France bafoués à ce point."
Le syndicat annonce son intention de "demander aux autorités de bien vouloir examiner cette situation afin que cette journaliste retrouve toutes ses prérogatives".
Raffarin, monsieur Loyal de Sarkozy: L’ex-Premier ministre organisera les « forums interrégionaux » du quasi-candidat UMP.
Trois ans à Matignon pour se retrouver à jouer les petites mains de Nicolas Sarkozy. L’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a accepté d’organiser les « forums interrégionaux » de l’UMP destinés à animer la courte campagne interne du parti pour choisir son candidat à la présidentielle. Il réunira, aujourd’hui, les responsables des différentes sensibilités de l’UMP pour leur proposer un calendrier et un mode opératoire pour débattre. « Trois débats au plus » devraient être organisés, selon des sources internes à l’UMP. Soit un par semaine en décembre, avant les fêtes de fin d’année. Faute d’adversaires déclarés à sa hauteur, Sarkozy voulait à tout prix éviter de croiser le fer avec des petits candidats. Avec son système de forums régionaux, chaque sensibilité aura un temps de parole, sans vraies confrontations directes.
De son côté, Michèle Alliot-Marie entretient toujours le suspense sur sa candidature. « La seule certitude, c’est qu’elle ne fera rien pour faire perdre sa famille politique en faisant courir le risque d’un second tour Royal-Le Pen », assure un de ses proches. En clair, la possibilité qu’elle se présente en dehors de l’UMP et des règles fixées par le parti s’éloigne. Le sera-t-elle du coup, face à Nicolas Sarkozy, en déposant sa candidature avant la date limite du 31 décembre ?
Hier, l’UMP, qui vient de franchir le cap des 300 000 adhérents, a rendu public le résultat du vote des militants sur son programme législatif : un score brejnévien avec 96,7 % de oui en faveur du projet préparé par Sarkozy ; 1,4 % de non et 1 % d’abstentions. De quoi refroidir ses concurrents...
Immigration : l’Ined balaie des contrevérités: L’Institut d’études démographiques fait le point sur les régularisations, la fécondité...
Contre les chiffres farfelus et les préjugés. La nouvelle fournée du bulletin Population et sociétés, rédigé par le directeur de l’Ined (Institut national d’études démographiques), François Héran, tord le cou à « cinq idées reçues sur l’immigration ».
La France ne constitue pas un « pays d’immigration massive ».
L’image d’un pays en plein déclin démographique, « pris d’assaut par une vague montante de l’immigration » persiste. Elle est fausse. L’Hexagone est devenu le pays d’Europe où la croissance démographique dépend le moins de l’immigration : 20 % en France contre 47 % aux Pays-Bas, 82 % en Espagne (en 2001). « Rien à voir avec les migrations massives que l’Allemagne a accueillies en provenance de l’ex-Union soviétique et de l’ex-Yougoslavie. »
Le taux de fécondité de la France n’est pas massivement dû aux familles immigrées.
« L’écart entre la fécondité des immigrées et celle des Françaises natives est très inférieur aux chiffres qui circulent. » Les immigrées ne représentent que le douzième des femmes en âge d’avoir des enfants, et sont trop peu nombreuses pour pouvoir relever le taux de fécondité générale. « Les jeunes issus de l’immigration, et désormais visibles dans l’espace public, sont nés il y a quinze ou vingt ans. Ils sont le fruit d’un régime de fécondité largement révolu. »
L’immigration irrégulière n’est pas « innombrable ».
Selon François Héran, « on surestime toujours le nombre de sans-papiers ». La France a régularisé, en 1982,132 000 immigrés et satisfait en 1997-1998, 90 000 demandes sur 130 000 (une fois décomptées les demandes déposées en double). « On est loin des opérations de régularisation de très grande envergure qu’ont dû mener l’Espagne, l’Italie et la Grèce ces cinq dernières années, avec des effectifs de demandeurs qui ont parfois excédé le demi-million. »
La statistique publique serait impuissante à comptabiliser les immigrés.
Les démographes peuvent utiliser différentes sources pour contourner les difficultés de la statistique (notamment la non-prise en compte des minorités ethniques), estime l’Ined. Changer les modes de recensement, rendre obligatoire l’enregistrement des immigrés ne serait, selon François Héran, qu’un retour au régime de Vichy. Il ne faut pas trop encadrer la statistique publique, plaide-t-il. Exemple : une partie des personnes âgées, ayant migré en France il y a longtemps, tend à se déclarer rétrospectivement « Françaises de naissance », au lieu d’indiquer qu’elles ont acquis la nationalité. « Il serait absurde de dénoncer là une fausse déclaration et de sommer l’Insee d’y mettre bon ordre : c’est, à l’évidence, un signe d’intégration accomplie », estime Héran.
Accueillir l’immigration ne signifie pas accueillir la misère du monde.
Les migrants se situent rarement au plus bas de l’échelle sociale de leur pays d’origine. Ni « massive », ni « majoritairement clandestine », ni « prolifique », ni « misérable » ou « insaisissable », selon François Héran, l’immigration « reste à découvrir ».
Le Putois : Chanson officielle de Nicolas Sarkozy 2007
Un soldat américain reconnaît avoir violé une Irakienne, l’avoir tuée ainsi que sa famille: L’un des quatre soldats américains jugés par la cour martiale de Fort Campbell dans l’Indiana, aux Etats-Unis, pour le viol présumé d’une jeune fille irakienne et le meurtre de sa famille, a plaidé coupable, mercredi 15 novembre, et témoignera contre les trois autres soldats. Son avocat, David Sheldon, a indiqué que son client, James Barker, a décidé de collaborer avec les procureurs militaires pour éviter la peine de mort.
James Barker, Paul Cortez, Jesse Spielman et Bryan Howard, tous membres de la 101e division aéroportée de l’armée américaine, sont accusés d’avoir violé et tué, le 14 mars, Abeer Qassim Al-Janabi, une jeune Irakienne de 14 ans, dans la maison de ses parents à Mahmoudiya, à environ 32 kilomètres au sud de Bagdad. Ils sont également poursuivis pour avoir tué ses parents et sa petite sœur de 6 ans.
Le chef présumé de la bande, l’ancien soldat Steve Green, 21 ans, devrait être jugé devant une cour civile et a d’ores et déja plaidé non coupable. Green a été rayé de l’armée américaine pour "troubles de la personnalité" avant même d’être poursuivi par la justice américaine. L’accusation devra dire si elle demande la peine de mort à son encontre.
Selon les procureurs militaires, les cinq hommes avaient préparé leur attaque depuis un point de contrôle situé à proximité de la maison de la famille. Ils ont changé de vêtements pour dissimuler leur identité et ont brûlé le corps de la jeune fille pour détruire toutes les preuves.
L’armée américaine a annoncé que quatre autres soldats passeraient également en cour martiale pour le meurtre de prisonniers irakiens dans la province de Salahuddin (Nord).
La « culture du résultat » ne fait pas l’unanimité: Instaurée par Sarkozy, tout comme la récompense au mérite, elle est largement décriée.
En instaurant en 2002 la « culture du résultat » et la récompense au mérit dans la police, Sarkozy n’était pas peu fier de s’inspirer de la méthode l’ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, pour lutter contre la criminalité. Quatre ans plus tard, il continue de convoquer chaque mois le préfets des dix départements qui ont enregistré les moins bons résultats et ceux des dix départements les plus performants sur les chiffres de la délinquance. Mais la « culture du résultat » est largement décriée par la bas des policiers
Un policier lyonnais spécialisé dans les stups déplore la course aux statistiques qui empêche, selon lui, de mener les investigations à terme. « Lorsque des collègues travaillent sur un trafic de stups, ils tentent de remonter le plus haut possible. Mais, avec cette culture du résultat, si leur enquête prend trop de temps, on leur reproche de ne pas aboutir, on les encourage à casser le réseau là où ils en sont afin de faire du chiffre. »
Le même déplore la pression mise sur les brigades anticriminalité. « La priorité, c’est de faire remonter de bons résultats, d’améliorer les taux de résolution. Dans certains quartiers, c’est pas dur à faire. T’attrapes le premier gamin par les pieds, tu secoues et les bouts de chichon tombent. Tu l’embarques pour un gramme, ça te fait une procédure et une affaire résolue. Le problème, c’est que ça ne remet pas du tout en cause les réseaux. Et puis ça met par moments une pression terrible entre les collègues et les jeunes. »
Un ancien de l’état-major de la police lyonnaise déplore lui aussi la volonté de « faire du chiffre » avec des « affaires à quatre sous » qui prennent « un temps fou en procédure ». Il prend l’exemple de la prostitution : « Tu attrapes les filles pour racolage passif, ça se termine en rappel à la loi, mais ça fait autant de bâtons dans la colonne des faits élucidés. A Perrache [quartier de Lyon où la municipalité a parqué les prostitués, ndlr], vous pouvez en une nuit faire trente PV, ce qui fera trente faits élucidés. »
L’instauration de récompenses sonnantes et trébuchantes a également alourdi l’ambiance dans les commissariats : « La prime au mérite a fait du dégât parmi les collègues, affirme un policier stéphanois. Certains ne comprennent pas pourquoi ils prennent des cailloux sur la gueule pour pas un rond de plus, alors que d’autres policiers moins exposés touchent des gratifications. »
Comment Perben tente d’acheter une base à Lyon : Le ministre des Transports a proposé à un élu UMP la présidence d’une société nationale en échange de sa circonscription.
Dominique Perben aimerait devenir député à Lyon, avant les prochaine municipales. Mais voilà, les quatre circonscriptions de la ville sont déjà acquises à la droite : il doit donc convaincre un élu UMP de lui laisser la place. Qu’à cela ne tienne. Le ministre des Transports a des arguments d poids. Pour séduire le député UMP, Christian Philip ancien premier adjoint Lyon, resté proche de Raymond Barre , il lui a proposé la présidence d’un société nationale en échange de sa circonscription. Mais l’élu l’a mal pris. Il s’offusque de ces pratiques, et compte bien se présenter quand même.
« Dominique Perben m’a fait part, il y a un mois seulement, de son souhait de se présenter dans ma circonscription, confirme Christian Philip. Puis, il m’a fait une proposition de reclassement, si j’ose dire. Il m’a dit qu’il pensait que je pourrais sans doute obtenir la présidence de Réseaux ferrés de France [société gérant les infrastructures de la SNCF, ndlr], qui n’est de surcroît pas disponible. J’ai de toute façon un métier que j’aime et que je continue d’exercer. Je suis universitaire, pas professionnel de la politique comme Dominique Perben. Je ne suis pas propriétaire de ma circonscription, certes, mais une circonscription, cela ne s’achète pas. » De son côté, le ministre des Transport se défend en affirmant qu’il n’était pas spécialement « demandeur ». C’est le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, qui aurait insisté pour que se libère une circonscription, afin de lui donner « toutes les chances de conquérir la ville ». Christian Philip n’en croit pas un mot. « Il m’a dit que Nicolas Sarkozy le lui avait demandé, mais c’est la version officielle. Depuis plusieurs mois, il fait le siège de beaucoup de gens à Paris, pour leur demander de dire qu’il doit être candidat. »
Grâce au découpage effectué en 1986 par Charles Pasqua, les quatre circonscriptions lyonnaises sont à droite, même celles incluant les arrondissements où la gauche est majoritaire. La première circonscription est tenue par Anne-Marie Comparini, ancienne présidente UDF du conseil régional. Perben ne peut y toucher, sauf à se mettre définitivement à dos les centristes, déjà guère acquis à sa cause. La deuxième a pour député Emmanuel Hamelin, un proche de Sarkozy. Pas touche, donc. La troisième a élu le chirurgien Jean-Michel Dubernard, président de la commission des Affaires sociales, qui conserve par ailleurs ses entrées à l’Elysée. Le spécialiste des greffes semblait prêt à prendre une retraite législative pour promouvoir sa suppléante. Mais il a décidé de repartir en voyant Perben loucher trop fort sur sa circonscription. Restait donc la quatrième circonscription, dont le député semblait plus vulnérable.
Outre la présidence de RFF, le ministre des Transports a aussi glissé à Christian Philip qu’en lâchant son siège, il pouvait gagner une belle ambassade. La même technique a déjà été utilisée avec succès pour éloigner Charles Millon du jeu politique lyonnais, en l’envoyant à Rome, ambassadeur de la France auprès de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Ce soir, le comité départemental de l’UMP doit désigner ses candidats aux prochaines législatives. Les discussions promettent d’être âpres. Un avis consultatif doit être donné, puis validé ou non le lendemain par la commission d’investiture nationale. « Je ne sais pas si Dominique Perben a absolument besoin d’être député pour gagner Lyon , prévient Philip. Mais en toute hypothèse, je serai candidat dans ma circonscription. S’il allait à l’affrontement avec moi, même vainqueur, il ne pourrait plus gagner la ville en raison des divisions. » De son côté, le ministre tente de calmer le jeu. Il assure qu’il ne cherche qu’à « gagner en équipe la mairie de Lyon ». Mais sans se départir de son calme, Christian Philip répond : « Je ne vois pas comment il va relancer (sic) sa candidature en commençant par se battre contre quelqu’un de sa famille. C’est plutôt la stratégie de quelqu’un qui va perdre et qui veut préparer un terrain de repli. » En arrivant à Lyon il y a trois ans, Perben promettait de recoudre une droite en lambeaux après des municipales où elle venait de s’étriper. Il arrivait en homme neuf et c’était sa principale légitimité. Trente mois plus tard, il endosse les habits du diviseur, ressortant la machine à perdre que la droite lyonnaise croyait soigneusement remisée.
REFUS ADN: Collectif contre le fichage ADN
Grève de la salive chez les réfractaires au fichage ADN: Militants anti-OGM ou anti-CPE, ils créent un réseau contre les prélèvements.
Contre le « fichage ADN », le front du refus s’organise. Ils sont faucheur volontaires, manifestants anti-CPE du printemps dernier, déboulonneurs d publicité pris en flagrant délit, ou simples citoyens placés en garde à vu puis relâchés sans qu’aucune poursuite ne soit engagée contre eux. Tou risquent un an de prison ferme et 15 000 euros d’amende. Leur délit ? Avoi refusé qu’un représentant de l’ordre leur badigeonne les gencives avec un bâtonnet destiné à recueillir leur empreinte génétique.
Pipe à eau. Camille a été convoquée, mi-septembre, par les gendarmes parce qu’ils avaient trouvé, dans la voiture où elle se tenait, une pipe à eau, pourtant sans trace de drogue. Quand ils cherchent à prélever son ADN, elle s’y oppose : « Ils ont appelé le procureur, puis m’ont donné ma convocation pour le tribunal, le 13 décembre à Macon. » En sortant de la gendarmerie, elle, qui ne fait l’objet d’aucune autre poursuite, se dit : « Je me suis mise dans la merde. » Elle a voulu s’informer sur l’Internet, et découvre ainsi « qu’il se passe quelque chose » autour des opposants au fichage génétique.
Un front du refus s’est constitué cet été, sous l’impulsion de Benjamin Deceuninck, ex-faucheur d’OGM de 26 ans, convoqué le 25 août devant le tribunal correctionnel d’Alès pour avoir dit non, lui aussi, au bâtonnet dans la bouche ( Libération du 26 août). Près de deux cents personnes étaient venues le soutenir. La procureure a requis 500 euros d’amende, en vertu de la loi du 19 mars 2003, sur la sécurité intérieure. Cette « loi Sarkozy » a considérablement étendu le champ des infractions concernées par le fichage génétique. Au point que le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) contient à ce jour 300 000 profils génétiques. Le 29 septembre, Benjamin est condamné à 500 euros d’amende. Il fait appel et relance la mobilisation. Il a peu de temps, car la cour d’appel de Nîmes a été étonnamment rapide, fixant le nouveau procès au 28 novembre. Le jeune militant crée un site Internet (1) pour détailler ses arguments et informer sur les autres procès ainsi celui du faucheur volontaire, Bernard Coquelle, contre qui le procureur de Douai a requis 500 euros d’amende le 24 octobre, et dont la décision est attendue pour le 28 novembre. D’autres personnes convoquées par la justice pour les mêmes motifs se font connaître. Benjamin en recense déjà « entre 80 et 90 ». Parmi eux, Guy Wanderpepen, qui s’est opposé au fichage, lors de sa garde à vue en août, pour avoir fauché un champ d’OGM près d’Orléans. « C’est absurde de demander le prélèvement d’ADN à des gens qui n’ont commis ni crime ni viol », s’insurge cet homme de 72 ans. Sur les trente-deux faucheurs volontaires, qui doivent passer en procès à Orléans les 26 et 27 février, ils sont seize à avoir, comme lui, refusé de donner leur ADN.
« Montée en puissance ». Hugo, étudiant de 23 ans, a été condamné à quatre mois avec sursis, pour avoir mis le feu à des poubelles, lors d’une manif anti-CPE. Depuis, la gendarmerie l’appelle pour ficher son ADN. Il refuse, au motif que ces empreintes « gardées quarante ans », peuvent tomber aux mains de « gouvernements totalitaires ultra-répressifs » et cela « peut être dangereux ».
A Lille, Xavier Moriceau relaie l’information auprès du collectif de soutien aux étudiants des manifestations anti-CPE. Il prévoit des « campagnes d’affichage dans les universités, des tracts. Et une conférence-débat en janvier sur le fichage génétique ». Prochain temps fort de la mobilisation, le procès en appel de Benjamin à Nîmes. En prévision, celui-ci organise plusieurs réunions d’information ce mois-ci : au Vigan, à Montpellier, à Lyon.
Plusieurs organisations le soutiennent : faucheurs volontaires, Ligue des droits de l’homme, la Confédération nationale du travail (CNT), la CGT, les Verts et le Syndicat de la magistrature. Ce dernier dénonce la « montée en puissance » du fichage et le « prélèvement très systématique au stade de la garde à vue ». L’avocat de Benjamin, Me Gandini, a, d’ores et déjà, fait savoir qu’en cas de condamnation, son client se pourvoirait en cassation. Et si besoin, devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Sarkozy démenti par les faits un an après: Une étude dévoilée par « Libération » dresse le portrait-robot des émeutiers mineurs de Seine-Saint-Denis. Verdict : très peu de récidivistes.
Des bandes de délinquants organisées, souvent composées de récidivistes et dont les membres sont de plus en plus jeunes. Telle est, dans se grandes lignes, le portrait-robot dressé par Nicolas Sarkozy lors des émeute de l’automne 2005. Une étude sur « Les mineurs émeutiers jugés à Bobigny réalisée par deux sociologues (1), et que Libération dévoile, rectifie sur plusieurs points cette lecture.
Les chercheurs ont passé au crible les 55 dossiers impliquant 86 mineurs déférés après leur interpellation par le parquet devant le tribunal de Bobigny entre le 31 octobre et le 11 novembre 2005 (lire aussi ci-dessous). Ils ont aussi décortiqué seize des dix-neuf affaires jugées avant la fermeture estivale du tribunal.
Concernant le profil des mineurs émeutiers (tous des garçons, et dont 92 % ont la nationalité française), 84 % ont des noms et prénoms à consonances étrangères, et 55 % à consonances spécifiquement maghrébines, un constat « novateur » selon les auteurs, et qui bat en brèche « le lien que d’aucuns voulurent établir entre les émeutes et la polygamie des familles originaires d’Afrique noire ». Autre rectificatif, l’âge des émeutiers, très majoritairement âgés de plus de 16 ans, quand circulait l’idée qu’ils étaient très jeunes. Le parcours scolaire est moins étonnant, puisque sur les 86 mineurs, un seul est en lycée général.
L’étude tord aussi le cou à certaines idées reçues comme le laxisme des magistrats, et notamment ceux de Bobigny récemment soupçonnés de « démission » par Nicolas Sarkozy. Pour les sociologues, « lorsque les auteurs reconnaissent les faits et/ou qu’il existe des preuves matérielles de leurs actes délinquants, les magistrats n’ont aucun scrupule à prononcer les sanctions prévues par la loi. Mais, lorsque l’accusation repose uniquement sur le fait qu’un ou plusieurs policiers déclarent avoir vu, de loin et de nuit, des jeunes commettre des délits, sa décision est beaucoup plus délicate. A fortiori lorsque les procédures policières sont entachées de contradictions, d’invraisemblances factuelles, voire d’erreurs de procédures et de manquement à la déontologie ».
En données chiffrées, sur les seize jugements examinés, dix non-lieux ont été prononcés faute de preuves. Les chercheurs ont relevé l’imprécision de certaines déclarations policières. Ainsi, des policiers affirmant avoir arrêté en flagrant délit un mineur mettant le feu à véhicule, alors que les services municipaux avaient enregistré l’enlèvement de ce véhicule de la voie publique depuis plusieurs heures. Les conditions d’interpellations sources de nombreux incidents sont aussi sujettes à caution : « L’impression d’ensemble est que les policiers ont souvent attrapé ceux qui courraient moins vite que les autres », écrivent les auteurs. Face au nombre important d’émeutiers, les policiers n’interpellent pas forcément les auteurs de l’infraction. Là encore, faute d’aveux ou de preuves, les juges peuvent difficilement condamner. Enfin, le parcours judiciaire des 86 mineurs émeutiers montre que seuls 34 % sont des récidivistes, alors que Nicolas Sarkozy avait lancé à l’Assemblée nationale que « 75 à 80 %» des émeutiers étaient des délinquants bien connus.
(1) Laurent Mucchielli, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, et Aurore Delon.
Le maire d’Asnières voyait des sectes partout: Le sarkozyste Manuel Aeschlimann a harcelé la fondation Elahi. A tort.
Manuel Aeschlimann, maillon faible de Nicolas Sarkozy ? Maire d’Asnière (Hauts-de-Seine), conseiller pour « l’opinion publique » du président de l’UMP, il s’est lancé depuis quatre ans dans une croisade contre des associations locales de riverains, opposées à ses projets urbains, qu’il accuse de dérives sectaires. Aeschlimann avait obtenu le renfort des RG et de la DST, deux services sous la tutelle de son ami Sarkozy. Utilisation à des fins partisanes des moyens du ministère de l’Intérieur ? Les RG avaient ainsi mis en cause le « fonctionnement totalitaire » de la Fondation Ostad Elahi, du nom d’un ancien magistrat iranien (1895-1974), philosophe et musicien (grand maître du tanbur, le luth persan), qualifié de « gourou » ou de « Dieu omniscient », dont les membres, très impliqués dans l’opposition asnièroise à Manuel Aeschlimann, s’érigeraient en « contre-pouvoir municipal » par « infiltration ». Pour parfaire le tableau, ne manquait plus que l’avis de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sous tutelle de Matignon. Elle dépend moins de Villepin que les RG ne dépendent de Sarkozy, son opinion plus éclairée a été rendue publique mardi : la Fondation Ostad Elahi n’est pas une secte, mais, sur fond de « communautarisme exacerbé » entre émigrés iraniens, une « nébuleuse » dont les « dérapages ressemblent à des pratiques sectaires. »
Tract. Il aura fallu l’intervention de la justice pour que les notes RG estampillées « Confidentiel défense » soient mises au jour et que la Miviludes monte officiellement au créneau. A l’origine de l’affaire, la mairie d’Asnières avait distribué un tract à 40 000 exemplaires dénonçant une « infiltration par des membres d’une organisation spiritualiste, ésotérique et cultuelle ». Après plainte de la Fondation Elahi, qui effectivement cultive la mystique soufiste, l’adjoint à la communication de Manuel Aeschlimann était condamné pour diffamation en septembre 2005, le tribunal de Nanterre relevant que les RG et la Miviludes ne l’ont jamais « répertoriée » comme secte. Dès le lendemain du jugement, avec une réactivité qui force l’admiration, les RG rédigeaient deux « blancs » (notes non signées) mettant en cause la Fondation Elahi... La Cour de Versailles, saisie en appel, a obtenu la déclassification de l’une de ces notes, puis « invité » la Miviludes à rendre un avis, reportant l’examen de l’affaire pendant neuf mois. La Cour va enfin pouvoir statuer le 28 octobre prochain. « Je n’ai pas cherché à faire plaisir ou de la peine à personne, nuance Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes : mais si on peut éclairer la justice et les médias » ... « Ses observations sont accablantes et dépassent de très loin le conflit local », se félicite au contraire Me Olivier Schnerb, avocat de la mairie d’Asnières. Or, la Miviludes n’a rien à reprocher au fonctionnement interne de la Fondation Ostad Elahi.
Adeptes. On y entre comme on en sort : pas de prosélytisme, pas d’adeptes sous dépendance psychologique, pas d’achat forcé de CD, livres et autres produits dérivés... Le harcèlement serait plutôt externe : « C’est bien la première fois que la mission relève autant d’interventions, autant de manoeuvres d’intoxication de la part d’une organisation », relève la Miviludes. Et de s’en prendre personnellement à Me François Ameli, avocat de la Fondation Elahi. Lequel a « du mal à comprendre : si on se défend, on est une secte ; si on laisse dire les RG, on est une secte ».
La Miviludes retient à charge « l’environnement judiciaire particulièrement complexe et chargé » de la « nébuleuse » Elahi. De fait, le harcèlement procédural est une forme particulièrement prisée des sectes. Mais dans les Hauts-de-Seine, le champion est incontestablement la mairie d’Asnières, qui passe sa vie à porter plainte contre ses opposants en tous genres. En juin , Francis Pourbagher, directeur de cabinet de Aeschlimann a été condamné à six mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse il avait accusé à tort un membre de la Fondation Elahi de lui avoir foncé dessus en voiture. Le tribunal de Nanterre, qui n’en peut plus des affaires asniéroises, dénonçait alors une « instrumentalisation de l’autorité judiciaire ».
« Ils m’ont braquée dans ma chambre »: Le raid médiatico-policier aux Mureaux s’est soldé hier par un fiasco : un seul suspect arrêté sur cinq pour 100 policiers déployés, casse et erreurs.
Les coups de bélier ont cabossé le blindage de la porte, fissuré le pannea en bois, forcé la serrure. Depuis le raid de la police, le ménage a été fai dans l’appartement. Plus de vêtements répandus sur le sol, d’étagère vidées, ou de matelas retournés. Juste un enfant de six ans qui pleure dan le couloir. Sa grande soeur, « Lina », tient « à préciser » qu’il est « trisomique » et a été mis en joue « avec une arme ». Une fillette de 11 ans approche : « Moi aussi, ils m’ont braquée dans ma chambre. » En entendant les bruits de marteaux, la mère s’est avancée. Elle a reçu la porte d’entrée sur le visage : « On a eu droit à des insultes. Ils ont dit "bâtards". » Sa fille aînée ajoute : « De toute façon, ils ne nous aiment pas. »
Ramadan. Il était 6 heures du matin quand les forces de l’ordre ont investi la cité Bizet, un ensemble de tours et de petites barres de quatre étages, disposées autour d’un bac à sable toujours « rempli de morceaux de verre », à l’entrée du quartier dit des Musiciens, aux Mureaux (Yvelines). Cette famille musulmane venait de terminer le suhûr, la collation avant le début du jeûne, comme tous les matins du mois de ramadan. « Les policiers cherchaient mon frère. Mais il n’a rien à voir avec ce qui s’est passé. Il n’était pas là. Il habite le Maroc », explique Lina, « un surnom » que cette jeune femme chargée d’études de marketing s’est choisie pour raconter son histoire aux journalistes. Les policiers sont repartis « sans faire d’excuses », pas même pour la porte fracturée. Coût : « 1 800 euros non pris en charge par l’assurance. » Son autre frère, « lui aussi Bac + 5 », a été menotté. « Il fait des maths et des statistiques. Mais là, question statistique, ils ont fait fort. »
L’opération a mobilisé pas moins de cent policiers : des CRS, des agents de la Sécurité publique, des enquêteurs, des membres de la BAC (Brigade anticriminalité), de la PJ de Versailles... « Rien que chez nous, ils étaient une vingtaine. » Sans compter les médias. Près d’une trentaine, alertés dès la veille au soir, à l’exception de certains, comme le journal Libération, qui n’a pas été mis dans la confidence. Beaucoup de radios et de télés. « On les voyait grimper les escaliers derrière les CRS. Quand la police est partie, tout le monde se moquait. Car, résultat : zéro », poursuit Lina. Sur les cinq personnes recherchées, une seule a été interpellée.
Les policiers traquaient les auteurs de l’agression contre sept des leurs dans ce même quartier des Musiciens. Dimanche soir, une patrouille qui venait d’interpeller un suspect a été prise à partie par une vingtaine de jeunes, affirment plusieurs témoins, et non par une foule de « 150 à 250 » personnes, comme l’avaient d’abord affirmé les policiers. « Tu veux voir ce qui s’est passé ? » demande un garçon en tendant l’écran de son cellulaire. Le film montre une voiture qui percute un véhicule de police arrivé à contre-sens. Le conducteur est frappé à terre par des agents. Des échauffourées éclatent. « C’était un toxico, les keuf le connaissaient très bien et auraient pu attendre le lendemain pour l’interpeller. Ils ont commencé à le tabasser. Un jeune est venu leur demander de se calmer. Il s’est fait gazer. Après ça a dégénéré », raconte Vincent, massé avec ses copains au pied d’une tour. Ils regardent pour la énième fois les images des policiers qui fuient à bord d’une deuxième voiture, abandonnant leurs trois collègues. « Ils ont paniqué. Ils avaient peur pour leur peau. » Ils racontent comment « Pioupiou », leur compagnon, a protégé « un flic correct qu’il connaissait » et qui avait trouvé refuge derrière la grille de la maternelle Jacques-Prévert. Pioupiou est aujourd’hui recherché. Son domicile a été perquisitionné, sa femme convoquée. « Je pensais qu’ils allaient lui donner une médaille, s’écrie Mohammed Hocine, un militant des banlieues. Après ça, plus personne ne va vouloir aider les flics. »
« Tu dis Bizet, tu es mort » . Ils sortent de leur salle de sport aménagée dans un ancien local à poubelle. Murs bleus, moquette verte, instruments de muscu. « On l’a créé nous-même. Sans un sou de la mairie. » Bizet, disent-ils, c’est la « cité noire » d’un quartier déjà défavorisé. Un lieu « bien connu des services de police ». Par le nombre de ses voitures brûlées notamment. Les policiers « n’aiment pas la cité. Dès que tu dis Bizet, ça y est, tu es mort », lance Mahmadou, 24 ans. « Ils disent qu’on est révolté, s’énerve Vincent. On a accepté notre sort. Mais que les flics n’en abusent pas. »
Ils crient leur rage après les perquisitions musclées du matin. « Le mec arrêté n’a rien à voir. Tout le monde le sait », affirme Mohammed Hocine. Debout à ses côtés, Adama porte un hématome au visage dû, dit-il, à un coup de matraque : « Chez moi, ils ont défoncé la porte. Ils ont mis ma mère par terre, et après ils ont dit qu’ils s’étaient trompés. Ils vont le payer. » « C’est la guerre », surenchérit un autre. « Sarko ne sait que mettre de l’huile sur le feu », selon Vincent.
« Grande émeute ». Aux Mureaux, le raid est diversement apprécié. « Cent policiers pour arrêter une personne ? Ça grandit les problèmes. Les gens voient ça comme une grande émeute », déclare dans la cité voisine des Bougimonts, Fatima Nabil, de l’Association des femmes unies. Devant l’hôtel de ville, le maire François Garay, (divers gauche) ne décolère pas. Il n’a pas eu droit aux mêmes égards que les médias. Personne ne l’a prévenu. « Le préfet ne m’a pas appelé, et quand j’ai eu le sous-préfet au téléphone pour autre chose, il ne m’en a même pas parlé. » Seul le commissaire de la ville l’a alerté « à huit heures moins vingt du matin. Parce qu’on a de bonnes relations ». Qui a organisé ce grand spectacle ? Il sourit. « J’ignore si c’est Sarkozy, et je m’en fous. Mais ça, c’est de la télé-réalité. Ce n’est pas digne d’une république laïque. » Depuis les émeutes de l’an dernier, il dit « gérer le fil du rasoir. On rame et en trois minutes d’images au 20 heures, ils vont détruire tous mes efforts ».
Dominati père et fils, strapontins et prébendes en tout genre: Alors que se tient le procès des faux électeurs du IIIe, retour sur les années fastes de la « dominastie », ou comment un Corse monté à Paris s’est bâti un royaume à l’ombre de l’Hôtel de Ville et de la chiraquie.
Un clan. Un vrai. Au temps de sa splendeur, les élus parisiens raillaient voix basse la « dominastie ». Dans un mélange de fascination et de dégoût, nombre d’entre eux redoutaient son chef de meute, Jacques, un Corse élu dans la capitale à la fin des années 50. Brutal, ombrageux mais fin manoeuvrier, il a fait de la politique une affaire de famille. Un demi-siècle plus tard, le « vieux » (79 ans) s’est retiré, même s’il continue à exercer son influence sur certains affidés du Conseil de Paris qui lui seront toujours redevables. Mais ses fils, Philippe (54 ans) et Laurent (46 ans), tentent cahin-caha de faire prospérer la PME politique Dominati.
La saga Dominati est une histoire de politique à l’ancienne. Où, plus que par les idées, on s’impose avec les poings, le chantage et la ruse. C’est au départ la soif de reconnaissance d’un orphelin, Jacques, dont le père militaire a disparu quand il avait deux ans. Un Corse d’Ajaccio monté à Paris après des mois de sanatorium pour soigner une tuberculose. A la corpo de droit qui casse du rouge au quartier Latin, Jacques Dominati se lie avec Jean-Marie Le Pen, dont il fera le parrain de l’un de ses enfants. Il tâte aussi au journalisme, au Parisien libéré. Son ascension débute chez les gaullistes de l’UNR qui l’envoient au Conseil de Paris en 1959, avant de le mettre à la porte pour ses prises de position pro-OAS. Il se rattrape aux branches des Républicains indépendants de Giscard. Dès lors, Dominati mène un combat acharné pour l’élection d’un maire de plein exercice à Paris alors administré par les préfets.
Clientélisme. Elu député en 1967, il tisse sa toile. Mais quand Giscard finit par concéder, en 1977, à la capitale un statut de mairie de plein exercice, c’est Michel d’Ornano qui est désigné candidat de l’UDF. Dominati se sent trahi. Et humilié par ces grands bourgeois qui le rejettent. La victoire de Jacques Chirac va finalement le servir. Très vite, il instaure une sorte de partage à Paris avec le patron du RPR. Chirac laisse ses autres amis corses, les gaullistes Jean Tiberi et Roger Romani, traiter avec l’UDF de Dominati. Le gâteau parisien est énorme. Et même si Dominati n’en a que quelques parts, il s’en sert pour créer autour de lui un réseau d’obligés. Argent, politique, famille, clientélisme , corsitude... tout se mélange chez Dominati qui parvient à se tailler un petit royaume en chiraquisant l’UDF parisienne pour obtenir du maire de Paris toujours plus. Un deal est conclu au début des années 80 : deux tiers des postes pour le RPR, un tiers pour l’UDF. Ce que les élus municipaux résument ainsi : « Deux tiers pour le RPR, un tiers pour Dominati. »
La distribution des strapontins, des places sur les listes électorales et des petits cadeaux aux plus méritants fonctionnent à plein régime. Prébendier en chef, Jacques Dominati se garde les morceaux de choix (gestion des parkings parisiens pour lui, présidence du syndicat des ordures de l’agglomération parisienne pour son fils Philippe dans les années 90). Sans oublier de s’installer dans un bel appartement du domaine privé de la Ville. Son népotisme s’affirme à l’orée des années 80 lorsqu’il lance dans le bain électoral parisien son fils Philippe, avant d’en faire un des piliers du conseil régional d’Ile-de-France. Maire du IIIe arrondissement, député du centre de Paris durant une douzaine d’années, il offre à son autre fils, Laurent, sa circonscription législative en 1993. A 33 ans, il est élu député et sera réélu en 1997.
Jacques, lui, subit un revers majeur en 1995 en perdant la mairie du IIIe au profit de Pierre Aidenbaum (PS). Un disque dur oublié dans un ordinateur révèle un ahurissant système de faux électeurs et d’adversaires fichés par Dominati et fils. Le père se rabat sur l’Hôtel de Ville où il obtient le poste de 1er adjoint et une délégation de signature de la part du nouveau maire, Jean Tiberi. Les digues dominatistes ne lâchent pas. Pourtant, affaibli, Jacques est élu au Sénat en 1995. Il fait élire une de ses nièces, Marie-Chantal Bach, chez l’ami Tiberi dans le Ve. Pour asseoir son pouvoir sur l’Hôtel de Ville, il monnaie au prix fort son soutien à Tiberi lors de la tentative de putsch de Jacques Toubon, en 1998. Mais l’arrivée de Philippe Seguin comme candidat de la droite aux municipales de 2001 annonce des temps difficiles pour la famille. L’homme des Vosges déteste ses méthodes et a décidé d’en finir avec le « système parisien » incarné par les clans Tiberi-Dominati. Les deux compères s’allient pour former des listes dissidentes. Laurent sauve un siège de conseiller de Paris dans le IVe mais perd son siège de député en 2002 alors qu’il a déserté le trop risqué centre de Paris au profit du XVIe où il compte se tailler un fief à vie. Philippe, lui, s’agrippe à un strapontin de conseiller d’arrondissement dans le VIIIe et au conseil régional où il préside le groupe des libéraux.
Petit bureau. En 2004, son père lui offre son siège de sénateur en faisant jouer ses réseaux de grands électeurs contre les appareils des partis. Un tour de force qui en dit long sur la manière dont il tient encore et toujours dans sa main une partie de la droite municipale. La « dominastie » retrouve des couleurs même si Laurent, le fils chéri, est en carafe. On le voit alors à Matignon occuper un petit bureau et participer aux réunions de com de Dominique Ambiel, le grand manitou de Jean-Pierre Raffarin. En 2004, une législative partielle a lieu dans le XVIe arrondissement. Laurent Dominati tient sa revanche mais Bernard Debré part en dissidence et le lamine dans ces beaux quartiers. Son père et lui se mettent alors en tête de décrocher un poste d’ambassadeur ! Ce sera l’Amérique centrale. Une fois encore, Jacques fait jouer ses réseaux auprès de Chirac. L’affaire est enclenchée mais stoppée en raison du procès des faux électeurs. Si Laurent Dominati échappe à une condamnation, il a toutes les chances de faire son entrée dans la diplomatie française d’ici le mois de mai.
D. Schneidermann - Le Cauchemar médiatique - Papy Voise, ou l’apothéose nécessaire: Trois jours avant le premier tour de la présidentielle, le 18 avril 2002, un septuagénaire est agressé à Orléans. Selon son récit, deux voyous auraient tenté de le rançonner avant de mettre le feu à son pavillon. C’est TF1 qui, le 19 avril dans son journal de 20 heures, diffuse la première les images émouvantes du visage contusionné du vieillard. « Un autre fait divers inquiétant à Orléans, lance Claire Chazal. C’est un septuagénaire qui a été agressé par deux jeunes qui voulaient lui prendre de l’argent. Ayant refusé de se faire racketter, lui-même a été roué de coups, sa maison a été incendiée ».
« Avec ce qu’on voit à la télé... » Ce soir-là, les téléspectateurs sont servis. Car il est irrésistible, Paul Voise, avec sa gouaille sympathique et émouvante de vieux titi, avec sa belle tête décharnée, et ses grands yeux humides de vieillard sans défense. « ils ont mis le feu à ma maison (pleurs). ils voulaient des sous. Moi j’en ai pas ». Dans un plan de coupe, « on voit à la télé » la journaliste de TF1, accroupie, prendre la main du vieil homme. Une voisine : « Le monsieur, ça faisait la troisième fois qu’il était agressé ». Une autre voisine : « Ici dans le quartier, c’est de pire en pire ».
Jusqu’à présent, rien d’anormal. Un fait divers sans doute banal hélas, mais émouvant, traité dans le cœur d’un journal télévisé. Néanmoins, Claire Chazal ne s’y est pas trompée, qui a jugé le fait divers « inquiétant ». Entendez : il n’est pas simplement navrant en lui-même, il est inquiétant pour la suite, il témoigne d’une évolution inéluctable. Si Paul Voise a été agressé, plus aucun vieillard nécessiteux n’est à l’abri dans son modeste pavillon.
Première gagnée sans doute par cette « inquiétude », TF1 y revient donc logiquement le lendemain soir, veille du premier tour de l’élection, prenant prétexte du « véritable élan de solidarité » déclenché par « cette terrible histoire ». Il est vrai que, de toutes parts, affluent les propositions d’aide pour participer à la reconstruction du pavillon incendié. Mais ce deuxième reportage est surtout l’occasion de « voir encore à la télé » longuement, en gros plan, pleurer Paul Voise, sorti de l’hôpital le samedi matin, pour remercier ses voisins : « De tout cœur, de tout son amour, M. Voise vous dit merci », soupire-t-il en se prenant la tête entre les mains, tandis que la caméra revient sur le visage compatissant de Claire Chazal.
Avec ce deuxième reportage un deuxième soir de suite, on n’est plus seulement dans l’information. Elle aussi vraisemblablement gagnée par « l’inquiétude », France 2, qui avait raté l’information la veille, se joint à la danse en forçant les commentaires, et en évoquant, dans une surenchère d’adjectifs, « la violence stupide et révoltante à Orléans... » En vingt-quatre heures, on est donc passé de « l’inquiétude » à « la révolte ». L’agression de Paul Voise n’est plus un simple fait divers, c’est une affaire, un emblème.
Emballement ? De nombreuses incohérences dans les témoignages de Paul Voise (ainsi il ne donne pas la même description de ses agresseurs à la presse et à la police) restent sur le moment ignorées par les journalistes, qui reproduisent sa version sans la moindre distance.
Emballement ? Aussitôt après le 21 avril, la polémique va enfler. L’élection passée, plusieurs contre-enquêtes, constituant finalement un embryon de « contre-emballement », ont tenté de mettre au jour une « manipulation » autour de l’agression de Paul Voise. Adjoint à la sécurité de la municipalité d’Orléans, Florent Montillot, qui appartient à la Droite libérale-chrétienne, mouvement de Charles Millon, ne s’est-il pas rendu coupable d’une exploitation médiatique effrénée, en rameutant la presse, et en favorisant l’accès des équipes de télévision à l’intérieur de l’hôpital ? « M. Montillot n’aurait-il pas activé les médias par des coups de fil ? » demande avec franchise Régis Guyotat, du Monde[18]. Réponse de l’intéressé : « J’avais autre chose à faire. J’ai passé une grande partie de ma journée à recevoir des appels et à accompagner des journalistes sur les lieux »[19] Ce qui est, il est vrai, une manière de demi-aveu, même si les journalistes n’avaient nul besoin d’un accompagnateur pour leurs reportages. On n’ira pas plus loin.
Il ne reste plus alors qu’à décrire minutieusement la précipitation médiatique. La contre-enquête du Monde multiplie les exemples. Alors que la dépêche AFP relatant l’agression, datée de 12 h 47, est classée non urgente, dès 14 heures une équipe de TF1 est au chevet de Paul Voise, à l’hôpital. Dès 20 h 10, le commissaire Van Agt, patron des services de police du Loiret, est appelé par le cabinet du directeur général de la Police nationale à Paris. La rédaction nationale de France 3 rabroue la rédaction régionale d’Orléans, plus réservée. il est vrai que le premier jour, sans pénétrer à l’hôpital, l’équipe locale de France 3 s’est contentée de tourner quelques images du pavillon calciné et d’interroger quelques voisins.
Faute de découvrir une conspiration crédible, un deuxième soupçon du « contre-emballement » se porte alors sur Paul Voise lui-même. L’agression s’est-elle bien déroulée comme l’a raconté le gentil vieillard ? Sur un trottoir d’Orléans, un reporter du « Vrai Journal » de Canal+ extorque à Paul Voise l’aveu haché qu’il a été condamné, voici quelques années, pour « un problème sexuel. Mais c’était pas méchant (...). Parce que des fois je parlais un peu trop ouvertement avec les gosses »[20]. Mais ni les médias ni évidemment la justice ne vont véritablement creuser cette piste-là.
Ainsi l’emballement Voise garde-t-il son mystère. Mais quel mystère, au fond ? A-t-il vraiment besoin d’explications ? Ne peut-on imaginer que l’emballement ait trop bien« fonctionné » sans chef d’orchestre clandestin ?
L’emballement sur l’insécurité est le crime parfait : il n’a pas d’auteur. Il n’a pas de coupable. Il n’a que des acteurs. Et tous ont parfaitement bonne conscience. Depuis le coup d’envoi du 14 juillet, chaque emballé à sa place a d’excellentes raisons. Jacques Chirac, le 14 juillet 2001, a d’excellentes raisons : il répond aux attentes des électeurs. Les « maires de France » qui, en novembre, consacrent leur congrès à la sécurité ont d’excellentes raisons : leurs électeurs, qui regardent PPDA (ou Chirac), ne leur parlent que de cela. Et puis, les statistiques confirment la hausse de la délinquance. Les journalistes qui citent ces statistiques sans rappeler la part imputable à l’augmentation du parc de téléphones portables ont d’excellentes raisons : même si les statistiques sont en elles-mêmes opaques, elles traduisent un phénomène réel. Les experts ont d’excellentes raisons : les statistiques leur donnent raison. Lionel Jospin a d’excellentes raisons : il regardait à la télé les manifestations policières. Il lisait les chiffres. Ses électeurs, qui regardaient la télé, ne lui parlaient que de l’insécurité.
Et sur l’affaire Voise, donc, les journalistes de TF1 ont d’excellentes raisons : l’insécurité a été longtemps niée, donc longtemps négligée, dans les années précédentes. Leurs patrons ont de tout aussi bonnes raisons : l’insécurité fait vendre. Les journalistes de France 2 qui galopent derrière TF1 sur le chemin d’Orléans ont d’excellentes raisons : ils ne veulent pas se laisser distancer par TF1.
Le visage tuméfié du gentil vieillard tombait à pic. Comme si la fresque apocalyptique brossée, toute l’année précédente, sur les écrans de télévision, avait besoin de l’image de la victime absolue, faible d’entre les faibles, un vieillard sans ressources, et naturellement dépourvu de toute méfiance, triplement faible, triplement victime, victime idéale. Des ruines du World Trade Center aux ruines du pavillon du quartier de l’Argonne, à Orléans, tout se passe comme si l’emballement des ruines avait galopé en ligne droite, et trouvé son apothéose.
L’après-emballement
À propos de la mort de Guy-Patrice Bègue, le père de famille d’Évreux, on a appris après l’élection présidentielle que le meurtre s’était déroulé de manière moins simple que les médias ne l’avaient relaté. Guy-Patrice Bègue, en effet, était arrivé en compagnie de plusieurs hommes de sa famille, le petit clan familial étant en possession d’un cutter (et peut-être deux). Mais surtout, se rendant enquêter à Évreux pour « Arrêt sur images », Michaël Richard a découvert que plusieurs journalistes connaissaient ces éléments et les avaient, à l’époque, passés sous silence[21].
Papi Baki, un jeune de l’Association des jeunes du quartier de la Madeleine, nous disait par exemple : « De France 3,j’ai eu en ligne directe — j’ai même mis le haut-parleur à côté pour que les jeunes puissent entendre — [un journaliste] qui me disait : "Oui, Papi, je sais bien ce que tu me racontes, c’est sûrement vrai, mais en tout cas mon rédacteur en chef, ça l’intéresse pas, ton histoire. Lui, ce qui l’intéresse, c’est d’aller dans le même sens que tout le monde. Et puis avec la campagne électorale, actuellement, on peut pas revenir en arrière, la machine est lancée, laissons-la continuer comme ça et peut-être qu’après les élections on pourra revoir cette affaire" ». Quant à Gilles Dauxerre, rédacteur en chef de Paris-Normandie, quotidien régional qui n’a fait état de la présence d’un cutter dans la main de Guy-Patrice Bègue qu’un mois après les faits : « C’est vrai aussi que dans le contexte, on a vu que la famille Bègue a été reçue par M. Chirac, bon... on touche pas à une icône, d’une certaine manière. Donc on a quand même senti un peu ça. C’était pas le moment d’aller fouiller ». À propos de Paul Voise, l’enquête n’a jamais débouché. Un suspect a été mis en examen le 28 février 2003, mais laissé en liberté, « comme si on avait des doutes sur sa culpabilité », estime Régis Guyotat dans Le Monde[22].
Quant à la fresque des écroulements, brossée soir après soir par le journal télévisé, elle a commencé à s’estomper dès le 22 avril 2002. Comme par magie, les images d’apocalypse disparaissent des écrans. Terminons donc par une statistique, nous aussi. Pour « Arrêt sur images », en mai 2002, nous avons procédé à un comptage. Du 1er au 21 avril 2002, nous avons dénombré sur TF1 cinquante-quatre sujets sur l’insécurité, dont 5% de sujets « positifs » (par exemple, mettant en valeur des dispositifs de prévention). Après le 21 avril 2002 et sur une période équivalente de trois semaines, nous avons compté seulement dix sujets sur l’insécurité en général, dont 40% de sujets « positifs ».
Tarterêts : l’enquête écarte la thèse du guet-apens: La trentaine d’individus qui ont agressé deux CRS le 19 septembre à Corbeil-Essonnes n’étaient pas dissimulés dans des fourrés mais jouaient au football, selon l’enquête.
Les deux CRS agressés le 19 septembre dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essone), n’ont pas été victimes d’un guet-apens. Cette thèse a été "écartée" par les enquêteurs, a-t-on appris lundi 2 octobre, de source proche de l’enquête.
Deux semaines après les faits, une source a précisé que, dans l’état actuel de l’enquête, la thèse du guet-apens peut difficilement être accréditée.
Selon les enquêteurs de la Sûreté départementale de l’Essonne, deux ou trois individus ont d’abord jeté des cailloux sur le véhicule des CRS. Une trentaine d’individus a ensuite surgi et a violemment agressé les deux policiers. Ceux-ci n’étaient pas dissimulés dans des fourrés mais jouaient au football sur un terrain tout proche.
Selon cette même source, il n’y a pas eu d’appel au 17, la police secours, pour attirer les policiers, contrairement à ce qui se produit parfois dans les guets-apens.
Des restes de pizza retrouvés à proximité des lieux de l’agression, notamment, avaient accrédité l’hypothèse d’un guet-apens.
Cependant les deux personnes identifiées grâce aux traces d’ADN retrouvées sur un carton de pizza et sur une canette ont finalement été mis hors de cause après leur interpellation. Selon l’enquête, leur présence sur les lieux datait d’avant l’agression.
Le préfet de l’Essonne Gérard Moisselin avait, le lendemain des faits, dénoncé une agression "manifestement préméditée", tandis que les deux CRS agressés avaient eux-mêmes déclaré être tombés dans un "guet-apens".
L’enquête se poursuit pour identifier les personnes ayant participé à l’agression. Cinq suspects ont été mis en examen. Quatre d’entre eux ont été placés en détention provisoire, le cinquième étant sous contrôle judiciaire.
Derrière Sarkozy, les élus UMP en rangs resserrés: Un pour tous, tous pour un.
Réunis aujourd’hui à Paris dans le cadre de leur journée parlementaire, les députés et sénateurs UMP veulent refair leur « unité ». Alors qu’en juin, la présentation du projet de privatisation de Gaz de France avait alimenté une véritable bronca à droite, le texte gouvernemental devrait être approuvé demain en vote solennel par une très large majorité UMP. Après trois mois d’activisme forcené pour rabibocher un groupe parti en capilotade sur fond d’échec du CPE et d’affaire Clearstream, Bernard Accoyer, le patron des députés UMP, respire : « On sort de cette épreuve par le haut . On a évité le blocage. Les textes qui restent à discuter d’ici la fin de la législature sont consensuels. » Même le projet de budget 2007 ne suscite guère de polémique : « Nos observations ont été entendues, se félicite Michel Bouvard (Savoie). Ça améliore le moral des troupes. » Pour les élus, plus question d’aborder des sujets qui fâchent : appelée à s’exprimer sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, une majorité du groupe s’est dit d’accord pour agir par décret.
Sur les bancs de la droite, « responsabilité » et « discipline » sont devenus les maîtres mots. Pléthorique (363 députés sur 577), le groupe sait avoir tout à craindre des prochaines élections. « En 2007, ce sera plus difficile qu’en 2002, résume Michel Raison (Haute-Saône). Ce sera plus facile si on gagne la présidentielle. » Une opinion partagée par Yves Bur (Bas-Rhin) : « On a tous en mémoire la débandade de 1997. (...) Nous sommes convaincus que seule une victoire à la présidentielle limitera l’effet balancier. Et nous sommes nombreux à estimer que seul Sarkozy peut l’emporter. »
Du coup, personne ne trouve à redire à la stratégie du patron de l’UMP. Sa mise en cause de la justice, accusée d’être trop laxiste face à la délinquance, a trouvé un réel écho auprès des élus. « Trois semaines avant la déclaration de Nicolas Sarkozy, j’avais invité dans ma petite ville de Lingolsheim le juge pour enfants et le procureur , raconte Yves Bur. On venait d’arrêter un adolescent de 17 ans qui avait déjà été interpellé 150 fois. En circonscription, si je veux faire un tabac, j’attaque la justice ! »
Les élans atlantistes de Sarkozy à Washington ont à peine ému, même si certains gaullistes concèdent des « interrogations ». Et si la volonté affichée de réformer les régimes spéciaux de retraites divise, les élus UMP évacuent le sujet d’un contestable : « Même l’opposition est d’accord. » Entre Sarkozy et le groupe, tout semble aller pour le mieux. Comme pour sceller cette lune de miel, les parlementaires devraient être invités à apporter leur contribution au projet législatif de l’UMP d’ici le 16 novembre.
93 : Sarkozy s’énerve contre les policiers: Le ministre aurait ’’passé un savon’’ aux principaux responsables de la police en Seine-Saint-Denis.
D’après des policiers cités par l’AFP, Nicolas Sarkozy a piqué une colère, mercredi dernier à Bobigny, face aux principaux responsables de la police en Seine-Saint-Denis. Le ministre de l’Intérieur les avait réunis à huis-clos après la divulgation d’une note du préfet sur la délinquance dans le département. Le Canard enchaîné du mercredi 27 septembre relate également les propos d’un des fonctionnaires présents à cette réunion : "Nicolas Sarkozy a invectivé à coup de "crétins !", "connards", "incapables"’ les personnalités présentes. Des insultes démenties en revanche par d’autres policiers présents. "Il était intenable", poursuit le fonctionnaire au Canard, "il s’est mis à hurler, à prononcer des mots très durs et blessants".
Un autre policier rapporte à l’AFP : "C’était assez hard. Nicolas Sarkozy était très excité et énervé par la publication de la note du préfet. Il a eu des mots durs, moralisateurs, mais il n’a pas été grossier".
"Parano"
Un collaborateur du ministre parle même de traitements "comme des gardés à vue". Selon le journal satirique, le ministre a repris le thème de la "parano". "Il nous a sorti la grande thèse du complot", explique un chef de service présent à la réunion. "A savoir que ses ennemis (…) cherchaient à s’en prendre au candidat à l’Elysée", poursuit-il dans les colonnes du Canard.
Selon d’autres policiers, le ministre aurait notamment demandé aux commissaires "de ne pas se tourner les pouces en Seine-Saint-Denis", "de montrer l’exemple en allant sur le terrain".
Un autre policier raconte que Nicolas Sarkozy a dit : "Vous me trouvez en colère. Je suis plus que ça". "Ce sont des choses qu’il faut se dire entre nous, mais pas écrire", a-t-il ajouté, faisant allusion à la note du préfet Jean-François Cordet qui dénonçait notamment une recrudescence de la délinquance dans le département.
"Loyauté"
Le préfet, selon ce policier, "a accusé le coup, puis a dû lui réaffirmer sa loyauté".
Lors du point presse organisé avant cette réunion de travail, Nicolas Sarkozy avait accusé la justice du département de Seine-Saint-Denis de "démission" face aux délinquants, suscitant la polémique au sein de la magistrature. Il avait également annoncé un renforcement des effectifs de police et félicité les policiers de la hausse du nombre des affaires élucidées (+15,6% depuis janvier 2006, selon lui). "Vous avez contenu la délinquance, bravo", leur avait dit le ministre devant la presse.
Parmi les personnes présentes à la réunion de travail figuraient le préfet, le directeur général de la police nationale (DGPN) Michel Gaudin, les principaux commissaires du département, le directeur de la sécurité publique et les représentants de services spécialisés (Police judiciaire, Renseignements généraux, Police aux frontières).
Sarkozy fait le son, mais aussi les images: Débat à France Télévisions après les opérations de com organisées aux Tarterêts.
Deux images. Un visage tuméfié en gros plan qui rappelle celui de « Papy Voise », diffusé en boucle à la veille de
l’élection présidentielle de 2002. Et un coup de filet policier aux Tarterêts en forme de conférence de presse. Deux
images orchestrées par Nicolas Sarkozy qui relancent le débat sur le traitement médiatique de l’insécurité, le
même qui avait agité l’après 21 avril 2002.
La première, c’est celle du CRS tabassé aux Tarterêts, interviewé sur son lit d’hôpital. A l’occasion de la visite de
Sarkozy à son chevet jeudi dernier, la Direction générale de la police nationale sélectionne quelques journalistes
Europe 1, l’AFP, LCI, France 2... Ñ qui mettent ensuite leurs images et leurs sons à disposition. L’interview du CRS
fait l’ouverture des JT de 20 heures de TF1 et France 2. Sur France 3, quelques minutes avant le 19/20 , la
rédaction s’interroge. « Il y a eu un débat , raconte Jean-Marc Pitte, président de la Société des journalistes (SDJ).
Nous avons décidé de ne pas passer les images, car nous n’avions pas le temps de les remettre dans leur
contexte. » C’est chose faite dans le Soir 3 , où le commentaire précise qu’il s’agit d’ « une entrevue avec la presse
organisée par le ministère de l’Intérieur » . Toutefois le SNJ-CGT de France 3 « appelle les journalistes à
s’interroger sur leurs pratiques ».
Rebelote lundi avec le coup de filet aux Tarterêts, grand ouvert aux médias par le ministère de l’Intérieur. Ce que
ne précise pas TF1, ni à 13 heures, ni à 20 heures. En revanche, sur France 2 (à 20 heures seulement) et France 3,
les journalistes soulignent que la descente s’est effectuée « sous les objectifs de nombreuses caméras » . Sur les
rédactions, plane le soupçon d’une bonne vieille manip sarkozienne. Julien Dray, porte-parole du PS, qualifie, lui,
l’opération de « police spectacle » . Pas si simple, répond-on à France 2 et France 3. « Il ne faut pas que Sarkozy
cache la forêt, s’exclame Serge Cimino, du SNJ de France 3. Le problème est plus vaste. »
Société des journalistes et syndicats comptent lancer le débat et l’élargir au traitement de la campagne
présidentielle. A TF1, on ne bouge pas une oreille : « Chez nous, il n’y a même pas de SDJ », déplore un journaliste
de la Une.
Le Vrai Sarkozy - vidéo: Extraits de vidéos mettant en exergue les contradictions et la démagogie de Nicolas Sarkozy
Madrid suspend ses subventions annuelles à l’Eglise catholique:
Le gouvernement espagnol a décidé vendredi de mett e un terme au versement annuel des aides publiques à l’Eglise catholiqu , nouvelle preuve de sa volonté de réduire l’influence du catholicisme dans a société espagnol
Cette décision fait suite à une autre mesure du président du gouvernement Jose Luis Rodriguez Zapatero, consistant à diminuer le nombre d’heures d’enseignement religieux dans les écoles.
Les pertes liées à la suppression de ces subventions annuelles - environ 30 millions d’euros en 2005 - seront compensées, selon le gouvernement, en augmentant de 0,5% à 0,7% des revenus le plafond de la donation maximum non imposable pour les particuliers.
"Cela reliera directement les revenus de l’Eglise catholique à ceux des contribuables qui souhaitent payer", a déclaré Maria Teresa Fernandez de la Vega, première vice-présidente du gouvernement.
Un porte-parole de la Conférence des évêques d’Espagne s’est dit convaincu, sur les ondes de la radio nationale, que ce mécanisme permettra à l’Eglise de maintenir un niveau identique de revenus annuels.
Zapatero, un socialiste, avait déclenché l’ire de l’Eglise en légalisant le mariage homosexuel dans ce pays considéré comme l’un des plus conservateurs d’Europe et où les relations entre l’Eglise et l’Etat portent encore les cicatrices de la guerre civile de 1936.
Environ 80% des Espagnols se disent aujourd’hui catholiques et 16% affirment se rendre régulièrement à la messe.
L’engrais de mémé hors la loi: Une aberration législative interdit aux agriculteurs de promouvoir les produits naturels.
Faut pas pousser l’agriculteur dans les orties... Une aberration législative débusquée dans la loi d’orientation agricole entrée en vigueur en juillet 2006, empêche la diffusion de recettes et de savoirs, naturels et ancestraux destinés à protéger les plantes par les plantes. Et les défenseurs d l’agriculture bio sont en colère. Avec cet article, vanter les mérites de pesticides naturels deviendrait hors la loi ! Haro donc sur le purin d’orti engrais superstar, l’eau de cuisson des patates désherbante et la fougèr repousse-chenille... Ces produits ne sont pas homologués par le législateu alors qu’ils sont plébiscités par les jardiniers, amateurs ou non, depuis de générations
« L’objectif est l’amélioration de la sécurité sanitaire »
Menace. On aurait pu croire à une blague, si une perquisition n’avait enflammé les esprits le 31 août. Deux fonctionnaires de la direction régionale de l’agriculture et de la forêt (Draf) et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont saisi les supports de formation d’Eric Petiot, un horticulteur de l’Ain qui dispense des stages sur la biologie végétale et les soins des arbres par les plantes. « Certaines préparations naturelles sont bien plus efficaces que des préparations chimiques, explique-t-il. On veut m’imposer un couloir de pensée, à savoir travailler avec des molécules de synthèse. Pas question de se laisser faire. »
Si tout jardinier du dimanche conserve le droit d’utiliser du purin d’ortie ou de la fougère pour son potager, personne, en revanche, n’a le droit de promouvoir ces pratiques, sous forme de livre, de formation ou de chronique... « Pour nous, c’est un lobbying de l’industrie phytosanitaire, qui a toujours voulu verrouiller le marché des pesticides, dénonce Bernard Bertrand, président de l’association des Amis de l’ortie et coauteur d’un ouvrage sur le sujet (1). Ces pratiques ancestrales permettent d’affranchir les gens de cette industrie, de les rendre indépendants, et la loi nous empêche de les diffuser. C’est incroyable ! »
Le ministère de l’Agriculture est très gêné par le remue-ménage provoqué par la perquisition. Car la loi d’orientation agricole exprime, même timidement, une réelle volonté de développer l’agriculture biologique en France, qui, par définition, utilise des méthodes douces. Les agriculteurs bio, ou ceux qui sont en pleine reconversion, utilisent des produits non homologués à 95 ou 98 % ! « Les produits non homologués, comme les recettes qui se transmettent de génération en génération, ne peuvent subir les mêmes exigences que des produits issus de molécules de synthèse », prévient Bernard Bertrand. L’homologation des produits phytosanitaires sera faite par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). « Il ne faut pas lire l’article 70 de façon paranoïaque, indique-t-on au ministère . Notre objectif est d’aller vers la promotion de méthodes traditionnelles et douces quand nous sommes certains qu’elles ne portent pas préjudice à l’utilisateur. » C’est là que ça devient risible : depuis quand l’ortie ou l’eau de cuisson des patates constituent-elles une menace pour l’utilisateur ?
Enquête. En revanche, l’impact sanitaire des pesticides intéresse de plus en plus de monde. D’après une récente étude de la Commission européenne, près de la moitié des fruits, légumes et céréales consommés en Europe contiennent des résidus de pesticides. Et la Mutualité sociale agricole (MSA) a lancé en 2005 la première grande enquête épidémiologique française sur le lien suspecté entre pesticides et cancer. Chaque année, l’Institut français de l’environnement (Ifen) publie ses résultats sur la qualité des eaux : 96 % des eaux de surface surveillées contiennent des pesticides ! Si ces produits chimiques contaminent nos sols, nos assiettes et nos nappes phréatiques, il est légitime de connaître leurs effets sur la santé, et le cas échéant, d’avoir le droit de ne pas les utiliser.
(1) Purin d’ortie et compagnie, éd. Terran 2003, 95 pp., 15 euros.
« Les fermes qui respectent la nature ne vaudront plus rien »: Entre préfecture et cathédrale, au coeur de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) une grande bâche accrochée aux halles de la place du Martray interpelle le passants : « Ici des paysans jeûnent, ceux qui ont choisi l’environnement sont lourdement pénalisés. » Le mouvement a été lancé il y a une semaine par la Confédération paysanne, le Cedapa (association de paysans en agriculture durable) et le GAB (groupement des agriculteurs biologiques) des Côtes-d’Armor. Sous une tente, avec couvertures et bouteilles d’eau minérale, une vingtaine de paysans qui pratiquent une agriculture durable ou biologique entourent les cinq jeûneurs du week-end. Reconductible chaque semaine, l’action entend protester contre l’application française de la nouvelle politique agricole commune (PAC), qui pénalise les pratiques soucieuses de l’environnement au profit d’une agriculture intensive, principale responsable de la mauvaise qualité des eaux, particulièrement en Bretagne.
« Absurde ». « On était dans une situation déjà injuste qui a encouragé la culture du maïs fourrage, une plante très demandeuse en azote et pesticides que l’on retrouve dans les cours d’eau, alors que le recours à l’herbe, qui ne demande aucun engrais, était très peu aidé. On va institutionnaliser cette injustice », enrage Jean Cabaret, 49 ans, un des jeûneurs. Depuis 2006, chaque Etat de l’Union européenne choisit les modalités d’attribution des aides de la PAC. La France a décidé de calculer, pour chaque agriculteur, le montant de ces aides en fonction de ce qu’il touchait en moyenne en 2000, 2001 et 2002. Résultat : ceux qui cultivaient des céréales ou du maïs, subventionné 350 euros l’hectare, continueront à percevoir ces aides, alors que l’agriculture biologique ou les producteurs de lait ou de viande bovine qui utilisaient l’herbe comme fourrage, aidée seulement à hauteur de 45 euros l’hectare dans le cadre de contrats limités à cinq ans, ne toucheront plus rien, ou presque.
« C’est absurde. Même si l’exploitant qui faisait du maïs dans les années de référence ne produit plus rien, ses aides resteront inchangées », souligne Jean Cabaret. Converti à l’herbe pour nourrir ses vaches laitières dans les années 90, ce solide gaillard dit avoir eu « honte de [son] métier » en voyant la baie de Saint-Brieuc envahie par les algues vertes. Un phénomène qui est favorisé par l’azote utilisé dans la culture du maïs, qui rejoint la mer avec les eaux de ruissellement. A son côté, Laurent Petite, ex-maître nageur qui produit de la viande bovine biologique « pour ne pas empoisonner les gens », est inquiet. « Avec ma femme, on vit avec un Smic chacun. Mais avec la fin de notre contrat agroenvironnemental, en 2007, c’est 9 400 euros par an qui vont disparaître. Beaucoup de trésoreries sont fragiles et, sans aides, certains ont des soucis pour leur avenir. »
Autonomie. C’est le cas de Frédéric, 36 ans, qui a prévu de jeûner dans quinze jours si le mouvement perdure. Pour cet ingénieur agricole qui utilise des vaches laitières nourries à l’herbe, la « distorsion de concurrence » induite par le nouveau système d’aides, prévu jusqu’en 2013, va mettre son exploitation en péril. « Tout ce qu’on demande est un traitement au moins égal. Ceux qui produisent la même quantité de lait avec des cultures de maïs toucheront plusieurs milliers d’euros en plus. C’est un manque de respect total de notre travail, avec, au bout du compte, de l’argent public qui va garantir l’agriculture industrielle », dit-il.
« Pour juger la valeur d’une exploitation, certains banquiers ne raisonnent déjà plus qu’en fonction des primes auxquelles elle peut prétendre, renchérit un autre agriculteur. Des primes qui sont désormais figées et sans rapport avec la production. Les fermes qui n’ont droit à rien, souvent les plus petites et celles qui respectent la nature, ne vaudront rien. »
Tous ces paysans ont choisi l’agriculture durable pour contribuer à améliorer la qualité de l’eau et des produits agricoles, ainsi qu’une pratique de leur métier différente : les prairies, contrairement au maïs, demandent un travail moins mécanisé sur toute l’année. D’autres ont voulu également conquérir leur autonomie vis-à-vis de l’agro-industrie en n’ayant plus recours aux phytosanitaires. En cas de sécheresse ou de maladie, leur survie pourrait être franchement compromise.
« On est le service après-vente de M. Sarkozy »: Les bénévoles qui viennent à l’aide des évacués de Cachan prennent le relais des politiques et des humanitaires.
« Quand mon mari voit Sarkozy à la télé, il devient insupportable »: Séverine, 21 ans, commerçant
De 10 ans plus âgé qu’elle, son époux y croit dur comme fer : « il serait prêt à jurer qu’avec Sarkozy président, le chiffre d’affaire de la boutique remontera ». Séverine la fleuriste n’y croit pas une seule seconde : « Ils font tous semblants d’être les meilleurs. Sarkozy fait seulement un peu plus semblant que les autres. » Elle et son mari sont au moins d’accord sur un point : « il n’est de toute façon pas très compliqué d’être meilleur que Chirac ». En cherchant bien, précise-t-elle, le seul avantage qu’elle lui trouverait et d’être plus jeune que Villepin ou Juppé. Le premier reproche qu’elle lui ferait serait d’être « trop cassant, à la limite de faire peur malgré ses bonnes manières ». Il lui gâche en tout cas les soirées à la maison devant le journal télévisé : « mon mari est quelqu’un de vraiment très doux, très calme. Mais quand il voit Sarkozy à la télé, il devient insupportable. Il jubile, comme s’il venait de trouver l’homme qui va remettre tout le monde au travail, faire marcher le monde à la baguette ». Elle ne sourit plus : « Hervé n’est pas comme ça d’habitude, j’vous jure ».
Nicolas Sarkozy contre le mariage homosexuel: Le ministre de l’Intérieur estime que le ’’modèle qui est le nôtre doit rester celui d’une famille hétérosexuelle’’.
Le maire d’Asnières mis en examen: Un proche de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann, a été mis en examen pour complicité de favoritisme dans la gestion de sa commune.
Manuel Aeschlimann, conseiller politique chargé du suivi de l’opinion publique à l’UMP et député-maire UMP d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a été mis en examen pour complicité de favoritisme dans l’attribution d’un marché public dans sa commune, a-t-on appris jeudi 31 août de source municipale.
Ce proche du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a été mis en examen par lettre recommandée avec accusé de réception fin juin, a confirmé le parquet de Nanterre.
Manuel Aeschlimann bénéficie en tant que député de l’immunité parlementaire et ne peut faire l’objet d’un contrôle judiciaire.
Il a dénoncé jeudi dans un communiqué "une instruction entachée de multiples irrégularités" et "l’insécurité juridique qui pèse sur les maires et leurs collaborateurs".
Témoin assisté jusque là
Il avait jusque-là été entendu plusieurs fois comme témoin assisté, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en 2003 par le parquet de Nanterre pour "octroi d’avantage injustifié, recel et détournement de fonds publics".
Sa directrice de la communication Fabienne Van Aal, fille du maire UMP de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) Louis-Charles Bary, avait été mise en examen fin juin pour le même motif que Manuel Aeschlimann, soit précisément "complicité d’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics".
Auparavant, l’ex-maire RPR d’Asnières (1995-1998) Franz Taittinger était seul mis en examen depuis 2003 dans cette affaire pour "atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics".
Montant surévalué
En 1998, Manuel Aeschlimann, premier adjoint au maire, monte un projet de festival folklorique, dont l’organisation est confiée à la société CDA Production via un contrat d’environ 200.000 euros.
Le préfet des Hauts-de-Seine rejette le contrat pour non-conformité au code des marchés publics. Mais la mairie persiste à confier l’organisation à CDA Production gérée par Dominique Carbonnier, ami de Manuel Aeschlimann, et à une association paramunicipale, Asnières Communication, dirigée par Fabienne Van Aal.
Dominique Carbonnier a été entendu comme témoin assisté.
Finalement l’association Asnières Communication touchera la "subvention exceptionnelle" de 200.000 euros, montant "très largement surévalué", selon les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).
Une famille menacée d’expulsion: Une famille ukrainienne a été arrêtée à l’intérieur de la préfecture de l’Essonne en vue d’une expulsion.
Une famille ukrainienne a été arrêtée vendredi à l’intérieur de la préfecture de l’Essonne en vue d’une expulsion dans la nuit de vendredi à samedi 12 août, dénonce le Réseau Education sans frontières, qui s’indigne face à ce qui pourrait être la première expulsion de l’été pour une famille.
La famille Kostyuba, dont le fils de trois ans est né en France et était scolarisé depuis un an à Corbeil-Essonne (Essonne), a été débouté de sa demande de régularisation dans le cadre de la circulaire du 13 juin concernant les parents d’élèves sans papiers.
Ils ont été arrêtés jeudi matin à la préfecture de l’Essonne où ils s’étaient rendus pour répondre à "une convocation piège" leur demandant de se présenter munis de leur passeport, selon le communiqué de RESF. Placés en rétention à Rouen, "ils seront emmenés demain (samedi) à 2h du matin, pour un vol pour Kiev à 7h15".
"Ouverture effective"
Si cette expulsion se confirme, ce serait la première fois depuis l’ouverture de la procédure de régularisation qu’une famille ayant un enfant scolarisé est expulsée de France.
RESF dénonce "l’ouverture effective de la chasse aux enfants" et rappelle que le médiateur nommé par le ministre de l’Intérieur Arno Klarsfeld avait assuré qu’aucune famille ne serait expulsée avant la fin de la procédure. Le réseau demande l’annulation de la procédure d’expulsion et l’attribution de titres de séjour à la famille.
Le communiqué ne précise pas pourquoi la demande de régularisation des Kostyuba a été rejetée, alors qu’ils semblent respecter les principaux critères imposés par la circulaire (résidence en France depuis deux ans et scolarisation de leur enfant depuis septembre 2005).
Selon les informations du ministère de l’Intérieur, quelque 30.000 personnes ont déposé une demande de régularisation depuis le 13 juin et 6.000 devraient obtenir un titre de séjour. Les associations de défense des étrangers affirment qu’il y a bien plus de sans-papiers dont les enfants vont à l’école en France et réclament une régularisation plus large.
Le Gallodrome: La BOUTIQUE LEGALLODROME : De T-Shirts avec des choses eud ch’Nord eud’chus
Anita, expulsable, accuse un policier de tentative de viol: Une Serbe de 20 ans dit avoir été agressée au centre de rétention de Bobigny à l’été 2005.
UUne agression sexuelle et une tentative de viol sont reprochées à u fonctionnaire de police dans les locaux du centre de rétention administrativ de Bobigny (Seine Saint-Denis) par une jeune fille Serbe, Anita S., lors de s détention l’été dernier. Or, malgré cette affaire, le tribunal correctionne de Bobigny doit se prononcer demain sur sa reconduite à la frontière
Anita est serbe. Agée de 20 ans, elle n’a pas de papier. Elle a fui son pays à 14 ans. Son tort est d’être entrée illégalement sur le territoire, avant que la demande de regroupement familial déposée par sa mère n’aboutisse. C’était à la fin de l’année 2000. La Serbie était bombardée par l’Otan. « Mon père est venu nous chercher mon frère et moi. Il nous a fait faire des visas de touristes, et nous a ramenés en France », raconte Anita. Malgré un avis ministériel favorable en juillet 2004, la préfecture n’a toujours pas donné suite à la demande de titre de séjour.
Policier identifié. En juin 2005, lors d’un contrôle d’identité à Bagnolet où elle vit chez sa mère, les policiers l’embarquent et la placent en centre de rétention administrative à Bobigny. C’est le samedi 18. Il n’y a pas de membre de la Cimade dans les locaux du centre le week-end. Dimanche matin, le 19, vers 7 heures, un fonctionnaire de police entre dans la chambre où Anita dort avec deux autres jeunes femmes. Elle raconte qu’il lui a fait des attouchements sexuels. « Je me suis réveillée et je lui ai demandé ce qu’il faisait là. Il m’a dit : "Tu es la nouvelle, toi, tu ne connais pas les règles." J’ai commencé à hurler », poursuit Anita. Elle crie. L’insulte. Fait un scandale. « Il était surpris de ma réaction. Il est sorti de la pièce, et d’autres policiers sont arrivés. Ils m’ont dit : "Vous n’avez pas de papiers, si vous continuez on vous renverra chez vous". » Des menaces qui peuvent être mises à exécution puisque, pendant ses quarante-huit heures de détention, le préfet a émis un arrêté de reconduite à la frontière.
La jeune fille fait appel à un avocat et porte plainte. Le jour même, les deux femmes qui dormaient dans la chambre identifient le policier qu’elles ont vu s’enfuir. Une confrontation a lieu. « Il m’a dit de ne pas gâcher sa carrière », grimace Anita, dégoûtée.
A la suite de l’agression, son avocat arrive à bloquer l’arrêté préfectoral. La jeune fille est assignée à résidence au domicile de sa mère. Elle doit pointer au commissariat de Bobigny attenant au centre de rétention. Mais elle a peur d’y retourner. Sur les conseils de son avocat, elle ne répond pas à sa première convocation, fixée au 22 juin, et va se cacher à Paris chez son petit ami Fabrice.
Arrestation musclée. Des officiers de police viennent la chercher alors chez sa mère. Ils la menacent. Si elle ne dit pas où est sa fille, sa carte de séjour ne sera pas renouvelée. Ljiljana vit pourtant en France légalement depuis près de quinze ans.
Jean-Marc Landrevie, président de l’association Issue de secours, prend en charge Anita dès la fin juillet 2005 et l’aide dans ses démarches judiciaires et administratives. Le 17 août, la police retrouve finalement la jeune fille, alors qu’elle passait chez sa mère chercher des affaires. Arrestation musclée. Son avocat n’avait pas déposé de demande de recours dans les temps, juste après l’agression. Anita est accusée de s’être soustraite à une mesure de reconduite à la frontière, et est placée en détention provisoire. Elle y restera quinze jours.
La justice tranchera sur son cas demain. Coupables d’« entrée et séjour illégal » sur le territoire, Anita et son frère de 23 ans pourraient être expulsés.
Le nouvel avocat de la famille, Me Philippe Meilhac, va faire valoir que le frère et la soeur n’ont plus aucune attache en Serbie. Et va bien sûr revenir sur la tentative de viol. Le 31 mai , Anita a de nouveau porté plainte, cette fois avec constitution de partie civile. « Ce qui est dramatique, explique l’avocat , au-delà des faits, c’est la mauvaise foi et la lenteur des procédures, pour que les mesures d’éloignement surviennent avant que le scandale n’éclate. »
« Dysfonctionnements ». Le regroupement familial piétine toujours à la préfecture. En revanche l’Inspection générale des services, la police de la police, a été plus rapide : un mois après l’agression, le parquet a classé le dossier. L’Inspection se contente de noter qu’elle « regrette des dysfonctionnements » à Bobigny, et que ceux-ci ont donné lieu a des « sanctions disciplinaires ». Elle relève qu’un fonctionnaire de police mâle n’a pas le droit d’entrer seul dans les chambres de femmes du centre. Lui se justifie en parlant d’un « contrôle de routine ».
AlterNet : The Idea That Brought Slavery to Its Knees
Menace d’expulsion pour une mère sans-papiers: Une Marocaine de 26 ans a été interpellée et séparée du bébé de 5 mois, né en France, qu’elle allaitait.
Melanine.org - La Coupe du "on" : c’est qui, la France ?: Cette coupe du monde commencée au ralenti aura montré bien plus que prévu, sur le plan sportif et sur le plan culturel. "On" s’est sévèrement lâché dans les tribunes : cette équipe est bien trop noire pour représenter fièrement la France. Maintenant que les indigènes du foot ont offert à la France la deuxième finale de son histoire, on peut se demander en toute quiétude : de quelle France parle-t-"on" ?
Les Forces Françaises Libres en finale
On est en finale. Nous, la France, nos Bleus, les p’tits gars, l’Equipe de France. Marrant comme on évolue. Il y a deux semaines, alors que le pays entier les donnait perdants au premier tour, certains parmi “nous” se sont bien lâchés. A leur tête, évidemment, exprimant tout haut ce qu’on pense tout bas, le vieux Le Pen a pris sur lui d’annoncer officiellement nos sentiments. Eh ben voilà, non seulement ils sont mauvais, mais en plus ils sont pas blancs. La France ne se reconnait pas en cette équipe, qu’il nous dit,“peut-être parce que l’entraîneur a exagéré la proportion de joueurs de couleur.” Ah, mais on a déjà entendu ça : Le Pen nous fait le coup à chaque coupe du Monde depuis 98. Mais l’écho, bien sûr, n’est pas exclusivement auto-référentiel.
Le Pen exprime tout haut ce qu’Alain Finkelkraut chuchotait il y a quelques temps au journal israélien Ha’aretz [1], prétendant avec une naïveté feinte qu’il ne pensait pas que ses propos (incompris, bien évidemment, la pensée du philosophe étant si complexe) seraient repris dans la presse française. Le problème, qu’on nous dit, c’est que cette équipe est trop noire. Ce problème, on en retrouve l’écho distordu dans les critiques faites à Raymond Domenech avant le tournoi. Ils sont trop vieux, ils ne courent plus, ils n’en veulent plus, ils sont fatigués, ils vont foutre la honte à toute la France. Trop de noirs en 98, ça allait, mais s’il se mettent à perdre on va peut-être se mettre à questionner l’obtention de leurs passeports...
J’éviterai les considérations sur la justice poétique de la tournure des évènements, notamment parce que comme une grande majorité de Français et de citoyens du monde je ne donnais moi non plus aucune chance à cette équipe. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt le glissement entre la France "black-blanc-beur de 98" et son pendant honni puis sauvé de 2006.
L’antifrance footballistique, une tradition française
Après son infâme commentaire, Finkielkraut aura passé quelques temps à tenter de s’expliquer. Dans cette interview avec Elkabach [2], il essaye de préciser : "Il (mon père, ndlr) voyait la composition de l’équipe de France, Kissovski, Copa, c’est à dire Copachevski, Pieantoni et il s’amusait et il dit : "mais est-ce qu’il y a des Français dans cette équipe ?". Il entendant par là Français de souche, c’était un rire innocent, un rire sans méchanceté dont j’ai voulu faire ressentir l’écho dans ce texte." C’était donc une blague. La petite histoire nous rappelle une chose cependant : les plus grandes équipes de France de l’histoire auront toujours été composées d’immigrés et de fils d’immigrés issus d’une variété de pays, et bien sûr d’Antillais. L’équipe de 58 dont parle Finkielkraut ici fut la première à atteindre une demi-finale de coupe du Monde, avec les premières grandes stars internationales du foot français : des Polonais au nom francisé, des Italiens, fils de mineurs, des enfants de la plèbe. L’équipe des années 80, deux fois demi-finaliste et championne d’Europe, c’est un festival des nations : Platini, Bellone, Battiston, Ferreri sont tous fils d’Italiens, Fernandez et Amoros fils d’Espagnols. Janvion, Trésor représentent les Antilles, Tigana et Touré l’Afrique. Les joueurs de foot ne sont pas tant issus de groupes ethniques que de groupes sociaux : le foot, c’est l’ascenseur social, le rêve des banlieues, l’espoir hors de la mine. Le football se développe plus particulièrement dans les régions industrielles et les banlieues précisément pasrce qu’on y trouve les populations immigrées et les classes sociales les moins aisées. C’est la même histoire depuis les débuts du football professionnel en France. Dans une interview à Libération, le sélectionneur Domenech, lui-même fils d’un Républicain catalan réfugié en France après la guerre d’Espagne nous disait ceci : "Gamin, j’habitais un quartier qu’on dirait aujourd’hui sensible de Lyon, au nom prémonitoire : les Etats-Unis.Il y avaitr une seule famille d’origine française, une seule. C’était un mélange permanent. Il n’y avait pas de "noirs" ; c’est une expression que je n’ai jamais employée : des Congolais, des Ivoiriens, des Maliens, oui, mais pas des "noirs". D’autres venaient d’Afrique du Nord, d’autres d’Espagne. Alors on en jouait. On se faisait notre coupe du Monde [...]."
C’est dans l’éternel vivier du sport, le prolétariat, que l’équipe de France a toujours puisé ses plus grandes stars. Pas grave ; le problème, évidemment, ne tient pas véritablement à leur carte d’identité. Pour Le Pen comme pour Finkielkraut, le problème, c’est véritablement leur couleur. Les bougnoules ont remplacés les macaronis. Au moins les ritals étaient plus ou moins blancs et catholiques.
Ces derniers temps les séparations symboliques entre le Front National et la politique française classique ne font plus rire personne. On recycle Le Pen à tour de bras et il le sait, il en profite. En 98 on le voyait comme un rabat-joie, tout ce qu’on était à célébrer la victoire de la France. Entre temps on aura eu toutes les excuses du monde, le 11 septembre, les émeutes d’octobre, les une-deux entre intégristes et crypto-patriotes, et Le Pen est le premier à ricaner avec Finkielkraut, de voir le bon philosophe faire son boulot gratis. C’est de saison. Rien de nouveau sous le soleil, cependant. Les temps sont à la tolérance du racisme ordinaire français, sans honte, avec fierté même. On en parle avec quelques nuances.
Ainsi, Finkielkraut ne peut-il pas reconnaître véritablement être d’accord avec Le Pen, S’accrochant à toutes les branches pour tenter de se dédouaner, le bon Alain nous expliquait que ça fait ricaner parce que c’est "un privilège post-colonial ", tous ces gars issus des Antilles et des anciennes colonies représentés dans l’équipe. Bien tenté, Alain. Il est pour le moins intriguant que Finkielkraut situe le privilège post-colonial au niveau du sport ; personnellement, je croyais que c’était la Françafrique, le privilège post-colonial. Finkielkraut suggère une espèce de traite négrière des talents footballistiques, visant plus ou moins explicitement les joueurs français d’origine africaine. Il suggère aussi subtilement qu’ils n’ont pas vraiment leur place dans l’équipe, qu’on les choisit parce qu’ils sont meilleurs que d’autres joueurs potentiellement plus français qu’eux. C’est fin, cette technique. Parce qu’il sait évidemment qu’on doit être français pour jouer en équipe de France, Finkielkraut laisse entendre que certains sont plus français que d’autres. Alors soit. On en revient à l’éternel adage : en France, tu es français tant que tu gagnes, et tu redeviens noir dès que tu perds.
Thuram au secours
Lilian Thuram, lui, a décidé de reprendre les propos de Domenech à son compte ; en réponse au gros porc du Front National, il a déclaré : "D’ailleurs moi, je ne suis pas noir." Le Guadeloupéen ne s’exprime jamais au hasard ; sa bonne blague n’est pas aussi anodine qu’on pourrait le croire. Il n’est pas noir, il est français. Quand il renvoie Le Pen à ses livres d’histoire, c’est aussi Finkielkraut et tous les chuchoteurs qui se retrouvent dans les déclarations de Le Pen qu’il tance, en soulignant le caractère éminemment visuel de ce racisme ordinaire. Il se base sur l’essentialisme crasse de ceux qui croient la France un pays blanc. Ce sont les mêmes qui font tout un foin autour du premier présentateur de JT noir : c’est qu’on n’est pas habitués à en voir des noirs, mis à part à la télé en train de chanter, danser ou faire du sport, ou dans les rues à balayer, ou dans les hôpitaux, ou à la poste, ou dans l’armée... Ahem. Ce que n’apprécient pas nos amis Alain et Jean-Marie semble être le fait que l’invisibilité des groupes ethniques non-blancs est paradoxalement révélée dans la composition de l’équipe de France. Ce qui est choquant, ce n’est pas qu’on voit tellement de noirs dans l’équipe de France, mais bien qu’on en voit si peu ailleurs.
D’où ils viennent tous ces basanés, on les a pas vu arriver ?!? L’histoire de France lepéniste que critique Thuram, c’est aussi pour beaucoup celle qu’on a apprise à l’école : les noirs y sont généralement Africains, et les noirs français en sont généralement absents, ou incolores, par la magie républicaine. En sport, on les tolère pour leurs exploits, mais juste pour ça. Le noir n’étant principalement qu’une machine de muscles, on s’attend au minimum à du bon spectacle. Sinon, vraiment, ça rime à quoi qu’ils soient français ?
Entre juillet 98 et juillet 2006, quelque chose a changé. Les émeutes d’octobre auront révélé à grande échelle que pour beaucoup, intégration veut dire ferme ta gueule et disparais. Tu peux plus l’ouvrir maintenant, si t’es un français comme les autres, nous fait pas chier avec tes problèmes. Je me suis déjà exprimé sur les intéressantes différences de traitement entre les émeutes d’octobre et les manifestations politiques contre les réformes de de Villepin : il y a, apparemment, des émeutes politiques et des émeutes sauvageonnes, qu’on ne juge pas sur leurs résultats mais sur leurs supposées intentions. De même tous ces noirs millionaires, qui jouent en Italie, en Angleterre, ils faisaient honte au maillot tout le temps qu’ils ne gagnaient pas. Ils faisaient honte à la France, à ne pas chanter. Etre tellement noir sans être héroïque, ça passe mal, en France. Il faut faire quelque chose pour faire passer la pilule, car enfin les noirs sont tolérés, mais faut pas pousser mamie dans les orties non plus. Thuram, lui, réclame le droit d’être juste français. Avec un petit sourire en coin.
Nous venons des colonies pour sauver la patrie [3]
C’est que les noirs français sont habitués à être français quand ça arrange, et négros le reste du temps. Voilà ce qu’elle explique, cette petite touche de Thuram. Quand il répond à cette interview, juste après la classieuse élimination de l’Espagne en huitième de finale, il sait bien qu’il est à nouveau glorieusement français. Il contourne les conventions et rappelle subtilement les leçons d’octobre : il joue au naïf avec Le Pen mais c’est à toute la France qu’il dit : si vous n’êtes pas avec Le Pen, encore un petit effort pour être des français dignes de ce nom. Comme nous. Eh ouais, vous avez bien lu. La France éternelle des droits de l’homme, personne ne la connaît mieux que les antillais et les descendants d’immigrés : personne ne l’aura vue plus grande ni plus mesquine, personne ne l’aura vue sous tous ses aspects et contradictions aussi bien que les enfants sombres de Marianne. Ce que Thuram suggère ici, c’est que la France monolithique des Le Pen, Finkielkraut et autres Max Gallo n’existe pas ; la France n’est pas blanche, elle n’est pas chrétienne, ni éternellement juste. Il lui arrive plus souvent qu’à son compte de traiter ses enfants comme de la merde, de les écraser tout en prétendant leur ouvrir les bras. Ça expliquerait une certaine animosité, mais les réactions hostiles sont, au final, et au vu de l’amplitude des dégâts au cours de l’histoire, relativement bénignes. C’est qu’on s’habitue à prendre le meilleur partout où on va, en se rappelant du reste, toujours, les insultes et le mépris. Ça aide à savoir manier l’ironie. Comme le souligne encore une fois Thuram, la France qui descend dans la rue à chaque victoire se reconnait dans cette équipe, notamment parce que pour beaucoup des plus basanés c’est la seule représentation officielle qu’on leur donne jamais, nonobstant Harry Roselmack. Cette France-là sait dans ses os ce que l’autre France, la France officielle, doit à ses bougnoules, envoyés au casse-pipe pendant des générations, sur le front, à la mine, et dans les stades, dans tous les coins touchés par les rayons de l’esprit français.
La finale reste à jouer. Tous les 4 ans, la Coupe du Monde est un moment d’introspection : soutient-on la France comme des gros cons chauvinistes, parce qu’ils nous représentent, nous, les Français, ou parce qu’ils jouent bien, ou les deux, ou quoi ? C’est difficile à dire. De l’étranger, ça semble simple. Il ne vient pas aux esprits de questionner la francitude des joueurs de foot. Ils s’en branlent comme de leur premiers crampons, parce qu’au final, ce sont bien les Zidanes et les Henrys qui claquent les buts pour la France, qu’ils soient de souche ou pas : c’est la méritocratie sportive. D’en France, quand tout marche, on essaye d’éviter les choses qui fâchent...
J’ajouterai juste ceci : enfant, je me rappelle que ma mère, qui se foutait royalement du football en général, s’arrêtait cependant régulièrement pour préciser : " Janvion, il est Martiniquais ! Trésor, il est Guadeloupéen. Luc Sonor aussi." Parce que les Antillais sont Français tous seuls dans leur coin, généralement, puisque leur couleur annule leur carte d’identité, leur présence en équipe de France aura toujours été une revanche invisible. Au final, ce qui fait peur à Le Pen et Finkielkraut, ce n’est pas que les joueurs noirs ne chantent pas la Marseillaise, qu’on a pu voir beuglée par les Antillais de l’équipe comme s’ils reprenaient le Monte Cassino [4] ; c’est plutôt que par écho, la simple présence des indigènes de l’équipe de France rappelle au pays tout entier ce qu’il doit à ses bougnoules, dans le présent, dans le passé, dans les aventures sportives les plus triviales et les moments historiques les plus sérieux.
Au final, évidemment, il ne s’agit bien que de football. Que la France gagne ou pas, les rues seront envahies, on fêtera dignement l’incroyable retour et le sublime au revoir du grand Zidane, on discutera éternellement les courses folles de Ribéry et les finesses de Henry, la nouvelle saison commencera et on oubliera tout, tout doucement, et aux élections l’année prochaine Le Pen se retouvera encore au deuxième tour, quand tous ces couillons trouveront un nouveau moyen de stigmatiser la couleur de peau. En attendant, je ne peux pas m’empêcher de jubiler ; la France dont Thuram parle avec tant de subtile ironie, je la connais, et je déguste chaque minute où elle apparait à la télevision. Cette France-là a un passé pour le moins douteux mais elle ne s’en cache pas ; ce sont ceux-là même qu’elle a le plus meurtri qui viennent à sa rescousse, peut-être pour la gloriole, mais surtout pour la démonstration. Le mensonge de votre France éternelle, ce sont les mal-français et les mal-blanchis qui lui donnent son cachet. La France de Thuram, c’est celle qui sait qu’elle n’a pas répondu aux attentes mais qui, en connaissance de cause, essaye de faire mieux. Ceux qu’elle a floués rigolent en douce, ils connaissent la chanson, mais ils lui donnent une nouvelle chance. Voilà comment les enfants sombres de la patrie ont toujours réclamé leur dû. Je ne sais pas si cette France existe véritablement en-dehors des terrains de foot, où elle n’existe que par interprétation ; raison de plus pour l’y louer. Mais l’ironie finale réside dans le fait que malgré les jérémiades des Finkielkraut et autres Le Pen, la France dont parle Thuram, c’est aussi la seule que connaissent des millions d’étrangers. En ce moment, et pour de longues années à venir pour les innombrables amateurs de foot du monde, la France, c’est Zidane, Vieira, Thuram et Ribéry, des Arabes, des Antillais, des Africains et des racailles de banlieue. Allez voir expliquer cette affaire.
[1] Disponible en français ici. Le bon Alain nous expliquait doctement que l’équipe de France contient une trop grande proportion de joueurs noirs, ce qui ferait “ricaner toute l’Europe”. Je pense qu’ils rigolent moins aujourd’hui, deux jours avant la finale, mais on verra.
[2] ici.
[3] extrait du "chant des Africains", dont vous trouverez le texte intégral ici.
[4] Tiens, tiens, quand on parle d’histoire invisible : il y avait des forces françaises libres pour libérer l’Italie et la Provence aux côtés des Américains. Pour beaucoup, elles étaient constituées de dissidents antillais et des troupes coloniales, dont nombres connurent leurs première neiges sur les pentes du Monte Cassino. Voir ici.
[Jérôme Colombain] Les DRM frappent à nouveau
L’école doit payer des droits pour une chanson: À la fête de fin d’année, des élèves de l’école de Peillac (Morbihan) ont chanté Adieu monsieur le professeur. La Sacem leur réclame 75 €.
Le spectacle de fin d’année a eu lieu, samedi 17 juin, en fin de matinée, à la salle polyvalente de Peillac, près de Redon. Les enfants de l’école publique « La marelle » sont montés sur scène pour chanter, danser, conter et jouer devant leurs parents. L’événement a son importance. Et cette année, plus encore, avec le départ de trois enseignantes. « Les enfants avaient prévu une surprise, raconte la directrice, Solenn Boussicaud. Je leur ai donné le micro à la fin du spectacle et ils ont commencé à chanter Adieu monsieur le professeur, d’Hugues Aufray, en hommage à leurs maîtresses. »
Fin juin, la directrice reçoit un coup de fil de l’antenne lorientaise de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). « On m’a demandé l’adresse exacte de l’école. J’ai voulu en savoir plus. Elle m’a dit que c’était à propos de cette chanson. » Un courrier est arrivé lundi dernier. L’enveloppe comprenait une note de débit de 75 €, ainsi qu’un courrier : « Vous avez utilisé des oeuvres du répertoire de la Sacem sans avoir demandé à notre société l’autorisation préalable, formalité obligatoire prévue par le code de la propriété intellectuelle. » Et l’utilisation de ce répertoire est considérée comme un délit de contrefaçon. Solenn Boussicaud est abasourdie. Faute de paiement, conclut la Sacem, une procédure judiciaire sera intentée. « Notre rôle est d’autoriser la diffusion et de percevoir des rémunérations pour le compte des auteurs. Les écoles le savent. Elles reçoivent des formulaires en début d’année », commente Éric Bourson, responsable de la Sacem dans le Grand Ouest.
C’est en épluchant la presse locale que la Sacem a relevé « la faute ». « L’école n’a pas fait de déclaration préalable. Nous appliquons donc le forfait minimum d’un spectacle d’enfants avec sono, c’est-à-dire 75 € pour utilisation de mélodie musicale. »
Même tarif quand le spectacle est gratuit et réservé aux parents ? « Oui », répond la Sacem. La cour d’appel de Bordeaux avait rendu une décision en ce sens en 1993 estimant « qu’une représentation d’une oeuvre au Noël des enfants est soumise au droit d’auteur », rappelle Me Lamon, spécialiste en droit de la propriété intellectuelle. L’avocat rennais défend l’idée que l’État devrait donner un budget « droits d’auteur » aux écoles pour la musique et les photocopies d’ouvrages.
L’école a expédié une lettre de réclamation, mardi. La directrice y détaille que cette matinée n’avait aucun but lucratif et que les enfants ont juste chantonné une partie d’Adieu... Elle espère être entendue.
Nathalie FLOCHLAY.
Scandale des HLM de Paris : des accusés plutôt bien lotis
Sans-papiers : "La chasse à l’enfant a commencé": Le Réseau éducation sans frontières dénonce les arrestations de plusieurs étrangers parents d’élèves. Des centaines de demandes de régularisation ont été déposées ce matin à la préfecture de police de Paris.
Le directeur de cabinet du maire d’Asnières condamné à six mois : Le directeur de cabinet du maire d’Asnières condamné à six mois
avec sursis
Le directeur de cabinet du maire d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a été condamné jeudi à six
mois de prison avec sursis par le tribunal de Nanterre pour dénonciation calomnieuse d’un opposant
municipal qu’il avait accusé de tentative de meurtre en 2003.
Francis Pourbagher, directeur de cabinet du député-maire UMP d’Asnières Manuel Aeschlimann, devra
aussi verser 5.000 euros de dommages et intérêts et 4.000 euros au titre des frais de justice à celui qu’il
avait injustement accusé.
Enfin, le tribunal a ordonné la publication du jugement dans le journal municipal d’Asnières et dans
l’édition des Hauts-de-Seine du Parisien.
M. Pourbagher a annoncé vouloir interjeter appel.
"Votre cursus et votre fonction excluent toute méprise quant à vos droits et devoirs en la matière", a lancé
à M. Pourbagher le président de la 15e chambre, Alain Prache, en fustigeant une "instrumentalisation de
l’autorité judiciaire et de la force publique, conçues pour la garantie des droits de l’homme".
"Les lois de la République sont faites pour être respectées par tous, que l’on s’en souvienne", a encore dit
le président au condamné.
Les faits remontent au 29 octobre 2003. Ce soir-là, M. Pourbagher dit s’être arrêté devant un panneau
d’affichage portant un tract d’une association de quartier opposée à la municipalité.
Au moment où le directeur de cabinet de Manuel Aeschlimann, un proche de Nicolas Sarkozy, veut
retourner à son véhicule -garé à contresens de l’autre côté de la rue-, il affirme qu’une voiture, dont il a
ensuite fourni le numéro d’immatriculation à la police, lui aurait "foncé dessus".
La plaque correspond à la voiture de Shebli Anvar, ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique
(CEA) et membre d’une association de quartier opposée à la mairie.
Après enquête de 24 heures, le parquet de Nanterre classe la plainte.
Les tracts, calomnies et injures sont monnaie courante dans la vie politique asniéroise.
Lors de l’audience fin mai, M. Pourbagher avait maintenu "in extenso" ses accusations de 2003 contre M.
Anvar, qu’une instruction est venue contredire.
Soulignant les "invraisemblances" de la version de M. Pourbagher, le procureur Bruno Bougie, après avoir
demandé un supplément d’enquête rejeté par le tribunal, s’en était rapporté au jugement à venir.
Libération : Sarkozy, la main dans l’info: Le locataire de la place Beauvau a pris l’habitude d’intervenir dans le travail des journalistes.
Dans quel pays le ministre de l’Intérieur peut-il exiger et obtenir la tête du directeur d’un grand hebdo sous prétexte qu’il a publié des photos qui déplaisent ? La Corée du Nord ? Le Turkménistan ? Cuba ? Pas besoin de chercher si loin : l’histoire se passe en France, où Nicolas Sarkozy, ulcéré par la publication, à la une de Paris Match, d’un cliché de son épouse en compagnie du publicitaire pour lequel elle l’avait quitté, a fait chuter Alain Genestar, le patron du magazine.
Et s’il n’y avait que Match ! Car le ministre de l’Intérieur entretient avec de nombreux médias des relations intimes, voire incestueuses. On ne compte plus ses interventions, discrètes ou directes, sur les rédactions. Il va même parfois jusqu’à s’en vanter. Dossier à charge.
Télévision
JT sous influence
Selon nos informations, Nicolas Sarkozy n’est pour rien dans le prochain passage Des Chiffres et des lettres de France 2 à France 3. Pour tout le reste, en revanche... Sarkozy et la télé, c’est un véritable roman d’amitié : coups de fils, conseils, pressions de la part du président de l’UMP mais aussi autocensure de la part des chaînes pour ne surtout pas lui déplaire.
Exemple en novembre 2005, lors de la crise des banlieues. Figurez-vous que nos chères télés, si promptes d’habitude à faire feu de toute insécurité et tsunami de toute eau, se sont soudainement montrées d’une prudence de Sioux. Très vite, France 3 ne donne plus le nombre de voitures brûlées, France 2 ne montre pas les pourtant télégéniques incendies d’autos et TF1 fait dans le positif à coups de reportages sur les initiatives en banlieue. Un oukase de Sarkozy ? Même pas. Il a simplement suffi que des élus tel le député UMP Jacques Myard fassent publiquement les gros yeux en accusant les médias d’être « instrumentalisés par les casseurs ». Et Sarkozy là-dedans ? Oh, trois fois rien, il s’est juste contenté d’appeler personnellement Robert Namias et Arlette Chabot, patrons de l’info de TF1 et France 2, pour les remercier de leur prudence.
Sont-elles sourcilleuses, ces chaînes, et soucieuses d’équité... Le 6 novembre, 7 à 8 (TF1) saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon de Namias. Le dimanche suivant, 7 à 8 contrebalance avec les interviews de maires de banlieues chaudes... Le 8 novembre, dans Nous ne sommes pas des anges (Canal +), la représentante d’une association souligne la responsabilité de Sarkozy dans les émeutes en banlieues et fait le parallèle entre le couvre-feu de Villepin et celui de Papon en octobre 1961. Emoi à la direction de Canal +, qui exige « un autre point de vue ». Ce sera, deux jours plus tard, celui d’un maire UMP... Officiellement, Nicolas Sarkozy n’est pas intervenu. Juste, il a fait demander la cassette au service de presse... Le 10 novembre, France 2 diffuse dans son JT les images du tabassage de jeunes par des flics. Ceux-ci sont suspendus. Arlette Chabot décide d’ôter le reportage du site web de France 2 : « Nous ne voulions pas tomber dans la surenchère [...] au risque d’envenimer les choses à la veille d’un week-end à risque ». Le ministre de l’Intérieur peut dormir sur ses deux oreilles, Chabot veille.
Et puis Sarkozy passe à la télé. Il faut alors mettre les petits plats dans les grands. Quand il est invité du Grand Journal de Canal + de Michel Denisot début mars 2006, il accepte, mais à condition de figurer aux côtés de Denisot en Une de TV Mag, le supplément télé de la Socpresse (le groupe de presse de Dassault) distribué avec 42 quotidiens nationaux et régionaux et diffusé à près de cinq millions d’exemplaires. Commentaire d’un cadre de Canal : « Sarkozy n’en a rien à faire du Grand Journal, ce qui l’intéresse, c’est d’être sur la table du salon de 5 millions de personnes. » Ce n’est pas la première fois que Sarkozy prend ses aises avec la chaîne cryptée : quand en juin 2005, dans le plus grand secret, Canal + décide de mettre fin au contrat de Karl Zéro, celui-ci fait donner ses amis qui tenteront de faire plier Bertrand Méheut, PDG du groupe. Au premier rang des pro-Zéro : Sarkozy, qui appelle en personne.
Enfin, il y a Sarkozy le faiseur de stars. Le 7 mars, la veille d’un délicat voyage du ministre aux Antilles, TF1 annonce que le joker de PPDA sera désormais le journaliste noir et antillais Harry Roselmack. Un bien beau hasard n’arrivant jamais seul, Sarkozy était déjà au courant. Le 17 février, recevant place Beauvau le club Averroès, qui défend l’image des minorités dans les médias, le ministre de l’Intérieur et ami intime de Martin Bouygues, PDG de la maison mère de TF1, avait en effet annoncé la nouvelle : il y aura, cet été, un Noir au 20 heures. Mieux, selon certains témoins de la rencontre, Sarkozy aurait raconté avoir lui-même soufflé l’idée à Bouygues...
Radio
Conseil en recrutement
Le ministre de l’Intérieur garde aussi un oeil sur le recrutement des journalistes politiques. En février, le Canard enchaîné révèle que Jean-Pierre Elkabbach, directeur d’Europe 1 (filiale de Lagardère, tout comme Paris Match), a pris conseil auprès de Nicolas Sarkozy sur le choix d’un journaliste politique. « C’est normal, fanfaronne Sarkozy. J’ai été ministre de la Communication. » Et il ajoute : « Je les connais, les journalistes. » Elkabbach revendique sa « méthode » de recrutement, qui consiste, dit-il, à prendre l’avis des politiques, mais aussi de syndicalistes ou d’associations : « Je fais cela pour tous les services parce que je veux avoir les meilleurs... Je ne peux pas interdire aux politiques de me donner leur avis. Mais ensuite je décide à 100 % moi-même ».
Presse, édition
Convocation
Pauvre Valérie Domain. Cette journaliste de Gala croyait pouvoir publier tranquillement une bio autorisée de Cécilia Sarkozy. Elle l’avait même rencontrée à plusieurs reprises. Mais le livre ne verra pas le jour, du moins sous sa forme initiale. Fin 2005, l’éditeur est convoqué place Beauvau par le ministre de l’Intérieur en personne. Menace de procès, intimidation : il comprend le message et remballe son ouvrage. Lequel sera transformé à la va-vite en roman à clé. Chez Prisma, propriétaire de Gala, on anticipe les soucis à venir en demandant désormais aux journalistes maison de soumettre leurs projets de livre à la direction.
Mais Nicolas Sarkozy ne peut pas convoquer au ministère tous les journalistes. Un homme de l’ombre, dans son cabinet, se charge de faire passer les messages non officiels aux rédactions. Pierre Charon a ainsi fait savoir à quelques journalistes que le fils cadet de François Hollande et Ségolène Royal avait été interpellé, en mai dernier, après une soirée arrosée. C’est lui aussi qui a agité la menace d’un procès dans les rédactions susceptibles de révéler l’identité de la journaliste du Figaro qui partageait la vie de Nicolas Sarkozy après sa rupture avec son épouse.
Mais c’est sans doute avec Paris Match que les interventions ont été les plus directes et les plus pressantes. Outre l’affaire de la Une de Cécilia, il y a eu le cas Noah. Dans un entretien à l’hebdomadaire, en décembre dernier, le chanteur-tennisman déclare : « Une chose est sûre : si jamais Sarkozy passe, je me casse ! » Bizarre : le 15 décembre, lorsque l’hebdo arrive en kiosque avec la longue interview titrée « Mes quatre vérités à la France » dans laquelle Noah évoque notamment la crise des banlieues, la petite phrase a tout simplement disparu, comme le révèle le Canard. Sur ordre de Sarkozy ? Ou bien l’hebdo a-t-il décidé de s’autocensurer et de s’éviter, cette fois, les foudres du ministre de l’Intérieur et de son ami Arnaud Lagardère, propriétaire de Match ? A chacun sa version.
Libération : Les magistrats renvoient Sarkozy à ses erreurs: Après les attaques écrites du ministre de l’Intérieur contre le président du tribunal de Bobigny, les juges saisissent le CSM pour atteinte à la séparation des pouvoirs.
Dans son réquisitoire contre le supposé laxisme du tribunal des enfants de Bobigny, Nicolas Sarkozy dérape. Après l’attaque verbale du 8 juin il avait estimé qu’il n’était « pas admissible » que ce tribunal n’ait pas « prononcé une seule décision d’emprisonnement » durant les émeutes de novembre , il passe à l’écrit dans un courrier adressé à Jean-Pierre Rosenczveig, président de cette juridiction. « C’est la première fois qu’un ministre de l’Intérieur apostrophe un président de tribunal », commente un juge. « Ces attaques basées sur des informations erronées constituent une atteinte violente et jamais égalée même du temps de Pasqua au principe de la séparation des pouvoirs », poursuit-il.
Qu’ils soient de droite ou de gauche, d’un syndicat ou d’un autre, les magistrats partagent cette analyse. Les deux principaux syndicats et les douze juges des enfants du tribunal de Bobigny ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature. « Si le ministre de l’Intérieur est l’auteur de cette lettre, il s’agit de toute évidence d’une violation flagrante du principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs », écrit le Syndicat de la magistrature (SM, gauche). « Si c’est le candidat déclaré à l’élection présidentielle, la démarche n’en est pas moins inquiétante de la part de quelqu’un qui aspire à être le gardien des institutions », poursuit le syndicat, qui a également saisi le garde des Sceaux.
Erreurs édifiantes. Le SM relève, point par point, les erreurs du ministre. Nicolas Sarkozy a émaillé sa lettre d’exemples édifiants. « Comment expliquer à cette femme handicapée de 56 ans, brûlée vive à Sevran parce qu’elle ne pouvait s’extraire de son bus incendié par trois mineurs de 16 ans, que ceux-ci ont été laissés en liberté par votre tribunal à l’issue de leur interpellation par la police ? », interroge le ministre. « C’est faux. Ils sont placés en détention provisoire depuis plusieurs mois », souligne le syndicat.
« Comment expliquer au pompiste d’Aubervilliers, encore traumatisé par le braquage avec arme de sa station par un voyou interpellé à l’issue d’une course-poursuite, qu’il risque de le recroiser à tout moment parce que le président du tribunal pour mineurs de Bobigny a refusé l’incarcération ? », interroge encore Nicolas Sarkozy. Impossible, explique le syndicat, cette affaire criminelle est en cours d’instruction et la détention relève donc du seul juge des libertés. Le ministre cite encore ce « mineur de 17 ans, déjà mis en cause 55 fois dont 12 fois pour vol avec violence, et laissé en liberté par votre tribunal après avoir roué de coups un chauffeur de bus qui refusait simplement de s’arrêter entre deux arrêts ». Il est sous les verrous, souligne le SM. Quant à ses deux coauteurs, ils n’ont « pas encore été identifiés par la police ». Et le syndicat d’en déduire : « Le ministre de l’Intérieur que vous êtes est bien mal informé. »
Chez certains maires, la critique du juge devient un classique, relève Jean-Pierre Rosenczveig. « C’est un phénomène politique nouveau. Jusqu’à une date récente, on se respectait, quelle que soit l’étiquette. » Mais, cette fois, le président du tribunal pour enfants de Bobigny trouve que le ministre de l’Intérieur s’est surpassé. « Quitte à s’adresser à un magistrat, autant choisir le bon », remarque-t-il.
« Le feu couve ». Pourquoi une telle escalade ? « Sarkozy tente de camoufler les limites de la politique menée ces dernières années », estime Jean-Pierre Rosenczveig. Il tient à se couvrir, dans le cas d’un remake des émeutes de novembre, juste avant les présidentielles. « Il sait que le feu couve. Et si ça explose dans les mois qui viennent, ce n’est pas la gauche qu’on va rendre responsable », poursuit le magistrat. Donc, ce sera la faute des magistrats, sur l’air de « la police arrête les voyous et les juges les relâchent », analyse aussi Dominique Barella, président de l’Union syndicale des magistrats (USM, modéré). « C’est la technique classique du bouc émissaire », ajoute-t-il.
Alors que leur ministre se montre très discret sur le sujet, les magistrats renvoient Nicolas Sarkozy vers ses propres troupes. « Les 3/5e des affaires traitées par les parquets ne peuvent faire l’objet de poursuites judiciaires, faute d’élucidation par les services de police et de gendarmerie », écrit Côme Jacqmin, secrétaire général du SM. Il regrette qu’au nom d’« intérêts électoralistes » Nicolas Sarkozy risque de « ruiner la confiance des citoyens à l’égard des institutions de la République ».
Abus policiers contre des prostituées: Un rapport de la Ligue des droits de l’homme dénonce les violences policières dont sont victimes les prostituées des bois de Boulogne et de Vincennes.
Après avoir enquêté pendant un an, la Ligue des droits de l’homme (LDH) publie jeudi 22 mai un rapport qui pointe les abus de certains policiers sur les prostituées des bois de Boulogne et de Vincennes, aux abords de Paris. La liste des débordements est longue : "confusion" entre prostitution et racolage, "subornation de témoin", "injures", "gardes à vue abusives"…
Plusieurs associations de défense des droits de l’homme - le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), le Syndicat des avocats de France (SAF), le Syndicat de la magistrature (SM) - se sont jointes à la LDH pour créer la Commission nationale Citoyens-Justice-Police. Elles soulignent jeudi les "dérives policières et judiciaires" dont sont victimes les prostituées au quotidien, depuis la mise en œuvre de la loi sur la sécurité intérieure (LSI) de mars 2003 qui institue un délit de racolage.
"Discriminations"
"Depuis la LSI, les prostituées ont de plus en plus de problèmes avec la police qui semble confondre loi sur le racolage et lutte contre la prostitution", a indiqué Marie-Agnès Combesque, membre de la commission, lors de la présentation du rapport.
Marie-Agnès Combesque accuse aussi les policiers de pratiquer la "subornation de témoins", lorsqu’ils "font pression par le chantage sur les clients pour obtenir une description des faits imaginés par les agents de police et permettant de caractériser légalement le racolage".
Jeudi, en début d’après-midi, la police n’avait pas réagi.
Créée en 2002, la commission a été saisie en juillet 2005 par des prostituées d’origine africaine du bois de Vincennes, qui dénoncent une "répression policière quotidienne" et des "discriminations". Depuis, 16 femmes de Vincennes et une vingtaine de transsexuels de Boulogne ont témoigné.
La LDH regrette que "la législation sur le proxénétisme favorise le proxénète, en l’absence de toute protection des victimes" pourtant posée par la loi. Le rapport souligne que les faits de proxénétisme révélés par l’action des services ne sont passés que de 539 à 557 de 2003 à 2005.
Il révèle aussi que les policiers ne dressent de PV pour stationnement gênant ou refus d’obtempérer qu’aux véhicules de prostituées, et qu’ils ne saisissent que leurs camionnettes.
"Les policiers dressent deux PV coup sur coup, ce qui est strictement illégal, le premier à 11h05 à 35 euros, le second à 11h08 à 90 euros", accuse Marie-Agnès Combesque, qui parle de comportements "dévoyés".
Peur de la police
Quant aux "gardes à vue abusives", le rapport s’indigne qu’elles puissent atteindre 24 heures pour un interrogatoire de 30 minutes. La commission dénonce l’utilisation de menottes pour les transferts, les fouilles effectuées "dans des conditions humiliantes", souvent par des hommes, et le placement en cellules de transsexuels avec des hommes.
Les prostituées témoignent d’injures, notamment à caractère raciste. "Vous grimpez aux arbres. On va vous jeter des bananes", a-t-on répondu à une prostituée d’origine africaine qui demandait un repas dans un commissariat.
En conséquence, elles ne vont plus signaler à la police les agressions dont elles sont victimes.
Pour Marie-Agnès Combesque, "certains policiers ont des comportements de cow-boys".
Enfin le texte indique que "même non poursuivie devant la justice (dans la majorité des cas), la prostituée demeure enregistrée comme auteur d’une infraction de racolage".
"Ce système permet de façon totalement artificielle à certaines unités de police de justifier d’une activité, ainsi que de chiffres d’élucidations élevés", en conclut le rapport.
Les auteurs revendiquent en premier chef l’abrogation de l’article relatif à la répression du racolage.
29% des Français ne partent pas cet été: Près de la moitié de ceux dont les revenus ne dépassent pas 1.200 euros par mois resteront chez eux pendant les vacances.
Libération : CNE, emplois fictifs: Moins d’un an après la mise en place de la mesure phare du gouvernement, une étude démontre que seuls 10 % des contrats sont de réelles créations de poste.
Le franponais.com
Le Monde.fr : Les régularisations ne concerneraient pas plus de 2 % des enfants de sans-papiers
Chasse aux sans papiers dans une maternelle: La police est venue chercher mardi dans une maternelle du Mans deux enfants kurdes de 3 et 6 ans afin d’être expulsés avec leur mère, déboutée du droit d’asile.
La descente mardi 6 juin de policiers dans une maternelle du Mans pour venir y "arrêter" deux enfants sans-papiers a été qualifiée de démarche "de honte" mercredi par la FCPE, la première fédération de parents d’élèves.
Les policiers sont venus chercher mardi dans cette école maternelle deux enfants kurdes de 3 ans et demi et 6 ans. Leur mère, qui avait déposé une demande d’asile politique, était en cours de reconduite à la frontière après avoir été déboutée. Mercredi, tous trois ont quitté la France pour la Norvège, où la mère aurait déposé sa première demande d’asile.
"Quelle honte !"
"La FCPE (370.000 adhérents, 28% au primaire, 56% dans le secondaire) est scandalisée par l’intervention hier de la police dans une école maternelle de la Sarthe pour y soustraire deux enfants dont la mère était en situation irrégulière et les expulser immédiatement (...) Quelle honte !" s’indigné la FCPE dans un communiqué.
"Le jour même, souligne la fédération, le ministre de l’Intérieur se répandait dans la presse pour annoncer qu’il ferait preuve de clémence à l’égard des enfants en situation irrégulière, quel cynisme éhonté !".
La mesure annoncée mardi par Nicolas Sarkozy sur une régularisation partielle de familles ayant des enfants scolarisés sans-papiers, "ne concernera qu’une petite minorité d’enfants", a souligné la FCPE.
Libération : L’huile végétale fait tache dans les bennes à ordure
Alice Actualités : Eva Joly plaide pour une grande réforme dans la magistrature: [17/05/2005 - 10:48]
PARIS (Reuters) - L’ancienne juge d’instruction Eva Joly plaide pour une "grande réforme" dans la magistrature française et insiste sur la nécessité de couper les ponts entre les milieux politique et judiciaire.
"La magistrature française a besoin d’une grande réforme. il faut couper le lien entre le pouvoir et les parquets !" déclare-t-elle dans Le Parisien.
Pour l’ancien juge de l’affaire Elf, qui a quitté la France pour la Norvège il y a trois ans, les problèmes du système judiciaire français ont un fort impact sur l’image du pays dans le monde.
"Vous ne vous rendez pas bien compte à Paris, mais toutes les affaires laissées en suspens, non traitées, étouffées, ont toutes un prix en matière de réputation internationale", affirme-t-elle.
Eva Joly donne comme exemple "toutes les affaires où le président de la République est mis en cause" et "le fait que la France soit le seul pays au monde à avoir nommé ministre une personne condamnée pour blanchiment (le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, ndlr).
"Ce sont des choses impensables dans la plupart des pays démocratiques !", insiste l’ancien juge, qui évoque aussi la situation du sénateur des Hauts-de-Seine, Charles Pasqua.
Pour Eva Joly, le fait que l’ancien ministre de l’Intérieur "ait été élu sénateur malgré les enquêtes en cours le visant est quelque chose qui choque profondément" et "un indicateur très inquiétant de l’état de la société française".
"La présomption d’innocence n’a rien à voir là-dedans. Un policier de base impliqué dans un scandale est immédiatement suspendu", insiste-t-elle.
"Les Français ont raté le débat sur ’les affaires’", déplore la "conseillère spéciale" auprès du gouvernement norvégien. "Il y a encore en France des cadavres dans les placards, qui hantent la République".
Eva Joly s’inquiète aussi pour l’indépendance des juges, dont une majeure partie est nommée "contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature", et remarque que la France est l’un des pays d’Europe "qui consacre le moins d’argent à sa justice".
"La France n’a pas su prendre un tournant décisif. La lutte contre la corruption est la nouvelle frontière des grandes démocraties", conclut-elle.
Maître Eolas : L’amnistie de Guy Drut: Le président de la République vient de décider une mesure individuelle d’amnistie au profit de Guy Drut, ancien ministre de la jeunesse et des sports du gouvernement Juppé, député de la 5e circonscription de Seine et Marne et maire de Coulomiers, à la suite de sa condamnation en octobre dernier à 15 mois de prison avec sursis et 50000 euros d’amende dans l’affaire dite des marchés publics d’Ile de France.
Cette amnistie n’est pas l’exercice du droit de grâce prévu par l’article 17 de la Constitution : la grâce n’efface pas la condamnation, elle dispense de l’exécution de la peine ou la commue en une peine moins grave. L’amnistie supprime l’élément légal de l’infraction : les faits amnistiés ne consituent donc plus un délit. Les effets sont exposés à l’article 133-9 du Code pénal :
L’amnistie efface les condamnations prononcées. Elle entraîne, sans qu’elle puisse donner lieu à restitution[1], la remise de toutes les peines. Elle rétablit l’auteur ou le complice de l’infraction dans le bénéfice du sursis qui avait pu lui être accordé lors d’une condamnation antérieure.
Cette amnistie repose juridiquement sur l’article 10 de la loi n°2002-1062 du 6 août 2002, loi d’amnistie qui a été votée après la réélection de Jacques Chirac.
Cet article 10 prévoit, outre les amnisties de droit posées par les articles précédents, la possibilité pour le président de la République d’accorder par décret individuel une amnisitie, à condition que les faits aient été commis avant le 17 mai 2002 (date de prise de fonction du président de la République pour ce deuxième mandat), et que la personne appartienne à une des catégories visées par la loi : mineurs ou majeur de moins de 21 ans au moment des faits, personne ayant un passé de combattant, de déporté ou de résistant et les "personnes qui se sont distinguées d’une manière exceptionnelle dans les domaines humanitaire, culturel, sportif, scientifique ou économique" (article 10, 6°). Guy Drut bénéficie ainsi de son glorieux passé sportif, à savoir sa médaille d’or au 110 mètres haie aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.
Le Président de la République ne peut pas décider de lui même d’accorder cette mesure : elle doit lui être demandée "par toute personne", c’est à dire que Guy Drut n’est pas forcément le demandeur à l’amnistie.
Ce décret n’a pas à être motivé ; mais l’Elysée a estimé nécessaire de préciser (cité par Les Echos) que "Cela permettra à Guy Drut de continuer à siéger au sein du Comité international olympique, ce qui est tout à fait essentiel pour la France et la défense de ses intérêts dans le domaine sportif". Comme les JO à Paris en 2012 ?
Cette amnistie est, juridiquement, tout à fait légale. Politiquement, elle est désastreuse et moralement injustifiable. Elle est manifestement, évidemment un cadeau fait à un ami politique du même bord, et montre bien la tradition gaulliste qui n’en finit pas de mourir, contaminant la République dans le processus, qui veut que "l’intérêt supérieur de la France", l’ancienne "Raison d’Etat", telle qu’appréciée par le prince, prime sur toute autre considération, y compris l’égalité des citoyens face à la justice et à la loi.
Sans compter la concurrence déloyale pour ma profession.
Mise à jour : En relisant le texte de la loi, je me suis remémoré que l’une de ses lignes directrices était la volonté de moraliser la vie publique. Ainsi, l’article 14, 5° de ladite loi exclut du bénéfice de l’amnistie, y compris celle individuelle de l’article 10, toutes les infractions habituellement rencontrées dans les affaires liées au financement occulte des partis politiques.
Comment Guy Drut est-il passé à travers les mailles du filet ?
Il était poursuivi pour recel d’abus de confiance. Or si l’abus de confiance simple et aggravé sont bien exclus du bénéfice de la loi par l’article 14, 5°, le recel de ces délits, lui, ne l’est pas. Un oubli du législateur, sans doute. Toujours est-il que cette amnistie individuelle s’inscrit totalement à contre-courant de l’intention du législateur.
Enfin, un détail de poids : l’amnistie ne met pas fin à l’action civile de la région qui demande la restitution des sommes détournées. Si l’amende de 50000 euros ne sera pas exigible, les dommages-intérêts le seront.
Quand Le Figaro gomme Chirac: Le Canard enchaîné accuse le Figaro d’avoir retouché une photo du banquier japonais Osada et d’avoir gommé la présence de Jacques Chirac.
Amnesty dénonce l’impunité des policiers: Droits de l’homme.
Dans son rapport annuel, Amnesty Internationl dénonce ’’les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à la police’’ française et l’impunité dont bénéficient les forces de l’ordre.
"Les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à la police depuis dix ans ne sont pas des cas isolés" en France, a dénoncé mardi 23 mai dans son rapport annuel Amnesty International qui s’inquiète que ces brutalité policières restent impunies.
"Les auteurs présumés de tels actes ne sont toujours pas amenés à rendre des comptes de leurs actes devant la justice", a souligné la présidente d’Amnesty France Geneviève Sévrin.
L’association de défense des droits de l’homme précise que "le racisme des policiers et d’autres agents de l’Etat vise les personnes de confession musulmane ou issues d’une minorité ethnique".
L’organisation s’inquiète également, dans ce rapport portant sur l’année 2005, de la loi sur le terrorisme votée en décembre. Certaines des dispositions sont "liberticides", estime Geneviève Sévrin.
Le rapport souligne que cette loi "prévoit d’autoriser des périodes plus longues de détention au secret, supprimant ainsi des garanties contre le recours à la torture et les mauvais traitements et renforçant l’impunité de fait des agents de la force publique".
Le texte note enfin que "de nouvelles dispositions législatives et réglementaires ont restreint le droit de demander l’asile et celui de voir sa requête examinée au fond". Amnesty dénonce la mise en place d’une liste de "pays sûrs" comprenant "certains pays dont les pratiques en matière de droits de l’Homme sont loin d’être exemplaires", explique Geneviève Sévrin, citant notamment l’Albanie ou la Géorgie.
Bénin : des députés boycottent Sarkozy: Ils ont décliné l’invitation à déjeuner du ministre qu’ils ne considèrent pas ’’comme un ami des Africains’’.
Libération : Au Mali, Sarkozy n’est pas un hôte de choix: « Sarkozy raciste ! Sarkozy raciste ! » La visite du ministre de l’Intérieur au Mali s’est déroulée, hier, dans un lourd climat d’hostilité suscité par sa loi durcissant les conditions de l’immigration votée mercredi à Paris à l’Assemblée. « Colère à Bamako », titrait hier le Républicain, un journal très populaire au Mali. « La fracture », commentait Info-Matin, un autre quotidien qui parle d’un Sarkozy « détesté sous nos cieux » : « Les Maliens ne peuvent pas entrer en France comme ils veulent mais Sarkozy, lui, vient comme cela lui chante, même si nous ne voulons pas [de sa présence] », lisait-on dans les colonnes du journal. Dans la rue, partout où il s’est rendu hier, des Maliens plus ou moins nombreux ont attendu de pied ferme le numéro 2 du gouvernement.
« Pas le bienvenu ». A 9 heures du matin, près du consulat français, ils étaient environ 200 à invectiver, sur fond de reggae, « Sarko, un pur produit de l’immigration qui s’insurge contre les immigrés ». « Sarkozy, xénophobe, raciste, n’est pas le bienvenu au Mali », proclamait une autre banderole. Un des manifestants a expliqué au micro qu’avec « l’immigration choisie, on va choisir les meilleurs Africains pour les mettre au service de la France ». « Dans la psychologie malienne, il est impossible de se voir bloquer l’entrée en France, décrypte un cameraman malien. Même si c’est le parcours du combattant, les gens n’ont pas d’autre issue. »
Actuellement, 46 000 Maliens résident en France, selon le ministère de l’Intérieur, qui estime à autant le nombre de clandestins. En plus des 100 000 binationaux, la communauté malienne représenterait quelque 200 000 personnes. A côté de ce chiffre, les 150 cas d’expulsés « heureux », dont la France a contribué à financer le retour au pays dans le cadre de l’aide au retour, paraissent anecdotiques. Nicolas Sarkozy a tout de même tenu à se faire photographier dans une crèche et un salon de coiffure tenus par d’anciens immigrés. Devant le salon de coiffure, un homme scandait : « Vive la France, à bas Sarkozy ! »
« Déminer ». Les dirigeants maliens se sont faits l’écho de ces inquiétudes et ont relayé les mécontentements. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a parlé sur Radio France Internationale du Mali comme d’« un pays d’hospitalité non choisie », ironisant sur l’« immigration choisie » de Nicolas Sarkozy. S’adressant au locataire de la place Beauvau, le Premier ministre a dit comprendre « les préoccupations de [ses] compatriotes ». Le futur candidat à la présidentielle s’attendait à un voyage difficile. « Je viens pour déminer, pour faire de la pédagogie », avait-il prévenu dans l’avion qui le conduisait à Bamako pendant que 200 à 300 personnes manifestaient déjà contre sa venue dans les rues de la capitale malienne. « Il y a beaucoup de polémiques organisées, mais qui prennent peu », a-t-il préféré croire. Et d’ajouter : « Je ne pense pas que le président du Mali m’inviterait à déjeuner s’il pensait que ce que je fais est contraire aux bonnes relations entre l’Afrique et la France. » Visiblement irrité par les soupçons de racisme dont il est l’objet, il a lâché hier matin : « Si, à partir du moment où on prononce le mot d’immigration, on est traité de raciste, on peut considérer que Le Pen a encore de beaux jours devant lui. » Jurant que son projet n’a « rien de xénophobe », il a répété que « la France ne peut pas être le seul pays au monde à ne pas décider librement qui vient sur son territoire ».
« Atout partagé ». Tout de même, il a reconnu : « Il y a des malentendus, il faut les lever. » Pour répondre à l’accusation de pillage des élites avec l’immigration choisie, le ministre de l’Intérieur s’est dit favorable à ce que ceux qui viennent étudier en France soient dans l’obligation de revenir travailler un certain nombre d’années dans leur pays. Il a également envisagé d’accorder plus de visas pour les étudiants maliens. Dans son discours de l’après-midi devant des représentants de la société civile, qui l’ont pris à partie vigoureusement, il a sèchement répondu : « La France économiquement n’avait pas besoin de l’Afrique. »
Il a quand même profité de l’occasion pour proposer un « partenariat rénové » avec l’Afrique dans le but de chasser « les vieux démons du paternalisme et de l’assistanat ». Un discours qu’il développera aujourd’hui lors de son court séjour au Bénin.
CNE : un licenciement annulé à Grenoble: Le licenciement avait suivi une visite médicale exigeant l’achat d’un siège adapté à son mal de dos.
Interview Wafa Sultan :: AlJazeera, MEMRI, Islam
ANPE : radié pour "attitude blasée" et "regards par la fenêtre": Les radiations massives ont commencé.
Dans ce pays il n’y a toujours que 200 000 emplois non pourvus , pour près de quatre millions de demandeurs d’emploi mal ou pas du tout indemnisés.
Mais pour nos gouvernants, nos revenus de misère, c’est encore trop d’argent dépensé.
Tous les moyens légaux sont aujourd’hui réunis, non seulement pour contraindre à accepter n’importe quel emploi, mais surtout pour imposer des stages bidon et non rémunérés, du travail gratuit en entreprise, d’innombrables ateliers de rédaction de CV.
Et pour ceux qui refusent de se prêter à des démarches absurdes à longueur de journée : la radiation.
La lettre retransmise ci-dessous n’est pas un faux grossier : il s’agit d’un courrier adressé par une directrice d’ANPE, à un demandeur d’emploi infographiste de son métier, justifiant sa radiation de quinze jours de la liste des demandeurs d’emploi. On radie donc ce chômeur parce qu’il n’est pas resté jusqu’au bout d’un atelier rédaction de CV : d’une part il avait indiqué n’avoir pas besoin d’aide, maitrisant déjà la technique. Il a tout de même participé à l’atelier, mais l’animatrice s’étant absentée, il a fini par partir.
Mais ce n’est pas tout : Monsieur X est radié parce qu’« il a pris une attitude blasée » ce qui est intolérable à l’ANPE, Monsieur étant « un demandeur d’emploi de longue durée » : il appartient donc à une caste honteuse, dont même l’attitude dans un entretien devrait certainement être empreinte de soumission et d’enthousiasme.
Et ce n’est pas fini : Mr X, lors de son dernier entretien « a regardé par la fenêtre plutôt que l’agent du service public qui était en face de lui ».
Chômeurs, surveillez vos regards, regardez où vous mettez vos mains : baissez les yeux, vous pourriez être radié pour arrogance mais relevez la tête on pourrait vous enlever vos allocations pour attitude trop passive.
Salariés de l’ANPE, pensez à filmer discrètement les entretiens, il vous faut faire du chiffre, on pourrait très vite vous reprocher de ne pas avoir remarqué qu’un chômeur regardait par la fenêtre...
Et si vous n’avez envie ni d’être une serpillière, ni de vous transformer en auxiliaire de police, reste la lutte et la solidarité.
AC Paris ira en tout cas très prochainement et collectivement exiger l’annulation de cette radiation et surtout qu’il soit mis fin à cette politique d’humiliation massive.
Le 18h.com : Les licenciements pour "motif personnel" explosent: Les licenciements pour motif personnel tendent à se substituer aux licenciements pour motif économique. Ils ont bondi de 40% en trois ans.
En 2003, les entreprises du secteur privé ont licencié trois fois plus souvent pour un motif personnel que pour un motif économique, selon une étude de la direction de la recherche du ministère du Travail (Dares). Concrètement, alors que 8% des salariés des entreprises d’au moins 10 salariés ont été victimes d’un licenciement en 2003, 6% l’ont été pour motif personnel et 2% pour motif économique. Ainsi, d’après l’étude, les licenciements pour motif personnel "sont devenus de plus en plus fréquents, que la conjoncture soit bonne ou mauvaise". Rappelons que si la loi ne donne aucune définition du licenciement pour motif personnel, celui-ci est supposé pouvoir, le cas échéant, être apprécié par le juge en fonction d’une cause réelle et sérieuse : une faute, l’insuffisance professionnelle, l’inaptitude constatée par le médecin du travail, les absences prolongées... Il se distingue donc du licenciement pour motif économique qui n’est pas motivé par la personne du salarié.
Secteur le plus touché par cette dérive, le tertiaire, où les licenciements pour motif personnel ont bondi de 60% entre 2001 et 2003. En comparaison, l’industrie s’est contentée d’une hausse de 25%. Près des trois quarts des licenciés pour motif personnel sont ainsi des salariés du tertiaire. Autre conséquence, les jeunes, plus nombreux à travailler dans ce secteur, sont également plus touchés par ce type de licenciements (80% des jeunes licenciés). Plus touchés également, les salariés de plus de 50 ans (70% de licenciements pour motif personnel en 2003 contre 50% en 1996). La Dares émet donc l’hypothèse qu’il y a eu un effet de substitution entre les deux types de licenciement. En effet, la législation est devenue plus contraignante sur les licenciements économiques, notamment pour les entreprises de plus de 50 salariés. Cela pousserait les employeurs à utiliser davantage le motif personnel... au risque d’être davantage contesté devant les prud’hommes. 20% des salariés licenciés pour motif personnel font en effet appel à cette juridiction contre 3% des licenciés pour cause économique. Et 10% d’entre-eux contestent le motif même de la rupture.
Libération : Patimat, 6 ans, cachée pour échapper à l’expulsion: A Brest, depuis trois semaines, des familles se relaient auprès de la fillette.
atimat est arrivée chez Brigitte et Michel (1) comme une évidence. « Ça allait de soi, dit Brigitte. Cela ne relève même pas de la réflexion. Ne pas l’accueillir aurait été de la non-assistance à personne en danger. » Depuis plus de trois semaines, des familles bretonnes se relaient pour cacher cette petite fille sans papiers. Avec le même dévouement pour l’aider à supporter sa séparation avec sa mère. Avec la même assurance pour braver l’illégalité, assumer la clandestinité. Car la mère ne peut être expulsée sans sa fille. L’histoire de Patimat, 6 ans, et de Sakinat, 44 ans, a fédéré à Brest des consciences, des sensibilités différentes, voire opposées, mais qui se sont retrouvées dans une « désobéissance civique », selon l’expression d’une mère de famille.
Patimat est née le 1er février 2000 dans une petite ville du Daguestan, république autonome de la Fédération de Russie. De mère célibataire. Autant dire enfant de rien dans cette région du Caucase gagnée par l’islam intégriste, affirme sa mère. D’ailleurs, Sakinat ne l’a pas déclarée à l’état civil pour éviter le déshonneur. Mais les ennuis sont venus quand même. Licenciée pour « immoralité » et privée de ses droits d’enseignante, Sakinat a décidé de s’enfuir. Sa famille a réuni les 1 300 dollars qui lui ont permis de gagner Berlin avec son bébé de dix-huit mois. Mais l’Allemagne a refusé leur demande d’asile, parce que Sakinat s’était présentée sous un faux nom. Menacée d’expulsion vers la Russie, elle a réussi à s’enfuir de nouveau. Et débarque à Brest le 16 janvier dernier.
Patimat est inscrite en grande maternelle à l’école Jean-Macé, dans le centre de Brest. Sakinat et Patimat vivent dans une chambre d’hôtel, mangent froid. Elles détonnent dans ce quartier plutôt huppé où l’on est médecin, officier de la Royale, avocat, magistrat, commerçant... Personne ne soupçonne leur situation. La petite fille « s’intègre parfaitement » à sa classe, écrit l’institutrice, et « ses progrès en langue française » sont remarquables.
« Elle parle bien le français ». « A l’époque, on ne connaissait rien de leur vie, raconte une mère. Mon fils m’a dit "tu sais, il y a une nouvelle. Elle ne parle pas très bien le français. Elle parle aussi russe". » D’autres parents se souviennent « d’un petit bonjour » avec une mère solitaire, aux cheveux blonds. Le 3 avril, Sakinat reçoit une notification de reconduite à la frontière. Le 6 avril, à 5 heures du matin, la Police aux frontières (PAF) vient chercher la mère et la fille pour les expulser. Mais Patimat a été cachée la veille.
La mobilisation est née ainsi, dans l’urgence, autour de quelques parents d’élèves. « Ça a été instinctif. Quand on m’a raconté l’histoire de Patimat et de sa mère, je n’en ai pas dormi de la nuit », raconte Alexandra, une mère d’enfant scolarisé à Jean-Macé. Je me suis dit : "Qu’est-ce que je pourrais bien faire pour elles ? Je ne suis pas juriste." On s’est dit que si on ne faisait rien, on ne pourrait plus se regarder dans la glace », ajoute-t-elle. Le comité de soutien, fondé il y a trois semaines, compte aujourd’hui plus de 550 adhérents, et la pétition qu’il fait circuler a recueilli plus de 5 000 signatures. « Cette mobilisation est d’autant plus remarquable qu’elle rassemble des gens qui ne font pas partie des circuits traditionnels de soutien aux étrangers », analyse David Rajjou, l’avocat de Sakinat, qui conseille depuis dix ans les sans-papiers de la région brestoise. « Ce ne sont pas des gens qui vont débarquer chez le député du coin ou renverser le PS », ironise un Brestois. « Quand j’ai vu les noms inscrits sur les pétitions, je me suis dit que ce n’était pas possible. Il y avait des gens adhérents de l’UMP », se souvient Philippe.
Jeudi soir, une dizaine de membres du comité de soutien se sont retrouvés autour de Sakinat à l’école Jean-Macé après avoir suivi l’intervention de Nicolas Sarkozy sur l’immigration au journal de 20 heures de TF1. La conversation roule sur les courriers en cours, des élus qu’il faut contacter, le blog qu’il faut alimenter et un concert de soutien. « Pendant que l’on prépare tout ça, on ne fait pas de shopping », lance une provocatrice. Alexandra « On est comme tout le monde. On a pris conscience de cette histoire parce qu’elle est arrivée près de chez nous. » Anne « Moi, je ne savais même pas qu’aider un sans-papier pouvait constituer un délit. Il ne faut leurrer personne là-dessus. Si cette histoire s’était passée à dix kilomètres de Brest, on n’en aurait peut-être jamais entendu parler. »
Recours. L’histoire de Sakinat et de Patimat a changé « durablement le point de vue » de ces parents d’élèves, qui veulent ignorer ceux qui leur « ont rebattu les oreilles » avec la petite phrase de Michel Rocard alors qu’il était Premier ministre en 1990 : « Nous ne pouvons héberger en France toute la misère du monde. » Catherine explique « Quand les gens me disent "au Daguestan, ils ont leur culture, tu ne peux pas changer les choses", ça décuple ma volonté. Notre but immédiat, c’est de pouvoir sortir cette petite fille de la clandestinité en lui obtenant un statut provisoire. » Plusieurs recours ont été déposés, et Patimat n’ayant pas été reconnue au Daguestan, une demande a été formulée auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour la faire reconnaître apatride.
Ce vendredi, Patimat cueille des fleurs qu’elle voudrait faire parvenir à sa mère. Elle promène ses yeux noirs sur cette maisonnée attentive et disponible. « Elle ne pose aucune question, elle comprend tout et est extrêmement affectueuse », dit Brigitte, qui ne connaît pas encore la mère de Patimat, mais « l’aime déjà ». Après quatre années d’errance entre chambres d’hôtels et centres d’accueil, puis trois semaines de séparation d’avec son enfant, Sakinat dit, le regard un peu éteint : « Je voudrais que ma fille puisse avoir une enfance comme n’importe quelle autre enfant. Jusqu’à aujourd’hui, elle a eu une vie d’adulte. Pas d’enfant. »
(1) Les prénoms ont été changés.
Libération : La lutte contre l’expulsion des élèves sans-papiers fait école
Libération : Une charte des stages qui ne coûte pas cher: Travail. Censé mieux encadrer les séjours en entreprise, le texte du gouvernement est un catalogue de bonnes intentions, flou sur les indemnités.
Libération : A droite, le bruit et l’odeur de la xénophobie: Alors que sa nouvelle loi sur l’immigration sera débattue le 2 mai, Nicolas Sarkozy, comme Philippe de Villiers, braconne sans complexe sur les terres de Le Pen.
Libération : Procès bâclés pour le gendarme tueur: En 2003, Aurélien, 24 ans, a été tué, de dos et menotté, par un adjudant. En appel à Lyon, le parquet a requis dix-huit mois avec sursis, comme au premier procès.
Libération : Pour l’élu FN, les voyages chez les nazis déforment la jeunesse
Les pires citations de Jacques chirac. Le bruit et l’odeur etc...: Le portail anti chirac : l’actualité de la chiraquie
Le generateur de discours de Jacques Chirac
Prostitution : Dominique Ambiel définitivement condamné: Dominique Ambiel. Après le rejet de son pourvoi en cassation, l’ancien conseiller en communication de Raffarin à Matignon a été condamné définitivement à 2.500 euros d’amende pour avoir sollicité une prostituée mineure.
Les Français contre le tabac dans les lieux publics: Selon un sondage réalisé par le gouvernement, 78% des Français se disent favorables à une interdiction totale de fumer dans les lieux publics.
Sarkozy :Chronique d’une défaite annoncée
Libération : Le statut du chef de l’Etat toujours indéboulonnable
HNS-info : Appel en réponse à l’expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l’enfant: HNS-info : Appel en réponse à l’expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l’enfant - , Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l’INSERM, qui préconise le dépistage du « (...)
Libération : Les sans-papiers traqués jusqu’aux guichets: Dans les Hauts-de-Seine, des bénévoles dénoncent la multiplication des obstacles, les arrestations possibles dans les préfectures et l’avant-projet de loi Sarkozy.
Cela fait de longues minutes qu’Henri épluche la pile de documents posée devant lui. De l’autre côté de la table, Souleiman attend patiemment. Cette masse de papiers, classés année par année, résume dix ans de la vie en France de ce jeune Africain sans papiers. S’il parvient à justifier de dix années continues de séjour, il sera régularisé. Mais son dossier a déjà été rejeté une fois par la préfecture. « Il a un problème de preuves pour avant 1998 », explique Henri. Ce bénévole au Comité des sans-papiers des Hauts-de-Seine (CSP 92) continue d’examiner les pièces apportées par Souleiman. Pour 1992, une ordonnance de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière ; pour 1993, des résultats d’analyses de laboratoire ; pour 1994, une fiche de consultation à l’hôpital et une « facture de réception de mouton pour la cantine » du foyer où il réside. « Ça peut servir de preuve », tranche Henri. Pour 1996, une autre fiche de rendez-vous à l’hôpital et un appel de cotisation à une mutuelle de solidarité africaine pour le rapatriement du corps au pays en cas de décès en France...
Deux tables plus loin, une autre bénévole épluche aussi un « dossier de dix ans ». L’homme assis face à elle, également africain, est arrivé en France en 1991. « Mais il lui manque quatre ans de preuves », soupire Françoise. Il y a quelques années encore, une enveloppe timbrée oblitérée, frappée d’un tampon de la poste lisible, permettait d’attester de sa présence en France à la date indiquée. « Aujourd’hui, la préfecture considère que c’est nul. Ils sont de plus en plus exigeants pour les dix ans », soupire encore Françoise. Le dossier de l’Africain est trop incomplet, elle lui déconseille de le représenter à la préfecture. « En ce moment, on les dissuade d’y aller, sauf ceux dont le dossier est nickel, explique-t-elle, sinon c’est trop dangereux. »
Vigilance. A l’origine de cette crainte, la publication par Nicolas Sarkozy et Pascal Clément, ministre de la Justice, le 21 février, d’une circulaire expliquant comment arrêter en toute légalité un sans-papiers chez lui, dans la rue, dans un foyer-logement ou un centre d’hébergement. Et même « au guichet d’une préfecture » (lire ci-contre). Depuis, les bénévoles du CSP 92 redoublent de vigilance. Et accompagnent le plus systématiquement possible les sans-papiers à la préfecture. « On se dit qu’ils n’oseront peut-être pas arrêter la personne devant nous », explique encore Françoise.
Henri justement se lève. Il part avec un couple de Tunisiens à la préfecture de Nanterre. Depuis la publication de la circulaire, François, Henri et les autres sont tiraillés entre deux soucis contradictoires : ne pas envoyer les sans-papiers dans la gueule du loup et accélérer les dépôts en préfecture des dossiers de dix ans. Car un autre danger guette les sans-papiers : l’avant-projet de loi de Nicolas Sarkozy sur l’immigration, qui devrait être présenté au Parlement à la mi-mai, prévoit la suppression de l’« automaticité » de la régularisation des sans-papiers présents en France depuis dix ans. Cette possibilité serait laissée à l’appréciation des préfets « au cas par cas ». D’où l’urgence de faire passer un maximum de dossiers avant le vote de ce texte. Une urgence tempérée aujourd’hui par la publication de la circulaire.
Liens anciens. Bénévole depuis huit ans, Françoise a constaté un durcissement continu des conditions de régularisation des étrangers : « Il y a de moins en moins de solutions. Et l’on craint que demain il n’y ait plus rien », déplore-t-elle. Parmi les premiers à avoir poussé la porte du local du CSP 92 mardi matin, un vieil Algérien. Il a travaillé en France entre 1956 et 1991, légalement. Puis il est reparti en Algérie avant de revenir en France en 2004. Aujourd’hui, il touche sa retraite mais ne parvient pas à obtenir de papiers. Comme lui, beaucoup de ceux qui se présentent ce jour-là ont des liens anciens avec la France. Ainsi, cette femme, née en Algérie, arrivée ici à l’âge de 2 ans. A 22 ans, elle s’est mariée au pays puis est revenue en France il y a trois ans avec deux fils de 15 et 17 ans. « Elle a essayé de relancer la machine, sans succès », explique une bénévole des Restos du coeur, qui l’accompagne dans ses démarches. « Elle est née en 1957, elle peut être reconnue comme française, on va complètement refaire le dossier », répond Françoise.
Chez les sans-papiers, l’angoisse du lendemain est palpable. Heureusement, le CSP 92 obtient également des succès. La porte de la permanence s’ouvre, et un homme entre tout sourire. Il a obtenu sa régularisation et vient faire la bise aux bénévoles. Les gens viennent de tout le département. Des « dix ans », mais aussi des couples mixtes, les conjoints de Français étant également dans le collimateur du gouvernement. Un homme et une femme se présentent. Lui est français, elle algérienne, arrivée en France en 2000. Ils vivent ensemble depuis un an et demi. Ils ont pensé à se marier, mais lui étant au chômage, en fin de droits, et hébergé chez des parents, ils risquent un veto du préfet. Le bénévole leur conseille de se pacser. Cela ne protège pas cette Algérienne d’une expulsion, mais constituera une preuve de vie commune le jour où l’homme aura retrouvé du travail.
Un Marocain marié à une Française a fait, lui, une demande de naturalisation. Elle lui a été refusée au motif que le couple est marié depuis moins de trois ans. Françoise s’étonne, dans le guide du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) qui lui sert de livre de chevet, la durée de vie commune indiquée est d’un an seulement. Mais l’ouvrage date de 2000. Depuis, la loi n’a cessé d’allonger ce délai. Aujourd’hui, la durée de communauté de vie permettant aux conjoints de Français de demander la nationalité française est de deux ans, et devrait passer à quatre si le projet de loi de Sarkozy sur l’immigration est adopté.
Quand aucune possibilité légale de régularisation n’existe, les préfets peuvent accorder au cas par cas des autorisations de séjour à titre humanitaire. Chaque trimestre, le CSP 92 rencontre le préfet et lui remet une liste de candidats. « Si on fait une nouvelle liste, je pense qu’on t’y mettra », assure Françoise à une jeune Haïtienne, dont la demande d’asile politique a été rejetée. Mais, pour l’instant, tout est bloqué. Interlocuteur habituel des bénévoles du CSP 92, le préfet des Hauts-de-Seine a quitté son poste et, comme le précise Françoise, « son remplaçant vient d’arriver, on ne l’a pas encore rencontré, donc on ne connaît pas sa position et, avec cette nouvelle loi en gestation, tout est un peu périlleux ».
Bernard-Henri Lévy entarté deux fois: Salon du livre . Alors qu’il était en pleine séance de dédicaces au salon du livre, Bernard-Henri Lévy a subi hier deux ’’entartages’’ quasiment consécutifs.
85 000 employés britanniques perdent tout ou partie de leur retraite : Le gouvernement britannique n’a pas assez bien informé les employés, ces dernières années, sur les risques présentés par les fonds de pension d’entreprises, selon les conclusions d’un rapport du médiateur parlementaire paru mercredi 15 mars.
Bienfaits de la colonisation : ferme Améziane, 1959. Centre d’interrogatoires de l’armée française, près de Constantine
Gaston Flosse mis en examen: POLYNESIE : L’ancien président de l’île est accusé de ’’détournement de fonds publics’’ et ’’prise illégale d’intérêt’’.
Le blog de Frantico: Le blog de Frantico.
Quand TF1 courtisait un dictateur: Vidéo Où l’on voit Patrick Le Lay et Martin Bouygues en plein exercice de séduction face à l’un des pires dictateurs de la planète, Saparmourad Niazov ( photo ), président du très riche Turkmenistan. En fait, une vraie-fausse émission de TF1 qui n’aurait jamais été diffusée. A regarder. Exclusif La vidéo intégrale
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HoaxBuster - Désinformation sur la SNCF: DÉSINFORMATION - SNCF - l’intox à grande vitesse
Le net sert souvent à véhiculer des idées réçues, de fausses informations ou tout simplement du 100 % intox. En voici un bel exemple à ne pas suivre !
Au royaume de la communication, la désinformation est parfois reine ! C’est ainsi que depuis quelques temps, un message parfaitement mensonger circule sans aucun contrôle parmi les boites aux lettres françaises.
Le problème de ce type d’intox, c’est qu’il paraît extrêmement compliqué pour le citoyen moyen de pouvoir vérifier par lui-même les assertions apportées. On réagi généralement en se laissant tout simplement convaincre par un déluge de chiffres et autres statistiques éloquentes, puis on transfère à ses contacts et ainsi de suite. "Un vrai scandale ma bonne dame !". Et, dans ces temps où il est de bon ton d’opposer le service public au privé, force est de constater que la SNCF est une cible de premier choix.
En effet, de par son activité, la mise en relation quotidienne entre agents publics et salariés privés est forcément inévitable. Et, chaque fois que la guerre des deux mondes est relancée, on a droit à l’inévitable message. Afin d’en avoir le coeur net, nous nous sommes procurés le rapport d’activité de la SNCF et pris contact avec la direction de la communication. Bilan de la campagne de dénigrement : fausse sur toute la ligne (de chemin de fer).
Recette annuelle => 9 milliards d’euros
Faux : la recette est de 15,6 milliards d’euros
Budget annuel => 18 milliards d’euros
Faux : il n’est pas possible de retrouver un tel chiffre.
Subventions de l’état => 12 milliards d’euros sur nos impots
Faux : l’Etat ne subventionne pas la SNCF, il lui verse une compensation correspondant au manque à gagner lors de la vente d’un billet à tarif spécial (militaires, tarifs sociaux, etc.). Ces tarifs ne correspondent en rien au coût réel du transport, l’Etat règle donc la différence.
Financement des retraites => 14 milliards d’euros sur nos impôts
Faux : les retraites sont financées par les salariés, l’entreprise et l’Etat. Les avantages spécifiques du régime spécial des cheminots sont financés en totalité par l’entreprise.
Dette à financer => 2 milliards (euros ou francs ?)
Faux : la dette est en fait de 5,8 milliards d’euros. RFF, de son côté, a également une dette correspondant essentiellement à des investissements d’infrastructure demandés par l’Etat pour "le bénéfice de la collectivité nationale et de tous les français."
Salaire d’un conducteur TGV => 2200 euros nets à 4880 euros + primes
Faux : le salaire d’un conducteur s’échelonne de 1500 euros nets en début de carrière à 3400 euros maximum en fin de carrière (toutes primes comprises).
Primes diverses
Faux : la prime de charbon a été supprimée depuis longtemps. Les autres primes sont, soit celles que l’on retrouve dans la plupart des grandes entreprises, soit inventées de toutes pièces.
Horaires de travail => 25 h / semaine
Faux : la SNCF est aux 35 h / semaine.
Retraite => 50 ans
Faux : cette exception ne concerne que les conducteurs (manoeuvrant des engins lancés à 350 km/h, faut-il le rappeler).
Prime d’absence de prime => spécial sédentaire
Faux : cette prime n’existe pas
Tout est donc complètement bidon et on ne peut que regretter que ce type d’intox circule sur le réseau. En contribuant à détériorer l’image d’une entreprise (publique ou non), il n’est pas certain que quiconque ait à y gagner. Précisons enfin que les agents ne sont pas les seuls salariés de la SNCF. En effet CDI, CDD, intérimaires et stagiaires viennent également grossir les rangs... comme partout ailleurs dans le service public.
Ouf... Fin des hostilités, vous pouvez ranger vos armes de déstabilisation et sortir vos armes de destruction massive... afin de contribuer à la disparition totale de ce hoax !
Sources :
Rapport annuel SNCF 2004
Direction de la communication SNCF
La vie du Rail (N° du 14 décembre 2005)
Remerciements :
Direction de la communication pour la transmission des informations
Article par Guillaume - HoaxBuster.com
Mis en ligne : 6 février 2006
Dernière mise à jour : 6 février 2006
MacBidouille.com : Arnaque aux petites annonces
Libération : Quand un patron de droite vante le CDI: C’est le rapport de droite qui plombe la droite. En confiant à l’automne à Henri Proglio, président du groupe Veolia Environnement, un rapport sur l’insertion professionnelle des jeunes, le gouvernement ne s’attendait sans doute pas à se voir proposer un « anti-CPE ». Baptisé ainsi par la gauche, ce rapport, rendu public en catimini la semaine passée, préconise une chose simple : il appelle les entreprises à faire du CDI la « forme normale d’embauche » des jeunes. Proglio (un proche de Jacques Chirac) et son groupe de travail notent que, pour améliorer l’emploi des jeunes diplômés, « les solutions ne sont ni du côté de la fuite en avant vers la professionnalisation des études, ni dans la multiplication des mesures incitatives pour favoriser l’embauche des jeunes ». En effet, « près de trente ans de mesures jeunes ont fini par ancrer dans les esprits la conviction que l’on ne peut débuter sa vie professionnelle sans bénéficier d’une mesure incitative ».
Discrétion. En plein débat sur le CPE (contrat première embauche) de telles conclusions font désordre. Au point d’enterrer sans fleurs ni couronnes le travail du PDG de Veolia. Ce rapport a été remis sans publicité, un soir à Gérard Larcher, le ministre du Travail. Mais une fois le 49-3 dégainé par Villepin pour faire adopter sans vote le projet sur l’égalité des chances. Le document était pourtant prêt depuis au moins deux mois. « Certains auteurs sont venus nous voir à l’Assemblée, raconte Jean Glavany, député (PS) des Hautes-Pyrénées. Ils se demandaient pourquoi leur travail n’était pas rendu public. » Le rapport invisible s’est ainsi invité dans les débats à l’Assemblée. Le 8 février, Glavany demande ainsi à Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Emploi, la communication du rapport de Proglio, qualifié « d’ami personnel du président de la République, ce qui n’est pas une honte mais prouve simplement qu’il n’est pas un dangereux gauchiste ». Le 9, Alain Vidalies, député (PS) des Landes, revient à la charge et interpelle Gérard Larcher : « Si vous ne souhaitez pas parler de ces travaux, c’est que leurs conclusions doivent être contraires à vos espérances. »
Proche du PS. Le rapport Proglio propose en effet des bonus, sous forme d’exonérations de cotisations sociales, aux entreprises qui embauchent des jeunes en CDI. Si les grands patrons de droite louent le CDI ! Une proposition proche des ébauches du PS sur le sujet (lire ci-contre). Incidemment, le patron de Veolia pourrit aussi le Medef et sa présidente, Laurence Parisot, accusée par une partie de ses troupes de ne pas être assez enthousiaste sur le CPE qui apporte de la flexibilité dans le code du travail.
Libération : Nicolas Sarkozy, conseiller en recrutement pour Europe 1
Libération : CNE : première scène de rupture aux prud’hommes: Il n’aura pas fallu attendre plus de six mois : mardi, comme l’a révélé le Parisien daté d’hier, le conseil des prud’hommes de Longjumeau (Essonne) a condamné une PME pour rupture abusive de CNE, le contrat nouvelles embauches créé par le gouvernement Villepin en août. C’est la première condamnation du genre, et elle est loin d’être symbolique : la victime recevra 17 500 euros de dommages et intérêts.
Sans appel. Le salarié, contrôleur technique automobile, avait 51 ans. Il avait été embauché en mai 2005 en CDI par la SARL ACG. Un mois de période d’essai, puis deux... et son CDI est interrompu. Le jour même il est embauché par une autre PME, la SARL ACTE, très proche de la première (elles avaient la même direction des ressources humaines), pour travailler dans le même secteur d’activité, sur le même poste. Cette fois en CNE. Le 30 août, ce contrat nouvelles embauches est à son tour interrompu, sans justification : le code du travail permet en effet désormais aux entreprises de 20 salariés au plus de mettre fin au CNE sans avoir à motiver leur décision, pendant les deux premières années, dites de « consolidation ».
La décision des juges prud’homaux a été sans appel. Non seulement la première rupture de période d’essai est abusive puisqu’elle ne visait qu’à profiter d’un effet d’aubaine en faisant passer le salarié en CNE, « n’ayant pas pour motif le manque de compétence du salarié, mais étant destinée à éluder l’application du droit protecteur du licenciement par le recours au CNE ». Mais le recours au CNE par la suite l’est également : l’utilisation du contrat nouvelles embauches « n’est en aucun cas justifiée par l’intérêt de l’employeur qui pouvait avoir recours au CDI ou, si besoin, au CDD de remplacement de salariés en congés pendant le mois d’août ». Cette décision ne restera sans doute pas isolée. La CGT a déjà prévenu qu’elle mobilisait son réseau de permanences juridiques pour « utiliser toutes les ressources du droit permettant de combattre au quotidien les ruptures d’un CNE ». Le jugement de Longjumeau « n’est que le premier d’une série qui s’annonce longue », prédisait hier le syndicat. Les milieux patronaux en sont eux aussi conscients. Hier, lors d’une conférence de presse, le syndicat d’avocats d’entreprise Avosial parlait des « problèmes de lisibilité » juridique que posait le CNE. « Nos clients nous demandent : "Qu’a-t-on le droit de faire ?" témoignait Stéphanie Stein, du cabinet Eversheds Frère Cholmeley. On leur répond qu’il n’y a pas d’obligation de motiver, par lettre recommandée, la rupture d’un CNE, mais qu’il y a clairement une nécessité de la justifier : humainement déjà, un salarié a le droit de savoir pourquoi son contrat se termine. Mais c’est aussi dans l’intérêt de l’employeur : si son salarié conteste, il faudra bien qu’il s’explique devant le juge. Le CNE ne veut pas dire que l’employeur peut faire n’importe quoi. »
« Paradoxe ». A l’origine, le contrat nouvelles embauches a été créé pour aider les petites entreprises qui démarrent une activité et ne sont pas sûres de pouvoir la pérenniser. Le salarié n’est pas censé remplacer une personne en congé maladie, ni pourvoir à des emplois saisonniers. « Il faut en revenir aux termes, explique le professeur en droit social Jean-Emmanuel Ray. Le CNE est un contrat à durée indéterminée. On ne peut donc pas employer un salarié en CNE pour une durée qu’on sait par avance déterminée... Pour ces tâches de brèves durées, il existe le CDD : remplacement de congé payé ou arrêt maladie... C’est là le paradoxe : les avocats de salariés et les juges prud’homaux en viennent à défendre le CDD pour mieux lutter contre les abus éventuels du CNE. »
Le législateur a imposé à l’employeur qui interrompait un CNE pour faute de motiver sa décision, comme pour n’importe quel CDI. Là encore, la confusion risque de régner. Comme dans le cas de cette salariée, embauchée en CNE en septembre dans une PME parisienne : « Un beau jour, de l’argent disparaît dans la caisse qui était sous sa surveillance », explique son avocate. L’employeur la convoque pour un entretien préalable à licenciement pour faute... puis décide de rompre son CNE sans justification. La salariée va attaquer cette décision. « L’employeur s’est sans doute rendu compte qu’il ne pouvait prouver la faute, mais a décidé de se débarrasser d’elle pour l’exemple, sans rien avoir à justifier », rapporte l’avocate.
Les avocats d’employeurs d’Avosial craignent eux que le CNE et le CPE ouvrent la voie à une multiplication du contentieux autour de la discrimination. « Aux Etats-Unis, par exemple, la protection des contrats des salariés est moins forte, l’emploi est at will : on embauche et licencie "à volonté", explique François Vergne, avocat chez Morgan Lewis et Bockius. Résultat : les salariés contestent leur licenciement en arguant d’une discrimination du fait de leur couleur, de leur âge, de leur orientation sexuelle... La nature a horreur du vide. »
Les députés anglais s’attaquent au tabac: Les députés de la Chambre des communes ont adopté mardi soir par 384 voix contre 184, l’interdiction du tabac dans les lieux publics, pubs compris.
Pour 72% des Français, l’immigration est une richesse: Les Français estiment que la ’’diversité actuelle de la population est une richesse’’, selon un sondage CSA.
Acrimed | Le journalisme d’imputation : Chávez accusé d’antisémitisme
Un proche de Le Pen perd contre le Guardian: Le chef de cabinet de Jean-Marie Le Pen a perdu son procès en diffamation à l’encontre du Guardian qui le qualifiait de "néo-nazi".
L e chef de cabinet de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national (FN), Olivier Martinelli, a perdu à Paris son procès contre le quotidien britannique The Guardian dans lequel il avait été qualifié de "néo-nazi", a-t-on appris lundi 16 janvier auprès du tribunal correctionnel.
Le 17 octobre 2002, le quotidien britannique dont une des éditions est diffusée en France avait publié un article dans lequel étaient rapportés les propos d’un membre du gouvernement travailliste, Peter Hain, qui s’indignait de la participation d’un conservateur à un débat au cours duquel Olivier Martinelli devait également prendre la parole.
L’article se terminait ainsi : "Mais cette nuit, le parti travailliste a appelé les conservateurs à boycotter le débat. Peter Hain, le ministre de l’Europe, a déclaré : ’Partager une même tribune avec un néo-nazi est absolument ahurissant’".
Olivier Martinelli a estimé que le qualificatif "néo-nazi" était diffamatoire à son encontre et a donc déposé plainte contre le quotidien et les auteurs de l’article mais la 17e chambre du tribunal l’a débouté.
La seule expression "néo-nazi" "ne renferme en elle-même l’allégation d’aucun fait particulier et précis", explique le jugement de la 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Anne-Marie Sauteraud.
Même si ce qualificatif fait référence à l’idéologie politique hitlérienne et que "cette doctrine est considérée comme pouvant encore à présent inspirer des actions criminelles à caractère raciste, le propos litigieux ne contient aucune imputation de faits précis à l’encontre de la personne physique visée", selon le jugement.
Libération : Dioxine d’Albertville : les ex-ministres devant le juge: Convoquées sur l’affaire de pollution par une usine d’incinération, Lepage et Voynet ont été entendues. Barnier, lui, a esquivé.
Après les préfets, les ministres. Selon nos informations, Michel Barnier, Corinne Lepage et Dominique Voynet, ministres successifs de l’Environnement de 1993 à 2002, étaient convoqués cette semaine par une juge d’instruction d’Albertville. La magistrate enquête sur une pollution de la vallée par les dioxines d’une usine d’incinération. Dominique Voynet, qui a passé plus de deux heures, hier, dans le cabinet de la juge, précise que cette dernière souhaitait les entendre comme témoins. « On ne peut que se réjouir que les responsables disposant d’informations participent à l’établissement des responsabilités dans cette pollution », ajoute l’écologiste, ministre de 1998 à 2002. Corinne Lepage (en poste de 1995 à 1997) a été entendue mardi. Les deux femmes se seraient montrées coopératives, estimant n’avoir rien à se reprocher dans ce dossier. En revanche, Michel Barnier (ministre de 1993 à 1995) était convoqué lundi, mais il n’a pas daigné se rendre chez la juge.
La magistrate cherche à comprendre comment l’administration a pu laisser fonctionner une installation classée alors que tout le monde la savait hors normes et polluante. L’usine de Gilly-sur-Isère, aux portes d’Albertville, avait été construite en 1984, époque où la législation était encore très tolérante. Puis un arrêté ministériel a fixé un cadre plus contraignant en janvier 1991, tout en donnant aux exploitants un calendrier pour se mettre aux normes, avec des étapes en 1992, en 1995 et en 2000. Le syndicat intercommunal qui exploite l’usine n’a respecté aucune de ces étapes et s’est de plus en plus éloigné des normes.
A partir de 1992 par exemple, il fallait séparer cendres fines et mâchefers (substances solides restant après combustion), et ces mâchefers devaient être stockés sur une aire étanche pour recueillir le jus d’écoulement. A Gilly, on a continué de jeter sans façon cendres et mâchefers dans un étang proche. Ils s’y trouvent toujours, comme l’ont constaté des plongeurs de la gendarmerie .
Les étapes de 1995 et de 2000 imposaient des contraintes en matière de combustion et de contrôle des fumées. Si elles avaient été respectées, on n’aurait pas relevé en 2001 des taux effrayants de dioxine dans les graisses des animaux et la végétation alentour. Il a fallu abattre les trois quarts des troupeaux, et des riverains soupçonnent un excès de cas de cancers, que l’instruction tente de vérifier.
Nouveau four. Après avoir mis en examen les exploitants, la justice remonte la chaîne de responsabilité, à contre-courant vu les résistances de la chancellerie (Libération du 20 avril 2004). Il s’agit de préciser les rôles respectifs des préfets et ministres dans l’absence de contrôle. Ces derniers ont eu lieu normalement jusqu’en 1993. Le syndicat exploitant l’usine jugeait à l’époque « aberrant » de mettre aux normes, car un nouveau four était programmé à l’horizon 2000 (il ne verra jamais le jour). Le préfet de l’époque a alors signé deux arrêtés de mise en demeure. Mais son successeur, François Léonelli, nommé fin 1993, ne les a pas fait appliquer. Et ces arrêtés semblent les derniers actes d’autorité des représentants de l’Etat face à l’exploitant.
Pourquoi l’administration n’a-t-elle plus joué son rôle entre 1994 et 2001 ? Deux périodes distinctes pourraient intéresser la justice. En 1994, le ministre RPR de l’Environnement était Michel Barnier, aussi président du conseil général de Savoie et dirigeant à ce titre le syndicat chargé d’établir le plan départemental d’élimination des déchets. Des fonctionnaires indiquent avoir reçu des consignes pour lever le pied avant les municipales.
Le ministère est ensuite redevenu plus directif sous Corinne Lepage, qui a signé en février 1997 une circulaire demandant aux préfets d’imposer les mises aux normes, ou de suspendre l’exploitation. La ministre a mis en place une Direction de la prévention des pollutions et des risques (DPPR), qui a joué un rôle important dans les mois suivants.
Réponses ubuesques. Sous Voynet, le responsable de la DPPR a écrit à plusieurs reprises au préfet, afin de lui enjoindre de suspendre l’exploitation des usines hors normes ou de consigner l’argent nécessaire aux travaux (façon pour l’Etat de les faire exécuter à la place des collectivités défaillantes). Les réponses étaient ubuesques. Une fois, le préfet s’expliquait sur tous les fours, sauf sur celui de Gilly. Une autre fois, il indiquait que Gilly serait aux normes en 2002, sans plus d’explication.
Les investigations de la section de recherche de la gendarmerie de Chambéry ont montré que lorsque le préfet recevait des consignes de la ministre (verte) de l’Environnement, il consultait Michel Barnier, président RPR du conseil général. Et l’avis de ce dernier l’emportait. Pierre-Etienne Bisch, préfet de 1996 à 1999, a été mis en examen pour « risque causé à autrui », comme son prédécesseur, François Léonelli.
Après neuf mises en examen, la juge d’instruction d’Albertville peut désormais convoquer à nouveau Barnier si elle juge son témoignage indispensable. Cette semaine, les ex-ministres étaient tous convoqués par lettre simple. La prochaine fois, selon le code de procédure pénale, le témoin qui s’est refusé peut être invité par recommandé, ou même par un mandat d’amener.
Serge July et Nicolas Sarkozy
Pasqua père et fils inquiétés pour pots-de-vin: Charles Pasqua et son fils Pierre sont tous deux mis en cause dans une affaire de commission occulte soutirée à la société Alstom en 1994.
Le portable et les enfants: Nocivité des portables
La Sacem censure un titre parodiant Sarkozy: Censure. La Sacem s’est opposée à la participation d’une chanson parodiant des propos de Nicolas Sarkozy dans la compilation CQFD des Inrocks .
FN : six mois ferme pour négationnisme: L’ex-conseiller régional FN du Rhône-Alpes, Georges Theil, a été condamné mardi à 6 mois de prison ferme pour contestation de crimes contre l’humanité.
Le Monde.fr : Mamadou, 8 ans, renvoyé à Bamako sans avoir pu voir sa mère: Mercredi 28 décembre au matin, cinq enfants étaient retenus par la police aux frontières (PAF) en zone d’attente pour personnes en instance (ZAPI) à l’aéroport de Roissy : une Centrafricaine de 4 ans, un Bolivien de 5 ans et trois frères haïtiens de 10, 12 et 13 ans.
Quand Chirac caste des amies de sa fille: Passe-droit. Selon Newsweek , Jacques Chirac a tenté d’imposer une actrice, amie de sa fille, au réalisateur du film ’’Da Vinci code’’.
Libération : Le lobby du tabac veut faire tousser dans la majorité: Un cigarettier engage deux ex-collaborateurs ministériels pour faire pression sur les élus.
Libération : A Asnières, la musique soufie n’adoucit pas le maire: L’élu UMP, Manuel Aeschlimann, proche de Nicolas Sarkozy, dénonçait une secte. Débouté par la justice, il reçoit l’appui des RG
Libération : « On m’a battu, violenté et insulté pour rien, juste parce que je suis noir »
Libération : « Paris Match » : gênant Genestar ?: Libération : « Paris Match » : gênant Genestar ?
Le directeur de la rédaction en difficulté après une couverture déplaisante pour Sarkozy.
Brave Patrie : Encore un tabou
Brave Patrie : Drame des sondages
Bienvenue sur le site officiel du Mouvement des Entreprises du Monde
Sarkoshit: Un joli portrait de Nicolas Sarkozy
Un collectif appelle à ruiner l’UMP: Un ’’collectif de résistance et d’offensive anti-capitaliste’’ appelle à ruiner l’UMP en cliquant un maximum de fois sur les liens sponsorisés achetés sur Google par le parti de Nicolas Sarkozy. La facturation se fait en fonction du nombre de clics.
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Des sans-papiers occupent une permanence UMP: Une soixantaine de défenseurs de la cause des sans-papiers ont occupé pendant plusieurs heures
une permanence UMP à Asnières, avant d’être expulsés.
Plusieurs dizaines de sans-papiers ont occupé une permanence de l’UMP à Asnières (Hauts-de-Seine),
dimanche 20 novembre, avant d’être expulsés par la police.
Après plusieurs heures de négociation avec le directeur du cabinet du député-maire d’Asnières, Manuel
Aeschlimann, conseiller de Nicolas Sarkozy, les sans-papiers ont été "méchamment expulsés de la
permanence", a raconté Bahija Benkouka, déléguée du "9e collectif parisien des sans-papiers". Ni la
police, ni la permanence de l’UMP n’ont souhaité confirmer cette information.
Bahija Benkouka a précisé qu’une délégation d’une soixantaine de personnes du "9e collectif des sans-
papiers" avait occupé vers midi la permanence, qui tenait portes ouvertes, afin d’être reçus par Manuel
Aeschlimann. La délégation souhaitait "obtenir la régularisation de tous les sans-papiers", selon Bahija
Benkouka.
Précédents
Ces sans-papiers avaient déjà occupé le 4 novembre une annexe du conseil général des Hauts-de-Seine
pour rencontrer son président Nicolas Sarkozy. Après plusieurs heures de négociations, ils avaient été
évacués par des CRS.
La police a indiqué que "pour apaiser la situation, la ville de Nanterre leur a prêté une annexe de la
mairie dans laquelle ils se relaient jour et nuit".
Une quarantaine de sans-papiers avaient envahi en septembre la mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-
Seine), réclamant la régularisation d’un des leurs et demandant à voir le ministre de l’Intérieur Nicolas
Sarkozy, ancien maire de la commune.
Libération : A Emerainville, rixe, mensonges et vidéo: Légitime défense ou bavure ? Une cassette pourrait départager policiers et habitants.
A Emerainville, rixe, mensonges et vidéo
Par Marc PIVOIS
Coups de feu, pétards ? Lorsqu’ils entrent le 7 novembre dans la cité du Clos d’Emery, à Emerainville (Seine-et-Marne), les policiers entendent des détonations. Certains voient même « des éclairs » venant d’un balcon. Ne s’estimant pas en force, ils rentrent au commissariat. Dans les banlieues, depuis presque dix jours, on compte nuit après nuit les voitures qui brûlent. Au Clos d’Emery, tout était calme. Jusque-là.
Bêtes noires. Ce quartier, c’est l’une des bêtes noires des policiers du commissariat de Noisiel, dont dépend Emerainville. Rien à voir avec les grands ensembles. Ici, les immeubles de deux étages « ressemblent à des bungalows », dit une résidente. Les habitants, presque tous d’origine malienne, le surnomment avec dérision « Petit Bamako ». Le maire, Alain Kelyor (UMP), craint que le quartier contribue à faire de sa ville « la poubelle de la Seine-et-Marne ». Dans une lettre à ses concitoyens, en septembre, il s’en prend aux gens du voyage et aux « Africains et polygames », à leurs « familles avec trois femmes et vingt enfants ». Une manifestation houleuse, organisée le 1er octobre par SOS Racisme devant la mairie, avait rassemblé une partie des habitants du Clos d’Emery. « On a bien compris que, pour lui, la poubelle de la Seine-et-Marne, c’est nous », juge Samba Diallo.
Retour au 8 novembre, soit le lendemain des « coups de feu ». Une enquête a été ouverte par le procureur de Meaux, et une cinquantaine de policiers, de la sécurité publique et de la police judiciaire, investissent le quartier vers midi, à la recherche d’armes. En vain. Mais, selon le parquet, ils découvrent dans un box une voiture des services municipaux volée et désossée. « Je vois qu’ils arrachent les portes des garages. J’approche, je dis : "Qu’est-ce que vous faites, on peut les ouvrir normalement" » raconte Guimba Traoré. Il n’est pas le seul présent sur les lieux. Ingrid Gauthier et son compagnon, Adama Diallo, 28 ans, sont allés chercher les enfants à l’école. Ingrid porte son bébé de 2 mois dans les bras ; leur garçon de 2 ans leur tient la main. « J’ai refermé brusquement mon box, car j’étais excédée. Au même moment, Adama a haussé le ton. Un policier m’a attrapée par les cheveux, tandis que d’autres ont mis brutalement Adama à terre et là, ils se sont déchaînés sur lui : coups de pied, de matraque... » Abdoulaye Diallo, le frère d’Adama âgé de 17 ans, intervient. « J’ai juste voulu tirer mon frère par le bras. J’ai pris aussitôt un coup sur la tête. A quatre, ils m’ont frappé, à coups de pied et de matraque. »
Arrivé en France à 20 ans et depuis ouvrier à la ville de Paris, Guimba Traoré, 60 ans, croit pouvoir s’adresser aux policiers : « Ils tapaient sur monsieur Diallo avec leur bâton, c’était féroce. J’ai dit : "Arrêtez, vous allez le tuer !" Un policier m’a dit : "Dégage, le vieux !" J’ai dit : "Quoi, tu vas me taper moi ?" Il m’a laissé et j’ai continué à regarder. Adama est resté par terre plus d’un quart d’heure. Eux, ils faisaient les fiers : ils jetaient leur matraque en l’air, la rattrapaient. On voyait qu’ils étaient contents. »
« Genou éclaté ». De la fenêtre de sa chambre, Aminata, 17 ans, étudiante, devine la scène. Elle attrape son Caméscope, descend et commence à filmer. « Adama était à terre. J’ai commencé à filmer pendant qu’ils lui donnaient des coups. Un policier me demande d’arrêter, j’arrête, car j’avais peur. » Aminata monte chez une copine dont le balcon donne sur la scène. En chemin, elle croise d’autres policiers. « Ils ont vu le Caméscope, ils ont dit : "On va vérifier qu’il n’est pas volé", et, à quatre, ils me l’ont arraché, de force, car je ne voulais pas leur donner. »
Voilà la version des habitants. Celle des policiers est différente : tout se passait bien jusqu’à l’arrivée d’Adama Diallo et de sa compagne qui se sont rebellés, les ont traités de « fils de putes et enculés », et les ont frappés, aidés par trois autres personnes. Les policiers ont été contraints d’employer la force. Adama Diallo, commerçant, son frère Abdoulaye, Mala K., 20 ans, Ismaella D., 22 ans, et Fabrice Lavoué, 28 ans, ont été emmenés en garde à vue. Le soir, deux d’entre eux sont conduits à l’hôpital, aux urgences. Six points de suture dans la bouche pour Adama Diallo et la tête à recoudre pour Fabrice Lavoué, qui aurait été frappé au commissariat. Jugés en comparution immédiate le lendemain, condamnés pour « outrage, rébellion et violences sur policiers », ils écopent de douze à dix-huit mois ferme. Abdoulaye, mineur, est placé sous contrôle judiciaire. Des peines « très lourdes », reconnaît le parquet, qui indique qu’un policier a obtenu vingt et un jours d’arrêt de travail pour « un genou éclaté », et un de ses collègues dix jours.
Dès le soir, des engins incendiaires sont lancés sur la mairie. Au Clos d’Emery, une dizaine d’habitants écrivent leur témoignage. Ainsi, Béatrice Langevin : « J’ai vu M. Diallo Adama couché par terre, il se protégeait comme il pouvait pour éviter les coups de pied et de matraque des policiers. Ils étaient six à s’acharner sur lui. »
« Pauvre diable ». Les frères Diallo, qui ont fait appel du jugement, s’adressent à l’avocat Dominique Tricaut qui découvre l’épisode du Caméscope. « Où est-il, qu’est devenue la cassette ? Dans quel cadre a-t-il été saisi, a-t-il été manipulé depuis ? » s’interroge l’avocat. Il fait part de ses doutes au procureur de la République de Meaux, René Pech. Dès le lendemain, 17 novembre, celui-ci saisit le directeur de la police judiciaire de Versailles « en le missionnant lui-même personnellement » pour qu’il procède « à toutes vérifications utiles concernant le Caméscope et son enregistrement », précise le magistrat.
« Samedi, à la prison de Meaux, j’ai dit aux frères Diallo qu’un film de leur arrestation avait été saisi. Ils ont sauté de joie. Ils m’ont raconté qu’un policier est venu les voir au tribunal avant le procès et qu’il leur a fait un clin d’oeil, en marchant normalement. Arrivé à l’audience, il boitait comme un pauvre diable », raconte l’avocat. La cassette vidéo, sous scellés au tribunal de Meaux, attend de livrer sa vérité.
Sarkozy empêche la sortie d’un livre sur Cécilia: Selon le Canard Enchaîné , Nicolas Sarkozy a convoqué le PDG des Editions First pour lui faire retarder la parution d’une biographie de Cécilia.
Libération : « Beaucoup de ces Africains sont polygames... »: Hélène Carrère d’Encausse, éminente historienne, spécialiste de l’Union soviétique et secrétaire perpétuelle de l’Académie française, a expliqué la crise des banlieues françaises à la chaîne de télévision russe NTV dans les termes suivants : « Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d’Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s’étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l’école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C’est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues. »
Dans cette même interview, diffusée dimanche soir, l’académicienne ajoutait que « pendant des années le gouvernement n’osait même pas appeler ces gens des "hooligans" : ce mot n’était pas autorisé. Lorsque Nicolas Sarkozy les a appelés "voyous" et "racailles", ces jeunes gens, ces chéris, ont demandé qu’il s’excuse. En France, nous avons une abominable manie des excuses », poursuivait l’historienne.
Dans une autre récente interview, à l’hebdomadaire Moskovskie Novosti, Hélène Carrère d’Encausse s’était lancée dans une comparaison des médias français et russes, repassés sous étroit contrôle politique depuis quelques années : « Oui, la télévision russe ne fait que suivre Poutine pas à pas. Mais la télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar. Nous avons des lois qui auraient pu être imaginées par Staline. Vous allez en prison si vous dites qu’il y a cinq juifs ou dix Noirs à la télévision. Les gens ne peuvent pas exprimer leur opinion sur les groupes ethniques, sur la Seconde Guerre mondiale et sur beaucoup d’autres choses. On vous juge tout de suite pour infraction. [...] Le politiquement correct de notre télévision est presque comme la censure des médias en Russie. »
Après avoir accompli un grand travail d’explication de l’URSS en France, la secrétaire de l’Académie française diffuse ainsi en Russie une vision de la France qui pourrait mériter quelques réactions...
Le Monde.fr : Mauritanien asphyxié : prison avec sursis pour un policier et un médecin
Nous, on est là pour prévenir s’il y a un feu: La ville d’Asnières a lancé lundi soir une « veille-citoyenne » pour venir en aide à la police •
« Libération » a passé la soirée dans une vieille Renault 25 avec Gérard et Dominique, deux
patrouilleurs bénévoles
Quand Sarkozy est en retrait, il a toujours un fidèle pour dégotter une idée choc. Lundi soir,
Manuel Aeschlimann, maire UMP d’Asnières (Hauts-de-Seine), lançait, sur le coup de
21h, son comité de veille. Autour de la table de l’hôtel-de-ville, une trentaine d’Asniérois :
un honorable médecin sexagénaire, quelques habitants des quartiers nord de la ville, un
boulanger, une responsable de la maison des femmes. Ils ont répondu à l’appel guerrier du
maire : « Le temps est venu de se retrousser les manches pour aider policiers et pompiers, et
laisser les pleureuses se complaire dans une passivité politiquement correcte ».
Même si Asnières, depuis une semaine, a été très peu touché, avec un incendie dans le
parking sous le magasin Darty, une vingtaine de véhicules brûlés ainsi qu’un entrepôt.
L’initiative a drainé au moins autant de journalistes que de citoyens et le maire doit, pour
pénétrer dans la salle, frayer à travers une jungle de perches de sons. « Notre objectif,
declame-t-il : venir en soutien aux forces de police et aux pompiers. On n’est pas là pour
faire l’ordre nous-mêmes, par contre, devant l’afflux de difficultés des forces de police,
tourner en voiture, s’organiser, diffuser des infos, c’est un plus pour ramener calme et
sécurité ». Les plus intrépides sont aussi invités à prendre des photos à la volée. « Mais ne
prenez pas de risques physiques ou personnels, on n’est pas des rambos ». Et de dévoiler le
plan de bataille : « Il y a vingt véhicules, on partage la ville en quatre secteurs, cinq véhicules
par secteur, histoire de ne pas trop se croiser ». En fait, le gros souci d’organisation, ce sont les
journalistes. Tout le monde veut sa place à bord d’un véhicule patrouilleur. Si bien que
l’opération ressemble à un grand voyage organisé façon « Asnières by night ». Le directeur de
cabinet du maire, Francis Pourbagher, tient un listing précis sur un petit papier et affecte les
véhicules. Dans l’ordre, TF1, France 2, France 3. « Ils sont où France 3... Ah, vous êtes là.
Vous embarquez avec le docteur Mouillot. Il va tourner dans le secteur de l’hôtel-de-ville ».
« On aimerait mieux les quartiers nord », dit la journaliste de France 3. Ce sont les quartiers
chauds. Tout le monde veut les quartiers nord. « Libération » accompagne Dominique, 58 ans,
chargé de veiller sur le quartier Bac-Magenta, où il vit. Il le dit tout net : « C’est clair qu’il ne
se passera rien du tout ». Dominique est le photographe municipal depuis 28 ans, en charge
notamment de tirer le portrait de l’édile pour le journal municipal. Ce n’est pas vraiment l’élan
citoyen qui l’a amené. Alors qu’il apportait un CD de photos à la mairie dans l’après-midi, on
lui a proposé. « J’ai accepté. Pour une heure ou une heure et demie, pas plus. Ne croyez pas
que je fais ça pour me faire bien voir. C’est d’abord que j’ai trouvé que ce n’était pas une
mauvaise idée ». Pour patrouiller, Dominique est allé chercher sa vieille Renault 25 à vendre,
« moins risqué ».
A ses côtés, Gérard. Comme ne l’indique guère sa tenue (blouson bombers signé parachustiste
sur l’épaule, rangers, treillis noir), Gérard est boulanger. Mais aussi encarté UMP et agent de sécurité « bénévole » dans tous les meetings UMP du département. La mairie a appelé Gérard
au milieu de l’après-midi. Gérard, qui ferait tout pour le maire, son « ami », a évidemment
accepté. Un petit détour aux services techniques de la mairie pour aller chercher un
extincteur, et c’est parti. Il est 21h40, la R25 file dans les rues pavillonnaires. Bac-Magenta,
c’est calme. La radio répête en boucle que Dominique de Villepin vient d’instaurer la
possibilité d’un couvre-feu. Dominique cause. Gérard scrute et lâche : « Vu que le maire a
prévenu qu’il y aurait de la surveillance, il est bien possible qu’ils ne fassent rien ». Dominique
: « C’est à quelle heure qu’ils font leurs incendies. Allez, on va faire un tour dans les quartiers
nord ». « Salut les filles, lance Gérard en passant devant la police municipale. La R25 croise
une bande de dix jeunes, encapuchonés, certains le visage recouverts d’une écharpe. Pour
Gérard : « Eux, ils vont faire des conneries ». Dominique ne cille pas : « On fera demi-tour
toute à l’heure. Cela ne sert à rien de les suivre. Nous serions repérés ». Gérard opine. « On
n’est pas des miliciens. Les milices, c’est armé, et ils recherchent l’affrontement. Nous, on est
là pour prévenir s’il y a un feu, et éteindre les incendies si c’est possible ». Le R25 passe au
pieds des immeubles des quartiers nord. Cité de fleurs. Calme. L’occasion de parler un peu.
Dominique : « C’est pas marrant de vivre dans une cité, ils n’ont pas de boulot ». Gérard : « J’ai
vécu vingt trois ans dans une cité à Argenteuil, j’ai jamais fait ces conneries ». Les mots de
Sarkozy, « Karcher », « racaille » ? Dominique : « On en a fait des tonnes. J’ai vu des mail d’Al
Qaeda qui disent que le monde non musulman pliera ou mourra. Je trouve ça plus grave ».
Gérard : « Ça n’a rien d’insultant. Nique ta mère, ça c’est insultant ». Les deux patrouilleurs
sont aussi d’accord pour parler d’un mouvement concertés, organisé. « Une tentative de
destabilisation ». Il est 22h30. « Bon, on refait un petit tour et je vous dépose », suggère
Dominique, quasiment au moment où déboule une voiture de police avec sirène hurlante et
gyrophare. Dominique suit, mais pas trop vite « on va pas faire la course ».
Au bout de la rue Raymond Poincaré, à la frontière de Genevilliers, plusieurs véhicules de
police sont déjà là. Ça braille. Tout est parti d’un contrôle un peu musclé. Pas grand-chose,
sauf que se mettent à affluer les véhicules de police, et à leur suite, plusieurs voitures du
comité de veille, qui crachent les journalistes. Les jeunes descendent précipitamment des
cages d’escaliers pour se masser devant les caméras. Les policiers mettent les casques anti-
émeutes. Si bien que s’opposent désormais deux cordons, flics contre une quarantaine de
jeunes, de 12 à 16 ans. Gérard et Dominique, en retrait, regardent. C’est là qu’arrive le maire.
Et là, le coup de com’ menace de virer au fiasco intégral. Un jeune nargue les policiers :
« Bouffons, maintenant que le maire est là, on la ramène moins, on fait les fillettes ». En
marge, un autre chambre un journaliste : « Et monsieur, comment on fait pour devenir
journaliste.... Ah ouais, faut faire une école. Ah mais ça on peut pas faire quand on est arabe.
Où alors faut faire l’école Al Jazira. Non, je déconne monsieur ». Un autre demande :
« Monsieur, où c’est qu’on pète tout ? On est quand même là pour tout péter, non ? ». Le maire,
lui dans la mêlée, est un peu secoué : « Monsieur, à quoi ça sert qu’on travaille à l’école ? J’ai
jamais vu autant de jeunes que cette année qui n’ont rien. Moi, j’ai le BEP, le BAFA, et j’ai
rien. Les CV, on sait les faire, mais ça sert à rien ». Un autre, « pourquoi il n’y plus un seul
contrôle de police normal, Monsieur ? » Nadir (1), 17 ans : « Ici, il s’était rien passé depuis une
semaine, à part un abribus cassé. Et c’est le maire qui ramène les caméras et qui vient foutre
le bordel. Celle-là, c’est la meilleure de l’année ».
Au bout de vingt minutes de discussions, les jeunes finissent par se disperser. Gérard fait
signe qu’on y va. Dominique le pose devant la boulangerie. Ce matin, Francis Pourbagher
dressait un bilan positif de cette première nuit citoyenne : « La ville est resté calme. Il y a eu
quelques feu de poubelles qui ont été signalés par les véhicules du comité de veille. Le maire
est également intervenu rue Raymond-Poincaré devant un attroupement de jeunes, évitant un
affrontement avec les forces de l’ordre ». Ce soir, les patrouilles silloneront à nouveau la ville. « Jusqu’à ce que les incidents s’arrêtent ».
(1) Le prénom a été changé.
Libération : La police se démarque de son ministre: L’Unsa dénonce notamment l’abandon de la police de proximité par Sarkozy.
L’attitude belliqueuse du ministre de l’Intérieur gêne les bataillons de CRS et de gardiens de la paix de l’Unsa-Police, qui a demandé hier à Nicolas Sarkozy de modérer ses propos : « C’est trop facile d’aller exciter les jeunes et après d’aller se coucher », a critiqué Francis Masanet, secrétaire général adjoint du syndicat de policiers. « Nous, nous sommes confrontés vingt-quatre heures sur vingt-quatre à cette situation. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on va nettoyer les cités au Kärcher. Ce n’est pas comme ça qu’on engage le dialogue. »
Pour Lucien Cozzoli, secrétaire national de l’Unsa-Police-Paris, « les propos tenus par Sarkozy sur le nettoyage et la racaille n’engagent que lui, certainement pas la police... Ces mots ne sont pas faits pour apaiser le monde. Il faut arrêter de monter en vrille les jeunes des quartiers. Il va falloir calmer le jeu. Car le risque majeur, c’est que les violences se propagent ». Il défend ses « collègues en première ligne dans le 93, qui subissent les assauts sur le terrain ». Et déplore que Sarkozy ait « supprimé la police de proximité qui, présente au quotidien dans les quartiers, permettait de désamorcer des conflits. On n’a plus ce rempart, et on tombe dans des dérapages extrêmes. On va ramer pour ramener l’ordre... ».
Lucien Cozzoli vilipende les propositions extrémistes de l’ultra-minoritaire syndicat Action Police-CFTC, qui réclame l’intervention de l’armée et l’instauration d’un « couvre-feu de nuit pour faire face à la guerre civile » qui se déroulerait « dans de nombreux ghettos français ».
Les syndicats Alliance et Synergie ont de leur côté dénoncé « toutes formes de récupération, d’où qu’elles viennent », visant « l’extrême droite » mais aussi « des islamistes qui essaient de récupérer le mouvement », selon Bruno Beschizza, leader de Synergie (42 % des officiers) : « C’est à la police et à la gendarmerie d’occuper ces quartiers, pas à l’armée, car ce n’est pas la guerre. Les habitants ne sont pas des ennemis. » Il reprend la terminologie de Nicolas Sarkozy : « Celui qui habite là est un pauvre, celui qui envoie un cocktail Molotov est un voyou. Le pas en avant pour ramener la paix, ça ne peut pas être que les flics quittent ces quartiers. Sinon, c’est la sécession. »
Libération : Le capitalisme n’a pas la cote chez les Français
L’Agrif déboutée contre Willem et Libération: Le dessin de Willem représentant le Christ affublé d’une capote n’est pas délictuel, selon le tribunal de Paris, saisi par l’association d’extrême-droite.
Libération : En rage contre les stages: Ce qui s’est passé hier près de l’Ecole militaire à Paris pourrait n’être qu’un buzz médiatique. Une cinquantaine de jeunes fringués de noir, masqués de blanc, et qui défilent en silence sous le slogan : « Stagiaire d’un jour, stagiaire toujours », face à une armée de caméras. Ils dénoncent le « contournement » de ce qui devrait n’être qu’un sas vers le monde du travail : le stage. Mais qui est devenu un vivier de main-d’oeuvre jetable et hypermotivée. « Sans contrat, sans salaire, sans droits », résume une banderole. C’est avant tout une « illustration de plus de la précarité généralisée et entretenue, où les emplois stables sont attaqués », résume Mylène, d’AC ! (Agir ensemble contre le chômage). Mouvement médiatisé mais phénomène de société, assurément. « Sur le million de conventions de stage chaque année en France, 80 % sont gratos », estime Damien, « avocat-stagiaire ». Pas un « stagiaire-machine à café », pas un « stagiaire-photocopieuse », dit-il, mais un stagiaire « compétent et productif ». Et pourtant « taillable et corvéable à merci ».
« Payer pour travailler. » Comme Sarah, 25 ans, traductrice, sept mois de stages pour 650 euros en tout à la Commission européenne et à l’Unesco. Pas dans une de ces boîtes de traduction pour DVD qui proposaient, dans son école, des « jobs de six mois non rémunérés »... Elle est venue par solidarité avec tous les autres, ceux qui n’osent pas dire que « bientôt il faudra payer pour travailler » ou « applaudir quand on vous donne des tickets-restau ». Julien, lui, est venu hurler sa colère : à 26 ans, deux écoles de commerce, trois ans de stages, il vient de claquer la porte d’un grand assureur. Où, pendant six mois à 600 euros net, il endossait le rôle d’adjoint de direction. « J’ai craqué. Je trie du courrier en intérim. » Jérémy, lui, en est à huit mois payés 25 % du Smic pour une chaîne du câble. Il dit : « Le contrat nouvelles embauches, c’est presque du luxe ! » Et prévient : « On est encore peu, parce que les stagiaires ont peur de parler et d’être virés. Mais une prise de conscience naît. »
« Silence ». A l’origine, il y a Cathy, 32 ans, DESS en projets culturels. Début septembre, elle « googlise » deux mots sur son ordi : « stagiaire » et « abus ». Résultat : 51 000 références hier. « Je me suis aperçue que je n’étais pas la seule à souffrir dans un no man’s land », sourit-elle. Elle lance un appel à la grève sur son blog, monte un collectif, Génération précaire, et un site du même nom (1). Qui capitalise : 15 000 visiteurs uniques en un mois. Hier, le mouvement inaugurait un mois d’actions, avant une « manif nationale » prévue le 24. « Les offres de stage remplacent les offres d’emploi », dit-elle. Aujourd’hui, Génération précaire a monté sept pôles politique, économique, juridique, témoignages, médias, Internet, mobilisation et planche, raconte Lionel, 30 ans, sur un vrai statut rémunération obligatoire, limitation de la durée du stage, quotas de stagiaires par rapport à la masse salariale, etc. et cherche des relais : « Les syndicats sont d’un silence désespérant dès qu’il ne s’agit pas d’emplois fixes... » « C’est l’"armée de l’ombre", souffle un journaliste d’une télé « stagiophage ». Il veut « un peu de lumière » sur un vide juridique et une exploitation économique.
Une "manifestation-happening" marque le début du mois de mobilisation des stagiaires: Une centaine de stagiaires, tout de noir vêtus et masqués, ont défilé, mardi 1er novembre, à Paris pour alerter l’opinion publique sur les "abus" des entreprises. La manifestation, à l’appel du mouvement Génération précaire, partie de l’Ecole militaire, s’est rendue devant le ministère de la cohésion cociale, dont l’accès était interdit par les forces de l’ordre.
La manifestation a pris des allures de cortège d’Halloween pour les touristes égarés du Champ de Mars. Mais le déguisement avait un autre motif. "L’anonymat est obligatoire pour nous qui sommes sans droits, sans statut, sans salaire, et jetables comme des Kleenex", explique Guillaume, 32 ans, ayant accumulé des stages "à n’en plus finir, dans la presse notamment".
Majoritairement composé de jeunes femmes, le cortège, silencieux et entouré d’une nuée de journalistes, s’est longuement attardé devant le ministère où un fonctionnaire leur a demandé de "prendre rendez-vous dans la semaine pour déposer leurs revendications." Celles-ci étaient déclinées sur les posters et autres affiches collés sur les tenues des manifestants et sur lesquels on pouvait lire : "En solde, 30 % du smic", "Formation oui, exploitation, non" ou "Génération stagiaire, génération précaire".
"DIX STAGIAIRES POUR QUINZE TITULAIRES"
"Pour contourner le droit du travail, les entreprises ont recours aux stagiaires, une main d’oeuvre qualifiée, jetable, quasi-gratuite et hyper-motivée", a déclaré Cathy, du mouvement Génération précaire. Pour elle, les stagiaires constituent "une ressource inépuisable de plus de 800 000 personnes en France dont l’utilisation n’est encadrée par aucune loi".
Les secteurs des médias, du cinéma, de la publicité, de la culture et de la communication en général, mais aussi de l’informatique, de l’Etat (ministères), des partis politiques et de certaines professions libérales étaient particulièrement dénoncés par les manifestants.
"Dans ma boîte de production, qui travaille pour une chaine cablée, nous sommes 10 stagiaires en continu pour 15 titulaires", affirme Annabelle, 22 ans et "jamais payée". Titulaire d’un "mastère de journalisme anglo-canadien", elle assure "faire le même boulot" qu’un titulaire depuis "deux fois six mois" et en avoir "ras le bol". "On m’a demandé de venir travailler aujourd’hui, jour férié, j’ai dit non, c’est la première fois", raconte-t-elle fièrement.
"Non", Fabrice, 26 ans, stagiaire dans une chaine de télé, aimerait bien le dire aussi à son employeur. "Une fois au moins, car avec Bac+7, un diplôme de journaliste en poche, dépendre encore financièrement de ses parents, c’est dur", confie-t-il.
GRÈVE GÉNÉRALE LE 24 NOVEMBRE
Cette "manifestation-happening" était l’occasion de lancer un mois de mobilisation pour alerter l’opinion publique sur les "abus" dont ils s’estiment victimes de la part de certaines entreprises et réclamer une réforme de leur statut, a annoncé, lundi 31 octobre, le mouvement Génération précaire. Cette mobilisation se conclura, jeudi 24 novembre, par "une grève générale des stagiaires au niveau national", a indiqué le mouvement dans un communiqué.
Né en septembre d’un appel à la grève lancé sur un blog, ce mouvement avait livré un premier témoignage public du "ras-le-bol" de certains stagiaires à la manifestation parisienne du 4 octobre pour l’emploi et le pouvoir d’achat. Après cette manifestation "à laquelle une vingtaine de stagiaires ont pris part, la somme de témoignages et les signatures de soutien se sont multipliés sur le site et le mouvement grandit de jour en jour".
Le mouvement dénonce une "banalisation des stages", qui crée une "concurrence déloyale avec les salariés". Il déplore également un manque d’encadrement des stagiaires, de très faibles rémunérations et des qualifications parfois dévalorisées par des "stages photocopieuse". Génération précaire demande un "statut" garantissant notamment une rémunération, un suivi pédagogique et une limitation de la durée et du nombre des stages.
"Depuis 2003, des pratiques malsaines se développent. Un nombre conséquent d’entreprises profitent du manque de débouchés pour rémunérer de moins en moins les stagiaires tout en leur demandant d’être aussi productifs que des salariés", estime Jean-Marie Chevalier, professeur d’économie à Paris-Dauphine, dans un entretien publié, lundi, dans L’Humanité.
Sonia Sieff
Libération : Un réfugié politique tabassé par la police: Une fois, dix fois, Habib Souadia a hurlé « Pourquoi vous faites ça ? » et tenté de se dégager. En vain. Après l’avoir cloué au sol, quatre policiers s’acharnent sur son dos à coups de genou. « Ça a duré vingt minutes, peut-être une demi-heure, avant qu’ils me traînent un peu plus loin », raconte Habib, qui a porté plainte. Le 14 octobre, la Commission nationale de déontologie de la sécurité, saisie par le député Vert Noël Mamère, accusait réception de cette plainte.
Coups. Il est environ 17 h 30 quand Souadia rentre chez lui le 17 septembre, à Paris. Au métro Châtelet, il prend la correspondance de la ligne 11. Un groupe de six ou sept policiers vient vers lui. Souadia met la main dans son blouson de cuir pour prendre ses papiers. Dès lors, tout s’emballe. Un des policiers lui crie de la sortir, pendant que les autres l’entourent. Souadia montre ses deux mains vides. Il est néanmoins collé au mur, fouillé, bras et jambes écartés. Il tente toujours de se retourner vers les policiers pour demander « Pourquoi tout ça ? » « Tais-toi », lui hurlent-ils alors qu’une femme intervient.
Elle leur dit avoir reconnu en Habib Souadia, un ex-militaire algérien, auteur en 2001 d’un livre à succès, la Sale Guerre, qui dénonce les exactions de l’armée algérienne au cours des affrontements de la décennie 90 en Algérie. « Arrêtez, c’est un réfugié politique algérien, il est connu ici en France », répète-t-elle. Mais Souadia est déjà à terre, à plat ventre, mains menottées derrière le dos, tandis que les coups pleuvent.
Ex-membre des Forces spéciales algériennes, une unité d’élite chargée de la lutte anti-islamiste, et premier militaire à témoigner à visage découvert, Habib a payé le prix fort pour dénoncer les violations des droits de l’homme en Algérie : l’exil depuis plus de cinq ans.
« M. le réfugie politique ». Sous les coups, il continue à parlementer : « Mes papiers sont en règle, c’est illégal de faire ça. » Il est emmené au poste de police des Halles. « C’est vous le rebelle ? Monsieur le réfugié politique est donc mécontent ? », s’amuse la chef de poste. Alors qu’on lui demande « pourquoi il n’a pas voulu donner ses papiers », il tente d’expliquer que tout est arrivé justement « parce qu’il voulait les montrer ». Devant des policiers hilares, la première fouille est sévère. Habib refuse de signer un procès verbal l’accusant de « rébellion contre les forces de l’ordre ».
Vers 20 heures, il est transféré au poste de police de la gare du Nord. Après qu’un avocat commis d’office l’a approché procédure oblige , il passe la nuit dans une cellule de trois mètres sur quatre où s’entassent six jeunes de banlieue. Pas de lit, pas de matelas, un banc autour de la pièce et une odeur atroce.
Le matin, retour au poste des Halles. Un policier ne comprend pas son refus de signer un PV « qui ne dit que la vérité ». A savoir que Habib a « donné un coup de poing à un policier ». Souadia proteste. Le PV établira finalement qu’il s’est débattu et que, ce faisant, il a frappé l’un d’eux. Les policiers moquent « M. le réfugié politique arrêté arbitrairement ». On le ramène dans une cellule. Et on lui signifie qu’il ne sortira pas sans avoir signé le fameux PV. Il persiste, dénonce l’agressivité ambiante. « Je t’emmerde », lance un policier.
Fouille filmée. La seconde fouille, aussi sévère, est volontairement plus humiliante. « Elle est en outre filmée, ce qui est illégal et inacceptable », note son avocat Me Antoine Comte. Souadia finit par « faire un gribouillage » sur le PV. « Pour en finir avec ce cauchemar. »
Il est environ 12 heures le 18 quand il est relâché, quasiment 24 heures après son interpellation. Un médecin, consulté pour son dos qui le fait terriblement souffrir, lui prescrit huit jours d’arrêt de travail. « J’ai passé, dit-il, mon plus long week-end depuis que je suis en France. J’ai été arrêté, battu, humilié pour rien, dans le pays auquel j’ai demandé protection et sécurité. »
Délit de faciès ? Une chose est sûre : l’incident n’a pas eu lieu au cours d’une rafle. Souadia n’était ni menaçant, ni suspect. Et les policiers, grâce à la femme témoin, ont su dès le début qu’ils n’avaient pas affaire à un voyou.
Habib Souadia est convoqué le 6 décembre au palais de justice de Paris.
Lyon : Chirac pris à partie par une salariée en CNE, EMPLOI: Tout juste embauchée en tant qu’aide à domicile en contrat nouvelles embauches, Valérie Vicherd, 19 ans, a vivement interpellé le chef de l’Etat et le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, lors d’une table rondre sur l’emploi, jugeant ’’énorme’’ la période d’essai de deux ans du CNE. Chirac n’a pas répondu.
Il y a 44 ans, des Algériens étaient massacrés à Paris: 17 OCTOBRE 1961
Il y a quarante-quatre ans, le 17 octobre 1961, la police parisienne a fusillé, massacré et noyé des centaines d’Algériens, qui manifestaient pacifiquement contre le couvre-feu instauré par Maurice Papon. Commémoration lundi au pont Saint-Michel.
Une commémoration de la répression sanglante de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961 est organisée lundi 17 octobre au pont Saint-Michel. Les manifestants ont rendez-vous à 18h30, puis ils devraient se rendre au palais de Justice.
Il y a quarante-quatre ans, le 17 octobre 1961, la police parisienne a fusillé, massacré à coups de crosse et noyé dans la Seine des centaines d’Algériens, qui avaient été appelés par le FLN à manifester pacifiquement contre le couvre-feu décrété deux semaines avant par le préfet de police de la capitale, Maurice Papon.
Vendredi dernier, le Mrap a appelé la France à un "travail de vérité" face à son histoire coloniale, notamment par rapport à l’Algérie.
Dans un communiqué, l’association de lutte contre le racisme a notamment demandé que la France "s’engage dans un travail d’examen de son histoire coloniale (...) qu’elle reconnaisse et condamne l’ensemble des crimes de guerre et crimes d’Etat, commis sous son drapeau" et "l’enrôlement de mineurs français musulmans pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), en violation des conventions de Genève".
Abrogation de la loi du 23 février 2005
Le MRAP réclame également la modification de la loi de 1979 sur les archives afin de permettre un accès aux documents relatifs à la guerre d’Algérie.
L’association renouvelle enfin également sa demande d’abrogation de la loi du 23 février 2005 qui reconnaît "en particulier le rôle positif de la présence française outremer".
L’association estime que ce travail de mémoire de la France "pourrait permettre à l’Algérie de regarder aussi sans complaisance les aspects non-glorieux de son histoire, autant dans la période de la guerre de libération que plus tard avec le terrorisme des islamistes, qu’avec les ’disparitions’ inexpliquées officiellement".
"Pour un coup reçu, nous en rendrons dix"
En 1961, un couvre-feu interdisait aux Français musulmans de circuler entre 20h30 et 5h30, et intervenait dans un contexte tendu : en deux mois, les commandos du FLN avaient abattu onze policiers. Le 2 octobre 1961, Maurice Papon avait déclaré : "Pour un coup reçu, nous en rendrons dix". "On vous couvrira, vous serez en état de légitime défense."
Quelque 20 à 30.000 personnes avaient répondu à l’appel du FLN. Au cours de la nuit, sur ordre et sous le regard des passants, la police parisienne a jugé au faciès qui devait être arrêté ou tué ou battu à mort. Selon le ministère de l’Intérieur, dirigé par Roger Frey, les violences, des "règlements de comptes entre Algériens", font 3 morts et 64 blessés. Le président de la République Charles de Gaulle et son Premier ministre Michel Debré couvrent Papon : "La manifestation était interdite. Le préfet de police a reçu mission et avait le devoir de s’y opposer. Il a fait ce qu’il devait faire", déclare le président.
Victoire d’Einaudi
Le journaliste Claude Bourdet de France Observateur, qui avait recueilli le témoignage de policiers la nuit même de la ratonnade, interroge Maurice Papon dix jours plus tard au conseil de Paris. Silence de l’intéressé. La presse est muselée, les livres sont saisis, les archives sont interdites d’accès. Aucun responsable n’est inquiété.
En 1991, Jean-Luc Einaudi publie "La Bataille de Paris, 17 octobre 1961" (Seuil). Lors du procès Papon, il témoigne et relance l’affaire. L’ancien préfet de police porte plainte en diffamation. Jean-Luc Einaudi gagne ce procès, ce qui permettra d’établir officiellement la réalité du massacre, et d’ouvrir les archives du ministère de la Justice, du Parquet de Paris, des Hôpitaux de Paris, de la Gendarmerie, de la Préfecture de Police, des Fonds d’action sociale. Le bilan de la terrible nuit du 17 octobre 1961, après trente ans de censure -malgré deux livres qui circulaient sous le manteau dès 1962- sera enfin établi : 200 morts, 200 disparus, hommes, femmes, enfants. 12.000 arrestations. 2.000 Algériens envoyés dans le camp d’internement de Béni Messous, à Alger.
Le Monde.fr : M. Chavez ordonne l’expulsion de missionnaires évangéliques américains: Le président vénézuélien Hugo Chavez a ordonné mercredi soir l’expulsion de missionnaires évangéliques américains du mouvement "Nouvelles tribus", installés dans des zones peuplées d’indigènes, qu’il a accusés d’envoyer des informations stratégiques au gouvernement américain.
"C’est un ordre : les dites +Nouvelles tribus+ doivent s’en aller du Venezuela", a déclaré le chef d’Etat lors d’une cérémonie organisée dans l’Etat de Apure (sud-ouest), à l’occasion du 12 octobre, "jour de la résistance indigène" (et la Découverte de l’Amérique).
"Nous ne voulons pas de +Nouvelles tribus+ ici, nous sommes une vieille tribu, il y en a assez de la colonisation", a lancé M. Chavez, à propos de cette organisation accusée par des organisations écologistes vénézuéliennes d’exploiter sans limites les ressources naturelles sous prétexte d’exercer un travail d’évangélisation.
Le président vénézuélien a affirmé également que ces "Nouvelles tribus" envoyaient "des informations stratégiques" à l’extérieur du pays et collaboraient avec l’agence de renseignement américaine CIA.
Il a expliqué avoir découvert leurs agissements dans un rapport militaire et une vidéo et s’être senti "honteux" des pratiques à l’encontre des communautés indigènes.
"En réalité, ce sont des appendices de l’impérialisme ; la CIA, les véritables nouvelles tribus qui emportent des informations sensibles, stratégiques et exploitent les indiens, ici chez nous", a accusé encore M. Chavez.
Il a affirmé qu’alors que les indiens vivent dans des conditions "très dures", les "Nouvelles tribus" possèdent "des usines électriques, des systèmes radio, des pistes bien entretenues pour le passage des tracteurs et des sites où atterrissent des avions sans passer par une douane quelconque".
Dans l’Etat d’Apure, M. Chavez a solennellement remis aux indigènes des titres de propriétés sur les terres où ils vivent, comparant la lutte des indiens d’Amérique à celle des Palestiniens. Il a aussi qualifié Christophe Colomb de chef de l’"invasion" de l’Amérique latine et des Caraïbes.
M. Chavez entretient des relations très conflictuelles avec le gouvernement de George W. Bush qu’il accuse de vouloir le renverser voire l’assassiner tandis que Washington a qualifié ouvertement le président vénézuélien de "facteur de déstabilisation" pour la région.
L’expulsion des missionnaires semble également liée aux appels lancés contre Hugo Chavez par le télévangéliste américain Pat Robertson. "Il est probable que le conflit lié aux opinions de Pat Robertson ont réveillé l’animosité (contre ces missionnaires)", a estimé le sociologue Alexander Luzardo, auteur d’ouvrages sur les "Nouvelles Tribus".
Selon le général Alberto Müller Rojas, qui avait déjà dénoncé l’existence de ces missionnaires lorsqu’il était gouverneur de l’Etat d’Amazonas (sud) entre 1984 et 1985, les "Nouvelles Tribus" sont "étroitement liées" au télévangéliste américain.
Ils appartiennent à ces groupes protestants qui ont proliféré aux Etats-Unis (...) et sont "au coeur du soutien au président Bush", a-t-il estimé.
Selon les experts, les "Nouvelles Tribus" sont entrées clandestinement en 1946 au Venezuela, obtenant un permis pour y demeurer en 1952 sous la dictature de Marcos Pérez Jiménez (1952-58).
PEDOPHILIE : Un rapport accable l’église de Los Angeles: Face aux plaintes de 560 personnes, le diocèse de l’église catholique de Los Angeles a publié un rapport sur la manière dont il a géré les cas d’abus sexuels de ses prêtres. Accablant.
L e diocèse de l’église catholique de Los Angeles a publié mercredi 12 octobre un rapport accablant sur la manière dont, depuis 75 ans, elle a couvert les actes de pédophilie de ses prêtres.
Ce document a été rendu public dans le cadre des négociations entre le diocèse et les avocats de 560 personnes ayant engagé une action judiciaire, et comprend notamment les dossiers personnels de 26 prêtres.
Ainsi, l’un d’entre eux, le révérend Michael Baker, avait révélé dès 1986 à l’archevêque Roger M. Mahony, depuis devenu cardinal du diocèse, qu’il avait entretenu une relation sexuelle avec deux jeunes enfants de 1978 à 1985. Or Roger M. Mahony n’a pas rapporté ces faits à la police mais il a donné au prêtre un rôle de conseiller, lui interdisant tout contact avec des mineurs.
Michael Baker s’est pourtant vu rapidement confier une nouvelle paroisse, en contact avec des enfants avant de se voir renvoyé de l’église en 2000 après avoir été accusé d’abus sexuels par 10 personnes sur les 20 dernières années.
Des questions de "morale"
Plus généralement, le rapport du diocèse de Los Angeles démontre la légèreté avec laquelle l’église a traité durant 75 ans les affaires de pédophilie, certains dossiers remontant jusqu’à 1930. Ainsi, les affaires d’abus sexuels ou de viols sont qualifiés de questions de "droiture morale" ou de "violation de limite". De nombreuses plaintes ont également été ignorées tandis que d’autres ont fait l’objet d’arrangement à l’amiable avec les familles. Depuis 1985, le diocèse aurait ainsi versé 10 millions de dollars dans le cadre d’arrangements avec les familles.
Interrogé par le New York Times, le représentant des avocats des 560 plaignants, Raymond P. Boucher, estime que ces dossiers ont largement été édulcorés par l’église.
"Malheureusement, ces dossiers ne contiennent pas l’intégralité de l’histoire de la participation de l’Eglise dans la manipulation et les mouvements de ces prêtres", affirme l’avocat. "L’intégralité des dossiers montrerait à quel point (…) l’Eglise a mis ses propres intérêts devant ceux des enfants et de ceux qui ont été abusés par les prêtres".
E-mailing UMP : la Cnil et la justice enregistrent des plaintes: Plusieurs internautes jugent illégale la campagne d’e-mail marketing lancée récemment par le parti politique.
Frédéric Quin, VNUnet.fr 04.10.2005
La frontière entre spam et e-mail promotionnel est décidément très étroite. L’e-mail récemment envoyé par l’Union pour un Mouvement Populaire (voir édition du 9 septembre 2005), dans le cadre d’une campagne de marketing, est ainsi considéré comme du spam par certains internautes qui ont saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). L’opération du parti de la majorité est jugée illégale par les plaignants, dans la mesure où ils n’ont jamais accepté de recevoir des messages à caractère politique.
La loi impose aux éditeurs de sites Internet de demander aux internautes leur autorisation avant de vendre leur adresse e-mail à des sociétés commerciales. Elle ne prévoit pas, en revanche, de telles mesures quand il s’agit d’organisations politiques, religieuses, associatives ou caritatives, comme le réclamait récemment la Cnil.
Une collecte d’adresses illégale ?
Quoi qu’il en soit, l’illégalité de la campagne lancée par Nicolas Sarkozy ne fait aucun doute pour certains internautes. "J’ai reçu le mail de l’UMP à quatre adresses différentes, dont celle d’une liste de diffusion", indique Frédéric Couchet, notamment délégué général de l’April (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre). "Ces adresses ont clairement été collectées de façon illégale, probablement sur des forums à l’aide de robots, car je ne les ai jamais communiqué à aucun éditeur de sites."
Frédéric Couchet a ainsi décidé de saisir le tribunal de grande instance de Bobigny, et non la Cnil. "Une plainte auprès de la Commission a peu de chances d’aboutir dans des délais convenables, dans la mesure où celle-ci n’a jamais obtenu les moyens supplémentaires qu’elle réclamait", explique-t-il. Par ailleurs, le jeune informaticien porte plainte contre X, et non contre l’un des acteurs ayant participé à la campagne d’e-mailing. "Ce n’est pas au plaignant mais aux enquêteurs de trouver qui est responsable dans cette affaire", précise-t-il.
Les prestataires expriment leurs regrets
La justice et la Cnil devront donc déterminer si la campagne d’e-mailing de l’UMP est illégale et éventuellement condamner le parti de la majorité ou certains de ses prestataires, au nombre de 4 : Effidata (Effibases), Lotree, ImpactNet, et Maximiles.
En attendant, l’UMP a suspendu temporairement sa campagne. ImpactNet, qui collecte et héberge des bases d’adresses e-mail, a fait savoir qu’il regrettait d’avoir participé à cette opération. Et Maximiles, qui exploite un programme de fidélité en ligne, a déclaré qu’il ne communiquerait plus les informations personnelles de ses membres à des organisations politiques, jusqu’à nouvel ordre.
Libération : Le califat de Sarkozy: Demandez le président de l’UMP à Google et vous trouverez « Iznogoud ».
Le cybermanipulateur cybermanipulé : la formule pourrait s’appliquer à Nicolas Sarkozy, auteur d’une campagne d’emails sauvage (lire l’article) que les internautes ont moyennent apprécié. La réplique a été cinglante : les internautes se sont ligués pour cyberbomber celui qui, selon eux, aimerait être calife à la place du calife. C’est donc un lien renvoyant vers la page d’accueil du site officiel du film « Iznogoud », le célèbre vizir mal à sa place, qui apparaît dans les tout premiers résultats lorsqu’on tape Nicolas Sarkozy sur Google.
Pour parvenir à leur fin, de nombreux internautes ont mis en commun leurs moyens. Objectif : fausser les résultats du moteur de recherche. En fait, des centaines d’internautes se sont donnés le mot pour insérer sur leurs sites personnels des liens hypertextes comportant le nom de Nicolas Sarkozy en toutes lettres mais renvoyant vers le site d’« Iznogoud ». Cette technique influence le classement des pages dans le moteur de recherche qui indexe automatiquement les sites Web du monde entier. Plus les « vrais-faux » liens sont nombreux et plus « Iznogoud » remonte dans le classement. Nicolas Sarkozy paye ainsi les 800.000 courriels adressés à des internautes qui avaient donné leur accord pour recevoir de la publicité mais qui se sont sentis agressés par ce nouveau mode de communication politique.
HardWare.fr : Rencontre avec le troisième type : SED: Canon a dévoilé hier son écran SED. Et nous l’avons vu, comparé avec un LCD et un plasma. Et nous avons été bluffés !
Trois mois de sursis pour un étudiant: Antoine B., poursuivi pour violence, outrage et rébellion lors d’une manifestation lycéenne en avril dernier a été condamné à 3 mois d’emprisonnement avec sursis.
Libération : L’avocat de Pascal Taïs dénonce le "droit à la mort": STRASBOURG - L’avocat des parents d’un jeune homme mort en 1993 dans une cellule d’un commissariat de police de Gironde a dénoncé jeudi devant la Cour européenne des droits de l’homme le "droit à la mort" qui résulte selon lui du non-lieu judiciaire prononcé dans cette affaire.
"Ce n’est pas le droit à la vie que l’on a protégé mais en cultivant peut-être intelligemment l’incertitude, on a permis à deux personnes (les policiers) de s’arroger le droit à la mort", a déclaré Me Jacques Vincens devant les juges de Strasbourg.
Pascal Taïs, alors âgé de 33 ans, avait été retrouvé mort, gisant dans le sang et les excréments, le matin du 7 avril 1993, au commissariat d’Arcachon (Gironde) où il avait passé la nuit.
Interpellé en état d’ivresse lors d’une altercation devant le casino de la ville, ce toxicomane malade du sida avait été conduit à l’hôpital pour subir un examen médical.
Face à son comportement violent et à son refus de se faire examiner, il avait été frappé par les policiers et finalement placé dans une cellule de dégrisement.
Une première autopsie avait conclu à la mort par hémorragie consécutive à une fissure de la rate. Elle avait révélé de nombreuses blessures sur le corps : deux côtes cassées, un poumon perforé, une plaie profonde à la tête.
Persuadés que leur fils avait été frappé à mort, ses parents, Mohammed et Suzette Taïs, avaient porté plainte pour "non-assistance à personne en danger" et "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
Cette plainte a abouti à un non-lieu prononcé le 28 juin 1996 par le juge d’instruction et confirmé le 19 juin 2003 par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux.
Celle-ci a conclu que "l’hypothèse la plus vraisemblable" restait celle d’une "chute volontaire ou involontaire" de Pascal Taïs contre la banquette en ciment de sa cellule.
L’affaire avait été relancée par un coup de téléphone anonyme reçu par Suzette Taïs le 17 mai 2000, qui dénonçait un fonctionnaire de police comme étant l’auteur des coups mortels.
Devant la Cour de Strasbourg, la représentante du gouvernement français, Anne-Françoise Tissier, a défendu une instruction judiciaire qui a donné lieu à "douze expertises" et justifié l’absence de soins dont a fait l’objet le jeune homme. "Son comportement reflétait son refus manifeste de se faire examiner", a-t-elle affirmé.
Elle a évoqué la peur que suscitait à l’époque le virus du sida pour expliquer que la surveillance policière, durant la garde à vue, s’était déroulée "sans contact physique".
"Je comprends que la douleur ait besoin du châtiment pour s’apaiser, mais le châtiment n’est pas toujours juste", a-t-elle conclu.
La Cour a mis son jugement en délibéré à une date ultérieure.
Libération : Etranger, tu n’es pas le bienvenu au pays de Sarkozy: Une note de l’Intérieur que s’est procurée « Libération » durcit la politique d’immigration.
Récit dramatique d’ Haj Ali al-Qaisi, le détenu encagoulé d’Abou Ghraib
Sept policiers accusés de viols sur prostituées: Ces agents auraient abusé de leur fonction pour violer trois prostituées en 2003. Une seule victime s’est constituée partie civile.
Le juge d’instruction parisien Marc Sommerer a clos, vendredi 30 septembre, l’enquête dans laquelle sept policiers sont accusés d’avoir abusé de leur fonction pour violer trois prostituées. Ils sont poursuivis pour "viols par personnes dépositaires de l’autorité publique".
Une seule des victimes, une Albanaise de 26 ans, s’est constituée partie civile dans ce dossier. Les deux autres victimes, également originaire des pays de l’Est, avaient disparu après les faits par peur des policiers et n’ont pas pu être retrouvées.
Les faits remontent à avril 2003. Ils avaient été portés à la connaissance de l’Inspection générale des services (la police des polices) par des associations en lien avec les prostituées et par la Ligue des droits de l’Homme.
Chantage aux papiers
Le 8 avril 2003 vers 22h00, une voiture de police s’arrête à la hauteur d’une prostituée, sur le boulevard Ney (Paris 18e). Prétextant un contrôle, deux policiers en uniforme et arme de service, embarque la jeune femme pour, disent-ils, la conduire au commissariat.
Le véhicule emprunte l’autoroute A1 jusqu’à un terrain isolé de la plaine Saint-Denis, où les policiers contraignent la prostituée à avoir avec eux des relations sexuelles pour pouvoir récupérer ses papiers.
La victime est ensuite ramenée à son point de départ.
Vers 03h00 du matin, les deux hommes et l’un de leurs collègues, habillés en policier abordent deux autres prostituées sur le même boulevard. Ils les conduisent au même endroit et les contraignent à des relations sexuelles après leur avoir confisqué leurs papiers.
Gratuité des prestations
Mais lorsque deux des policiers décident d’imposer aux femmes des relations entre elles, l’une d’elle tente de prendre la fuite. Elle est rattrapée et embarquée de force dans la voiture.
S’apercevant que leurs agresseurs ne les ramènent pas sur Paris, les deux femmes paniquent et sautent de la voiture en marche. Elles sont recueillies par le chauffeur d’un camion citerne.
Les trois policiers ont reconnu en garde à vue avoir eu des relations sexuelles avec les prostituées.
Ils ont expliqué avoir obtenu la gratuité des prestations, soit par des pressions morales directes, soit par l’utilisation en toute connaissance de cause des attributs de leurs fonctions, selon l’IGS. Pour se justifier, l’un d’entre eux a relaté des faits similaires impliquant quatre autres de ses collègues de la CRS 7, qui ont également été mis en examen.
2007 : La guerre des parrains a commencé: Les listes des soutiens aux candidats à l’Elysée seraient distribuées aux électeurs.
rélude à la guerre élyséenne, la bataille des parrains est ouverte. C’est un lieutenant de
Nicolas Sarkozy qui l’a déclenchée. Mine de rien, Manuel Aeschlimann, député UMP des
Hauts-de-Seine, vient de déposer une proposition de loi « visant à réformer les conditions
de publicité des noms des élus » qui parrainent les candidats à l’élection présidentielle.
Concrètement, le conseiller pour l’opinion publique du président de l’UMP propose que les
noms et qualités de tous les parrains d’un candidat soient non seulement rendus publics, mais
également adressés aux électeurs avec le matériel électoral habituel (professions de foi,
bulletins de vote, etc.). Officiellement, cette proposition est destinée à introduire davantage de
« transparence » dans les opérations électorales. Effet collatéral : cela devrait avoir pour effet
de décourager les élus d’accorder leur parrainage aux candidats extrêmes. Ces derniers
redoutent d’ailleurs une telle conséquence (lire ci-contre).
Fantaisies. Jusqu’à présent, c’est la loi du 6 novembre 1962 qui précise les modalités des
parrainages. Instaurée en même temps que l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel,
cette disposition législative avait pour objectif de prévenir les candidatures fantaisistes à la
présidentielle. De 1962 à 1974, les prétendants à l’Elysée devaient produire 100 signatures
d’élus locaux (maires, conseillers généraux...) pour prétendre concourir. Depuis 1974, il leur
en faut 500 émanant d’au moins 30 départements. Dans une « délibération » en date du 7
juillet, le Conseil constitutionnel suggère au législateur d’augmenter ce nombre. Le
gouvernement ne devrait pas suivre cette proposition. En revanche, il pourrait, sinon
reprendre à son compte la proposition d’Aeschlimann, au moins en déposer une similaire.
Matignon a confié à l’Intérieur la rédaction d’un projet de loi en ce sens.
Consulté officieusement sur le sujet, le Conseil constitutionnel ne s’opposerait pas à la
divulgation complète des noms des 40 000 parrains potentiels. Pour l’heure, la loi précise que
seuls 500 noms tirés au sort parmi tous ceux que produit un candidat à l’Elysée sont rendus
publics. La liste des heureux parrains est alors affichée, durant quelques jours, sous le nom de
leur filleul respectif dans les locaux du Conseil et publiée au Journal officiel. Aeschlimann
propose donc que cette publicité soit étendue à tous les parrains. « Cela constituerait une
garantie pour la responsabilité des parrains comme celle des électeurs », explique le député
UMP. Secrétaire national du PS chargé des institutions, le député de l’Isère, André Vallini,
n’est pas contre : « Je ne suis pas choqué sur le principe. Si on parraine un candidat, il est
finalement normal que cela se sache. »
Observatoire. Le député UMP des Alpes-Maritimes, Jérôme Rivière, approuve également le
« principe de transparence ». Mais il ne juge « pas nécessaire » d’en passer par une disposition
législative. Lui croit plutôt à une démarche citoyenne. Avec des amis, il travaille depuisquelque temps à la création d’un « observatoire national des parrainages ». Dans les jours
prochains, un site Internet devrait ainsi voir le jour. Le citoyen devrait y trouver l’ensemble
des dispositions législatives sur le sujet. Mais aussi et surtout des formulaires bons à
imprimer. L’un que l’internaute adressera à ses élus pour leur demander le nom de leur
filleul(e). L’autre, une fois la réponse des élus acquise, à destination de la presse locale. « C’est
un outil de lobbying citoyen », ambitionne Rivière, qui précise : « Cela n’a rien à voir avec
l’UMP. »
Et rien non plus avec la dimension de petite opération de pure politique que cache aussi
l’initiative d’Aeschlimann. Lieutenant de Nicolas Sarkozy, il reconnaît volontiers que son
champion chasse sur les terres lepénistes : « Certains maires ont l’intention de donner leur
signature à Philippe de Villiers ou à Nicolas Sarkozy parce qu’ils incarnent, eux aussi,
l’ordre, explique le député des Hauts-de-Seine. Et que Le Pen est plutôt un has been. Selon
les sondages, environ 75 % des électeurs du FN apprécient le discours de Nicolas. »
Aeschlimann sait aussi que certains élus parrains du candidat d’extrême droite ne goûtent
guère la publicité. D’où sa proposition de loi.
Ce texte, même si son auteur refuse de l’avouer, a également pour objectif de gêner une
éventuelle candidature de Dominique de Villepin. Les sarkozystes savent que le Premier
ministre compte moins de relais parmi les élus que le ministre de l’Intérieur. Ils anticipent
ainsi un remake de la présidentielle de 1995. Une course effrénée à la signature avait été
alors orchestrée entre Balladur4 097 noms, son rival 2 425.
Libération : Mercredi gare du Nord, « les flics ont perdu leur sang-froid »: Pas de trains, des gens exaspérés, le ton qui monte, les policiers qui « choisissent quelqu’un au hasard », la foule qui réagit, les lacrymos qui sortent… • Deux voyageurs présents sur les lieux racontent •
(1) Les prénoms ont été changés
Thomas (1), 33 ans, psychologue
« Je suis arrivé gare du Nord vers 18h30. Un monde fou attendait. Les gens de l’accueil de la SNCF nous ont expliqué que des passagers étaient sur les voies et donc que les trains étaient bloqués. Paradoxalement, les écrans indiquaient qu’un train était en panne. La sauce a commencé à monter. Les gens se sont énervés car il y avait deux informations discordantes. Ça fait 10 ans que je prends cette ligne, je n’ai jamais vu ça. Les gens été excédés, certains étaient là depuis 17 h 30 et il n’y avait aucun train. C’est la énième fois que cette situation se produit et l’accumulation a provoqué un véritable mouvement de foule. Il y avait selon moi plusieurs centaines de personnes devant la cage d’accueil. Tous demandaient des explications, pestaient car ils se sentaient pris pour des pigeons.
Ça a commencé à chauffer, des gens se sont mis à crier contre les agents SNCF. A ce moment, des types de la police nationale en uniforme sont arrivés et, devant l’hostilité de la foule, ils ont pris peur. Ils ont attrapé un père de famille, un gars de 40 ans. Ils l’ont attrapé, molesté, aplati au sol, menotté puis ils l’ont emmené avec eux. A ce moment la foule a suivi le gars en tentant de prendre sa défense. C’est là que les flics ont sorti les lacrymos et ont pulvérisé à bout portant. J’ai vu un gamin de 6 mois sortir avec son père et sa mère.
Je crois qu’on a vraiment atteint un point d’exaspération énorme de la part des usagers. Ils ont l’impression qu’on se fout d’eux, d’être toujours les derniers informés. Hier ils étaient très en colère même si je pense que les flics ont dérapé. La colère restait verbale même si les propos des usagers étaient extrêmement violents. Je crois que les flics ont perdu leur sang froid. Tout le monde a été pris par surprise. »
« Les flics ont choisi quelqu’un, visiblement au hasard »
Bernard, 33 ans, concepteur rédacteur
« Je suis arrivé gare du nord à 19 h 30. Il y avait beaucoup de monde, c’était le foutoir. Autour de moi, des gens attendaient depuis deux heures sans savoir ce qui se passait. Je suis allé au bureau informations : il y avait une foule encore plus grande et une tension palpable. D’un coup, la soupape a explosé : des gens entassés se sont mis à crier sur les agents de la SNCF et les policiers qui leur faisaient face en essayant tant bien que mal de répondre à des questions auxquels ils n’avaient pas la réponse.
Nous étions très nombreux et pas contents du tout mais ce n’était pas l’émeute. D’un coup, les flics ont choisi quelqu’un, visiblement au hasard : un père de famille tout à fait correct. Ils étaient à deux ou trois dessus, l’ont mis par terre, l’ont frappé à coups de matraque. Quand ils ont voulu embarquer le type, la foule s’est retournée contre la police. Nous nous sommes sentis coupables alors qu’on était juste en train d’essayer de comprendre ce qui se passait. On leur a dit de le lâcher le gars, qu’il n’y était pour rien. Ils ont répliqué en sortant les lacrymogènes, des bombes à main genre aérosol. J’en ai pris en pleine tête, des mômes ont été touchés. Ils aspergeaient tout le monde : il y avait des poussettes, des vieillards, les gens qui prennent le train comme vous et moi.
Tout cela s’est passé dans la salle des pas perdus, entre le quai 32 et les poinçonneuses. Tout cela a duré une dizaine de minutes. Sur le coup j’ai été très énervé en me disant que c’était une honte. Mais on était très nombreux, il fallait gérer la tension. Le problème, c’est que les flics ne semblaient pas préparés à ce genre d’événements. Ils ont perdu pied très rapidement alors que les gens étaient tendus mais pas agressifs. »
Deux ex-ministres de Gaston Flosse en examen: L’ancien vice-président du gouvernement de Polynésie française et l’ex-ministre des Affaires foncières, tous deux dans des gouvernements de Gaston Flosse, ont été mis en examen pour ’’détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt’’.
Le Monde.fr : Paris demande à Bruxelles de restreindre la publication d’études sur les OGM: Le gouvernement français a effectué une démarche à Bruxelles pour restreindre la communication au public des études de risques sanitaires des Organismes génétiquement modifiés, selon une "note des autorités françaises" transmise à l’AFP par Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement.
La note française demande que les "études de toxicité", c’est-à-dire les évaluations des risques d’un OGM pour la santé humaine, généralement faites à partir d’expérimentations animales, soient expressément exclues du domaine public.
La note, qui n’est ni datée ni signée, a été discutée le 19 septembre dans une commission de suivi sur la législation des OGM, où chaque pays-membre est représenté par des hauts fonctionnaires.
La France se réfère dans sa note à un article de la directive de 2001 (2001/18) sur la "dissémination volontaire des OGM dans l’environnement".
Cette législation européenne fixe les conditions dans lesquelles des demandes de culture à l’air libre ou de commercialisation d’un OGM peuvent être faites dans l’Union. Elle prévoit que les études de risques accompagnant le dossier de demande peuvent être communiquées au public.
Toutefois un article spécifie que les informations "dont la divulgation pourrait nuire à la position concurrentielle" de l’entreprise déposant le dossier devront rester confidentielles.
L’association CRII-GEN, dont fait partie Mme Lepage, a demandé la communication d’informations sur un maïs OGM, le Bt 11, en cours d’autorisation dans l’Union.
Les autorités françaises estiment que la communication des études de toxicité peut "entacher la confiance de l’opinion publique" et "nuire à la position concurrentielle de l’entreprise".
La Commission européenne doit prendre position sur la demande française "avant novembre", selon des sources européennes.
Dans un communiqué, Mme Lepage a dénoncé "l’attitude scandaleuse" des autorités françaises.
M. Sarkozy contre l’anti-France: Voici un texte qu’il faut lire de toute urgence, dans sa version intégrale. Quelques brefs extraits en ont paru dans la presse. Ils ont suscité des haussements d’épaule, quelques remarques blasées. Nous sommes tellement habitués aux « dérapages » de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, camouflés en « parler vrai ». Mais son intervention du 9 septembre devant les préfets de la République passera dans les annales, aussi bien pour le contenu que pour le style.
C’est Bonaparte qui s’adresse à ses officiers et les invite à poursuivre l’assaut derechef contre tous ceux qui mettent en cause la sécurité des « Français », en premier lieu les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les immigrés illégaux. Ce bulletin aux armées utilise le mot « engagement » (des préfets) douze fois ; « mobiliser » est employé sept fois, le « terrain » (la nécessité d’être sur le terrain), huit fois. Les préfets sont appelés à prendre la tête des troupes de policiers et à les mener eux-mêmes à l’assaut.
Contrairement à Bonaparte, M. Sarkozy ne leur promet pas de légion d’honneur, ou une gloire éphémère, mais des espèces sonnantes et trébuchantes. « Le régime indemnitaire connaîtra pour la 3ème année consécutive, une augmentation notable. Ainsi un sous-préfet de classe 5 (début de carrière) ou de classe 1 (préfectable) aura vu son régime indemnitaire progresser de 30 % depuis 2002, voire jusqu’à 45 % grâce à la modulation. Un préfet hors classe aura bénéficié d’une progression de 35 %. J’ai aussi décidé de vous donner une nouvelle marge de manœuvre par la modulation des primes des sous-préfets, laissée désormais à votre décision. » Au prorata, sans doute, du nombre d’expulsés. Car le ministre fixe des quotas de « clandestins » à expulser.
« Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d’étrangers en situation irrégulière cette année. Je constate qu’à la fin du mois d’août, 12 849 étrangers avaient fait l’objet d’une mesure effective d’éloignement : sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq mois (sic !) pour accentuer l’effort. J’observe d’ailleurs que, d’une préfecture à l’autre, les résultats sont inégaux. »
Et, surtout, ne pas se laisser intimider par l’Etat de droit et les arguties de la justice ou celles des défenseurs des droits de l’homme : « Il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manœuvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. Vous devez ainsi faire usage des pouvoirs que vous donne le code de l’entrée et du séjour des étrangers, quelles que soient les sollicitations locales. Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu’eux-mêmes. » Les récentes rafles de sans-papiers menées au petit matin, avant le départ à l’école des enfants, témoignent de l’enthousiasme que le ministre a su faire souffler dans les préfectures.
Intervention du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire devant les préfets, vendredi 9 septembre 2005
Alain Gresh
Libération : Françaises, Français, Nicolas Sarkozy vous spamme: Le président de l’UMP inaugure l’e-mailing politique venu des Etats-Unis.
Sans-papiers : enfants séparés de leur mère: Deux enfants de 3 et 7 ans, dont l’un est né en France, ont été séparés de leurs parents algériens placés en centre de rétention avant expulsion.
Royal dénonce le sexisme de socialistes: ’’Tout se passe comme si on avait le droit d’être prêt mais pas le droit d’être prête’’, a déploré celle qui a déclaré qu’elle pourrait être candidate à la présidentielle. ’’Qui va garder les enfants ?’’, demandait Laurent Fabius ce week-end. Jean-Luc Mélenchon : ’’La présidence de la République n’est pas un concours de beauté’’.
Libération : La justice ne faiblit pas contre les personnes interpellées lors des manifs lycéennes: La parole d’un étudiant n’a pas pesé lourd contre celle des policiers l’accusant d’outrage, violences et rébellion : trois mois de prison avec sursis ont été requis contre lui.
Le procureur de la République a requis jeudi trois mois de prison avec sursis à l’encontre d’Antoine Bérard, un étudiant de 23 ans, accusé d’outrage à agent, violences et rébellion lors de son interpellation dans une manifestation de lycéens, en avril. Comme d’autres avant lui, l’étudiant rejette la version des policiers. En juin, Samuel Morville, l’un des meneurs de la coordination nationale des lycéen avait été condamné à cinq mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende pour un simple outrage à agent. Depuis, plusieurs condamnations sont intervenues et d’autres procès de manifestants s’annoncent encore.
Jeudi, Irène Terrel, l’avocate d’Antoine Bérard, a demandé un complément d’informations au tribunal. Refus catégorique. Sa requête était pourtant justifiée : comme Samuel Morville, Antoine Bérard s’est retrouvé à la barre sur de simples procès verbaux de police, sans qu’aucune enquête sur les faits ne soit possible. « Dans ce cas, c’est la parole d’un étudiant contre celles de deux policiers », résume l’avocate.
Antoine Bérard s’estime victime d’une injustice. Le 13 avril, des manifestations lycéennes ont lieu dans toute la France. Antoine Bérard rejoint le cortège des lycéens dans les rues de Paris, soucieux comme d’autres adultes du bon déroulement de la manifestation. Opposés à la loi Fillon sur l’école, les lycéens battent régulièrement le pavé depuis le mois de janvier. Côté gouvernement, chefs d’établissement et CRS, la crispation est de plus en plus perceptible. Les incidents se multiplient. Ce jour-là, le cortège dévie de son trajet initial et bute dans une rue étroite contre un cordon de CRS, à proximité de la Sorbonne. « Je me suis mis en première ligne pour contenir le cortège », explique Antoine Bérard, voix timide et cheveux long retenus en chignon. « Mais la foule poussait derrière. Les CRS ont sorti les gaz lacrymogènes, et sans que je sache comment je me suis retrouvé de l’autre côté du cordon, traîné au sol par les cheveux. J’ai pris des coups ».
Il reste plus de 24 heures en garde à vue. Un certificat médical lui accorde deux jours d’interruption de travail. L’étudiant porte plainte à son tour contre la police : « Ça ne nous concerne pas, balaie la présidente du tribunal. Cette plainte suivra son cours ».
L’avocate du jeune homme fournit au tribunal un reportage de France 2 montrant son interpellation musclée, ainsi que des photos prises par un photographe amateur qui se trouvait sur les lieux. Et pour convaincre le tribunal de l’« incohérence » de la version des policiers, elle s’appuie sur leurs propres déclarations qui situent étrangement le lieu de l’interpellation d’Antoine Bérard à plusieurs centaines de mètres de la Sorbonne. « Les lieux cités correspondent à ceux où l’ordre a été donné d’isoler ce jeune-homme désigné comme un élément perturbateur », justifie le lieutenant de police chargé ce jour-là d’encadrer la manifestation. « On ne peut pas accuser n’importe qui, de n’importe quoi, n’importe où ! », lui rétorque l’avocate.
Le public s’agite. A maintes reprises, la présidente menace d’évacuer la salle. Et s’impatiente quand trois enseignants, le photographe amateur et l’employée d’une librairie qui ont tous assisté à l’interpellation d’Antoine, viennent témoigner de la violence de la scène. « Puisque ça vous a tant choqués, pourquoi n’êtes-vous pas tout de suite allés porter plainte ? », demande-t-elle. Les cinq témoins, qui ont posé une journée de congé pour venir témoigner à la barre, ouvrent des yeux ronds. La procureure ajoute : « oui, c’est extrêmement violent, une interpellation... Surtout quand on n’en pas vu la cause ! »
La cause, selon la version des policiers, ce sont les « insultes » que l’étudiant aurait proférées et qu’il nie : « CRS -SS » et « sales flics ». Il explique à nouveau qu’il s’est interposé ce jour-là dans le seul but de faire tampon et calmer le jeu. La procureure accuse : « Cet élément perturbateur devait être sorti de la manifestation car il gênait son bon déroulement ». Elle requiert trois mois de prison avec sursis. L’avocate des policiers réclame 460 euros de dommages-intérêts. Jugement le 6 octobre.
Lettre ouverte de Jeanne Doe au blanchisseur: A l’occasion de la journée mondiale du droit d’auteur équilibré,
le FLIC (canal IRC) présente
P2P : n’ayez pas peur !
Une lettre ouverte de Jeanne Doe, 87 ans, Rodez,
au ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, 1
suite au débat "Téléchargement : parlons en franchement !"
"Seul Renaud Donnedieu de Vabres retiendra peut-être que les jeunes internautes sont également des personnes informées, conscientes de la politique répressive du gouvernement depuis l’été 2004. "
LEMONDE.FR | 19.04.05 | 10h51
Monsieur le ministre,
Lors du débat "Téléchargement : parlons en franchement !", vous avez déclaré :
"Le tout-répressif n’est pas la politique du gouvernement "
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-640459,0.html
Comme cela n’a pu se faire sur l’instant, je souhaiterais vous dire ceci :
Le 15 juillet 2004, le président de la CNIL, Alex Turk, également sénateur de la majorité et rapporteur lors de la réforme de la loi Informatique et Libertés (belote), a fait entériner par ses pairs un amendement rédigé par vos services à la demande notamment de la SACEM et de Vivendi Universal. Cet amendement avait été préalablement porté à l’Assemblée Nationale par le député-rapporteur de la majorité, Françis Delattre, également commissaire à la CNIL (re-belote). 2
Cettte oeuvre de commande a permis à la CNIL, autorité administrative dite "indépendante" (mais visiblement de bonne composition), de se parjurer récemment comme prévu. La CNIL a en effet, il y a moins d’un mois, autorisé le syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (SELL) à se livrer à des opérations de police de grande envergure sur les réseaux P2P.3 Pour le plus grand bohneur de Vivendi Universal et de Microsoft, membres de ce syndicat, et en totale contradiction avec les dernières recommandations du groupe Article 29, l’autorité indépendante de l’Union Européenne compétente en matière de protection des données personnelles.4
Le même 15 juillet 2004, mais cette fois à Bercy, et devant les caméras de TF1, les ministres Sarkozy et Devedjian faisaient signer en grande pompe une charte para-légale aux fournisseurs d’accès pour qu’ils collaborent à l’avenir avec les chasseurs de primes employés par l’industrie du disque. 5
A cette occasion, vous invitiez publiquement la SACEM et les producteurs de disque à poursuivre des internautes devant les tribunaux pour faire des exemples, ainsi qu’à chercher un terrain d’entente avec les fournisseurs d’accès pour imaginer des procédures alternatives à la procédure pénale. Ce que ces entreprises se sont bien sûr empressées de faire. En attaquant déjà devant les tribunaux les fournisseurs d’accès refusant de collaborer à cette mascarade.
En s’appuyant sur certaines dispositions de la LCEN, dite loi Ollier/Fontaine, votée en juin 2004, cette industrie a ainsi tenté de faire couper l’accès internet d’abonnés haut-débit qu’elle présumait coupables en cherchant à éviter le débat contradictoire. Ses représentants se sont ainsi présentés devant un juge, plutôt dubitatif, en lui demandant qu’il ordonne à un fournisseur d’accès de rompre son contrat avec un abonné, avec comme seule preuve du méfait présumé valant déconnexion, un listing imprimé par leurs soins. 6
Délicieuse conception des droits fondamentaux et culot admirable.
Pour justifier cette politique et les lois qui l’accompagnent, et tout comme ces entreprises qui ont donc le lendemain de la fête nationale de l’an 2004 officiellement déclaré la guerre aux internautes français attachés aux concepts d’état de droit et de démocratie, votre gouvernement et la majorité, n’ont pas cessé pendant les mois qui ont précédé et suivi ce point d’orgue de traiter les adeptes du P2P de dangereux pirates nuisibles aux artistes français. Voire pire.
Ainsi, le ministre Devedjian - bien connu des journalistes pour avoir tenté de museler la presse en ligne lors de la dernière lecture de la LCEN (avant d’être opportunémment censuré par un conseil constitutionnel rendu à l’époque cachottier par la proximité d’élections européennes)7 - a encore fait récemment de douteux rapprochements entre téléchargement de musique, pédophilie, anti-sémitisme et racisme. 8
Amalgames qui ne sont pas sans rappeler ceux de la député De Panafieu quand elle a cherché à transformer les hébergeurs en juge à la solde des majors alors qu’elle portait un amendement de l’actuel ministre d’Aubert (toujours à l’occasion de l’adoption de la LCEN dite loi Ollier/Fontaine et non sans s’être préalablement exclamée : "Trop de liberté nuit à la liberté ").9
Pour votre part, dans une tribune parue dans le journal Le Monde du 19 juin 2004, et sans doute pour justifier votre amendement e-milices, vous avez qualifié le partage de musique et de films sur internet de "crime contre l’esprit ", "de crime contre la culture ", et de "crime souvent organisé ".10 Vous avez également, sur le site de votre ministère tenté de faire passer pour des terroristes ceux qui pratiquent cette activité.11
Et last but not least, le garde des Sceaux, le ministre Perben, qui, en mars 2004, au travers de la loi dite Perben II (et son fameux présumé coupable), a relevé la peine maximale de prison prévue pour le délit de contrefaçon de 2 à 3 ans de prison. Ceci fait que le partage à but non lucratif de musique sur internet est passible de la même peine que l’exercice de violences physiques sur un mineur de quinze ans. L’amende maximale prévue pour le délit de contrefaçon a elle été relevée de 150 à 300 000 euros d’amende, soit plus de quatre fois celle prévue pour des atteintes à l’intégrité physique d’un enfant.12
Au cours du débat "Téléchargement : parlons en franchement ! ", j’ai noté que vous expliquiez à la jeune génération que cela s’appelle une "riposte graduée ". J’apprécie le choix des mots et l’échelle de valeurs. Mais, au final, quel est le résultat de cette riposte pénale et de cette gradation dans l’odieux ?
Vous voilà , monsieur le ministre, à la veille d’un référendum difficile, avec des décisions de justice et administratives édifiantes qui tombent ... dans les mains d’internautes de tous ages excédés par la façon dont votre gouvernement les traitent depuis près de trois ans.
Vous voilà , face à la génération P2P, bien plombé, avec vos dizaines de jeunes télé-partageurs poursuivis, gardés à vue et dont certains ont eu droit à un toucher rectal.13 Et cerise si j’ose dire, vous voilà devant moi, Jeanne Doe, 87 balais et qui en a vu d’autres lui dire "n’ayez pas peur ", pris à votre propre piège de la désinformation et de l’emballement sécuritaire, avec vos douaniers bretons qui confisquent des CD gravés aux rond-points en exigeant des automobilistes qu’ils présentent les originaux au poste sous 24 heures.14 "Et amenez de la vaseline. On ne sait jamais. " aurait pu préciser le pandore ...
Beau bilan donc . De 315 à 8.516 M (millions) de français considérés comme des criminels parce qu’ils partagent de la culture. Des milices adoubées par la CNIL à un bien mauvais moment. La SACEM, les éditeurs de logiciels, les producteurs de disque et de films qui trépignent, impatients de terroriser les millions d’internautes qui téléchargent ... mais votent aussi (ou bien leurs parents). Un jeune internaute, propriétaire de près de 500 DVD gravés dont certains contenant des films récupérés sur internet, confirmé innocent par une cour d’appel.17 Une autre cour d’appel qui interdit les dispositifs anti-copie privée sur les DVD (deuxième preuve par l’exemple de l’interêt de passer par un juge et de l’inexactitude juridique de votre propagande).18 Des fonctionnaires d’en haut et d’en bas qui ne savent plus ce qui est licite et ce qui ne l’est pas, et qui disent et font n’importe quoi.
Et surtout, des dizaines de millions d’automobilistes susceptibles d’être traités comme des délinquants devant leurs enfants car de la musique enregistrée parfaitement légalement à partir de radios web ou d’un CD prêté par un ami aura été trouvée dans leur voiture. Des dizaines de millions d’automobilistes, monsieur le ministre, tous présumés coupables, et qui peuvent à tout instant se prendre un doigt dans le cul au cours d’une garde à vue pour avoir copié de la musique en toute légalité.
En plus, toute cette campagne de chasse et d’intimidation délirante n’a aucun effet sur la fréquentation des réseaux P2P et sur l’engouement des français pour l’échange de fichiers, les graveurs, le DivX, et le MP3 Rien d’autre que de plus en plus de lycéens et de parents qui grondent face à une politique terroriste d’un autre âge littéralement déconnectée de la réalité (de 700 000 à 1 M de nouveaux adeptes du P2P en 200419),
Et, parallèlement, des chiffres qui contredisent toutes vos prédictions catastrophistes. Des ventes de DVD qui s’envolent (2 milliards d’euros en 2004, soit +16.9%20) , idem pour les sonneries mobiles (8.7 M d’euros percus en 2004, 600 M prévus pour 2007 21). La fréquentation des cinémas en hausse de 12% (record de puis 21 ans) .22 Un marché du disque qui repart (+16,3% au premier trimestre 2005, et tout de même 950 M d’euros en 2004) ,23 et un budget moyen des français consacré au divertissement (jeux vidéos, films, musique) qui évolue bien mieux en 2004 (+2% en moyenne) que leur pouvoir d’achat (+0,5% ).24
Certes, au cours du débat, à la veille du référendum, je vous ai bien entendu marmonner, que l’obscurantisme et l’intimidation de masse, c’est du passé, que la politique du bouc-émissaire, les liens de causalité bidons, et le consommateur que l’on culpabilise en l’arrosant de désinformation, c’est fini.
Je vous ai bien entendu dire en substance : "n’ayez pas peur ", et déclarer, par l’intermédiaire d’une présentatrice bien briefée, que, suite aux sondages, vous avez pris conscience que le réseau internet, c’est avant tout des internautes qui communiquent, un espace public, social, culturel et pas un vulgaire supermarché à mettre d’urgence sous vidéo-surveillance et à peupler de vigiles.
J’ai bien entendu cela ... au loin. Car, sauf erreur de ma part, la dernière version connue de votre projet de loi sur le droit d’auteur programmé pour début juin (magie des dates), et que vous comptez visiblement faire passer cet été (décidément), via une procédure d’urgence (et ben voyons), prévoit lui que la simple conversion d’une chanson téléchargée sur le site d’Apple au format MP3 fera également risquer trois ans de prison, trois cent mille euros d’amende et un toucher rectal.25
Et même punition pour une copie privée d’une oeuvre verrouillée par un dispositif "Copy Control", et ce bien que les Français payent une redevance sur la copie privée depuis 1985 pour pouvoir justement copier librement pour leur usage privé et, accessoirement, ne pas risquer d’être digitalisés au rond-point par la marée chaussée du ministre de Villepin pour une poignée de chansons.
Cette redevance sur la copie privée, monsieur le ministre, s’élèvera dans les trois ans à venir à plusieurs centaines de millions d’euros (plus de 200 M prévus pour 2005), et ce notamment de par l’explosion des ventes de periphériques électroniques grand public à disques durs intégrés (x 4 d’ici à 200926) . Mais aussi du fait de son extension répétée ces dernières années à tous types de supports (CD, DVD et disquettes vierges, disques durs de magnétoscopes et de baladeurs numériques, cartes mémoires pour appareils photos numériques, ...).
Plusieurs centaines de millions d’euros, monsieur le ministre. Plusieurs milliards de francs. Tout comme le bénéfice net de Vivendi Universal cette année (754 M de dollars en 2004).
Vivendi Universal, multinationale, éditrice de jeux vidéo à 60 euros mais aussi productrice de CD à 18 et qui en vend des centaines de millions de copies à un coût de reproduction marginal proche de zéro. Vivendi Universal qui fait payer des dizaines de radios et de télévisions diffusant ses contenus, qui touche sur les supports physiques, les billets de cinéma, les abonnements aux chaînes privées, mais aussi une part de la redevance copie privée (que l’on pourrait croire réservée aux compositeurs, aux chanteurs et aux musiciens, mais non). Vivendi Universal aux milliards de bénéfices donc, mais dont les porte-paroles assènent pourtant toujours sans relâche et sans gène apparente, tout comme vous d’ailleurs, que "la crise bat son plein " , que le public doit comprendre qu’il est un "voleur " et qu’il faut maintenant qu’il paye pour tout ce qu’il écoute et regarde.
Comme s’il ne le faisait pas déjà plusieurs fois au travers de ses achats et de ses multiples abonnements aux prix fixés arbitrairement, mais aussi au travers de taxes (TVA à 20.6 sur le disque), de plusieurs redevances (télé, copie privée), et de ses impôts locaux, régionaux et nationaux (qui par ailleurs montent bien plus qu’ils ne baissent, contrairement aux promesses).
Comme si une bonne partie de ces ponctions financières multiples n’était pas directement ou indirectement utilisée pour rémunérer les créateurs, les artistes et les techniciens du spectacle, mais aussi, c’est vrai, les (animateurs-)producteurs français, par exemple au travers de subventions, de crédits d’impôts ou d’utilisations détournées du système de l’intermittence (828 millions d’euros de trous en grande partie à cause des abus des sociétés de production) ou de la gestion collective (les sociétés de gestion collective gèrent plus d’un milliard d’euros par an).
Comme s’il n’y avait pas d’argent public dans les méandres du CNC (521,83 M d’euros de budget prévu par la loi de finances 2005 soit +3.5%27), de la SACEM et des autres . Comme si les chaînes et les radios publiques, les établissements scolaires et universitaires, les médiathèques, les hôpitaux et les conseils locaux de la jeunesse ne reversaient pas de l’argent à la SACEM dès qu’ils diffusent plus de trois notes en public.
Comme si .... comme si les industries du contenu ne piochaient pas aussi dans les caisses des collectivités (la région Ile de France est le deuxième financier du cinéma français) ou dans celle du budget européen (programme e-content : 500 M d’euros entre 2001 et 200428, programme Media+ : 400 M d’euros entre 2001 et 200529) ...
Et oui monsieur le ministre, de l’argent public il y en a ... pour certains
Redevances, taxes et ponctions diverses qui s’additionnent donc, et à tous les étages en empruntant des circuits financiers variés et opaques par ailleurs dénoncés par des commissions parlementaires et par la Cour des Comptes30, et qui, au final, alimentent une manne de milliards d’euros "justifiée " au nom de l’exception culturelle et "redistribuée " de façon plus que trouble depuis des décennies. (à la société des auteurs et compositeurs dramatiques ou SACD, les salaires ont augmenté de 15.2% entre 2000 et 2002 - la moyenne en 2002 des 10 rémunérations nettes les plus élevées était de 115 000 euros. ).31
Manne parfois qualifiée d’ "aumône " par le vulgaire Pascal Nègre et d’insuffisante par toute "une profession ", mais qui, en plus de tomber dans les poches déjà pleines d’actionnaires-dirigeants de multinationales (ou de leur femme, ou de leur fondation familiale, ou de leurs enfants), et de permettre le gavage de quelques poignées d’auteurs et d’artistes souvent sur-médiatisés car dociles, sert aussi parfois, il est vrai, à financer la survie de quelques milliers d’autres plus rebelles ou moins vendus.
Subsides négligeables utilisés aussi pour alléger les charges, financer des événements culturels ou promotionnels (festivals, concerts, spectacles, ...) la co-production de programmes audiovisuels et de films (avec diffusion payée ensuite par Arte ou France 2), la mise en place d’infrastructures de diffusion nécessaires (comme le backbone France Télécom : ancienne entreprise publique, ou la TNT : future télé privée, ...), ou encore, la conception et la distribution de plaquettes publicitaires et mensongères dans les établissements scolaires (opération "Tour de France des Collèges ", une campagne de propagande et de publi-désinformation de l’industrie du disque, du film et du logiciel, organisée récemment par le ministre Fillon dans les écoles publiques et financée en partie par le contribuable). 32
Alors franchement monsieur le ministre ,
Quand vous prétendez que la baisse des ventes de CD observée ces dernières années n’est pas due au prix excessif de ce support, à la concurrence de nouvelles formes de loisirs et au fait que les français doivent faire des choix au regard de la de la courbe désespérante de leur pouvoir d’achat - mais aussi à la nullité et à la pauvreté de l’offre engendrée par l’immobilisme et l’ultra-concentration de l’industrie du disque et à la façon dont cette industrie traite ses clients, les artistes et la musique dans le monde entier, je trouve que vous êtes de mauvaise foi ;
Quand vous déclarez que si on n’éradique pas les réseaux publics d’échanges culturels rapidement, les majors du cartel du disque et du film, l’ogre qu’est la SACEM et l’hydre qu’est Microsoft vont mourir, et que, par évidence, ce sera un drame pour la diversité culturelle et l’économie de la France, je vous le dis tout net : je ne marche même pas une nanoseconde (d’autant plus que des labels indépendants, des politiques, des économistes, des sociologues, les représentants de milliers d’artistes, de centaines de milliers de famille et de millions de consommateurs me suivent sur ce terrain).
Et quand vous concluez, droit dans vos bottes et toutes sirènes hurlantes, que le vrai problème, c’est la gratuité (je ne sais pas où vous la voyez), et pas la politique répressive que votre gouvernement mène depuis trois ans contre les internautes au seul profit de barons et de trusts - au lieu de s’attaquer à la réforme des mécanismes de répartition, forcément, cela ne passe pas non plus.
A dire vrai, après vous voir écouté, j’ai encore plus l’impression que, en matière de politique culturelle sur internet, vous avez mené, et vous menez encore, une politique définitivement rétrograde et injuste dictée par le lobby de l’entertainement. Une politique partisane et pénale qui n’a rien à voir avec la culture Et je crois toujours autant que vous préparez, avec vos amis, une offensive législative post 29 mai pour déséquilibrer complètement le droit d’auteur français à l’ère du numérique, quand les internautes seront à la plage, et juste avant que ne débute réellement la campagne présidentielle.
Une offensive vicelarde progressant bien cachée derrière l’alibi éternel de l’auteur en danger, mais transposant en fait une belle paire de directives européennes ultra-libérales : la directive EUCD (2001/29CE), véritable étron juridique d’inspiration anglo-saxonne, et la directive Fourtou (2004/48CE), surréaliste et du nom de la femme du PDG de Vivendi Universal, qui l’a fait passer à grande vitesse quand elle était rapporteur pour son groupe au Parlement Européen.
Une belle paire de directives ultra-libérales transposée au travers du projet de loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI), celui que vous comptez faire passer cet été via une procédure d’urgence. Un projet de loi encore plus dur que la paire sur laquelle il est monté. Un projet de loi lui aussi signé. Pas directement par la femme du PDG de Vivendi Universal cette fois, mais par le Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA), un nid de lobbies de l’industrie du divertissement. Un nid de lobbies qui s’agite depuis trois ans au sein même de votre ministère et qui pond des avis tous plus liberticides les uns que les autres, que vous reprenez sans sourciller (comme par exemple l’avis qui demandait à ce que soit modifiée la loi Informatique et Libertés. 33).
Définition précise. Un texte liberticide pondu par des lobbies, voilà ce qu’est le projet de loi DADVSI que vous défendez aujourd’hui bec et ongles tout comme votre prédécesseur Jean-Jacques Aillagon.
Un texte qui permet le déploiement sur des marchés de masse de dispositifs de contrôle et de traçage des usages culturels. Un texte qui met à mort la copie privée mais pas la redevance. Un texte qui déstabilise complètement le droit d’auteur. Un projet de loi conçu pour conforter encore plus dans leurs privilèges et leurs habits de rentiers des monstres financiers comme Vivendi Universal, Time Warner ou Microsoft.
Des monstres financiers qui engraissent leurs administrateurs et leurs actionnaires aux dépens des auteurs, des artistes et du public, et qui, tout comme la SACEM, veulent le beurre, l’argent du beurre et les fesses de la crémière, quitte à les prendre de force et bien qu’elle soit mineure.
Des monstres, monsieur le ministre. Des monstres. Insatiables, sans limites, sans morale, ni sens de l’équité. Des fous furieux allant jusqu’à poursuivre ceux qui sifflotent l’Internationale en public34 et trainant des femmes mortes devant les tribunaux35. Des cow-boys aux méthodes de gangsters, s’achetant des lois et s’offrant des milices. Des sans-gêne régulièrement condamnés pour toutes sortes d’abus, mais s’invitant dans les écoles républicaines pour fourguer leur camelote et dire le droit à la place du juge. Des innommables en fait, prêts à transformer le droit d’auteur - un droit de l’homme, monsieur le ministre, un droit de l’homme - en loi martiale pour mieux sodomiser le public avec une matraque s’il ne consomme pas de suite, plus, où et comme on lui dit.
"Une telle méthode n’est pas neuve et a fait la preuve de sa perversité, à une toute autre échelle il est vrai, dans un passé qui n’est pas si lointain et dont l’enseignement commande de la qualifier de contraire aux bonnes moeurs dans la moindre de ses applications. "
Extrait d’un jugement de la chambre des actions en cessation en salle des Référés du Tribunal de Commerce, siégeant à Bruxelles le 25 novembre 1997 et condamnant la BSA, le bras armé de Microsoft, suite à une campagne de communication appelant à la délation anonyme moyennant rémunération (N° de pièce : A.C 5.070/97). Le BSA siège actuellement au CSPLA.
Sur ce, monsieur le ministre, et en vous souhaitant une bien bonne campagne et une très belle journée,
bien à vous,
jeanne doe, 87 ans, Rodez, 29 avril 2005
"Pour les élèves de 4e et 3e, c’est un peu trop tard, estime Cyril Di Palma, ils ont déjà pris de mauvais réflexes. En fait il faudrait pouvoir intervenir dès l’école primaire. "
Cyril De Palma est l’émissaire des inommables envoyé dans les collèges avec l’aval du ministre Fillon pour menacer les élèves, les culpabiliser et glaner quelques heures de temps de cerveau disponible de plus - Le Monde (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-635217,0.html)
"Mais qu’est ce qu’elles croient ces industries pourries ? Qu’on va consommer encore plus leur merde parce qu’elles nous menacent, nous font un doigt, et nous collent des verrues sur des produits trop chers ? Et la bouffe ? Et le loyer ? On les paye quand ? pt1, merde, j’ suis pas Gaymard ou Pagny ! " - anonyme (2005)
[1] http://www.rtl.fr/rtlinfo/article.asp?dicid=161359
[2] http://www.senat.fr/seances/s200407/s20040715/s20040715002.html
[3] http://www.cnil.fr/index.php?id=1801&news[uid]=254
[4] http://europa.eu.int/comm/internal_market/privacy/docs/wpdocs/2005/wp104_fr.pdf
[5] http://www.reseaux-telecoms.com/cso_btree/04_07_16_095440_503/impression
[6] http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=multimedia/20050112.OBS6029.html
[7] http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39157007,00.htm
[8] http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=multimedia/20050203.OBS7859.html
[9] http://www.assembleenationale.fr/12/cra/2003-2004/116.asp
[10] http://listes.rezo.net/archives/cip-idf/2004-06/msg00188.html
[11] http://www.argael.net/article.php3?id_article=19
[12] http://www.temps-reels.net/article.php3?id_article=1576
[13] http://www.odebi.org/forums/index.php?showtopic=3562
[14] Lu dans la presse quotidienne régionale bretonne
[15] http://www.mediametrie.fr/fichier.php?fichier_id=55&element_id=80&module=new
[16] http://www.art-telecom.fr/publications/etudes/index-etcredoc04.htm
[17] http://juriscom.net/jpt/visu.php?ID=650
[18] http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39220612,00.htm
[19] Voir 15 et 16
[20] http://www.cnc.fr/d_stat/barometre.htm
[21] http://www.radiofranceinternationale.fr/actufr/articles/061/article_33567.asp
[22] http://cultureetloisirs.france2.fr/cinema/actu/7160248-fr.php
[23] http://permanent.nouvelobs.com/culture/20050419.OBS4487.html
[24] http://www.credoc.asso.fr/pdf/evolutiondesprix.pdf
[25] http://eucd.info
[26] http://blogs.zdnet.fr/index.php?p=106
[27] http://www.cnc.fr/b_actual/r5/ssrub3/lettreCNCn20.pdf
[28] http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/tasca-2001/bruxelles.htm
[29] http://www.rpfrance.org/cec/fiches/media+.htm
[30] http://www.ccomptes.fr/organismes/com-per-societes-perception/rapport_annuel_0604.pdf
[31] Voir 30
[32] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-635217,0.html
[33] http://www.culture.gouv.fr/culture/cspla/avis04-1.htm
[34] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-636777,0.html
[35] http://www.ratiatum.com/p2p.php?article=2017&affcomm=1
Libération : Un an et demi après, conséquence zéro d’une visite à Strasbourg: Retour sur les multiples annonces faites par Sarkozy au quartier de Hautepierre.
Concrètement, c’est quoi l’effet Sarkozy ? « Rien », balaie Fahim, 26 ans. Fahim vit à Hautepierre, un quartier de 17 000 habitants à l’ouest de Strasbourg. En février 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, était venu y lancer son plan d’action pour « les 23 quartiers les plus difficiles de France ». C’était sa troisième visite à Hautepierre en à peine plus d’un an. Aux habitants qui s’inquiétaient de voir leur quartier stigmatisé par l’action ministérielle, Sarkozy avait répondu qu’il fallait combattre « le terrorisme de l’immobilisme ».
Bâtons. A la sortie d’une réunion, Fahim, sans emploi malgré un BTS et une licence de biologie, avait expliqué à Sarkozy que « l’insécurité pour les jeunes de Hautepierre, c’est de ne pas avoir d’avenir ». Le ministre avait ordonné à ses conseillers de noter son numéro de portable, ainsi que celui de son ami Hichem. Il avait promis de chercher des solutions et de rappeler. Un an et demi plus tard, Fahim n’a toujours rien vu venir. Prenant acte du retour de Sarkozy à l’Intérieur, il lui a écrit pour lui rappeler ses engagements. Pas de réponse. Fahim en retient que « les promesses n’engagent que ceux qui les croient » et qu’« on a tous les mêmes chances, mais que certains ont plus de bâtons dans les roues ». Dans les CV qu’il envoie, il s’appelle « Fabien ». Cet été, il travaille en intérim comme aide-soignant. Après avoir longtemps espéré un coup de fil ministériel, son copain Hichem a fini par s’engager dans l’armée.
Alors, du vent, Sarko ? En février 2004, l’homme fort de l’Intérieur avait égrené une longue liste de mesures pour Hautepierre. La plupart d’entre elles concernaient l’activité de la police. Un an et demi plus tard, la préfecture du Bas-Rhin, qui attendait hier matin « un coup de fil du ministère » avant de donner une réponse, n’est pas en mesure de dire lesquelles de ces promesses ont été tenues. Les seules informations officielles concernent l’évolution de la délinquance : -3 % pour la délinquance générale et -7 % pour la délinquance de voie publique sur Hautepierre en 2004 quand le ministre avait fixé pour objectif -3 % et - 5 %. Mais si le nombre de voitures brûlées a considérablement baissé, « les jets de pierres sur les policiers, les pompiers et les transports en commun augmentent », note un policier.
Sarkozy avait promis une brigade anticriminalité « spécifiquement attachée au quartier ». « Il y a une surveillance renforcée, mais pas de BAC spécifique », indique une source syndicale. Le ministre avait demandé aux renseignements généraux de « renforcer leur surveillance sur les réseaux d’économie souterraine ». Les policiers des RG n’avaient pas attendu ces conseils pour travailler dans ce domaine. Mais ils ont été fortement sollicités en 2004 après les profanations de cimetières commises en Alsace, et leurs effectifs n’ont pas augmenté. Aucun réseau d’envergure n’a pour l’instant été démantelé.
Autres promesses : « Un bureau d’aide aux victimes » et « un travailleur social directement dans le poste de police » de Hautepierre. Depuis septembre 2004, une assistante sociale dispose effectivement d’un bureau au commissariat central de Strasbourg. Mais rien à Hautepierre.
Eclairage. Pas de nouvelles des « places en internat réservées » aux enfants du quartier pour aider les familles monoparentales, ni du « protocole de lutte contre l’absentéisme scolaire impliquant la police dès le premier jour si les parents ne sont pas coopératifs ». Les habitants interrogés hier n’ont rien vu des « opérations de restructuration des rues, avec plus d’éclairage, pour faire disparaître les bosquets sombres où les femmes et les enfants ont peur de passer ».
« Ici, il n’y a rien. Même le bureau de tabac est fermé », explique Abdelkader Bouabdellah, coordinateur du centre socioculturel Le Galet. Les deux postes d’animateurs promis par Sarkozy n’ont pas été créés. Pas de sous non plus pour l’association Contact et Promotion, qui aide les familles étrangères. « Au printemps, on a voulu organiser un cours de français langue étrangère pour les immigrés avec des bénévoles, raconte la directrice, Véronique Leroux. En deux mois, on avait 45 inscrits. On a fait une demande de subvention pour le contrat de ville. La préfecture nous a dit que le projet était bon, mais qu’il n’y avait pas d’argent. Alors, il est où ce plan d’action Sarko ? Pourquoi on nous parle d’intégration si les gens ne peuvent même pas apprendre le français ? »
Bonjour Monsieur Elvis: Viva le pants !
Mirror.co.uk - News - 10 THINGS YOU NEED TO KNOW ABOUT JACQUES CHIRAC: French President Jacques Chirac has ridiculed Britain during talks with Russian President Vladimir Putin and German Chancellor Gerhard Schroeder - accusing us, among other things, of having lousy food. But here’s a few things you might like to know about Chirac...
1) CHIRAC is the most unpopular president in French history. Opinion polls published last weekend showed just 21 per cent of the country have faith in him.
2) HE regularly cheated on his wife Bernadette. His nickname among female staff when he was Paris mayor was "three minutes, shower included".
3) SATIRICAL puppet show Les Guignols has created a Chirac character called Superliar.
4) HE peppers his speech with swear words and tells dirty jokes. He said of Margaret Thatcher : "What more does that old bag want ? My balls on a platter ?"
5) CHIRAC claimed to have spent £1.4million on groceries in his eight years as Paris mayor. This was £100 a day on fruit and veg and £35.70 on coffee, tea and jam.
6) HE was accused of taking cash for contracts when mayor. From 1988 to 1997, £30million was pilfered from contracts worth £2.5billion and given to his party.
7) CHIRAC’S 10 years as president have achieved nothing. Unemployment is virtually unchanged at almost 10 per cent.
8) BETWEEN 1992 and 1995 he paid for luxury family holidays worth £240,000 with cash delivered in brown envelopes.
9) IN 1978 as Treasurer of the Claude Pompidou Foundation he persuaded the charity to pay £50,000 for land next to his chateau preserving his tranquillity.
10) CHIRAC uses presidential immunity to avoid investigating magistrates, meaning he cannot be be charged until he retires in 2007.
Libération : Michel Drucker, VRP de l’A 380 et de Douste-Blazy: L’animateur a accepté une promesse de subvention pour faire la promotion du Grand Toulouse dans son émission sur France 2. Il est convoqué au CSA.
La stratégie Sarkozy ? Bruce Willis !: Les soirs d’hiver la paresse nous envahissait, à défaut de neige et sans la télévision, nous décidions parfois de nous laisser aller, la femme de ma vie actuelle et moi, à redevenir comme tout le monde, comme ce que l’on est finalement : on allait louer un DVD. J’adore les gros films américains où les méchants meurent à la fin et où tout semble pour de faux mais bien fait quand même. Die hard 1 et 2 avec Bruce Willis, j’adore. Surtout en anglais. Les dialogues sont très restreints, c’est très simple, droit au but. On s’entasse à deux sur les fauteuils surnuméraires du monospace japonais d’occase qu’on ne sait pas où caser, maman gueule parce que les sous-titres en français sont trop petits sur l’écran 15 pouces cathodique du vieil Imac qui n’a pas 5 ans, et certains jours elle se venge en louant un DVD en allemand. (Si, ça existe). Elle est myope et râle tout le temps. Je m’en moque. Je sais que c’est éthologique. Une fois reproduit, l’homo-sapiens doit ranger la table et plier les draps. Ou cultiver son jardin. On est des singes. J’ai aussi acheté True Lies avec Arnold. J’adore. Quand j’étais petit, je jouais à ça : la guerre pour enfant, pour de faux, un idéal merveilleux, des balles à blanc, des trucages, du maquillage. Du pour de faux.
Mais Sarkozy.
Mais Sarkozy, tenez. C’est un homo-sapiens. Inutile de parler des déboires conjugaux, c’est pas la presse people ici !
Ici, c’est du sérieux, merde.
Mais Sarkozy, j’en ai la certitude : sur les écrans plasma commandés pour Bercy et déménagés à l’intérieur (mais de quoi, bon sang ?), il regarde en cachette les pieds à l’air des gros films américains. Il sait que ça plaît au peuple. C’est comme les glaces à la fraise chez Truffaut. Inutile de critiquer. On passe un bon moment et l’on retourne à nos impuissances. Pas de sabre laser pour le type qui voudrait bien vous écraser sur les passages cloutés. Mais Sarkozy, c’est le chef. Des Arnold et des Bruce obéissent à ses injonctions. Pas de la rigolade. Un gamin se fait descendre d’une balle à cause du chômage, de la misère et du manque de confiance des ménages ? Il débarque avec le GIGN. Des Gitans tuent des Arabes parce qu’il faut bien se différencier à Perpignan ? Il débarque avec le GIGN. Il est tout petit comme Tom Cruise mais s’arrange pour toujours être filmé de très près au grand-angle. L’effet est garanti : en contre-plongée, il donne l’impression d’être loin. C’est pas con. Il en faut des complexes pour arriver au pouvoir. Quand je pense que certaines filles m’ont longtemps confondu avec un acteur italien de films presque muets, je n’ai vraiment aucune chance. De toutes façons, pas d’ambition. Mais Sarkozy, si. "Non au communautarisme !". "Oui aux quotas !" C’est très intelligent de dire tout et son contraire. L’important est de ne pas le faire à la même heure. "Vive les musulmans de France !". "La nation est une et indivisible ! "
Arielle Dombasle lave plus blanc.
Il faut plus de flics. Il faut dépenser moins. Baisser les impôts. Augmenter les taxes.
Passer à la télé. Voilà ce qu’il faut. Aller sur le terrain, cinq minutes après. Dix minutes de retard et le terrain redevient l’anonyme. Coller deux claques aux méchants. Repartir encadré. S’assurer du montage. Reprendre l’avion. Pondre un discours conquérant. Laisser prendre. Monter à ébullition. Faire son cinéma. L’Amérique à l’envers. Arnold gouverneur, Nicolas acteur.
Ça va durer encore longtemps ?
Libération : Le lundi de Pentecôte n’a rapporté que quelques miettes: Selon l’Insee, son impact économique est « très proche de zéro ».
Libération : Scènes de ménage à l’Intérieur: Après le limogeage du sous-préfet Dubois, suspecté d’avoir « colporté des rumeurs » sur le couple Sarkozy, d’autres têtes pourraient tomber.
Amnesty International : Rapport sur les violences policières et mauvais traitements en France: Les plaintes contre la police pour violences et mauvais traitements ont fortement augmenté. Les cas de mauvais traitements infligés par des agents de l’État –essentiellement des policiers– révélaient que les étrangers étaient la cible principale de contrôles d’identité abusifs. Des membres des communautés juive et musulmane ont été victimes d’actes de violence raciste, de vandalisme et d’intimidation ; en Corse, des attentats à caractère raciste ont visé des immigrés nord-africains. En novembre, des manifestations de protestation contre l’ampleur des violences envers les femmes en général, et plus particulièrement contre la lapidation de Ghofrane Haddaoui, une jeune femme tuée à Marseille un mois auparavant, ont rassemblé des milliers de personnes. Les conditions de détention dans les prisons et les centres de rétention pour étrangers se sont dégradées et n’étaient pas conformes aux normes internationales. De nombreuses informations ont fait état de mauvais traitements infligés à des étrangers dans les centres de rétention et de réception ou au cours d’opérations d’éloignement. Des enfants non accompagnés ont été maintenus en zone d’attente avant leur renvoi.
Libération : L’élève Morville collé pour cinq mois avec sursis: La lourde condamnation du leader lycéen dépasse les réquisitions du parquet.
« Scandale », « vengeance sociale », « démesure », « punir la jeunesse » : les réactions indignées à la condamnation à une peine de prison de l’un des leaders du mouvement lycéen, ont fusé hier de toutes les voix de gauche.
Dommages-intérêts. Samuel Morville, 18 ans, lycéen à Sophie-Germain, à Paris (4e), a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris, présidé par Etienne Fradin, à 5 mois de prison avec sursis et 500 euros de dommages-intérêts. Il n’était poursuivi que pour un simple « outrage à agent », alors qu’il était à la tête de la contestation musclée de la loi Fillon.
Sa condamnation révolte les Verts. « Punir la jeunesse, c’est le seul projet du gouvernement ? », s’insurgent-ils dans un communiqué. Les sénateurs communistes et la FSU, première fédération de l’éducation, réclament l’abandon de toutes les poursuites engagées contre les lycéens. La fédération SUD-PTT dénonce une « scandaleuse condamnation » et y voit « une nouvelle atteinte au droit de manifester et de s’organiser ». La Ligue des droits de l’homme évoque une « vengeance sociale ». Membre du comité de soutien aux lycéens poursuivis, la LDH ajoute qu’« il est insupportable que l’absence de débat démocratique [...] conduise à ce que des lycéens voient leur vie hypothéquée par des poursuites judiciaires aussi intempestives qu’excessives ». Julien Dray, porte-parole du PS, estime que « le tribunal aurait mieux fait de s’inspirer de la jurisprudence Barthez en en restant à une réponse civique plutôt que répressive ». Le joueur, qui avait craché sur un arbitre au Maroc, n’a été poursuivi que par ses pairs.
La condamnation du lycéen dépasse de loin les réquisitions du parquet. Samuel Morville s’était fait interpeller à l’issue d’une manifestation, le 31 mars. Le commissaire de police chargé d’encadrer le rassemblement avait accusé Samuel de lui avoir craché en plein visage et lancé « fils de pute, va enculer ta mère ! » Ce que nie le lycéen. Tout en le traitant de « primodélinquant », le procureur avait requis 100 jours amende à 5 euros, soit 500 euros. Samuel, qui entend faire appel, semblait hier profondément choqué : « Ça augure mal pour tous ceux qui comparaissent ces jours-ci devant les tribunaux. On veut clairement couper des têtes et écraser le mouvement social. » Son avocate, Me Irène Terrel, souligne la « démesure » de la condamnation. Elle entend demander la nullité du jugement : « L’audience était présidée par un juge unique, qui m’a refusé l’audition de deux témoins. C’est extrêmement grave car Samuel était convoqué devant le tribunal sur de strictes accusations de policiers. Or, quand la procédure est uniquement policière, seuls des témoins peuvent apporter des preuves contraires. » L’avocate voit dans la condamnation infligée à son client la volonté de « faire des exemples, mais c’est raté. Une telle condamnation ne peut que jeter de l’huile sur le feu. Le mouvement lycéen demandait plus de justice, on lui répond par l’injustice. C’est lamentable ».
Filtrage. Craignant une manifestation de lycéens à la lecture du jugement, un important dispositif policier encadrait hier le Palais de justice de Paris. Station de métro fermée, filtrage des entrées du Palais. Car, mardi, des lycéens venus soutenir deux autres jeunes convoqués à la barre avaient bruyamment protesté avant d’être évacués manu militari. Des avocats s’étaient insurgés de la violence de l’évacuation, dénonçant une « volonté de criminaliser une poignée de lycéens ». Hier, d’autres avocats ironisaient sur « l’état de siège » au Palais de justice. Un dispositif d’autant plus inutile que les lycéens ne sont pas revenus : ils ont filé dans le Val-d’Oise soutenir un des leurs attendu devant le tribunal correctionnel de Pontoise.
Le Matin - La crise des Sarkozy, le choix des femmes trompées: SOCIÉTÉ Cécilia et Nicolas ressemblaient à un couple idéal. Comment comprendre leurs difficultés ?
Ainsi donc Cécilia Sarkozy aurait demandé le divorce. Peut-être parce que son mari l’a trompée plus d’une fois (lire en page 59). Cette nouvelle n’aurait en soi rien de bien extraordinaire, n’était l’image de couple idéal et fusionnel que les Sarkozy avaient délibérément choisi d’incarner jusqu’à jeudi dernier.
Car il faut bien avouer qu’à les voir travailler main dans la main (au propre comme au figuré), roucouler en public, claironner « nous ne sommes qu’un, tout en étant le double l’un de l’autre » et se lancer des oeillades énamourées en cherchant les caméras, on ne pouvait que les imaginer heureux et épanouis.
A vrai dire, en quelques années d’habiles mises en scène médiatiques, ils étaient même parvenus à devenir un emblème de la vie à deux moderne et réussie, où partage, communication et égalité allaient de soi.
Alors... comment comprendre les navrantes péripéties de la semaine écoulée ? Leurs tendres relations n’étaient-elles qu’un plan de marketing soigneusement appliqué ? Ou faut-il en déduire que le modèle égalitaire représenté par les Sarkozy est voué à l’échec à plus ou moins long terme ? Et, d’ailleurs, quel est-il ce modèle : partenaires à la Clinton ou couple fusionnel, comme on l’a si souvent lu ?
Le couple d’intérêt commun
« Les Sarkozy n’étaient pas fusionnels ! » répondent en choeur le fameux sexologue et spécialiste du couple Willy Pasini et le conseiller conjugal et directeur du Centre protestant de Genève, Philippe Lechenne. Qui complète : « Un ménage qui vit dans la fusion est en quelque sorte seul au monde. Chacun des partenaires se « fond » dans l’autre, et ils désirent que rien ni personne ne puisse mettre de la distance entre eux. » Ce qui n’était à l’évidence pas le cas des Sarkozy.
« Je ne les connais pas, mais je pense qu’ils fonctionnent grâce à un intérêt commun : s’ils travaillent ensemble vingt heures par jour sur des dossiers politiques, c’est cela qui les unit... Et pas forcément l’amour ! » ajoute le Pr Pasini. Un avis partagé par Philippe Lechenne : « Le fait qu’un ministre invite sa compagne à collaborer avec lui et à avoir son bureau juste à côté du sien peut représenter une forme d’intérêt commun, mais aussi, peut-être, une forme de saine émulation. Avec, sous-jacente, une petite rivalité : on veut voir comment l’autre réussit... »
Avec ce qu’elle vient de faire, Cécilia a assurément réussi un grand coup pour arriver au premier plan ! Cela dit, ajoute-il, « il n’est pas impossible non plus que, en filant avec un autre monsieur, elle ait voulu lui rappeler, brutalement il est vrai, que l’amour ne se limite pas à une simple collaboration au travail. Mais qu’on peut aussi avoir une vie affective et sexuelle, qu’on peut avoir des ambitions communes qui ne soient pas uniquement tournées vers le professionnel. »
Des règles à respecter
Plus largement, et plus loin des projecteurs, des millions de couples se demandent au quotidien comment réussir à mener une vie à deux harmonieuse et équilibrée. Et égalitaire dans le travail. Willy Pasini, qui vient de publier « Le couple amoureux », rappelle quelques règles de base à respecter. Ainsi, il faut que le « je » et le « tu » restent bien séparés, autonomes. « Ce que je conseille, par exemple, dans mon livre, c’est de mettre de la distance aphrodisiaque. C’est ce que je décris comme le syndrome du marin : il s’en va, sa femme l’attend, s’occupe, il revient, repart... » De plus, il est très important que chacun ait ses propres hobbies : « Pour pouvoir durer, un couple doit être constitué de deux individualités propres qui s’aiment, mais ont des intérêts personnels ! »
Au fond, ce qu’il recommande est l’exact contraire de ce que les Sarkozy ont bien voulu montrer depuis des années.
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Le Matin - Sarko largué par Cécilia: SÉPARATION Le couple politique le plus médiatique de France est en crise
Rien ne va plus entre Nicolas Sarkozy et sa femme, Cécilia. Pendant que monsieur sillonne la France pour défendre le oui au référendum sur la Constitution européenne, madame en a profité pour faire ses bagages et quitter le domicile conjugal. Coup dur pour Sarko qui, effondré par la nouvelle, a préféré annuler au dernier moment sa venue sur le plateau du « Journal » de 20 heures de TF1, dimanche, plutôt que de ne pas assurer devant des millions de téléspectateurs.
La raison officielle de son absence ? Un coup de fatigue. Etrange pour celui qu’on disait increvable. Mais, officieusement, les raisons sont tout autres. « Nicolas est démoralisé et il a de plus en plus de mal à cacher sa détresse, apprend-on de source sûre. En milieu de semaine dernière, Cécilia s’est envolée pour la Jordanie. Elle a accompagné Richard Attias au Forum économique de Petra. »
La romance entre Cécilia Sarkozy et Richard Attias ne daterait pas d’hier. Leurs premiers regards tendres se seraient d’ailleurs échangés sous l’oeil de Nicolas Sarkozy, le 28 novembre dernier, au Bourget, lors de l’élection de Nicolas Sarkozy au poste de président de l’UMP. Et Richard Attias n’était autre que l’organisateur de cette soirée.
Cette histoire a un goût de déjà-vu. En effet, Cécilia avait quitté l’animateur-vedette Jacques Martin, il y a plus de quinze ans, pour les bras de Nicolas. Aujourd’hui, c’est au tour de Sarkozy de se faire plaquer pour un autre.
La « dream team » de la politique
Nicolas Sarkozy et sa femme avaient choisi d’utiliser leur vie privée comme outil politique. Chez eux, vie privée et vie publique ne faisaient qu’un. « Nicolas et Cécilia au bureau », « Nicolas et Cécilia à la plage », « Nicolas et Cécilia avec leur fils, Louis »... C’est donc tout naturellement que les médias français se sont rués sur l’affaire en demandant à Sarko de donner des explications. « Respectez ma famille. » Voici les seuls mots que le président de l’UMP s’est borné à répéter sur les ondes de RTL lundi.
Le départ de Cécilia Sarkozy étonne l’Hexagone. Assoiffée de pouvoir, elle vient de quitter celui qui aurait pu la faire accéder au poste de première dame de France. Mais, aujourd’hui, le coeur semble l’avoir emporté sur la raison.
En perdant sa femme, Sarkozy voit s’envoler une des pièces maîtresses de sa communication. Véritable « dream team » de la politique française, le couple Sarko avait mis en place une vraie stratégie pour parvenir à l’Elysée en 2007. Madame est devenue sa cheffe de cabinet à l’UMP. Elle occupe le bureau qui jouxte celui de son patron de mari et gère les moindres détails de son agenda. Une situation qui risque de changer bien plus vite que prévu. Et cela pour le bonheur de nombreux collaborateurs de Sarkozy qui la trouvaient un peu trop autoritaire et envahissante. Rien ne va plus entre Nicolas Sarkozy et sa femme, Cécilia. Pendant que monsieur sillonne la France pour défendre le oui au référendum sur la Constitution européenne, madame en a profité pour faire ses bagages et quitter le domicile conjugal. Coup dur pour Sarko qui, effondré par la nouvelle, a préféré annuler au dernier moment sa venue sur le plateau du « Journal » de 20 heures de TF1, dimanche, plutôt que de ne pas assurer devant des millions de téléspectateurs.
La raison officielle de son absence ? Un coup de fatigue. Etrange pour celui qu’on disait increvable. Mais, officieusement, les raisons sont tout autres. « Nicolas est démoralisé et il a de plus en plus de mal à cacher sa détresse, apprend-on de source sûre. En milieu de semaine dernière, Cécilia s’est envolée pour la Jordanie. Elle a accompagné Richard Attias au Forum économique de Petra. »
La romance entre Cécilia Sarkozy et Richard Attias ne daterait pas d’hier. Leurs premiers regards tendres se seraient d’ailleurs échangés sous l’oeil de Nicolas Sarkozy, le 28 novembre dernier, au Bourget, lors de l’élection de Nicolas Sarkozy au poste de président de l’UMP. Et Richard Attias n’était autre que l’organisateur de cette soirée.
Cette histoire a un goût de déjà-vu. En effet, Cécilia avait quitté l’animateur-vedette Jacques Martin, il y a plus de quinze ans, pour les bras de Nicolas. Aujourd’hui, c’est au tour de Sarkozy de se faire plaquer pour un autre.
La « dream team » de la politique
Nicolas Sarkozy et sa femme avaient choisi d’utiliser leur vie privée comme outil politique. Chez eux, vie privée et vie publique ne faisaient qu’un. « Nicolas et Cécilia au bureau », « Nicolas et Cécilia à la plage », « Nicolas et Cécilia avec leur fils, Louis »... C’est donc tout naturellement que les médias français se sont rués sur l’affaire en demandant à Sarko de donner des explications. « Respectez ma famille. » Voici les seuls mots que le président de l’UMP s’est borné à répéter sur les ondes de RTL lundi.
Le départ de Cécilia Sarkozy étonne l’Hexagone. Assoiffée de pouvoir, elle vient de quitter celui qui aurait pu la faire accéder au poste de première dame de France. Mais, aujourd’hui, le coeur semble l’avoir emporté sur la raison.
En perdant sa femme, Sarkozy voit s’envoler une des pièces maîtresses de sa communication. Véritable « dream team » de la politique française, le couple Sarko avait mis en place une vraie stratégie pour parvenir à l’Elysée en 2007. Madame est devenue sa cheffe de cabinet à l’UMP. Elle occupe le bureau qui jouxte celui de son patron de mari et gère les moindres détails de son agenda. Une situation qui risque de changer bien plus vite que prévu. Et cela pour le bonheur de nombreux collaborateurs de Sarkozy qui la trouvaient un peu trop autoritaire et envahissante.
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Le Matin - Cécilia demande le divorce !: NICOLAS SARKOZY Le président de l’UMP a également été infidèle durant ses années de mariage
« Elle ne reviendra pas ! » Les proches de Nicolas Sarkozy sont unanimes : Cécilia est éperdument amoureuse de Richard Attias, directeur de l’agence de publicité Publicis Events. Elle a quitté son mari, il y a deux semaines, et sa décision est définitive. A tel point qu’elle a demandé le divorce à son mari, voilà quinze jours. Une demande qui n’a pas du tout été du goût du président de l’UMP.
Mais Cécilia (47 ans) a des arguments de taille pour que Sarko flanche : les preuves des multiples infidélités de Nicolas durant les dix-neuf années qu’a duré leur relation. Le ton est monté, et Mme Sarkozy a pris la porte pour rejoindre son amant en Jordanie, pour le Forum économique de Petra.
Dimanche soir dernier, Cécilia est revenue dans le foyer conjugal pour rassembler ses affaires. Un acte qui a mis Nicolas Sarkozy (50 ans) hors de lui. Et le président de l’UMP ne peut qu’annuler son passage au « 20 heures » de TF1. Pendant que Nicolas se calmait chez lui, Cécilia soupait avec son amant dans un grand restaurant de la capitale.
Entre New York et Paris
Depuis deux semaines, Cécilia Sarkozy ne vit plus avec son mari. Elle suit son amant entre Paris et New York, ville dans laquelle Richard Attias a ses bureaux. Côté boulot, elle a totalement délaissé son rôle de chef de cabinet du président de l’UMP. Elle laisse donc Nicolas faire son tour de France en solo pour défendre le oui au référendum sur la Constitution européenne. Malgré la pression exercée par les proches de Sarkozy qui ont tout fait pour qu’elle soit présente, lundi soir, à Poitiers. Sa présence aurait ainsi pu faire taire les rumeurs qui courent sur le couple. Mais Cécilia ne fait aucune concession. Depuis Poitiers, plus d’apparition publique pour Sarko. Et Richard Attias dans tout ça ? Selon des sources sûres, il subit également d’énormes pressions pour qu’il renonce à cette relation.
La saga Sarkozy risque de tenir en haleine le peuple français pendant de longues semaines. Et l’absence de couverture médiatique sur cette affaire, en France, ne fait qu’entretenir les rumeurs. Sarko risque de devenir président de la République en 2007. Les journalistes prennent donc des gants quand il s’agit de parler de l’ancien ministre dans des termes peu élogieux.
La garde de leur fils de 8 ans
Le couple Sarkozy avait basé sa réussite sur l’apparence. Balades romantiques à Deauville, escapades romantiques à La Baule. Leur vie était presque une émission de téléréalité. Nicolas et Cécilia Sarkozy avaient donc habitué les citoyens à la transparence totale sur leur vie professionnelle comme sur leur vie privée. Le mutisme des Sarko ne fait alors qu’envenimer la situation. Et concernant leur fils. Quel est l’avenir de leur bout de chou de 8 ans, Louis ? Nul ne sait pour le moment qui en aura la garde.
Lors de son discours de novembre dernier pour son élection au poste de président de l’UMP, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Il y a beaucoup d’épreuves sur la route de celui qui a un grand dessein. » Il ne croyait pas si bien dire...
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Le Matin - Richard, l’homme qui a séduit Cécilia: NICOLAS SARKOZY Depuis 48 heures, les proches du président de l’UMP exercent une pression énorme sur Cécilia pour qu’elle réintègre le domicile conjugal. Mais madame ne veut rien entendre
l est blême. Nicolas Sarkozy a de la peine a surmonter son émotion. Sur France 3, hier, dans le cadre du « 19-20 », le leader de l’UMP a la gorge nouée, des trémolos dans la voix. Il vient parler de la campagne pour le oui au référendum sur la Constitution européenne, mais voilà qu’on lui met d’entrée de jeu sa femme et ses déboires conjugaux sous le nez. « Comme des millions de familles, la mienne a connu des difficultés, et ces difficultés, nous sommes en train de les surmonter », dit-il, peu convaincant.
Sarkozy tente d’endosser l’habit du pater familias responsable. On le sent largué, meurtri. Il parle de rumeurs puis d’inexactitudes, mais jamais de mensonges. Cécilia, sa femme et sa cheffe de cabinet ? « Je ne suis pas le premier à travailler avec son épouse. Cécilia, je lui dois énormément. Cécilia compte beaucoup pour moi. Et je crois que la réciproque est également vraie... » Un doute ? Conjugal, certes. Mais l’homme est avant tout une bête politique : « Rien ne me détournera de la route que j’ai choisie. »
Celui qui, il y a peu, pensait aux présidentielles en se rasant le matin, a perdu de sa superbe et désigne d’obscurs coupables : « Malheureusement nous vivons dans un monde où tout le monde n’a pas les mêmes scrupules, où tous les coups peuvent être donnés. Et où, pour abattre quelqu’un, on utilise tous les procédés. » Le voilà revenu habilement sur le terrain du politique. Sarko va se transformer dans l’instant et embrayer comme si de rien n’était sur la campagne référendaire. Le ton a soudain changé et la voix s’est éclaircie...
De fréquents séjours en Suisse
En coulisse, l’entourage de Sarkozy continue à s’activer. Selon une source proche du couple, il exerce, depuis 48 heures, une pression énorme sur Cécilia pour qu’elle réintègre le domicile conjugal. Mais madame ne veut rien entendre. Elle est amoureuse d’un autre homme, et elle ne le cache pas à son mari. Mardi soir, Cécilia mangeait encore en tête à tête avec son amant, Richard Attias, dans un grand restaurant de la capitale.
Mais qui est cet homme qui a fait tourner la tête de Mme Sarkozy (47 ans) au point qu’elle fasse ses bagages, il y a plus de quinze jours, pour partir vivre avec lui ? Richard Attias (45 ans) est inconnu du grand public. Il côtoie pourtant les grands de ce monde. Stars du showbiz ou politiciens, son carnet d’adresses vaut de l’or : Nelson Mandela, Bill Clinton, Richard Gere ou encore Quincy Jones. Mais c’est dans l’ombre que ce chef d’entreprise opère. Président de Publicis Events Worldwide, un réseau mondial dédié à la communication événementielle, il est l’organisateur des plus grands rendez-vous internationaux. Il s’occupe d’ailleurs, depuis 1996, de l’organisation du World Economic Forum de Davos pour tout ce qui touche aux infrastructures et à la logistique. Raison pour laquelle il séjourne régulièrement dans notre pays.
C’est dans le cadre professionnel que Richard Attias a rencontré Cécilia Sarkozy. Mandaté pour l’organisation de la soirée d’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP, ils ont étroitement collaboré au bon déroulement de la cérémonie du 28 novembre dernier. En dehors de ses activités professionnelles, sa vie privée reste un mystère. Et les différentes personnes que nous avons contactées sont restées muettes sur le sujet. Les seules informations qui ont filtré : Richard est un juif marocain. Et il est papa d’une fille de 14 ans.
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Jacqueschirac.org - le Blog personnel de Jacques Chirac » Ma Vie de Président
Libération : La Constitution et le mythe du plan B
Libération : « Sciemment, ils n’ont pas protégé les gens »: Selon un document secret de 1966, la France a caché les risques des essais nucléaires aux Polynésiens.
Lundi de Pentecôte : les députés font le pont (du vendredi 13 au mardi 31 mai): « Le Parlement a suspendu jeudi soir ses travaux pour une durée de deux semaines à l’occasion de la campagne pour le référendum du 29 mai sur la Constitution européenne » (dépêche AFP, 12 mai).
A ce sujet, un gentil lecteur nous communique des messages échangés avec le député UMP de la seconde (...)
L’ATTRIBUTION DES MARCHES PUBLICS D’ILE-DE-FRANCE
Libération : Intouchable derrière les grilles de l’Elysée: Chirac pourrait encore, théoriquement, être poursuivi dès qu’il ne sera plus chef de l’Etat.
Dans la longue scansion des affaires de la décennie, l’année 2001 a constitué un paroxysme judiciaire et politique. Tout commence en mars lorsque le juge Halphen adresse à « Chirac, Jacques » une convocation pour l’entendre dans l’affaire des marchés des HLM de Paris. Le président ne viendra pas. Il n’a même pas à répondre : l’article 68 de la Constitution précise qu’il « n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison ». Seule la Haute Cour de justice peut agir et elle doit être saisie d’une mise en accusation signée par un dixième des députés et des sénateurs.
Echec. Durant tout le printemps 2001, le député socialiste Arnaud Montebourg tente de convaincre ses confrères. C’est un échec. La raison est double : d’une part, Lionel Jospin a décrété que le Parti socialiste ne mènerait pas la campagne pour la présidentielle de 2002 sur le thème des affaires, d’autre part, de façon plus fondamentale, la gauche à l’image de la classe politique a toujours estimé que c’était au peuple de trancher par les urnes, pas à la « République des juges ». En mai 1998, Elisabeth Guigou, ministre de la Justice, s’était fait chapitrer par Lionel Jospin pour avoir osé affirmer que « comme tous les Français, le président de la République peut être traduit devant les tribunaux s’il a commis des délits ».
Au printemps 2001, les déclarations sur le statut du Président fleurissent. Même Valéry Giscard d’Estaing estime qu’il peut être entendu. Mais la volonté politique de mettre en cause le président de la République n’existe pas. La tension monte d’un cran l’été, lorsqu’éclate le scandale de billets d’avion payés en liquide (pour environ 3 millions de francs), souvent pour des voyages d’agrément. La presse décortique le train de vie et le patrimoine des Chirac, et si l’expression n’existe pas encore, le décalage entre la France « d’en haut » et celle « d’en bas » frappe les esprits. Lors de l’interview du 14 juillet, Jacques Chirac prédit que l’affaire fera « Pschitt ! ». Il a raison.
Echo médiatique. Parmi la petite dizaine de dossiers qui ont scandé cette décennie de pouvoir, l’affaire des billets d’avion est la plus emblématique du décalage entre les faits, l’énorme écho qu’en ont donné les médias et l’impuissance de la justice. Car cette enquête n’avait, dès son origine, que peu de chances d’aboutir. Si les juges soupçonnent que ces billets ont été payés avec l’argent de commissions occultes rackettées par le RPR à des entreprises de BTP, rien n’est plus difficile que de remonter la piste de l’argent liquide. Ce que Chirac a parfaitement compris en invoquant les fonds secrets comme origine de ces sommes. « Une dictature du tiers-monde ? Une république bananière ? Une famille royale du Golfe ? Vous n’y êtes pas, c’est la France de la Ve République », raille le New York Times en juillet 2001.
Mémoire. La crise se referme à l’automne 2001. La cour d’appel de Paris annule une partie de l’enquête sur les HLM et ordonne le dessaisissement du juge Eric Halphen. Début octobre, la Cour de cassation confirme l’immunité du chef de l’Etat, qui repart à l’assaut de l’Elysée. La Cour précise toutefois que, pour les actes autres que ceux de haute trahison, un « simple » juge d’instruction pourrait poursuivre Jacques Chirac après son départ de l’Elysée s’il était encore visé par une affaire. Or, dans l’affaire des emplois fictifs du RPR, jugée en 2004, l’ex-maire de Paris reste soupçonné, dans un dossier disjoint, d’avoir favorisé l’embauche par la mairie de Paris d’une permanente du RPR. Pour qu’il y ait poursuite, il faudrait que le juge en charge de l’affaire convoque le justiciable Chirac en 2007 (ou en 2012), que son parquet le soutienne. Et que l’ex-permanente du RPR ait encore toute sa mémoire...
Libération : Un « théoricien » de la délinquance: Le prérapport du député-maire Bénisti sur la prévention de la délinquance explique, en une démonstration de vingt pages et autant de coquilles, comment « le jeune » d’origine immigrée devient un délinquant du fait de ses « difficultés de langue ». La malédiction commence à 3 ans, quand « seuls les parents ont un contact avec leurs enfants ». Solution : « La mère d’origine étrangère devra s’obliger à parler le français », sans quoi « le jeune » deviendra à 16 ans un danger public, à placer dans un « centre de délinquants adapté » avec « une formation à un métier manuel ». Le rapport, basé sur « l’expérience de maire » de Bénisti, a provoqué, le 2 février, une manifestation des travailleurs sociaux réunissant 2000 personnes à Paris.
Libération : Ils roulent à l’huile de friture: A Marseille, ils sont quelques-uns à démontrer qu’on peut se servir simplement d’huiles usagées comme carburant. Venant renforcer les militants de la filière huile végétale, défendue par des agriculteurs qui font tourner leurs tracteurs à l’huile de tournesol. Mais, face au lobby du pétrole et aux industriels du biocarburant, le combat est rude...
Libération : « Le pape n’a jamais dit rien d’original ni d’intéressant, à preuve son testament »: Le patron de presse polonais Jerzy Urban, ancien porte-parole du régime communiste des années 1980, a publié lundi un violent pamphlet contre le pape Jean Paul II dans l’hebdomadaire satirique polonais Nie. Urban critique le « deuil total » en Pologne après le décès du pape, en le comparant à celui décrété dans tout le bloc soviétique après la mort de Joseph Staline en 1953.
Jean Paul II « a fait pression sur le monde occidental pour freiner l’aide destinée à limiter le nombre de naissances dans les pays les plus pauvres, et il est donc responsable de la persistance des famines et de la misère, au nom d’un préjugé idéologique », affirme Jerzy Urban, qui dirige l’hebdo satirique connu pour son anticléricalisme virulent. « En déclarant la guerre aux préservatifs, le pape faisait obstacle à la lutte contre le sida en Afrique. Mais, heureusement pour lui, on ne pourra jamais compter les victimes de cette politique de l’Eglise, comme on comptabilise les pertes humaines provoquées par d’autres dirigeants », poursuit Urban. Selon lui, le pape « n’incitait pas ses ouailles à réfléchir et il n’a jamais dit rien d’original ni d’intéressant, à preuve son testament ».
Dans une Pologne presque entièrement vouée au pape, Jerzy Urban avait par le passé subi la rigueur de la justice. Il avait été condamné en janvier dernier à une amende de 20.000 zlotys (5.500 euros) et à 10 mois de prison avec sursis pour « offense au pape » dans un article intitulé « le sadomasochiste ambulant ». Le texte incriminé caricaturait le pontife polonais cacochyme en « Brejnev du Vatican ».
Michel Staumont / Photographe
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Restaurants & cafés 100% sans tabac à Paris: 100% sans tabac
Le label « Ici, c’est 100% sans tabac »
Label 100 % sans tabac
Depuis le 26 octobre 2004, la Ville de Paris et le SYNHORCAT (Syndicat National des Hôteliers, Restaurateurs, Cafetiers et Traiteurs) se sont associés pour la mise en place d’un label « Ici, c’est 100% sans tabac ».
Ce label repose sur la base du volontariat et concerne les Cafés, Hôtels et Restaurants se déclarant entièrement sans tabac.
Il a pour but de valoriser la qualité du service des établissements parisiens intéressés par la qualité de l’air intérieur et les préoccupations de santé publique.
L’attribution du label par la ville de Paris est effectuée après une visite sur site vérifiant la bonne application des critères de labellisation.
Libération : Un siècle de chasse à la copie: Les technologies de reproduction ont systématiquement été attaquées.
Les industries de la musique et du cinéma n’ont jamais aimé les technologies de reproduction ou de copie des oeuvres. La charge menée par les studios hollywoodiens contre les services de peer-to-peer permettant l’échange entre internautes de fichiers via le Net n’est que le dernier exemple d’une longue histoire de conflits juridiques. Florilège (1).
Les pianos mécaniques
L’apparition des premiers pianos mécaniques au milieu du XIXe siècle en France déclenche une bronca des éditeurs de partitions et des compositeurs de musique. Les ayants droit de Verdi, les frères Escudier, attaquent en justice Alexandre-François Debain, inventeur vers 1850 de l’antiphonel, un dispositif capable de faire jouer tout seul un piano grâce à des planches à clous. Gounod, Berlioz, Rossini et une palanquée d’éditeurs de partitions protestent en bloc contre les boîtes à musique et autres pianos mécaniques qui se multiplient. En 1866, le législateur tranche et libéralise totalement la production d’appareils de reproduction mécanique de la musique. Ce qui permettra, à la fin du siècle, la naissance de l’industrie du disque avec l’apparition des premiers gramophones.
La radio
Pour les maisons de disques, l’irruption de la radio dans les années 20 aux Etats-Unis est un cauchemar : le son est meilleur et la musique y est gratuite. Les ventes de galettes s’effondrent. Lobbying devant le Congrès américain, protestations des musiciens et maisons de disques. Le leader syndical James Petrillo exige même des radios qu’elles embauchent un musicien syndiqué si elles utilisent une platine disque pour diffuser de la musique sur les ondes. Le gouvernement fédéral tente d’imposer, sans grand succès, l’interdiction de la diffusion de disques par les radios. Après la Seconde Guerre mondiale, le marché du disque se remet à décoller grâce à l’innovation (45 et 33 tours, son hi-fi, etc.). En France, depuis 1985, un pourcentage du chiffre d’affaires des radios musicales est reversé à la filière.
Le magnétoscope
Pour le représentant d’Hollywood Jack Valenti au début des années 80, le magnétoscope met le cinéma en danger de mort. Il est « au cinéma ce que l’étrangleur de Boston est aux femmes seules chez elles », tempête-t-il devant le Congrès des Etats-Unis en 1982. Deux ans plus tard, Hollywood a perdu : la Cour suprême entérine la légalité de l’appareil. Les ventes et la location de cassettes VHS et de DVD représentent aujourd’hui autour de la moitié des revenus des studios américains. En France, le cas du magnétoscope, comme celui de la cassette audio, sera réglé par une loi de 1985 : chacun peut enregistrer une oeuvre pour son usage privé, mais une rémunération forfaitaire est prélevée sur les supports vierges.
Le baladeur numérique
Le premier baladeur numérique, le Rio de la firme Diamond, est l’objet d’un procès en 1998 par les maisons de disques aux Etats-Unis car il permet de copier et d’écouter des centaines de chansons « pirates ». Procès abandonné au bout de quelques mois suite à quelques promesses de Diamond. Les successeurs du Rio, dont l’iPod d’Apple, se sont vendus à 36 millions d’exemplaires dans le monde en 2004. Et les maisons de disques cognent désormais sur le peer-to-peer.
(1) Sources : Ecoute, une histoire de nos oreilles, Peter Szendy, Minuit, 2001 ; Playback, Mark Coleman, Da Capo, 2003.
NON à une europe du fric: Oui-Oui et la Constitution Européenne, par Viktor Dedaj.
Libération : Jean Tiberi mis en examen dans l’affaire des "faux électeurs": L’ancien maire RPR de Paris Jean Tiberi a été mis en examen dans le dossier des "faux électeurs" du Ve arrondissement de la capitale, apprend-on de source judiciaire.
L’actuel maire du Ve arrondissement et député UMP est poursuivi pour "manoeuvres frauduleuses de nature à altérer la sincérité du scrutin", c’est-à-dire fraude électorale, à l’occasion des élections législatives de 1997.
Le dossier pourrait être désormais renvoyé avant la fin de 2005 devant le tribunal correctionnel, ce qui laisse présager un possible procès en 2006.
Les juges Jean-Louis Périès et Baudoin Thouvenot s’appuient sur une enquête qui a montré qu’au moment des élections législatives de 1997, 7.228 personnes étaient inscrites frauduleusement sur les listes du Ve arrondissement.
Les enquêteurs ont découvert que 3.315 d’entre elles avaient voté lorsque Jean Tiberi avait été élu député avec 2.725 voix d’avance sur la candidate socialiste Lyne Cohen-Solal.
Les "faux électeurs", inscrits sur les listes du Ve alors qu’ils ne résidaient pas dans l’arrondissement, auraient accepté de prendre part au vote en échange d’avantages tels que des places en crèche ou des logements sociaux.
Une douzaine de personnes sont déjà mises en examen dans cette affaire, dont Xavière Tiberi, épouse de l’ancien maire, Anne-Marie Affret, adjointe à la mairie du Ve, l’ex-secrétaire général de la marie du Ve Raymond Nentien et l’ancien maire RPR du même arrondissement de 1995 à 2001, Jean-Charles Bardon.
Elles sont soupçonnées d’avoir procédé à la falsification des listes et aux envois de cartes d’électeurs et de fausses domiciliations dans le Ve aux personnes recrutées.
Le scandale avait éclaté peu après l’élection législative de 1997 à la suite d’une plainte des Verts et du Parti socialiste.
Le Conseil constitutionnel avait validé pour sa part l’élection tout en constatant des "irrégularités".
Jean Tiberi, qui avait jusque-là le statut de témoin assisté, a toujours nié les faits, affirmant qu’aucun élément du dossier ne le mettait en cause.
La justice se fonde cependant sur une déclaration de Raymond Nentien affirmant que Jean Tiberi lui avait ordonné de continuer les inscriptions litigieuses sur les listes électorales en 1996 alors qu’il s’inquiétait des suites possibles de l’affaire.
Les enquêteurs considèrent également qu’il ne pouvait ignorer les manoeuvres imputées à son épouse et ses collaborateurs.
Jean Tiberi a bénéficié en février d’un non-lieu dans un autre dossier visant le financement présumé occulte de l’ex-RPR par le biais des marchés publics des HLM de Paris.
Il avait alors annoncé son intention d’être candidat à la candidature UMP à la mairie de Paris en 2007.
Mais comment peut-on prétendre que la directive Bolkestein n’est pas fondée dans le projet de constitution ?: Bolkestein est fondé juridiquement dans le projet de constitution...
Ce sont les mêmes hommes, la même commission, qui, à la même date, en mars 2004, ont donné le coup d’envoi à la constitution et à la directive Bolskestein. Chirac, Barnier, Lamy, entre autres étaient d’accord.
Le même arbre ne donne pas des cerises au printemps et des pommes en automne...
Ils feignent aujourd’hui de dissocier Bolkestein et la constitution, mais ils mentent et c’est seulement par peur du “non”.
La peur du “non” est d’ailleurs vraiment une bonne chose, car, alliée au mouvement social, elle fait augmenter les salaires, Raffarin lâche du lest. La peur du “non” chez Chirac est une alliée des manifestants du 10 mars...
Le “non” est l’allié des salariés.
Une fois qu’ils vous auront “eu” pour le “oui”, ils feront passer Bolkestein et bien d’autres choses encore. Chirac passera plus à l’aise ses deux dernières années, évoquant une autre candidature...
C’est ce qu’annoncent explicitement Barroso et Seilliére (futur président de l’Unice, organisation patronale européeenne).
D’ailleurs Schroder est d’accord avec Bolkestein, son gouvernement l’approuve.
Et Blair aussi a donné son accord, et ce sera lui, dés le premier juillet prochain - après le referendum - qui aura la présidence de l’Europe.
Votez donc “non” à la constitution bolkestein ! (et à celle de l’opt out... : car il y a deux directives Dracula... On les appelle ainsi parce que comme la constitution, elles craignent la lumiére...)
Libération : Arrangements entre amis: Les donateurs. Le BTP a versé 198,7 millions de francs aux partis entre 1990 et 1995. Vivendi : 56,8 millions ; Bouygues : 52,2 millions ; Eiffage : 37,9 millions ; Suez : 25,9 millions ; Spie : 18,6 millions ; autres : 7,1 millions.
Les bénéficiaires. RPR : 52,9 millions (26,6 %) ; PS : 46,7 millions (23,5 %) ; PR : 32,6 millions (16,4 %) ; PCF : 21 millions (10,6 %) ; autres : 45,3 millions (22,8 %).
Près de 2 % de retours. Les entreprises ont bénéficié de 11,9 milliards de marchés publics. Le taux de retours aux partis est de 1,7 % en moyenne, avec une pointe à 2,5 % entre 1993 et 1995.
{{ Photo/Web }} PP13.COM
Entreprises américaines, offrez-vous une loi de l’Union européenne
Comment Israël a orchestré la colonisation « sauvage » : Un rapport officiel dénonce l’implication du gouvernement d’Ariel Sharon.
Les autorités israéliennes ont encouragé et financé en sous-main la construction de colonies dites « sauvages » en Cisjordanie, celles qui sont jugées illégales même au regard du droit israélien. L’affaire était un secret de Polichinelle. La publication, hier, d’un rapport officiel, commandé par le bureau du premier ministre, Ariel Sharon, a fait l’effet d’une bombe : le document met en lumière le système qui a permis les dérives. Il recommande d’examiner la possibilité de poursuivre en justice plusieurs responsables gouvernementaux.
« Les violations de la loi sont devenues la norme au sein de plusieurs organismes officiels pour ce qui concerne ces colonies sauvages », a déploré Me Talia Sasson, une avocate auteur du document. Elle s’est plainte de ne pas avoir eu accès à tous les documents au cours de ses recherches. Me Sasson a recommandé de transmettre les résultats de son enquête au procureur général, afin qu’il décide d’éventuelles poursuites. Le gouvernement doit se saisir du document dimanche lors du Conseil des ministres.
L’exemple le plus marquant est celui de la colonie sauvage de Migron, à travers lequel la juriste décrit comment une fausse antenne de relais pour téléphone cellulaire s’est transformée en point de peuplement. En avril 2002, des colons ont réclamé la mise en place d’une antenne sur une colline. De nombreux Israéliens habitant en Cisjordanie étant victimes de tireurs isolés palestiniens sur les routes, l’armée a approuvé sans délai cette mesure visant à améliorer la communication. Un poteau a été dressé sur la colline, une propriété privée palestinienne. Un grillage a été installé pour protéger l’antenne. Un garde a été désigné pour prévenir tout sabotage. Un cabanon a été construit pour le confort du vigile. Une ligne électrique a été tirée pour l’éclairer. Puis une route a été construite, pour faciliter l’accès à la zone. Tout cela avec l’assentiment de l’armée, de l’administration civile et de la compagnie d’électricité israélienne.
Au bout de quelques semaines, cinq caravanes se sont installées à Migron. L’armée, qui s’est interrogée un temps quant à l’opportunité de les déloger, affirme que les caravanes ne disposaient pas de permis pour s’installer, mais qu’il n’existait pas non plus d’autorisation pour les chasser. Aujourd’hui, trois ans après les faits, plusieurs dizaines de familles vivent à Migron. Dans son rapport, Me Sasson note que « les fonds pour financer les infrastructures de Migron ont été fournis par le ministère de l’Habitat, qui a investi 4 millions de shekels (696 000 euros) pour aménager le terrain, y amener l’eau et le tout à l’égout et goudronner la route ».
Me Sasson a évalué à 105 le nombre de colonies sauvages, dont 22 ont été créées après l’accession au pouvoir d’Ariel Sharon, considéré comme le père de la colonisation, en mars 2002. Elle affirme qu’aucune colonie sauvage, jugées illégales au regard du droit israélien alors que le droit international considère comme illégales toutes les colonies construites dans les Territoires palestiniens, n’a été évacuée. Pourtant dans six cas au moins, l’armée dispose de toutes les autorisations nécessaires. Mardi, l’Administration de George W. Bush a prévenu que si Israël ne respectait pas ses engagements de démanteler toutes les colonies sauvages construites depuis mars 2001, cela pourrait porter tort aux relations entre les deux pays et avoir un impact sur l’aide américaine à Israël.
La secrétaire d’État, Condoleezza Rice, a demandé au gouvernement israélien de donner suite immédiatement aux recommandations formulées par le rapport. Me Sasson a suggéré toute une série de réformes et de procédures de contrôle qui permettraient de mettre fin aux pratiques illégales, recommandant notamment que le ministère de l’Habitat soit privé de toute autorité concernant la construction de colonies en Cisjordanie.
Libération : Bruno Gollnisch exclu pour cinq ans de l’université de Lyon III: La commission de discipline de l’université Jean-Moulin Lyon III a exclu pour cinq ans Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national, après ses propos controversés sur les camps de concentration nazis.
"La section disciplinaire de notre université a décidé le jeudi 3 mars d’exclure le professeur Bruno Gollnisch de l’université Jean-Moulin Lyon III pour une durée de cinq ans. Cette décision est en cours de notification à l’intéressé", annonce vendredi dans un communiqué Guy Lavorel, le président de Lyon III.
Il a précisé qu’il s’expliquerait sur cette décision lundi prochain lors d’une conférence de presse.
Pour sa part, Bruno Gollnisch devait donner une conférence de presse dès vendredi soir.
Le numéro deux du Front national, professeur de droit et de civilisation japonaise à Lyon III, avait été entendu mardi toute la journée par la commission de discipline de l’université.
Il avait été suspendu de ses fonctions universitaires le 3 février par le ministre de l’Education nationale, François Fillon, pour une durée d’un an, "dans l’intérêt du service".
Lors d’une conférence de presse le 11 octobre dernier à Lyon, le délégué général du FN, interrogé sur les camps nazis par des journalistes, avait estimé que "sur le nombre de morts, les historiens pourraient discuter". Quant à l’existence des chambres à gaz, "il appartient aux historiens de se déterminer", avait-il ajouté.
Libération : La loi de l’uranium: Après trois décennies de règne sans partage au Niger, la multinationale française Areva qui exploite deux mines d’uranium est sommée de rendre des comptes. Des écologistes l’accusent de négliger la radioactivité ambiante et les effets sur la population.
Libération : Information judiciaire contre Jean-Marie Le Pen: Une information judiciaire pour "apologie de crimes de guerre" a été ouverte lundi contre le président du Front national Jean-Marie Le Pen, apprend-on auprès du parquet de Paris.
Cette information vise les propos tenus par le dirigeant d’extrême-droite à l’hebdomadaire Rivarol dans son édition du 7 janvier sur l’occupation allemande en France.
Jean-Marie Le Pen déclarait notamment que, "en France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".
Selon le parquet, l’information judiciaire vise en particulier un passage dans laquelle le président du FN affirmait : "Je me souviens que dans le Nord, un lieutenant allemand, fou de douleur que son train de permissionnaires ait déraillé dans un attentat, causant ainsi la mort de ses jeunes soldats, voulait fusiller tout le village : il avait d’ailleurs déjà tué plusieurs civils. Et c’est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF ,qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre."
Une enquête préliminaire avait été ouverte en janvier par le parquet à la demande du ministre de la Justice, Dominique Perben.
Non aux brevets logiciels : Jour de deuil...: Non aux brevets logiciels
L’Europe et les droits de ses citoyens ont été bafoués et ce n’est pas le gouvernement français qui a fait quoi que ce soit pour l’empêcher CONTRAIREMENT AUX PROMESSES DE MR CHIRAC pour se faire élire...
Vous savez ce qu’il vous reste à faire lors du référendum
Dix bonnes raisons de voter NON au référendum sur la constitution européenne: Car si elle était approuvée...
1 - signée par les 25, elle ne pourra être modifiée qu’à l’unanimité.
Donc le Luxembourg ou Malte, avec leurs 400 000 habitants chacun, soit un centième de la population européenne, ou le Royaume-Uni dont la population n’est pas franchement pro-européenne, ou certains des dix derniers petits arrivés dont le PNB par habitant sont au dixième de celui du Luxembourg, pourront s’opposer avec les mêmes droits à toute modification de la Constitution !
2 - les ultra libéraux auront enfin la garantie que les principes qu’ils défendent sont garantis et sanctuarisés, qu’on ne pourra plus revenir dessus :
La constitution américaine est écrite sur moins de 20 pages. La constitution européenne fait 350 pages, et plus de 850 avec les annexes ! Cela signifie que tous les détails et les lois sont "gravées dans la pierre" et qu’il sera quasiment impossible de les changer, impossible par exemple de changer la politique économique de l’Europe (ou d’un quelconque des sujets soulevés dans cette listes) d’une manière démocratique par une législation débattue au Parlement Européen. La constitution deviendra la base jurisprudentielle pour les futures législations ainsi que pour la Cour européenne du Luxembourg.
3 - compte tenu de la réaffirmation de l’indépendance de la BCE, qui ne peut "solliciter ni accepter des instructions " des Etats, l’Europe deviendra le seul et unique pays au monde et dans l’histoire où l’indépendance absolue d’une Banque Centrale aura été constitutionnalisée dans un cadre définitif d’une politique prédéterminée que les citoyens ne pourront même plus orienter.
Aucune Constitution dans le monde ne verrouille à ce point le champ de la politique économique et monétaire. Une véritable Banque centrale devrait au contraire être mise au service du développement et de l’harmonisation. L’emploi devrait être sa priorité, des objectifs de change devraient être fixés de manière coordonnée, une inflation différenciée devrait être tolérée, et la Banque centrale devrait pouvoir financer les politiques structurelles. ARTICLE III-177 ... conduite d’une politique monétaire et d’une politique de change uniques dont l’objectif principal est de maintenir la stabilité des prix et, sans préjudice de cet objectif, de soutenir les politiques économiques générales dans l’Union, conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre. ARTICLE III-185 L’objectif principal du Système européen de banques centrales est de maintenir la stabilité des prix [...] Le Système européen de banques centrales agit conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre. ARTICLE III-188 Ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme.
4 - le gouvernement, et donc en définitive chacun des citoyens de nos pays, devra payer un intérêt à un système bancaire privé pour l’usage de sa propre monnaie, qu’il pourrait émettre lui-même, sans intérêt !
C’est, hélas déjà le cas depuis le Traité de Maastricht .. mais est ce qu’une erreur doit être, pour autant, constitutionnalisée ? ARTICLE III-181 Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres [...]
La masse monétaire qui nous permet de produire et de consommer a donc maintenant pour seule contrepartie les emprunts émis auprès des banques privées par les entreprises et les ménages, emprunts chargés d’intérêts conséquents...
Thomas Edison écrivait déjà : "Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l’un engraisse les usuriers, et l’autre aiderait le peuple. Si l’argent émis par le gouvernement n’était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C’est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s’endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux."
5 - la Charte des droits fondamentaux, reprise dans la partie II du projet, n’aura pas de valeur contraignante et sur certains points, elle se situera même en deçà de la législation internationale : ainsi le revenu minimum ou le droit au logement ne sont-ils pas reconnus, alors qu’ils le sont dans la Déclaration universelle de 1948.
6 - elle érigera en "objectif de l’Union" (article I-3-2) "un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée" et en disposant dans son article III-148 que "les Etats membres s’efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne [...]. La Commission adresse aux Etats membres intéressés des recommandations à cet effet".
La Commission Européenne refuse de retirer la directive Bokelstein et objecte déjà que si on veut faire de l’Europe une économie performante et réellement compétitive, les dispositions de la charte ne sont pas négociables.
Ce projet de directive concerne l’ensemble des services dont la fourniture implique une contrepartie financière, à quelque niveau que ce soit, indépendamment des missions d’intérêt général qui peuvent être les leurs, sans adoption préalable d’une directive cadre sur les services publics ou d’intérêt général. Considérés comme des entraves au développement du marché intérieur, les agréments exigés par les Etats sont réputés illégaux. Les procédures de contrôle échappent aux Etats sur le territoire desquels le service est fourni et relèvent du pays dans lequel le prestataire est établi : c’est le principe dit du "pays d’origine".
En rupture totale avec la démarche classique d’harmonisation "par le haut" par l’édiction de règles ou principes, le projet ouvre donc un marché hautement concurrentiel sur le plan social et juridique, au prétexte de simplifier les procédures d’établissement et/ou de prestation de services au sein de l’Union. Or qui pourrait accepter sans broncher de voir la législation sociale, les conventions collectives ou la protection des consommateurs rabaissées au rang d’avantages commerciaux ?
7 - le droit de vote et l’éligibilité aux élections municipales ne seront accordés qu’aux citoyens de l’Union, alors que la citoyenneté - à ne pas confondre avec la nationalité - devrait être accordée à tous les résidents, sous condition de résidence pendant un certain temps.
8 - la politique agricole commune restera productiviste,
alors qu’elle a largement démontré sa capacité de nuisance non seulement sur le plan environnemental, mais aussi en ce qui concerne l’exode rural, le chômage des paysans et l’écrasement des agricultures non européennes.
9 - des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, pourront prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application de la Constitution.
Donc, si 1 000 000 de citoyens européens font la demande d’un acte législatif, la commission Européenne pourra y donner suite, dès lors que cette proposition entre dans le cadre de la constitution. Mais il y a deux verrous :
Premier verrou : la commission pourra, elle ne doit pas. Si ça ne lui plaît pas, elle ne fait rien. C’est la commission, et elle seule, qui décide si elle donne suite ou pas !
Deuxième verrou : ça ne pourra se faire que dans le cadre de la constitution, les principes de la constitution. Par exemple, pour la taxe Tobin, la commission dira : "Désolé, il y a un article qui dit qu’on n’a pas le droit d’empêcher la totale liberté de circulation des capitaux, ou bien il faut l’unanimité ". Donc votre pétition s’arrête là. Par contre, si vous voulez plus de libéralisme il n’y aura pas de problème ! Si on dit par exemple : " On va abolir la durée maximum de travail ", il n’y aura aucune difficulté, la commission donnera suite.
ARTICLE I-47 Principe de la démocratie participative 1. Les institutions donnent, par les voies appropriées, aux citoyens et aux associations représentatives la possibilité de faire connaître et d’échanger publiquement leurs opinions dans tous les domaines d’action de l’Union. 2. Les institutions entretiennent un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives et la société civile. 3. En vue d’assurer la cohérence et la transparence des actions de l’Union, la Commission procède à de larges consultations des parties concernées.4. Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application de la Constitution. La loi européenne arrête les dispositions relatives aux procédures et conditions requises pour la présentation d’une telle initiative citoyenne, y compris le nombre minimum d’États membres dont les citoyens qui la présentent doivent provenir.
10 - ce projet de constitution ne mentionnera pas le droit des femmes à disposer de leur corps et donc du droit à l’avortement.
Chacune des dix bonnes raisons qui précèdent suffirait à elle seule pour que vous votiez "NON" au référendum.
Mais on vous objectera ces dix arguments :
1 - " Si on ne vote pas ce traité, c’est le chaos, la catastrophe ".
Actuellement nous vivons dans le cadre du traité de Nice et il n’y a pas de catastrophe ! Et nous y vivrons au moins jusqu’en 2009... On est dans ce traité, et on ne s’en porte pas plus mal,... ni mieux d’ailleurs. Mais si le traité de constitution est ratifié, elle prendra la suite en 2009 ( et certaines de ses dispositions d’ailleurs ne prendront corps qu’en 2014), donc nous avons pas mal de temps devant nous encore... Qu’est-ce qui se passe si le traité est refusé ? Sur le plan juridique il ne se passe rien : les traités antérieurs continuent, la situation dans laquelle nous sommes se poursuit. Mais nous remettrons en chantier un autre traité, avec tout le temps nécessaire. Il n’y a pas le feu, aucune urgence.
2 - " La France va être isolée. "
Ce n’est pas si sûr que ça ! Dans les pays procédant par référendum le résultat n’est pas connu d’avance ! On a bien vu que ce qui est isolé, ce sont les politiques libérales qui ne recueillent nulle part l’adhésion des populations qui s’opposent à la contrainte, au libéralisme, au chômage, à la précarité, à la baisse des revenus, à la délocalisation ! Comment voulez-vous que cette idée soit populaire ?
3 - " La 2e partie du traité, la Charte des droits fondamentaux, correspond au Préambule de la Constitution française et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ".
Dans le Préambule de la Constitution française (comme dans la Constitution belge, celle d’Allemagne, du Danemark, de l’Espagne, de Finlande, de l’Italie, de l’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Portugal, de Suède), le droit au travail, le droit à un revenu minimum, le droit à un salaire minimum, le droit à une allocation de chômage, le droit à une pension de retraite, le droit à la couverture des soins de santé, à un logement décent sont garantis.
Dans le projet de Constitution européenne, ces droits ne figurent pas. S’agissant de la santé et de la sécurité sociale, le texte " reconnaît et respecte " ce qui se fait dans les Etats. Sans plus. Ce qui n’engage à rien de la part de l’Union européenne. Le droit au travail devient le droit à en chercher. Ce qui est très différent.
L’Union européenne n’adhère pas à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) qui reconnaît ces droits sociaux collectifs. Par contre, elle adhère à la Convention européenne des Droits de l’Homme qui ne les reconnaît pas.
4 - " La Constitution sauvera les services publics en leur donnant, pour la première fois, une base légale "
La Constitution ne fournit aucune définition du " service d’intérêt économique général.". Par contre les documents de la Commission européenne (Notes de 2000, Livre Vert de 2003, Livre Blanc de 2004) sont éloquents : les pouvoirs publics ne peuvent créer des Services d’Intérêt Economique Général (SIEG) que si deux conditions sont remplies : a) que le marché (l’initiative privée) ne fournisse pas le service b) que ce SIEG respecte les règles de la concurrence.
Enfin, le traité constitutionnel proclame que la liberté d’établissement et la liberté de circulation des services sont des " valeurs fondamentales " de l’Union européenne (article I-4). La proposition de directive déposée par le Commissaire européen Bolkestein sur " les services dans le marché intérieur " fournit la démonstration, confirmée par des experts de tous bords, que l’application intégrale de cette " valeur fondamentale " conduit à la disparition des services publics, de nos systèmes de sécurité sociale et du modèle européen de solidarité.
Avec cette Constitution, c’est la fin de la capacité des pouvoirs publics locaux, régionaux et nationaux de procurer des activités de service auxquelles tous ont accès et dont les coûts sont mutualisés. Et l’impossibilité de créer des services publics européens. L’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’OMC pourra s’appliquer totalement sans que les Etats ne puissent s’y opposer vu l’existence de cette Constitution.
D’autre disent que cette constitution, pour la première fois, reconnaît les services publics. Absolument pas ! Mensonges ! ils le sont moins qu’ils ne l’étaient auparavant... ! Pour le coup, le traité est en retrait sur le traité d’Amsterdam. Le traité d’Amsterdam considérait que les services publics étaient des valeurs, comme la liberté, l’égalité. Mais le traité, là, ne les reconnaît plus comme des valeurs, il dit : " Les services d’intérêt économique général, - il ne parle pas de services publics - auxquels les Etats attachent de la valeur "... Ca n’a rien à voir ! Le mot y est, mais il ne signifie pas la même chose. Ces services publics, dits " services d’intérêt économique général ", sont subordonnés aux règles de la concurrence dans le Traité, c’est-à-dire qu’on peut faire tous les services publics que l’on veut, mais il faut qu’ils soient soumis à la concurrence ! C’est-à-dire exactement l’inverse de ce qu’est un service public qui n’est pas là pour concourir ou pour être rentable, mais pour remplir des missions particulières !
Et le texte dit : " La loi détermine les services publics " mais on ne dit même pas comment cette loi va être votée. Le traité est muet sur ce point capital ! Même avec le traité d’Amsterdam où les services publics étaient reconnus comme valeur, on a continué à démonter les services publics. Alors là, quand ils ne sont même plus reconnus comme valeur, il n’y a aucune raison de penser que quoi que ce soit va changer !
5 - " Le traité constitutionnel va donner au Parlement européen la capacité de prendre lui-même l’initiative de lois "
La Constitution réduit à néant ce mensonge : Article I-26, 2 : " Un acte législatif de l’Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où la Constitution en dispose autrement. "
Le monopole de l’initiative de la Commission est maintenu. Et la technique de la codécision tant vantée par les partisans du " oui " a pour effet que le Parlement européen ne peut modifier les textes soumis par la Commission que si celle-ci marque son accord.
6 - " Le traité ne dit rien sur les orientations politiques que l’Europe doit prendre à l’OMC "
L’article III-314 qui introduit la politique commerciale commune et donc notre rôle à l’OMC, stipule : " l’Union contribue conformément à l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs et à la réduction des barrières douanières et autres. "
On se trouve clairement en présence d’un choix politique. Un choix politique dont même la Banque Mondiale remet en cause, aujourd’hui, l’efficacité pour la création d’emplois. Mais supprimer les restrictions aux investisseurs qui ne supportent pas les lois sociales, les lois environnementales, le respect des droits humains fondamentaux, c’est une exigence des organisations patronales européennes.
Si la Constitution est adoptée, il ne sera plus possible, comme l’a fait Jospin en 1998 sous la pression des associations, des syndicats, du PCF et des Verts, de dire que l’AMI doit être négocié non pas à l’OCDE, mais à l’OMC. Comme, depuis, la négociation a échoué à l’OMC, le patronat exige que l’AMI revienne dans le cadre européen. D’où sa présence dans la Constitution. On mesure ainsi l’incohérence de ceux qui ont combattu l’AMI en 1998 et qui le soutiennent aujourd’hui.
7 - " Ce traité est le plus dynamique de tous les traités européens ".
Invoquant ce que, dans le jargon, on appelle les " clauses passerelles " et les " coopérations renforcées ", certains prétendent qu’ainsi la clause de l’unanimité peut être surmontée, ce qui fournirait des opportunités d’avancées significatives. C’est faux : dans tous les cas de figure, on retrouve d’une manière ou d’une autre l’exigence de l’unanimité. Une réalité s’impose : si cette Constitution est ratifiée, il sera impossible de la modifier avant de très nombreuses années. Nos enfants comme nos petits enfants auront à la subir.
8 - " la Commission va devenir le gouvernement démocratique de l’Union "
Cette affirmation est inexacte car les électeurs n’ont aucune possibilité de sanctionner la Commission par leur vote, et le Parlement européen, ni aujourd’hui, ni dans le cadre de la Constitution, ne peut imprimer de choix politiques à la Commission. De plus, le droit de pétition ne permet pas de modifier la Constitution puisque la commission en fera ce qu’elle veut...
9 - " La victoire du " non " sera une victoire des USA de George W. Bush ".
C’est exactement le contraire ! Le traité, reprenant en cela les dispositions de Maastricht, rappelle que la politique de défense commune éventuelle doit être compatible avec les obligations des pays membres de l’OTAN, c’est-à-dire que c’est l’OTAN qui donne le feu vert à une politique de défense Européenne. Or l’OTAN, ce sont les Etats-Unis. Qui détient la plus haute responsabilité militaire à l’OTAN ? Un officier US. Qui est le chef suprême de cet officier ? Le Président Bush qui espère la ratification de la Constitution puisqu’elle consolide le lien de soumission des Européens aux USA ARTICLE I,41,2 : " La politique de l’Union (...) respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains Etats membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’OTAN et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre " ARTICLE I,41,7 : " Les engagements et la coopération dans ce domaine [en cas d’agression] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’OTAN qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre. "
10 - " Notre " oui " est un " oui de combat "" (disent les partisans du " oui de gauche ")
Le " oui " de combat, ce n’est rien d’autre qu’une promesse. Comme celle de Jacques Delors qui, en 1992, promettait : " acceptez le traité de Maastricht et nous ferons l’Europe sociale tout de suite après "... Il y a treize ans... Ils nous disent "le texte n’est pas franchement bon et il ne répond pas à nos attentes, mais il faut l’adopter pour conserver les quatre ou cinq points positifs qu’il contient ; quant au reste, nous allons nous battre, après la ratification, pour l’améliorer ; notre " oui " s’inscrit donc dans la perspective de ce futur combat". Raisonnement perverti pour trois raisons, car :
1) nous pouvions nous contenter d’un simple traité
2) cela revient à dire : nous ne nous battons pas aujourd’hui contre ce texte, mais rassurez-vous, nous nous battrons demain, une fois qu’il sera devenu la Constitution.
3) ils savent pertinemment qu’ils ne pourront pas modifier ce texte. La règle de l’unanimité fige la construction européenne dans son état actuel. Elle bloque toute espérance d’approfondissement avant de nombreuses années.
Il faut donc se donner le temps de discuter !
Une Europe solidaire veut dire une Europe qui pratique la justice sociale, qui élève le niveau de vie des plus démunis. Il faut répartir la richesse autrement, il faut consacrer les ressources nécessaires à la solidarité, et ce n’est pas le libre-échange qui va faire ça, ce sont des investissements massifs dans les infrastructures, dans la santé, dans l’éducation. Et donc la perception de taxes globales, qui par définition toucheront plus les riches que les pauvres... Ceci est totalement absent du projet !
La solidarité envers les générations futures, c’est se soucier de ce que sera la planète dans un futur maintenant proche, ne pas gaspiller l’énergie comme nous le faisons, bousiller les paysages et l’atmosphère. Donc ça veut dire revenir sur l’absurdité de ces échanges commerciaux tous azimuts ! Il faut tout remettre à plat en quelque sorte, et c’est pour ça qu’il est indispensable de se donner le temps de discuter, un an, deux ans, trois ans. Ca le mérite ! Pour repartir dans la bonne direction ! Or, c’est toute une construction sociale qui est rendue absolument impossible par ce projet de Constitution.
A-J Holbecq
5 février 2005
Libération : Des bavures américaines en série et jamais sanctionnées: Selon l’ONG Iraq Body Count, près de 18 000 civils auraient ainsi été tués.
Libération : Logement: Le château de Chirac
En 1970, Jacques Chirac, secrétaire d’Etat aux Finances, acquiert le château de Bity et ses 11 hectares en Corrèze, inscrit après à l’inventaire des monuments historiques. En 1978, la Fondation Claude-Pompidou fait l’acquisition d’une parcelle sur le chemin menant au château pour un montant de 235.000 euros afin de préserver la tranquillité du couple.
Le loyer de Juppé
En 1995, le Canard enchaîné révèle que le Premier ministre, Alain Juppé, dispose depuis 1990 d’un logement de 181 m2, propriété de la Ville de Paris, rue Jacob (VIe) pour un loyer mensuel de 12.000 francs. Il aurait également contribué à réduire le montant du loyer de son fils, logé aussi par la Ville de Paris.
Les travaux de Tiberi
A la suite d’une plainte d’une association parisienne, en 1996, la justice s’intéresse de près au logement HLM de 134 m2 attribué à Dominique Tiberi, fils de Jean, maire de Paris et président de l’office HLM. Des travaux de rénovation y sont effectués pour environ 215.000 euros.
Les employés des Balkany
En mai 1996, Patrick, maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et son épouse sont condamnés, pour prise illégale d’intérêt, à quinze mois de prison avec sursis, deux ans d’inéligibilité et 14.000 euros d’amende pour avoir eu recours au service de trois employés de la municipalité.
Le logement de Millon
En juillet 2004, la cour administrative d’appel de Lyon confirme un jugement contraignant Charles Millon, président de la région Rhône-Alpes, à rembourser à la région 244.000 euros au titre du logement de fonction, occupé de 1995 à 1998, ainsi que 107.000 euros au titre du personnel mis à sa disposition.
Libération : Mensonges, mécomptes et mauvaise foi: Depuis une semaine, la communication du ministre n’a cessé de cafouiller.
La communication d’Hervé Gaymard sur sa situation immobilière a varié au fur et à mesure des révélations des médias. Revue des omissions, défausses et demi-mensonges depuis une semaine.
Sur le prix
Le loyer du duplex de la rue Jean-Goujon, dans le XVIe arrondissement de Paris, est de 14 000 euros par mois. Hervé Gaymard affirme qu’il n’était pas au courant. « Je vais vous dire une chose, lançait-il sur France 2 le 16 février, je ne savais pas le prix quand j’y suis rentré. Dès que je l’ai su, je me suis dit que je n’allais pas y rester. » En fait, Hervé Gaymard a visité le duplex le lendemain de la signature du bail, le 10 janvier, comme l’a révélé le Canard enchaîné. Sa confidence laisse entendre qu’il ne s’était pas renseigné non plus lors de son emménagement le 5 février, et qu’il n’aurait pris conscience de l’énormité du loyer qu’à la lecture du Canard le 15 février au soir. Sa décision de déménager n’est pas non plus spontanée : c’est bien Jean-Pierre Raffarin qui, le 15 février, lui a demandé de quitter les lieux.
Sur l’occupation du ministre
Hervé Gaymard a assuré à Libération qu’il ne s’était « pas occupé personnellement » de la recherche d’un appartement, laissant ce soin aux « services du ministère avec une agence immobilière ». Et pour cause, puisque, le 17 février sur RTL, il affirmait avoir « des semaines [de travail] d’environ 120 heures ». Le Canard a révélé que l’épouse du ministre, Clara Gaymard, s’est intéressée de près au choix et à l’aménagement du gigantesque duplex.
Sur l’aval du gouvernement
Dès le 15 février, Bercy publiait un communiqué arguant de l’aval du Secrétariat général du gouvernement (SGG) pour la location de son appartement à l’extérieur de Bercy. Comme Libération l’a révélé, le 17 février, le SGG avait émis des réserves sur le montant de la facture pour le contribuable. Réserves ignorées par le directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, Michel Boyon.
Sur le respect des normes
Ce même 15 février, le ministre certifiait que la circulaire sur le logement des ministres avait été « scrupuleusement respectée ». Cette circulaire initiée par Lionel Jospin en 1997 et reprise par Raffarin en 2002 précise que l’appartement de fonction du ministre sera « conforme par sa localisation, sa taille et son aménagement à la simplicité qui sied aux représentants de l’Etat ».
Sur la nécessité d’un nouveau logement
Le ministre de l’Economie se voyait contraint de loger à l’extérieur de Bercy puisque les deux grands appartements de fonction y sont occupés par Patrick Devedjian (ministre à l’Industrie) et François Loos (secrétaire d’Etat au Commerce extérieur). Mais Hervé Gaymard n’a pas dit qu’il était propriétaire de 200 m2 boulevard Saint-Michel, dans le VIe. Un appartement loué 2 300 euros par mois, procurant au ministre depuis deux ans un revenu supplémentaire alors qu’il est logé par l’Etat. « Impossible de déloger le locataire, puisque le bail de trois ans ne prend fin qu’en août 2005 », argumente son entourage. Certes, mais jamais le ministre n’a fait savoir qu’il souhaitait revenir l’été prochain boulevard Saint-Michel.
Sur le remboursement des travaux
Ils s’élèvent, selon le Groupement foncier français, l’administrateur de biens, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, à « 31 883,30 euros TTC », correspondant à l’installation d’un escalier entre les deux appartements formant le duplex. Facture à la charge du locataire. Hier, Hervé Gaymard affirmait qu’il « remboursera personnellement tous les frais liés à la rupture du bail, les loyers en cours ainsi que les travaux engagés ». Correct, mais tardif.
Observatoire des inégalités : Hervé Gaymard, le mal logement et la démocratie
davduf.net > Réclame et droit moral (à propos de la nouvelle campagne des centres Leclerc)..: A l’heure où nos médias bruissent de questions de "droits d’auteurs", de lutte contre le "piratage", il me semble bien étonnant que seul le silence accompagne la violation patente du droit moral des artistes que constitue la campagne de propagande des Hypermarchés Leclerc.
Libération : Hollande et « les Inrocks » gagnent contre Le Pen le « corrompu »: La cour d’appel de Paris vient de relaxer François Hollande et l’hebdomadaire les Inrockuptibles, poursuivis en diffamation par Jean-Marie Le Pen à propos d’une interview, publiée en mai 2002, dans laquelle le patron du PS qualifiait le président du FN de « candidat sans doute le plus corrompu de tous » à la présidentielle. La cour estime malicieusement que « le qualificatif "corrompu" revêt plusieurs acceptations telles que "dépravé", "vil", "mauvais", "ripou", "cupide", "vénal", faisant référence à des attitudes et comportements de nature différente, qui peuvent toutes être retenues sans qu’il soit possible de privilégier l’une d’elles ». Le terme corrompu « est sans nul doute péjoratif », mais il « ressort de l’invective » et non pas de la diffamation.
Libération : Ministre ch. appart. à Paris, urgent: Le cabinet de Raffarin était passé outre les réserves de l’administration pour le duplex à 14.000 euros de Gaymard. Le ministre déménage.
Les affaires ne sont plus ce qu’elles étaient, elles ne durent que vingt-quatre heures. A peine installé dans son duplex de 600 m2 dans le VIIIe arrondissement de Paris, le ministre de l’Economie et des Finances a décidé hier soir de déménager. La révélation par le Canard enchaîné du loyer 14.000 euros par mois aux frais de l’Etat et les pressions de Matignon et de l’Elysée l’ont convaincu de jeter l’éponge. Il l’a fait depuis Bruxelles, où il participait à un conseil des ministres des Finances de l’Union européenne, tandis qu’à Paris, Matignon annonçait une refonte des procédures d’attribution des logements des ministres. La polémique pourrait pourtant rebondir : selon nos informations, la décision de louer cet appartement avait été approuvée par le directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, malgré les réserves du Secrétariat général du gouvernement, chargé de viser tous les actes administratifs du pouvoir.
Ecole. La rue Jean-Goujon se situe à deux pas des Champs-Elysées. Au numéro 6, hormis l’attroupement des journalistes et la présence de policiers en civil, rien n’indique la présence de locataires de prestige, le couple Gaymard et leurs huit enfants de 6 à 17 ans. En novembre 2004, ils n’ont pas voulu emménager à Bercy dans les appartements laissés libres par la famille Sarkozy : trop loin de l’école des enfants (dans le VIIe arrondissement), a tranché Clara Gaymard, l’épouse du ministre. Les deux logements sont récupérés par François Loos, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, et Patrick Devedjian, ministre de l’Industrie, installés jusque-là sur l’île Saint-Louis.
Mardi soir, cueilli à froid, Hervé Gaymard a tenté d’abord de minimiser l’affaire. Un premier communiqué vient alors rappeler que « les ministres du gouvernement qui ne disposent pas, dans des locaux de leur ministère, d’un logement domanial, sont autorisés en cas de nécessité à louer un logement sur les crédits de l’Etat ». « Que voulez-vous, expliquait un proche de Gaymard, il y a quatre ministres à Bercy et seulement deux grands appartements de fonction. » A l’entendre, l’Etat ferait d’ailleurs presque une affaire : les loyers de l’île Saint-Louis couvrant celui de la rue Jean-Goujon. Mieux, Hervé Gaymard aurait « décliné une offre plus onéreuse quoique proche du lycée des enfants ».
Contestation. Surtout, Gaymard affirme avoir eu l’aval du secrétaire général du gouvernement, un des plus hauts fonctionnaires de l’Etat. Ce qui vaut en effet brevet de légalité. Sauf qu’en réalité, Jean-Marc Sauvé, qui occupe depuis dix ans le poste de secrétaire général du gouvernement, a bien été saisi du dossier. Dans une note, Sauvé, sans s’opposer à la nécessité de loger le ministre et sa nombreuse famille, a contesté le niveau élevé du loyer proposé. La note a été remise à Michel Boyon, directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin. Mais celui-ci a choisi de passer outre. Une décision qui, dès lors, cesse d’être purement technique et devient politique.
Hier après-midi, à l’Assemblée nationale, les critiques avaient fusé contre le logement de fonction du ministre. Le député UDF Charles de Courson, membre de la Commission des finances, juge : « Lorsqu’on est chargé de faire face aux déficits publics de la France, on se doit de montrer qu’on serre les dépenses partout. Il y a des logements de fonction dans les ministères, il faut les occuper. » Un responsable centriste se montre plus vachard encore : « La leçon de tout ça, c’est que le pouvoir corrompt. Gaymard et sa femme, cela fait tellement longtemps qu’ils sont au pouvoir qu’ils ne se rendent plus compte des réalités. » L’affaire « est regrettable », dit le centriste Maurice Leroy. « Gaymard, Gaymard », hurlent les députés socialistes pendant les questions d’actualité.
A sa sortie de l’hémicycle, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, évoque le « scandale », parle de « démission » et annonce qu’il va adresser « une question écrite » au Premier ministre pour lui demander de publier « le montant exact des traitements et indemnités », « les moyens matériels mis à la disposition » (logements de fonction, surface, valeur du loyer) et « les moyens en nature et en personnel » pour « chaque ministre, chaque ministre délégué, chaque secrétaire d’Etat ». Il se dit « choqué par le mélange des genres entre responsabilités ministérielles et vie de famille ». Arnaud Montebourg (PS) estime que cette affaire est « d’autant plus choquante qu’il y a deux ans le traitement des ministres avait été revalorisé de 70 % afin qu’ils puissent se payer un logement décent ». Et de suggérer à Hervé Gaymard de « déménager discrètement ». En sortant de l’hémicycle, Gaymard reçoit un coup de téléphone de ses plus jeunes enfants, qui lui racontent qu’ils sont assaillis par les journalistes « et jusque dans l’escalier ».
Circulaire. Depuis le matin, Gaymard et Raffarin se concertent. Pendant l’heure du déjeuner, le ministre mûrit sa décision de déménager. Dans le Thalys pour Bruxelles, il fait publier un communiqué pour annoncer sa décision. Une heure plus tard, Matignon, à son tour, annonce une révision de la circulaire que le Premier ministre avait lui-même signée en mai 2002 : les ministres n’auront plus droit qu’à 80 m2, plus 20 m2 par enfant à charge, soit 240 m2 pour la famille Gaymard. Le reste sera à payer sur leurs deniers.
Libération : En toute mauvaise foi: Une note d’archives juste exhumée prouve que le Vatican répugnait à la restitution des enfants juifs qui lui avaient été confiés pendant la guerre et qui avaient été baptisés. Dans les années 50, l’affaire Finaly, du nom de deux orphelins juifs soustraits à leur famille et à leur religion, fut le symbole de cette pratique de l’Eglise catholique.
Pour un euro t’as plus rien - Cuverville - Toulon: Après l’ordinateur à un euro par jour pour les étudiants, le prix d’un café, voilà que le premier ministre annonce le permis de conduire à un euro par jour, le prix d’un ordinateur portable.
« Avec les radars, l’Etat a gagné de l’argent. Cet argent reviendra à la jeunesse, nous allons diminuer (...)
SUPERMARCHE FERRAILLE :: : un coup de boule dans les prix :: :: SUPERMARCHE FERRAILLE,un coup de boule dans les prix !
Des toxines dans votre TV ? Des poisons dans votre PC ?: Les produits électroniques de nombreuses marques connues contiennent des substances chimiques toxiques. Même en petites quantités, ces substances chimiques provoquent une pollution environnementale massive.
CNIID : Cyclamed, au service de la santé ?: Cyclamed, au service de la santé ?
Paris, le 26/01/05. À l’heure où Cyclamed relance sa campagne publicitaire, le CNIID édite un document percutant sur cette association : CYCLAMED, au service de la santé ? (1). Ce dispositif de collecte des déchets issus de médicaments " DIM " n’est pas parfait, loin s’en faut, et il est urgent d’en dénoncer la perversité économique, environnementale et sanitaire.
Cyclamed est connu de près de 80 % des Français, qui considèrent souvent comme bénéfique ce procédé de collecte des DIM en provenance des ménages. Pourtant, des détournements de médicaments collectés ont été mis en évidence par une enquête de l’inspection générale des affaires sociales diligentée le 08 septembre 2004, ces médicaments étant ensuite revendus frauduleusement. Le préjudice économique est flagrant, les conséquences sanitaires sous-jacentes.
D’autre part, Cyclamed assoit son image bienfaitrice sur le fait qu’elle redistribue, par le biais d’associations humanitaires, certains médicaments collectés à des populations démunies, en France et à l’étranger. Or cette redistribution n’est que sporadique, du fait notamment de réglementations contraignantes et de la barrière des langues. Cette valorisation humanitaire sert de faire-valoir à Cyclamed, bien qu’elle ne représente que la plus faible partie de son activité.
En effet, Cyclamed a principalement pour vocation d’envoyer à l’incinération les DIM qu’elle collecte. Qu’il s’agisse de médicaments périmés, entamés ou d’emballages, tout est envoyé en mélange à l’incinération. Et là, il ne s’agit plus du tout d’un acte louable, mais de pollution atmosphérique aux conséquences sanitaires et environnementales que le CNIID a déjà dénoncées à plusieurs reprises (2). On tire certes un peu d’énergie en incinérant des déchets, ce qui permet effectivement d’éclairer ou de chauffer des logements. Là encore, Cyclamed attire la sympathie des naïfs. Mais cette récupération d’énergie est sans commune mesure avec celle qu’il a fallu dépenser pour fabriquer les produits devenus déchets et inférieure même à la quantité d’énergie préservée lors de la réutilisation ou le recyclage des matériaux (3).
" Il faut bien sûr collecter séparément les substances actives médicamenteuses, mais le dispositif Cyclamed doit être refondu en profondeur ", déclare Aurélie Gigandet, chargée de la campagne D’abord ne pas nuire du CNIID. " Cyclamed ne correspond plus ni à la réglementation ni aux besoins de collecte ".
Pour plus d’information :
Aurélie Gigandet, chargée de la campagne D’abord ne pas nuire du CNIID, au 01 55 78 28 60.
(1) CYCLAMED, au service de la santé ? Document disponible auprès du CNIID, au 01 55 78 28 60 ou sur www.cniid.org
(2) Incinérateurs de déchets : enfants malformés et cancer, CNIID, janvier 2004.
(3) Synthèse du congrès Les politiques " Zéro Déchets " dans le monde : utopie ou réalité ?, 13 et 14 mai 2004, Assemblée Nationales, Paris, p. 8. Congrès organisé par Décentralisation et Initiatives Locales, Tel 01 46 94 06 93.
Libération : Le copyright, cible de Porto Alegre: Au forum brésilien, une table ronde sur les logiciels libres pour assouplir, voire abolir, la propriété intellectuelle.
La prochaine révolution passera par le numérique. « La plus grande bataille du XXIe siècle sera celle contre la mainmise sur les technologies par les multinationales », déclare Lawrence Lessig, professeur de droit à l’université de Stanford (Californie), fondateur de Creative Commons, altermodèle du strict copyright (1). Samedi matin, dans l’espace Pensée autonome, un vieux dock en bordure du fleuve transformé en centre de conférence, plus de mille jeunes écoutent débattre les papes du logiciel libre. Parmi eux, Gilberto Gil, le ministre brésilien de la Culture.
« Il s’agit tout simplement de s’affranchir des barrières des droits de propriété intellectuelle et de reconquérir une forme de citoyenneté », résume Manuel Castells, sociologue espagnol, auteur de la Société en réseau (2). La lutte pour les logiciels libres, qui permettent de copier, diffuser, utiliser sans autorisation, bat son plein. D’un côté, l’industrie de la culture (mais pas seulement, également celles de l’agriculture, de la santé...), qui « veut tenir en laisse » la « diffusion des savoirs ». De l’autre, les tenants d’un bien public mondial « digital », qui voient dans le copyright une entrave au développement culturel, social ou sanitaire. Ou éducatif : « Les logiciels libres facilitent au contraire la transmission des savoirs dans des communautés pauvres et reculées », estime ainsi Gilberto Gil, défenseur d’« une alliance en marche » entre concepteurs de logiciels libres et militants antipauvreté.
Faut-il, pour autant, abolir la propriété intellectuelle ? Pour Lessig, les brevets doivent exister, mais être « light ». Il faut, dit-il, commencer par les « désacraliser », au nom d’un « nécessaire rééquilibrage ». Il rappelle : « En verrouillant les droits de propriété intellectuelle, le gouvernement verrouille aussi les flux de connaissance. Il continue à entraver la lutte contre le sida via les génériques en multipliant les accords bilatéraux avec la Chine ou le Maroc, des textes plus contraignants que ceux existant à l’Organisation mondiale du commerce. »
« Contrôle des vies ». Pour les plus radicaux, il faudrait aller plus loin. Les brevets devraient au contraire être « abolis », car ils « contrôlent les vies », martèle John Perry Barlow : « Ils sont totalitaires et laissent potentiellement le droit à des entreprises de posséder l’air et l’eau, la santé, malgré des profits obscènes. » Barlow, parolier des Grateful Dead, groupe hippie popularisé en balançant des cassettes dans le public, s’est reconverti en prenant la défense des « pirates » utilisant les sites d’échanges musicaux gratuits, avec son Electronic Frontier Foundation. Pour autant, les deux icônes de la défense des « usages collectifs » contre l’industrie du disque parviennent à se retrouver, notamment sur le dos des Etats-Unis. « Pendant un siècle, les Etats-Unis se sont assis sur les brevets pour se développer, avant d’en faire leur credo, une fois devenus première puissance mondiale », analyse Lessig.
L’industrie culturelle accuse les pirates de piller ses coffres. « Mais qui en profite, s’interroge John Perry Barlow, les créateurs ou l’industrie du disque ? Qu’est-ce qui conduit à l’uniformisation de la musique, les échanges peer-to-peer ou la stratégie d’éviction des groupes prétendument non rentables ? » Et puis, il y a le téléchargement payant, imparfait, limité. « Quand vous allez sur iTunes Music Store aux Etats-Unis, vous avez seulement trente vieux morceaux de Gilberto Gil ! » dit Lessig. Pour le ministre de la Culture brésilien, justement, face à des géants comme Microsoft qui aliènent toute liberté de choix, « il faut revenir, via les logiciels libres, à l’Internet, espace de créativité et d’innovation, d’échange et de gratuité ».
Le Brésil se veut en pointe dans le combat. Lula compte ainsi remplacer le système d’exploitation Windows de Microsoft par Linux dans 300 000 ordinateurs fédéraux et 200 000 écoles publiques. Coût de l’investissement : près de 6 milliards de dollars sur cinq ans.
Brèche. D’où les craintes de Microsoft et des grandes firmes de logiciels traditionnels. « Actuellement, le gouvernement paie chaque année 1,2 milliard de dollars en licences de logiciels, plus qu’il ne dépense pour son projet Faim zéro », assure John Perry Barlow. « Microsoft dénonce les projets brésiliens en disant que les logiciels libres vont coûter plus cher, mais c’est faux, dit Lawrence Lessig. Et même si c’était vrai, la liberté d’être un acteur des nouvelles technologies n’a pas de prix. » Les nouvelles technologies démocratisées ouvrent-elles une brèche à cette marchandisation du monde ? Barlow en est persuadé : « L’économie de l’avenir ne sera pas fondée sur la possession mais sur la relation. Sur le partage et la solidarité. » Mais ce n’est pas encore gagné. Gilberto Gil le sait bien : « Il faudra plusieurs révolutions pour gagner cette bataille. »
(1) Altermodèle permettant à tout auteur de diffuser ses oeuvres en ligne, à charge pour l’internaute de respecter certaines conditions... Selon Lessig, plus de 5 millions d’auteurs y ont concédé tout ou partie de leurs droits.
(2) Ed. Fayard.
We Are Everywhere
Libération : Petit bréviaire du désobéisseur: Ils évoluent dans le sillage du mouvement altermondialiste et inventent tous les jours de nouvelles actions drôles, efficaces ou poétiques pour contester le système libéral. Envahissement de magasins, interpellations loufoques du public... Revue de ces rituels protestataires émergents.
Libération : « La culture biologique du soja, c’est rentable »: LA PAROLE A... Olivo Dambros, agronome et producteur de soja bio dans le sud du Brésil • Tous les jours, un acteur du Forum social mondial de Porto Alegre s’explique sur Libération.fr •
Libération : Pour ou contre calmer Sarkozy ?: Dans l’Hérault, un député chiraquien organise un référendum interne.
L’UMP Jean-Pierre Grand ne craint pas le combat en milieu hostile. C’est à des militants massivement sarkozystes que ce chiraquien demandera le 9 mars de défier le président de l’UMP. « Le respect de nos institutions, l’union de la majorité et l’unité de notre mouvement imposent-ils, à votre avis, un soutien clair de l’UMP au président de la République et au gouvernement ? » A cette question, les 798 militants de la 3e circonscription de l’Hérault seront appelés à répondre par oui ou par non.
Droit dans le mur. Il y a des sarkozystes partout sous les platanes de Castelnau-le-Lez. Pourtant, le député-maire paraît sûr du résultat. « Avec Nicolas, nous allons droit dans le mur en 2007 », lance Jean-Pierre Grand. « Par ce référendum, il attise la désunion », commente son voisin, député UMP de la 2e circonscription, Jacques Domergues. « Que dire alors de la démarche critique de Nicolas vis-à-vis du Président ? », répond l’élu chiraquien. Pour lui, les militants n’ont pas élu Sarkozy à la tête de l’UMP pour qu’elle devienne une « machine infernale contre Chirac ». « C’est vrai », enchaîne Corinne Basagana, pourtant sarkozyste déclarée... « Je n’aurais pas voté pour Chirac en 1995 si j’avais su qu’il ne tiendrait aucune de ses promesses », assène-t-elle. Mais cette comptable estime que son parti « doit être une force de proposition et non pas de déstabilisation du Président ». Le délégué cantonal UMP de Lunel, Laurent Grasset, pense, lui, que si les militants « apprécient le dynamisme de Sarkozy », ils sont aussi convaincus que l’UMP doit « relayer les actions fortes du gouvernement ». C’est politiquement très réfléchi.
L’avis général des militants de la 3e circonscription est autrement tranché. Hugues, de La Grande-Motte, dénonce les « gesticulations de Sarko » qui n’hésiterait pas à « tondre, avec des ex-UDF, le RPR que Chirac a construit. Ce n’est pas respectable ». Question mots tendres, les tenants de Sarkozy ne sont pas en reste : « Qu’est-ce qu’il vient nous demander là, Jean-Pierre Grand ? Ça fait trente ans qu’il emmerde la droite », souffle Henri, quinquagénaire. Le jeu de Grand, selon Pierre, rencontré au siège montpelliérain de l’UMP, serait de faire barrage aux « hommes jeunes qui tirent le parti en avant ». A 21 ans à peine, Romain en rajoute : « Un jeune à l’approche de la vie active ne peut pas investir dans un Chirac septuagénaire président de la non-réforme. Il faut changer les choses. » Pour Sophie, à Lunel, Sarkozy est « un type qui donne envie de politique », et pour Nicole, à Castres, « Chirac est un ringard ».
Nicole a décroché son téléphone dès réception de la question posée aux militants : « J’ai dit aux copains que c’est Grand qu’il fallait sanctionner. On va le lui faire bouffer, son référendum. » Elle doute de son député depuis qu’il s’est opposé, en 1998, à l’alliance droite-FN en Languedoc-Roussillon : « Je ne pense pas qu’il soit mieux d’avoir le socialiste Frêche à la tête de la région. »
« Franc et courtois ». Jean-Pierre Grand prend tout le temps de répondre : « Le libéral américanisé Sarkozy nous fera perdre la présidentielle. Une élection se gagne en grignotant sur la marge centriste. » Puis, solennel : « En 2002, j’ai passé un contrat avec mes électeurs : le soutien à Chirac. Si ce contrat est changé, je veux le savoir. »
Mardi, Jean-Pierre Grand a eu un début de réponse au cours d’un entretien de 40 minutes « franc et courtois » à Paris, au siège de l’UMP, avec Nicolas Sarkozy. Celui-ci lui a dit vouloir garder sa liberté de ton à l’égard du chef de l’Etat. A aucun moment ils n’ont évoqué le référendum. Sur place, les sarkozystes n’ont pas l’intention non plus d’appeler à un vote négatif : une abstention massive ou quelques noms d’oiseau à l’adresse de Grand collés sur le bulletin pourraient les satisfaire.
Championnat de France d’orthographe : la dictée de Pivot online
[samizdat.net] Menace sur la copie privée : désir de monopole ?
BugMeNot.com
Boing Boing : Bill Gates : Free Culture advocates = Communists: Pour Bill Gates, les partisans de la culture "libre" (logiciel libre) sont des communistes.
I imagine my blog-mate Cory might have a few things to say about this when he’s online again. :-) In an interview on news.com, Microsoft co-founder Bill Gates described free culture advocates as a "modern-day sort of communists." Well now.
Q : "In recent years, there’s been a lot of people clamoring to reform and restrict intellectual-property rights. It started out with just a few people, but now there are a bunch of advocates saying, ’We’ve got to look at patents, we’ve got to look at copyrights.’ What’s driving this, and do you think intellectual-property laws need to be reformed ?
A : "No, I’d say that of the world’s economies, there’s more that believe in intellectual property today than ever. There are fewer communists in the world today than there were. There are some new modern-day sort of communists who want to get rid of the incentive for musicians and moviemakers and software makers under various guises. They don’t think that those incentives should exist.
And this debate will always be there. I’d be the first to say that the patent system can always be tuned—including the U.S. patent system. There are some goals to cap some reform elements. But the idea that the United States has led in creating companies, creating jobs, because we’ve had the best intellectual-property system—there’s no doubt about that in my mind, and when people say they want to be the most competitive economy, they’ve got to have the incentive system. Intellectual property is the incentive system for the products of the future."
Libération : AZF ou comment Sarkozy se coltine au ridicule: Livre. Deux journalistes de télévision stigmatisent la gestion politique de l’affaire du maître chanteur du rail, l’an dernier.
Suzy contre mon gros loup d’Elise Galand
et Romain Icard, éditions Privé, 250 pp., 18 €.
Sur la piste du maître chanteur du rail AZF qui a ridiculisé le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, durant la campagne des élections régionales de 2004, Elise Galand et Romain Icard retracent l’enquête policière inachevée, sans révélations fracassantes mais avec des détails inédits.
Ils exposent tous les courriers, messages et appels d’AZF, et les secrets du dispositif policier pour coincer ce groupe énigmatique qui exige la livraison d’une rançon par hélicoptère sous peine de faire sauter des trains. Surtout, les deux journalistes d’investigations de l’émission d’information Pièces à conviction, sur France 3, stigmatisent d’une plume alerte et piquante la gestion politique de l’affaire. Ils s’étonnent que la SNCF n’ait pas été d’emblée avertie et que le ministère de l’Intérieur ait « négocié avec les terroristes ».
La prise de contact imposée par le groupe AZF via les petites annonces de Libération contraint la police à l’appeler « Mon Gros Loup » et à se baptiser « Suzy », un diminutif du nom de Sarkozy qui fut le premier à le relever. Le gouvernement français a même « envisagé de payer la rançon » en cas de grabuge, et a donc réuni les six millions exigés, achetant ses dollars à la banque fédérale des Etats-Unis. Certes, la véritable rançon a été mise sous clé, alors qu’une fausse a été préparée pour appâter AZF. Les deux auteurs révèlent la composition des deux sacs estampillés Banque de France, alourdis de liasses réelles, de leurres et d’emballages, puis piégée de détecteurs électroniques afin de suivre à la trace ses réceptionnaires.
Après la découverte, le 21 février, d’une bombe sophistiquée sous une voie ferrée à Folles (!) en Haute-Vienne, sur le trajet du Toulouse-Paris, le largage des sacs prévu le 1er mars au lieu-dit Les Choux (!) a échoué malgré le déploiement de 500 policiers, de cinq avions et quatre hélicoptères, dont un Ecureuil (nom de code « Victor ») transportant la livraison.
Elise Galand et Romain Icard dénoncent les « pressions » du ministère de l’Intérieur pour « museler » la presse et donnent des leçons aux confrères qui ont observé « l’Omerta-sur-Seine ». Seule, la Dépêche du Midi a résisté aux appels de Claude Guéant, directeur de cabinet de « Suzy », et refusé de suspendre sa parution du 3 mars : « Nous publions et je ne pense pas que cela interférera dans votre enquête, vous l’avez déjà ratée. » Les autorités vilipendent alors le quotidien toulousain. Dans son courrier suivant la « perturbation médiatique », AZF ne s’y trompe pas : « Nous avons néanmoins apprécié la subtilité consistant à se dédouaner tout en transférant aux journalistes la responsabilité de cette soi-disant fuite. »
Claude Guéant persiste à attribuer l’échec de l’enquête à l’attitude de la Dépêche du Midi : « Nous pensions AZF dangereux. Et je suis sûr, encore aujourd’hui, que cette publication nous a empêchés de les interpeller », a-t-il confié aux auteurs de Suzy contre mon gros loup.
De « ce jeu de piste entre d’étranges Indiens insaisissables et une cavalerie déboussolée », il ne reste plus que l’empreinte vocale de la femme du groupe surnommée « la louve ». Le 25 mars, AZF s’est retiré de la scène « sans rancune », pile avant les élections régionales. La « piste de la manipulation et du règlement de comptes politiques » sied aux deux auteurs qui évoquent, sans plus de preuve, l’hypothèse d’une « tentative de déstabilisation » de Nicolas Sarkozy par des barbouzes d’extrême droite ou même... de l’Elysée.
Excusotron
Libération : Un journaliste qui ignorait la « vraie vie » de la police: Il est poursuivi pour être intervenu lors d’une arrestation violente.
Libération : Le Président promet mais ne bouge pas: C’est une promesse chiraquienne. Et, forcément, elle n’est pas tenue. Mis en cause dans plusieurs affaires, le président de la République a toujours refusé de répondre aux convocations de la justice. De peur que l’argument serve ses adversaires durant la campagne présidentielle de 2002, il avait demandé au constitutionnaliste Pierre Avril de conduire une réflexion sur le statut pénal du chef de l’Etat. Celui-ci a rendu ses conclusions le 12 décembre 2003. Elles ont été en partie reprises dans un projet de loi présenté en Conseil des ministres le 2 juillet 2003. Le texte prévoit que le chef de l’Etat « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner, non plus que faire l’objet d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ».
Cette immunité est relativement compensée par deux dispositions. D’une part, la suspension des poursuites pendant la durée du mandat n’entraîne pas la prescription des faits reprochés au chef de l’Etat. D’autre part, le projet de loi institue une procédure de destitution « décidée en cas de manquement du président de la République à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».
Jacques Chirac avait promis que ce texte serait soumis au Parlement dès la rentrée parlementaire 2003. Le gouvernement ne l’a toujours pas inscrit à l’ordre du jour.
Libération : La Chiraquie veut protéger son chef quand il quittera l’Elysée: L’idée : faire d’un ex-chef de l’Etat un sénateur à vie. Presque intouchable.
Libération : Le Pen : « l’occupation n’a pas été aussi inhumaine »: Dans une interview à « Rivarol », le président du FN évoque la Gestapo, les camps...
Libération : Les Hauts-de-Seine tirent Sarkozy vers le bas: Entre les obstacles pour son siège de député et les affaires de l’ère Pasqua :
Après neuf mois de pratique intensive, la base arrière de Nicolas Sarkozy s’avère un peu marécageuse. Le département des Hauts-de-Seine, dont Charles Pasqua lui a transmis la présidence le 1er avril, est même devenu la seule épine sérieuse dans le pied du président de l’UMP. C’est d’abord une question d’image : même s’il n’y est pour rien, son nom se trouve mêlé aux affaires politico-judiciaires de son prédécesseur.
« Je dois gérer ». Le 16 décembre, l’ancien directeur général des services du conseil général, Bernard Bled, a été mis en examen pour « détournement de fonds publics et recel de faux » dans l’affaire Hamon, du nom de ce milliardaire qui veut construire une fondation d’art contemporain à Issy-les-Moulineaux. Certes, Bled a quitté le conseil général début novembre pour prendre la direction générale de l’Etablissement public d’aménagement de La Défense (Epad). Mais, pendant six mois, il a fait partie du cabinet de Sarkozy comme conseiller aux affaires économiques. « Le problème de la fondation Hamon est un problème que je dois gérer », a récemment reconnu le nouvel homme fort des Hauts-de-Seine.
Car la justice ne s’intéresse pas qu’à Bernard Bled : deux autres hauts fonctionnaires proches de Pasqua, dont la directrice adjointe chargée des finances, ont été mis en examen dans la même affaire. Eux sont toujours en fonction. En revanche, le directeur des affaires juridiques, poste ultrasensible dans l’ancien fief de Pasqua, a été remplacé par une femme politiquement plus correcte : Rachida Dati, juriste de formation, qui s’occupait de la discrimination positive quand son patron était ministre de l’Intérieur.
Symbolique mais confidentielle, cette nomination risque pourtant de ne pas suffire à marquer la rupture avec l’ère Pasqua. En faisant nommer Bled à la tête de l’Epad en Conseil des ministres, Sarkozy s’est condamné à travailler durant un certain temps avec cet homme au passé sulfureux qui fut au centre du système Chirac à Paris avant de trouver refuge au sein de la maison Pasqua en 2001. Car Sarkozy siège ès qualités au conseil d’administration de l’Epad. Il projette même de prendre la présidence de cet organisme qui gère trois millions de mètres carrés de bureau à La Défense. Un collaborateur de Sarkozy confie que si son patron s’est ainsi autodésigné pour prendre la tête de l’Epad, c’est pour régler la vieille querelle qui oppose les deux communes UMP accueillant La Défense : Courbevoie et Puteaux.
Or, la maire de Puteaux, qui siège, elle aussi, au conseil d’administration de l’Epad, n’est autre que Joëlle Ceccaldi-Raynaud, la suppléante de Nicolas Sarkozy à l’Assemblée nationale. Comme l’avait annoncé Libération le 8 décembre, elle refuse de rendre son siège au président de l’UMP. Elle a même écrit au président de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, pour lui signifier son refus de quitter le Palais-Bourbon. Sarkozy a pourtant annoncé son retour dans l’hémicycle « fin janvier ou début février ». Le délai entre la démission d’un député et la législative partielle étant d’au moins cinq semaines, l’ancien ministre continue de faire le forcing pour la contraindre à démissionner. « Il y aura une partielle », a-t-il martelé mi-décembre, sans donner de date ni de solution au conflit qui l’oppose à sa suppléante.
Enchères. Furieuse de ne pas avoir été retenue sur la liste UMP aux élections sénatoriales de septembre, Joëlle Ceccaldi-Raynaud fait monter les enchères. « Elle veut absolument une immunité », confie-t-on dans son entourage. L’une des solutions consisterait à faire démissionner Jean-Pierre Fourcade de son siège de sénateur. Joëlle Ceccaldi-Raynaud, qui était deuxième sur sa liste en septembre, pourrait ainsi passer en douceur du Palais-Bourbon au palais du Luxembourg. Mais cette opération suppose de trouver une porte de sortie honorable à Fourcade, inamovible sénateur-maire UMP de Boulogne.
Chez Sarkozy, on estime que « Joëlle ne s’accroche pas. Simplement, elle vit des moments difficiles car son père (Charles, ancien sénateur-maire de Puteaux, ndlr) est hospitalisé depuis plusieurs semaines ». Mais c’est son père, justement, qui la pousse à ne rien lâcher. Un membre de l’entourage de Joëlle Ceccaldi-Raynaud dit que « la situation est bloquée. De toute façon, on sait que Sarkozy va nous faire payer tout ça aux prochaines municipales ». En attendant cette lointaine vengeance, le président de l’UMP reste à la porte de l’Assemblée.
Le Vieux Thorax : Le Sarkozy du disque
Libération : Une brèche dans le lobby du cadmium: Environnement. L’UE va interdire partiellement ces piles polluantes au grand dam des industriels.
Libération : La justice offre une revanche aux anciens de Metaleurop: La maison mère rattrapée par la liquidation judiciaire de sa fonderie.
Jesus Christ Superstore
Libération : Raffarin fatigue sous le soleil de Mexico: Tendu et irritable, il a aligné deux jours durant des tirades impénétrables.
« Fourgons blindés ». Jeudi, lors d’un débat sur la diversité culturelle, il a montré quelques signes de fatigue, alignant raffarinades et tirades peu compréhensibles. « C’est perché au sommet de son arbre généalogique que l’homme sonne le plus juste(...). Pour un grand nombre de philosophes, le soleil c’est l’homme », a-t-il ainsi lancé, avant d’en appeler à « gagner de l’intelligence ajoutée ». S’en est suivie une longue diatribe sur « les chars lourds capables de porter les idées uniques, le virus mortel pour la diversité culturelle (...), il ne faut pas exporter nos modèles dans des fourgons blindés ». Quelques heures avant, lors de la conférence de presse commune avec Vicente Fox, il n’était guère plus en forme. Il n’a pas voulu répondre aux questions des journalistes sur la situation économique en France et a estimé avoir été « humilié » devant son hôte.
The Dirty Punk Fuckin’ Anarchy Machine !!
Libération : « Percuté alors qu’il quittait les rails »: Nucléaire. Pour « Libération », les camarades de Sébastien, tué par le convoi de déchets, témoignent.
Brave Patrie - Yasser Arafat s’échappe de sa chambre d’hôpital
Libération : L’honneur perdu de Me Aubert, encombrant ami de Perben: L’enquête sur les pratiques suspectes du mandataire liquidateur est verrouillée.
Libération : Incroyable réintégration dans une usine fantôme de Michelin: Victoire juridique pour les salariés de Wolber : leur licenciement de 1999 est annulé, mais leur usine à Soissons a été fermée et délocalisée en Inde.
George Wants Beer: Jeu : Faites avancer le plus loin possible George W. Bush.
Libération : Le pesticide « écolo » Round Up s’évapore à la barre: Le procès de Monsanto pour publicité mensongère est renvoyé à juin 2005.
Monsanto joue les Houdini, le célèbre artiste de l’évasion. La branche française du géant américain de l’agrochimie s’est volatilisée. « Monsanto a été radiée », a-t-on appris hier de la bouche de l’ancien PDG de la firme. Devant le tribunal correctionnel de Lyon, Jean-Claude Princen comparaissait à la suite d’une plainte déposée en 2000 par l’association écologiste Eaux et rivières de Bretagne. L’association dénonce la publicité mensongère faite autour d’un produit phare de Monsanto, le Round Up, pesticide présenté comme « écologique » par son inventeur.
Disparition. Mais le débat n’a pas eu lieu : un motif technique a permis aux firmes citées, Monsanto et Scotts France, le principal distributeur du Round Up dans l’Hexagone, d’obtenir, en dix minutes, le renvoi du procès au 3 juin 2005. Les avocats ont fait valoir que le PDG de Scott France, qui réside aux Etats-Unis, n’avait pas reçu sa citation en bonne et due forme. Le juge s’est étonné que la firme Monsanto ne soit pas non plus représentée, hier devant le tribunal, comme personne civile. Mais Jean-Claude Princen, l’ex-PDG remplacé en octobre à la tête de la branche française par Christophe Courduroux, avait même oublié l’adresse de son ex-entreprise... Qu’est donc devenue Monsanto France, sise à Bron, dans la banlieue lyonnaise, et qui, la semaine dernière, refusait de répondre à nos questions sur ce procès ? « C’est étonnant qu’une société aussi importante puisse disparaître ainsi, a commenté Me Alexandre Faro, avocat d’Eaux et rivières de Bretagne. Pourtant, elle continue à commercialiser ses produits et à en faire la promotion... Il faudra bien qu’on la retrouve. »
Le Round Up, désherbant vendu en France depuis 1995, a toujours été présenté, selon les termes clés de la stratégie publicitaire, comme un produit « biodégradable » et « respectueux de l’environnement ». L’argument a porté : grâce à une massive campagne de pub télévisée en 2000, la firme a doublé en France ses ventes de glyphosate, la matière active du Round Up, entre 1997 et 2002. Pour Gilles Huet, délégué d’Eaux et rivières de Bretagne, Monsanto France ne pouvait ignorer qu’il s’agissait d’allégations mensongères. D’autant moins que le groupe a déjà fait l’objet d’une plainte, en 1996 dans l’Etat de New York, qui l’a conduit à retirer de ses publicités aux Etats-Unis les mentions de biodégradabilité et de respect de l’environnement...
Réglementation. Dès 1999, « des études scientifiques ont montré qu’on retrouvait dans les eaux des rivières bretonnes une présence massive de glyphosate », explique Gilles Huet. Une contamination des rivières françaises confirmée, depuis, par l’Institut français de l’environnement. « Or le glyphosate est toxique pour les algues et pour la faune aquatique », rappelle Gilles Huet. Pour préserver l’environnement et la santé des consommateurs, des textes réglementaires ont fixé depuis plusieurs années des valeurs limites tolérables de glyphosate dans l’eau et les aliments. De plus, en 2001, la Commission européenne a classé le glyphosate « toxique pour les organismes aquatiques » et « dangereux pour l’environnement à long terme », tout en réhomologuant le produit.
Le renvoi du procès arrange bien Monsanto France qui détient, selon les plaignants, 60 % du marché du glyphosate, soit 3 200 tonnes de Round Up sur 5 400 tonnes vendues par an. « C’est une course contre la montre, estime Me Faro. Avec le renvoi, Monsanto a sauvé sa campagne du printemps prochain. »
Libération : A l’UMP, le dévot Sarko n’a pas que des fidèles: Le livre du ministre, qui inscrit la religion dans la vie politique, divise son camp.
Libération : A Karachi, 45 000 litres de pesticides à ciel ouvert: Pollution. Air et eau contaminés par l’une des pires décharges du Pakistan.
Libération : La campagne « écologique » de Monsanto devant la justice: Pesticides. La firme en procès pour publicité mensongère sur le Round Up.
Brave Patrie - Sarkozy : One buck, a blow job and a chocolate bar (*)
Libération : Un proche de Jean-François Copé mis à l’amende: Bastien Millot est condamné pour détournement de fonds publics à la mairie de Beauvais.
Libération : Perben était bien dans la voiture "flashée" à 160 km/h
Libération : Une stèle à Sarcelles pour les victimes du 17 octobre 1961: La manifestation de 30000 Algériens à Paris avait viré au bain de sang.
Libération : Relaxe requise pour deux policiers accusés de violences sur mineur: Yassine D. avait dû subir l’ablation d’un testicule après son passage au commissariat.
Libération : Chambres à gaz : Gollnisch persiste et s’enfonce: Au conseil régional de Rhône-Alpes, les frontistes ont fait leur cirque négationniste.
Un peu plus loin, dans les mêmes couloirs, l’attaché du groupe Front national, Georges Theil, membre du parti d’extrême droite et ancien conseiller régional en Rhône-Alpes, illustrait les effets de cette parole « sans tabou ». « Le Zyklon B, expliquait-il devant une caméra, c’est du DDT. Plus les Allemands utilisaient du Zyklon B, plus ils sauvaient des vies puisque c’est un désinfectant. Les seules chambres à gaz que vous voyez à Auschwitz sont des autoclaves de désinfection. » Certains de ses camarades, à peine embarrassés, rappelaient que n’ayant plus de mandat, il ne s’exprimait pas au nom de leur groupe...
Libération : Négationnisme : Gollnisch joue les naïfs en attendant les poursuites: Le numéro 2 du FN ne voit pas ce qu’il y avait de scandaleux dans le fait de s’interroger sur « le nombre des morts dans les camps de concentration » - Des propos qui suscitent de plus en plus d’indignation.
Libération : Procès Juppé : la structure hiérarchique du RPR mise en cause: VERSAILLES, Yvelines - Robert Galley, trésorier du RPR de 1984 à 1990, a mis en cause jeudi devant la cour d’appel de Versailles "la structure hiérarchique du RPR" dans le système des emplois fictifs.
"C’était bien évidemment la structure hiérarchique du RPR" qui était à l’origine de la rémunération des permanents du RPR par des entreprises privées, a-t-il dit au deuxième jour du procès où il comparaît avec l’ancien Premier ministre Alain Juppé et quatre autres personnes.
"Tout ceci convergeait vers le cabinet du secrétaire général", a-t-il ajouté. Le poste de secrétaire général du RPR était occupé par Alain Juppé de 1988 à 1995 et les faits visés se sont produits entre 1989 et 1993.
Prié de préciser ses propos, Robert Galley a désigné Yves Cabana, directeur de cabinet d’Alain Juppé entre 1988 et 1991.
A la question de savoir si le secrétaire général lui-même, Alain Juppé, était impliqué dans ce système illégal, Robert Galley a répondu : "Je n’ai pas à savoir quelles étaient les relations entre M. Juppé et M. Cabana. De toutes manières, je dirais... Je préfère me taire."
Robert Galley s’est défendu avec véhémence de toute implication personnelle dans le système des emplois fictifs, expliquant avoir refusé pour des "raisons éthiques" les méthodes de financement illégal.
"A partir du moment où on touche de l’argent de quelqu’un, on prend le risque qu’il vous demande un service. C’est contraire à mon éthique", a-t-il dit.
Agé de 83 ans, Compagnon de la Libération, gaulliste "historique" très populaire dans le mouvement chiraquien, Robert Galley a été condamné à 14 mois de prison avec sursis en première instance le 30 janvier dernier à Nanterre.
Il est soupçonné d’avoir contribué à organiser la rémunération par des entreprises privées de permanents du RPR. Sa propre secrétaire, notamment, l’accuse d’avoir procédé en personne à certains de ces recrutements.
Robert Galley a affirmé à la cour n’avoir jamais eu connaissance de ces faits durant ses fonctions de trésorier, où il se serait limité à collecter de l’argent légalement auprès des sympathisants du mouvement, au moyen de "mailings".
Il a expliqué que Jacques Chirac, alors président du RPR, lui aurait proposé la fonction de trésorier en 1984 en lui disant : "Il n’est pas question que tu aies une quelconque tâche de gestion, il y a des gens comme (Bernard) Pons pour ça. Ce que je te demande, c’est de trouver de l’argent par les voies les plus légales."
Le procès se poursuit vendredi et jusqu’au 29 octobre.
Libération : Juppé : « Je n’ai jamais dit que je ne savais rien »: Hier, lors de la première audience, il a reconnu avoir commis des « erreurs ».
Libération : Arrêt le 17 novembre sur les frais de bouche des Chirac: PARIS - La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris statuera le 17 novembre sur l’appel déposé par la municipalité contre le non-lieu rendu en mars dans l’enquête sur les "frais de bouche" des époux Chirac entre 1987 et 1995 à l’Hôtel de Ville.
Lors d’une audience à huis clos, le parquet a requis la confirmation de ce non-lieu ordonné par le juge d’instruction Philippe Courroye, en invoquant comme lui la prescription des faits, a-t-on appris de source judiciaire.
L’avocat de la Ville de Paris, Me Yves Baudelot, a demandé la reprise de l’instruction, estimant que la justice devait s’intéresser à la manière dont les dépenses litigieuses ont été inscrites dans la comptabilité de la municipalité.
La chambre de l’instruction examinait un total de 17,227 millions de francs (2,62 millions d’euros) de fonds publics dépensés en majorité par les Chirac dans leur logement de fonction lorsque l’actuel chef de l’Etat était maire de la capitale, puis par son successeur Jean Tiberi.
Si la chambre suit le parquet général, la mairie de Paris pourra encore saisir la Cour de cassation d’un ultime recours.
Après neuf mois d’auditions, le juge Courroye a établi que les quelque 4.000 francs de nourriture utilisés quotidiennement par les Chirac étaient dépensés par un cuisinier qui bénéficiait de sommes en liquide, sans aucun contrôle.
Ce cuisinier a reconnu des malversations qui expliqueraient en partie que certaines factures de fournisseurs aient été remboursées plusieurs fois. D’autres factures qui semblent fausses auraient servi à "sortir" de l’argent en liquide des caisses de la municipalité.
POURSUITE DE L’ENQUETE ?
Les faits à l’encontre du cuisinier sont prescrits, dit le juge Courroye.
Il estime en outre impossible la mise en cause d’élus ou de hauts fonctionnaires pour "faux en écriture publique", seul cas de figure où la prescription ne jouerait pas, selon lui.
Pour la municipalité, cependant, Bernard Bled, alors secrétaire général de la Ville de Paris, et des élus responsables du budget de la "questure", dont étaient extraits les fonds, n’ont pas exercé de contrôle suffisant.
Ces personnes étant "dépositaires de l’autorité publique", les faits ne sont pas prescrits et les poursuites doivent reprendre, soutient la Ville.
L’enquête du juge Courroye avait débuté en juin 2003, sur la base d’un rapport de l’inspection générale de la Ville remis en mars 2002 au maire socialiste Bertrand Delanoë.
Ce rapport a montré que les époux Chirac avaient puisé à eux seuls 14 millions de francs, dont 9,330 millions de francs (1,42 million d’euros) en espèces, dans la questure, budget distinct de celui des réceptions.
Les dépenses semblaient d’ordre privé, disait le rapport qui énumérait, outre 4.000 francs de nourriture par jour en moyenne, le paiement de vacations de cuisiniers, de la redevance audiovisuelle, de deux abonnements à Canal+ ainsi que l’achat d’une télévision, d’ustensiles de cuisine, de matériel de camping et d’oreillers.
Libération : Chambres à gaz : Gollnisch fait son Le Pen: Dix-sept ans après son leader, le numéro 2 du FN met en doute leur existence.
IndyMedia : Bush Blows it ! Exposes Earpiece in Debate: A few days ago, an Indymedia contributor made the provocative claim that George W Bush was being secretly "coached" in his debate answers through a hidden earpiece. Conspiracy theory or not, the argument has raged across the board for several days. Read on and see what you think.
(from the Open Newswire) : "In the middle of an answer last night bush said, "now let me finish" as if someone was interrupting him- yet nobody did- he was talking to the person in his earpiece.
Listen to the mp3 yourself- or watch the video at c-span. did anyone out there record the debate- we’ve got to get this video clip out there- the president needs an earpiece to make it thru a debate !"
[uZine 3] Le FBI saisit des serveurs Indymedia au Royaume-Uni
Comité de lutte contre les fautes volontaires et le langage sms
Libération : Une quinzaine de blessés dans une action anti-OGM dans la Vienne: Une quinzaine de militants anti-OGM ont été blessés samedi après-midi dans des heurts avec les forces de l’ordre lors d’une action des "Faucheurs volontaires" à Valdivienne dans la Vienne.
L’action, qui a regroupé environ 400 militants auxquels s’étaient joints José Bové et des élus Verts dont Noël Mamère, Alain Lipietz, Marie-Christine Blandin, Martine Billard ainsi que le porte-parole de la Ligue Communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot, se voulait "à mains nues et à visage découvert" selon les organisateurs et purement pacifique selon les Verts.
Trois cents à 400 gendarmes mobiles et CRS ont cependant utilisé des gaz lacrymogènes pour défendre la parcelle de maïs transgénique.
Une quinzaine de blessés légers seraient dénombrés. La porte-parole des Verts Mireille Ferri a été blessée à une jambe et hospitalisée.
Selon Noël Mamère, les gendarmes ont lancé les grenades "sans sommation" alors que le groupe de manifestants n’avaient pas l’intention "de chercher la bagarre et de pénétrer dans ce véritable bunker".
"La mobilisation des forces de l’ordre était totalement disproportionnée, ce qui prouve la volonté du gouvernement de nous intimider. C’est d’autant plus grave que cela se passait sur les terres du Premier ministre qui avait manifestement donné des ordres très stricts", a dit à Reuters le député-maire de Bègles (Gironde).
Selon lui, "Il s’agit d’une atteinte au droit de manifester et c’est la preuve que les cultures d’OGM sont maintenant militarisées. Cela pose un problème démocratique alors que des centaines de maires et 12 régions sur 22 ont pris des arrêtés anti-OGM".
CONDAMNATIONS DE GAYMARD ET D’AUBERT
José Bové avait assuré avant l’action qu’elle s’inscrivait "dans la continuité des trois précédentes entamées les 24 et 25 juillet à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne)".
L’ancien porte-parole de la Confédération paysanne avait été interpellé le 5 septembre dernier avec six autres militants et libéré quelques heures plus tard après avoir été interrogé par les gendarmes à la suite d’une action d’arrachage d’une parcelle de culture transgénique à Solomiac dans le Gers, qui avait déjà tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, lesquelles avaient utilisé du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes pour disperser un demi-millier de manifestants.
"Pour nous, cela ne change rien dans notre détermination. Si l’Etat veut protéger les parcelles des multinationales américaines, c’est lui qui en prend la responsabilité", a-t-il dit à Reuters.
Le 8 novembre prochain, José Bové et Noël Mamère ainsi que six autres militants sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir détruit le 25 juillet avec 400 militants un champ de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne).
Le 16 septembre, le procès avait été reporté à la demande des avocats de la défense.
Noël Mamère fait l’objet -comme le député européen Gérard Onesta- d’une procédure séparée de flagrant délit qui n’est pas couverte par l’immunité parlementaire pour sa participation à l’action de Menville.
Les ministres de l’Agriculture et de la Recherche, Hervé Gaymard et François d’Aubert, ont condamné la "brutale tentative d’arrachage de plants d’OGM" dans la Vienne.
"Les manifestants, en voulant détruire les plants d’OGM, auraient ruiné plusieurs années de recherche. Le gouvernement ne pouvait l’accepter. Il reste ouvert au dialogue mais refuse la violence", soulignent les deux ministres dans un communiqué.
Libération : Les mers vident l’air de son CO2 et virent à l’acide: Océanographie. L’acidification des eaux menacerait les écosystèmes marins.
Libération : Policiers en flagrant délit de mensonges: Au procès, une vidéo prise pendant les arrestations confond les forces de l’ordre.
Le cas est très rare : des policiers pris en flagrant délit de mensonge dans des procès-verbaux décrivant l’arrestation de jeunes le soir d’une fête.
Mardi était jugée devant la cour d’appel de Montpellier une plainte pour « outrage » et « attaque avec arme » contre des agents de la force publique. Les faits remontent à mars dernier. Lors du traditionnel Carnaval des gueux de la capitale héraultaise, la vitrine d’un magasin de chaussures du centre-ville est brisée par un manifestant. La police intervient immédiatement, armée de matraques et de bombes lacrymogènes.
Garde à vue. Panique chez les manifestants principalement des étudiants , des insultes fusent à l’adresse des policiers, accompagnées de jets de canettes de bière. A la fin de la soirée, six personnes sont placées en garde à vue. Parmi elles, Cyril Viala, 23 ans, étudiant en IUFM et surveillant dans un lycée d’Arles. Il est accusé par quatre policiers de leur avoir jeté des bouteilles un des agents souffre d’un traumatisme crânien et de les avoir traités d’« enculés de flics ».
Sa version des faits est radicalement différente : « Je n’ai jamais rien lancé contre les policiers ni ne les ai insultés. A un moment, je me suis approché d’un type qui cherchait à en découdre avec eux pour essayer de le calmer. Ils nous ont sautés dessus, l’autre gars a pu s’échapper, et moi ils m’ont traîné au sol jusqu’à leur camion. »
Une telle confrontation judiciaire entre des policiers et des personnes interpellées, chacun ayant sa version des faits, apparaît quotidiennement devant les tribunaux français. Et tourne presque systématiquement à l’avantage des agents assermentés. Or, le dossier jugé mardi comporte deux éléments hors du commun.
D’une part, sur les quatre récits policiers de l’interpellation, aucun ne correspond à aucun autre. Mais, surtout, il existe un film de cette arrestation, tourné par un manifestant sur un appareil photo digital.
Lors du procès en première instance (en avril), le document avait été produit devant les juges : les images, contradictoires avec les témoignages des policiers, corroborent le récit de Cyril. Il fut donc relaxé, tandis que les autres prévenus obtenaient des peines avec sursis. Furieux, les policiers ont fait appel contre l’ensemble des prévenus.
Plainte. Rajoutant à la confusion des versions policières, on a appris mardi qu’une faute de procédure s’est glissée dans deux dossiers : deux jeunes y sont accusés de violence à magistrats par des policiers qui affirment... n’avoir reçu aucun coup ! « Tous ces mensonges et ces contradictions reflètent la réalité de cette soirée-là : après l’échauffourée, les policiers ont choppé quelques types au hasard qui ne s’étaient pas enfuis justement parce qu’ils n’avaient rien à se reprocher », avance Laurent Libelle, l’avocat de Cyril. Le délibéré est attendu pour le 19 octobre. L’avocat a averti qu’il avait déjà préparé « une plainte pour faux en écriture publique » contre les quatre policiers.
Libération : Seillière et les Chirac légers comme Euralair: Ils voyageaient gratis avec l’accord du patron, Alexandre Couvelaire. Les factures sont salées.
Photographie Laurent Askienazy: Photographie couleur, noir et blanc,portrait et nature morte.
Samizdat.net : Comment lutter contre les brevets logiciels, individuellement et tous ensemble: Les brevets logiciels sont, dans le domaine de la programmation, l’équivalent d’un champ de mine : chaque décision prise dans le processus de développement d’un projet amène un risque de violation d’un brevet existant, susceptible de détruire votre projet...
Brave Patrie - Les tractosexuels, renouveau de l’axe du mâle
Libération : Abus agricoles: Les agriculteurs utilisent de plus en plus de saisonniers étrangers. Une main-d’oeuvre docile et pratiquement sans droits, malgré l’existence de contrats spécifiques.
Libération : Frais de bouche des époux Chirac : un goût de trop peu: Selon la cour d’appel de Paris, la procédure pourrait ne pas aboutir.
Libération : Les affaires sans suite de la mairie: Seul le dossier des emplois fictifs a, pour l’instant, débouché sur des condamnations...
...Car, au finale, s’il y a un grand vainqueur dans ce naufrage judiciaire, c’est bien Jacques Chirac, pour l’heure immaculé sur le plan pénal, même si son nom a été abondamment cité sur procès-verbal. Toutefois, dès la perte de son mandat, il risque une mise en examen dans l’affaire des emplois fictifs qui a déjà coûté tant à Juppé. En raison de son statut, le dossier de « Chirac, Jacques » a été séparé mais l’attend au chaud au parquet de Nanterre.
Libération : Comment Le Lay a travaillé du cerveau: Retour sur le parcours de sa sortie sur Coca-Cola, qu’il tente de rattraper dans « Télérama ».
Libération : Contretemps surprise sur les "frais de bouche" des Chirac: PARIS - La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a refusé mercredi d’examiner l’affaire des "frais de bouche" des époux Chirac entre 1987 et 1995 à l’Hôtel de Ville, estimant qu’une pièce de procédure manquait au dossier.
Lors d’une audience à huis clos, la présidente de la chambre, Monique Radenne, a demandé à l’avocat de la ville de Paris, Me Yves Baudelot, de fournir la délibération du Conseil de Paris l’ayant autorisé à porter plainte.
La municipalité a quinze jours pour fournir ce document et la chambre de l’instruction rendra un arrêt sur ce point de procédure le 22 septembre.
Si elle juge que le dossier n’a pas été régulièrement constitué, la procédure pourrait donc être purement et simplement annulée.
"C’est tout à fait surprenant car cette pièce n’a jamais été demandée à aucun moment, ni par le juge d’instruction, ni par le parquet", a déclaré à la presse Me Yves Baudelot.
Cette procédure, l’une des nombreuses visant la gestion de la mairie de Paris sous Jacques Chirac, avait été ouverte en juin 2003 après une plainte de la ville de Paris en octobre 2002.
La municipalité, dirigée par le socialiste Bertrand Delanoë, souhaitait demander lors de l’audience de mercredi la réouverture de ce dossier, clôturé par un non-lieu le 15 mars dernier par le juge Philippe Courroye.
Bertrand Delanoë s’appuie sur un rapport administratif qui a établi que le couple Chirac avait puisé 14 millions de francs (2,13 millions d’euros) dans le budget de la "questure" - distinct de celui des réceptions - pour des achats d’ordre privé, notamment 4.000 francs de nourriture par jour en moyenne.
Ces dépenses, liées au logement de fonction qu’occupait alors le maire de Paris à l’Hôtel de ville, ont été réglées pour la plus grande part (9,33 millions de francs soit 1,42 millions d’euros) en espèces.
Le juge d’instruction Philippe Courroye a estimé dans son ordonnance de non-lieu que les faits étaient prescrits, ce que conteste la ville, qui souhaite que le délai de prescription soit calculé à partir de la découverte des faits, en 2002 et non à la date où ils ont été commis.
Jacques et Bernadette Chirac n’ont jamais fait de commentaire sur l’affaire.
Jusqu’à son départ de l’Elysée, le président ne peut être ni interrogé comme témoin ni être mis en examen, en vertu d’un statut défini par la Cour de cassation en octobre 2001. Son épouse, elle, ne bénéficie d’aucune immunité.
Libération : La Bretagne, trente ans sous les algues: Environnement. Le modèle agricole breton et l’inertie de l’Etat favorisent leur prolifération.
Libération : Une amende de 1.500 euros pour Dominique Ambiel: Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi l’ancien conseiller en communication de Jean-Pierre Raffarin pour « sollicitation d’une prostituée mineure » • Interpellé en avril dernier, il avait alors quitté Matignon •
Libération : SPGO, une société de sécurité peu sociale pour ses salariés: Nouvelle affaire de licenciement abusif pour cette entreprise chargée de la surveillance de sites sensibles, comme des centrales d’EDF et Eurotunnel.
Libération : Un visa exceptionnel pour le bébé de la zone d’attente: L’enfant adopté par une Franco-Algérienne a été retenu pendant 48 heures à Orly.
Durant 48 heures, un bébé de six mois potelé et souriant a fait les frais des lois Sarkozy alors ministre de l’Intérieur et du zèle inconsidéré d’un fonctionnaire de la Police aux frontières (PAF). Pendant deux jours, le petit Dahmane a partagé avec des adultes les banquettes de la zone d’attente d’Orly (Val-de-Marne), enroulé dans une couverture douteuse, nourri de biberons rarement réchauffés. Tout cela au nom de la loi qu’a fait voter le 26 novembre 2003 Nicolas Sarkozy et qui, selon les associations de défense des sans-papiers, « durcit considérablement les règles de l’entrée, du séjour et de l’éloignement des étrangers en France ». Il aura fallu la détermination de sa mère adoptive et l’opiniâtreté de son avocate, Me Anne Brémaud, pour que ce petit garçon entre enfin sur le territoire français, hier, vers 19 heures.
oxygen5000 © MARC JACQUEMIN: oxygen5000, the spectacular photo-essay about airtravel by MARC JACQUEMIN [ photography ].
Andreas Wolkerstorfer :: printmaking + photography
Cinq ans d’impunité policière
Le Monde.fr : A Athènes, les dix commandements du spectateur olympique: Déjà rebutés par le prix, excessif selon eux, des tickets d’entrée pour les compétitions, toujours en butte aux tracasseries administratives et policières inhérentes à l’organisation d’un tel événement, les Athéniens ont découvert avec un rien d’agacement les règles de conduite imposées par les sponsors aux heureux élus pouvant assister aux Jeux. Déjà édictées lors des précédentes olympiades, ces mesures ont été sophistiquées à Athènes jusqu’à devenir le nouveau décalogue du parfait spectateur olympique. Hasard ou volonté délibérée : ces commandements sont en effet au nombre de dix, comme ceux que Dieu dicta à Moïse.
"Jamais ta propre eau n’apporteras" : la première interdiction concerne l’eau, source de vie. Les spectateurs n’auront pas le droit d’emmener avec eux leur bouteille, ou même leur gourde, puisqu’à l’intérieur des enceintes olympiques ils pourront acheter des bouteilles d’Avra, une eau minérale grecque, propriété du groupe Coca-Cola. Celui-ci a aussi inspiré le deuxième commandement : toujours sous peine d’amende, il sera interdit d’apporter toute autre boisson dans les stades. Hors Coca-Cola, point de salut !
Le reste se décline à l’identique, avec quelque dangereuse plongée dans l’absurde. Il sera ainsi interdit d’entrer dans les stades avec de l’alcool, non pas par une saine prophylaxie, mais pour permettre à Heineken d’écouler ses bouteilles de bière. Même logique pour le quatrième commandement, relatif à la nourriture : "Seulement McDo pourras manger". Impossible d’entrer avec son sandwich, son croissant ou son reste de pita. Les nouveaux maîtres du monde ont aussi décidé de la manière de se vêtir puisque les spectateurs n’auront pas le droit de porter des T-shirts, chapeaux, sacs, provenant d’entreprises concurrentes des sponsors.
Malheur aussi à celui - sixième commandement - qui sera pris avec la contrefaçon d’un article "Athènes 2004". Voué aux mêmes gémonies, et dans la trappe du père Ubu, le déviant qui n’aura pas de carte de crédit Visa : les distributeurs de billets olympiques n’accepteront aucune autre carte ! Pas le droit non plus - huitième et neuvième commandement - d’entrer avec des drapeaux de pays ne participant pas aux Jeux et de distribuer des tracts publicitaires. Pour les pauvres d’esprit qui n’auraient pas compris, le dixième commandement stipule enfin qu’il sera interdit de faire de la publicité pour les entreprises ne sponsorisant pas les jeux.
S’ils veulent se comporter en ayatollahs inflexibles, et connaissant le tempérament volontairement frondeur des Grecs, les agents chargés de faire respecter la Loi ne sont pas au bout de leur peine. Permettront-ils ainsi d’entrer à un enfant portant sur son T-shirt un minuscule logo de Pepsi-Cola ? Ostensible ou ostentatoire, le logo ? On attend l’avis de la commission juridique de l’ONU.
José-Alain Fralon
Libération : Chirac en vacances: 460 000 francs
(soit 70 126 euros), c’est le coût du séjour de trois semaines de Jacques Chirac, en août 2000, dans un palace de l’île Maurice, le Royal Palm (21 972 francs la nuit, 3 349 euros). L’Elysée avait reproché à Paris Match d’avoir publié un reportage sur ces fastueuses vacances. En 2001, à l’orée de la campagne présidentielle, Chirac s’était condamné à rester au fort de Brégançon, dans le Var.
"Je vous souhaite
des vacances courtes et studieuses."
Jacques Chirac aux membres du gouvernement lors du Conseil des ministres du 26 juillet.
La canicule,
qui a fait au total 14 802 morts selon l’Inserm, s’installe en France le 4 août 2003. Le pic des décès est atteint le 11 août.
Jean-Pierre Raffarin ne déclenche que le 13 août le « plan blanc » qui mobilise des moyens dans les hôpitaux. Silencieux, Jacques Chirac rentre de ses vacances au Québec le 20 août. Le lendemain, il demande « la plus totale transparence » dans l’analyse des « causes des drames ».
JO-2004 : le Maroc étonné par la naturalisation française de Hind Dehiba: RABAT (AFP) - La Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA) a fait part jeudi de son "étonnement" suite à l’attribution de la nationalité française à l’athlète marocaine Hind Dehiba et sa sélection pour les jeux Olympiques d’Athènes (13-29 août).
Hind Dehiba "était en contact jusque là" avec la Fédération marocaine et avait "donné son aval pour participer aux prochains jeux Olympiques sous les couleurs de son pays d’origine, le Maroc", assure la FRMA dans un communiqué diffusé à Rabat. Mais la spécialiste du demi-fond nie avoir signé un document dans ce sens, a indiqué vendredi son mari Fodil Dehiba.
"Hind n’a jamais donné son accord, ni signé la charte olympique, ni envoyé de documents avec le Maroc. Au contraire, elle l’a fait avec la France", a déclaré à l’AFP, le mari de la coureuse de 1500 m qui s’occupe de ses affaires.
Contacté par l’AFP, le directeur technique national de la FRMA, Aziz Daouda, a jugé "étonnant et offusquant que la naturalisation de Hind Chahid Dehiba se fasse de cette manière, le jour du dernier délai, et par une grande nation comme la France."
"Le Maroc a fourni de grands efforts de formation pour la cas de Hind Chahid Dehiba née à Bejaâd (centre) et formée à l’Institut marocain d’athlétisme", a ajouté M. Daouda.
La Fédération marocaine souligne dans son communiqué que "le Comité national olympique marocain a bel et bien engagé Hind Chahid Dehiba sur l’épreuve du 1500 m" en vue des JO d’Athènes et a "reçu son accréditation qui porte le numéro 353957."
Hind Dehiba, spécialiste du demi-fond, a reçu officiellement sa nationalité française mercredi, ce qui lui permet d’être sélectionnée pour les Jeux.
Française depuis l’officialisation de sa naturalisation avec la parution du décret dans le journal officiel de mercredi, la coureuse de 1500 m est directement sélectionnée puisqu’elle a réussi les minima olympiques (4:03.72 pour 4:04.80), le 2 juillet dernier à Rome, temps qui fait d’elle la 10e performeuse de l’année.
Lors des Championnats de France, le week-end dernier à Sotteville-lès-Rouen, Dehiba avait terminé deuxième du 800 m avec la nationalité marocaine.
Agée de 25 ans, Dehiba est mariée à un Français d’origine marocaine, Fodil Dehiba, depuis mars 2003, et s’entraîne à l’Institut national du sport et de l’éducation physique (INSEP), près de Paris...
Les Lois de Murphy : Enfants et Éducation: Conseil pédagogique de Freud
Quoi que vous fassiez, vous ferez mal.
CQFD, journal de critique sociale : JEAN-MARC ROUILLAN A TESTÉ POUR VOUS LA TORTURE À LA FRANçAISE
Bikes Against Bush: Using Wireless Bicycles to Protest the 2004 Republican National Convention in NYC.
Vélo équipé d’une imprimante matricielle à craie pour protester contre la convention 2004 du parti républicain à New York.
Libération : Les « balophobes » collent, les pubs s’envolent: Ecologie. Pour vider les boîtes aux lettres des prospectus indésirables.
Yahoo ! Actualités - Augmentation alarmante des concentrations de CO2 dans l’atmosphère: Les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, à l’origine du changement climatique, augmentent actuellement à un rythme "alarmant", a averti vendredi le plus haut responsable de l’ONU pour le changement climatique, Joke Waller-Hunter.
"Elles ont atteint 379 parties par million (ppm) en mars à Mauna Loa (sur l’île américaine de Hawaï dans le Pacifique, ndlr), un record, bien au-dessus du niveau pré-industriel de 280 ppm", a annoncé Mme Waller-Hunter.
"Elles ont augmenté de 3 ppm en un an, soit bien plus que le rythme annuel de 1,8 ppm enregistré dans la dernière décennie".
Mme Waller-Hunter s’adressait aux délégués de 150 pays, réunis depuis mardi à Bonn (ouest de l’Allemagne) pour une conférence sur les énergies renouvelables.
Elle a fait cette annonce pour souligner "l’urgence" de combattre le changement climatique, estimant que les énergies renouvelables "pouvaient et même devaient jouer un rôle-clé" dans ce combat parce ces filières ne rejettent "pas ou presque pas" de CO2 (gaz carbonique) dans l’atmosphère, le principal gaz à effet de serre.
Les énergies renouvelables actuellement exploitées à l’échelle mondiale, qui représentent 14% de la consommation mondiale d’énergie, "épargnent déjà à l’atmosphère le rejet de plus de trois milliards de tonnes de CO2 par an", a-t-elle relevé.
Mais les efforts pour déployer ces nouvelles technologies énergétiques doivent être accélérées, a-t-elle expliqué. "Plus nous développons les énergies renouvelables, plus grandes sont les chances que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère soient stabilisées plus tôt et à un niveau plus bas", a-t-elle martelé.
Le CO2, comme tous les grands gaz à effet de serre, a une durée de vie longue dans l’atmosphère. Les scientifiques estiment que même si aucune tonne de CO2 n’était plus rejetée aujourd’hui dans l’atmosphère, le climat continuerait de se réchauffer pendant des décennies du fait des concentrations accumulées depuis l’ère industrielle.
Les rejets de CO2 viennent des activités humaines, transports, chauffage et industrie notamment.
Mme Waller-Hunter est secrétaire exécutive de la Convention climat de l’ONU, le premier accord sur le dossier (1992) que le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre a complété en 1997.
La Distinction - Grand Prix du Maire de Champignac -
Lauréats
Libération : Juppé :« On va marier deux lesbiennes, ça fera venir les télés »: Alain Juppé est toujours très doué pour les séances de remotivation. Presque chaque mardi après-midi, lors des réunions du comité de pilotage de la campagne européenne qu’il anime, il martèle : « Finalement, ça ne s’annonce pas si mal ! » En fixant le score plancher des listes UMP à 13 %, le résultat obtenu par Sarkozy en 1999, le patron du parti chiraquien se donne de la marge. Mais derrière l’esbroufe, il sait que son mouvement a du souci à se faire. Il y a trois semaines, il décide de secouer candidats et cadres du parti. « Il nous faut trouver des idées pour qu’on parle de nous, la campagne UMP n’est pas assez présente dans les médias », se plaint-il, avant de laisser poindre son agacement : « Qui a des idées ? Bien sûr, je m’en doutais, personne n’a jamais d’idées ici ! » Devant un tel assaut d’amabilités, tout le monde se tasse autour de la table. Jeannette Boughrab, l’une des porte-parole, se lance. Elle évoque l’idée de monter une opération avec des footballeurs français qui jouent dans des clubs européens et cite l’exemple de Lilian Thuram qui a « un discours très intelligent sur l’intégration ». Juppé la renvoie dans ses buts : « C’est ça, on va faire venir des types qui gagnent des millions d’euros pour s’adresser à des smicards, très malin, merci Jeannette ! » Personne n’ose reprendre la parole, et le maire de Bordeaux de conclure, mi-énervé, mi-rigolard : « Moi, j’ai une idée pour qu’on parle de nous : on va marier deux lesbiennes rue La Boétie (siège de l’UMP), au moins, ça fera venir les télés ! » Qu’est ce qu’on se marre à l’UMP...
Worth1000.com | Anomalies archéologiques: The top image editing and art contest site on the web.
Opération "Un CD à Jacques Chirac" - Envoyez vos CD à Jacques Chirac, en protestation contre le projet de loi liberticide sur l’économie numérique (LEN): Pour participer à l’opération d’envoi de CD à Jacques Chirac, prenez un CD, mettez-le dans une enveloppe, avec un petit mot de protestation contre le projet de loi sur l’économie numérique (LEN). Cassez le CD en deux en le pliant plusieurs fois dans un sens puis dans l’autre.
Envoyez cette lettre à :
Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
L’envoi de lettres au président de la république est gratuit, vous n’avez donc pas besoin de mettre de timbre sur l’enveloppe !
Répétez l’opération "un CD à Jacques Chirac" pour chacun de vos CD sans valeur (drivers, CD de revues, CD publicitaires, vieux logiciels...). Une fois l’internet transformé en minitel amélioré par la LEN, vos CD ne serviront de toute façon plus à rien, puisque votre ordinateur sera lui même devenu inutile !
Exemple de message à envoyer à Jacques Chirac, en complément du CD, pour chacun de vos envois :
Monsieur le Président de la République,
Je refuse le projet de loi liberticide sur l’économie numérique (LEN). Ce projet de loi est contraire à l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, selon lequel tout homme a droit à un tribunal indépendant et impartial, ainsi qu’à la présomption d’innocence.
Le texte voté par le Sénat a certes été amendé dans un sens plus favorable aux libertés individuelles. Ainsi, le principe d’une surveillance généralisée du Réseau par les fournisseurs d’accès à Internet - contraire à la directive européenne 2000/31 - a été abandonné. Cependant, le principal problème posé par ce projet de loi demeure. Ce dernier fait peser la responsabilité de la censure du Net sur les hébergeurs, en l’absence de toute intervention judiciaire.
Le principal argument apporté par les législateurs pour défendre cette mesure est d’indiquer que la France n’a d’autre choix que de se plier à la directive européenne de juin 2000 sur le commerce électronique, qui prévoit une régulation des contenus en lignes par les prestataires techniques du Réseau. J’attire toutefois votre attention sur le fait que d’autres pays européens ont refusé de faire des hébergeurs des juges du Réseau, alors qu’ils étaient tenus de transposer la même directive européenne. L’Italie et l’Espagne ont ainsi opté pour des dispositions donnant à un "organe compétent" le pouvoir de juger de la légalité des contenus. En Belgique, cette responsabilité revient au procureur du roi. Ces trois pays ont en effet pris la mesure du danger représenté par la création d’une auto-censure de l’Internet.
Entériner ce principe n’est donc pas une fatalité.
Il faut refuser cette mesure dangereuse pour l’avenir du Net français.
La loi sur l’économie numérique (LEN) suscite un rejet massif de la part des internautes et des défenseurs des libertés individuelles. Jusqu’alors, je constate malheureusement que si les doléances du secteur privé et commercial ont été souvent entendues, la société civile a été trop peu impliquée, et surtout trop peu écoutée, lors des débats sur ce projet de loi.
Veuillez recevoir, Monsieur le Président, mes salutations républicaines.
Winckler’s Webzine : Les médecins réquisitionnés ou envoyés sur des urgences ne sont plus couverts par leurs assurances: Dans notre France des années 2001à 2004, des milliers de médecins généralistes libéraux ont été, à un moment ou à un autre, réquisitionnés par les préfectures.
Les textes de Loi n’existant pas pour ce type d’acte d’autorité sur des médecins généralistes, on a eu recours à des textes obsolètes de temps de guerre, sur des références juridiques surréalistes au nom du " péril de la Nation ".
Conduites à peu prés n’importe comment, par départements entiers, dans la plus grande improvisation générale, dans la plus grande désinvolture, et finalement dans le plus profond mépris pour des professionnels de santé à " la haute valeur ajoutée " ces réquisitions ont été mises en place sans tenir aucun compte des règles légales en la matière, sans tenir compte de la nécessité de temps de repos, en situation d’abus de pouvoir, et sous la menace d’amende, sous la coercition conjointe de l’ordre des médecins et des DASS qui depuis novembre 2001 harcèlent littéralement les médecins qu’ils soient hommes ou femmes, dés lors qu’ils sont considérés comme " réfractaires ", avec courriers, intimidations, et jugements iniques devant les tribunaux de l’ordre qui peuvent marquer à vie, plus qu’une inscription à un casier judiciaire, le dossier du médecin poursuivi.
Libération : « J’étais à genoux, les mains menottées.. »: Evénement
Police.
« J’étais à genoux, les mains menottées.. »
De Montpellier à Villejuif, six récits d’interpellations qui ont soudainement tourné au cauchemar.
Par Frédéric BRENON et Pierre DAUM et Jacky DURAND et Brigitte VITAL-DURAND
vendredi 07 mai 2004
es hommes, des femmes. Ils ont 22, 34, 56, ou 60 ans. Ils habitent une petite ville près de Montpellier, ou en Ile-de-France. Il y a une mère de famille, la gérante d’une société, un journaliste. Au hasard d’une voiture mal garée, d’une bagarre dans un bar ou d’une garde à vue, ils ont tous croisé ces dernières semaines la violence de policiers. Témoignages.
Beauchamp (95). 4 mars, 11h30
« On m’a traitée comme si j’étais la complice de Dutroux »
Annie Peysson, 56 ans, laisse sa voiture sur le trottoir de l’avenue de Verdun. Elle sait qu’elle l’a mal garée. Mais c’est jour de marché, les places de stationnement sont occupées, et Annie ne s’arrête que cinq minutes pour aller chercher Mascotte au salon de toilettage. Au moment où elle ressort de la boutique avec son chien, elle voit qu’un agent de police vient de lui dresser une contravention. Elle se précipite. « Je voulais leur dire : "Allez, soyez sympa, c’est jour de marché" », raconte Annie. Mais tout dérape. Ils refusent d’ôter la contravention, elle les traite de « cow-boys ». Elle est embarquée au commissariat.
« Je ne serai plus jamais la même, on m’a cassée », témoigne, le lendemain, cette mince femme blonde qui consacre son temps libre à soigner les animaux abandonnés. Elle est en larmes : « Je suis connue pour faire du bien, et on m’a traitée comme si j’étais la complice de Dutroux. » Cette femme sans histoires a dû subir l’humiliation de la fiche anthropomorphique. « On a fait des photos de moi, de face, de profil, pendant que je tenais une petite ardoise. On a relevé la description de mon visage, avec "grain de beauté", "sourcils épilés", "nez rectiligne". » Annie est indignée : « On m’a demandé quelles cicatrices j’avais sur le corps ! » Ses empreintes digitales sont relevées doigt après doigt, puis la paume de la main, et la main entière. Pour finir, on a recueilli son ADN.
Elle se retrouve convoquée au tribunal de grande instance de Pontoise, le 12 janvier 2005, pour y répondre d’« outrages » à fonctionnaire de la police nationale, « en l’espèce, précise la convocation, les avoir insultés de malhonnêtes et de cow-boys ». Elle ne nie pas : « Malhonnêtes et cow-boys, ça, c’est vrai, je l’ai dit. » Le commissaire Plas du commissariat de Taverny justifie le comportement de ses hommes : « C’est tout à fait normal dans la mesure où il y a eu délit. Un honnête citoyen qui, un jour, passe les bornes se retrouve dans le fichier. Si cette dame est relaxée par la justice, on la rayera du fichier, sinon elle y restera. » L’IGS et l’IGPN ont ouvert une enquête.
Montpellier (34). Nuit du 21 mars
« On va t’écraser, bougnoule »
Didine Benzeghdouche, 34 ans, de Pérols, Hérault, a été roué de coups par les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Montpellier sous les yeux de sa fille de 7 ans tandis que sa femme se faisait rabrouer par un agent lorsqu’elle tentait de porter secours à son mari. Une demi-heure auparavant, une bagarre s’est déclenchée dans un bar voisin, des clients à moitié soûls s’en étant pris à un jeune dont la tête, basanée, ne leur revenait pas. Trois autres jeunes arrivent et se font pourchasser à travers les ruelles du centre-ville par plusieurs adultes armés de barres de fer et de battes de base-ball. A ce moment, Didine Benzeghdouche est chez lui avec sa femme. Les trois jeunes aperçoivent de la lumière et demandent refuge. « Vingt minutes plus tard, raconte M. Benzeghdouche, je sors m’assurer que la rue est libre. Je dis aux jeunes qu’ils peuvent rentrer chez eux. C’est alors que des voitures déboulent dans ma rue, des hommes en civil en sortent, et se jettent sur moi. » « J’étais à genoux, les mains menottées dans le dos, j’en avais un qui m’écrasait le dos avec sa chaussure, et qui me criait : "Espèce de raton ! On va t’écraser, bougnoule !" » Le patron du bar le met hors de cause. Sans un mot d’excuse, les hommes de la BAC récupèrent leurs menottes, et disparaissent sans même poursuivre les soûlards armés de gourdins. Didine Benzeghdouche a porté plainte. En riposte, la direction de la police de Montpellier dépêche le chef de la BAC chez le patron du café. « Le patron du bar nous a expliqué que M. Benzeghdouche était en état d’ivresse, et que son comportement à l’égard de mes hommes était à la limite de la rébellion », raconte Daniel Lavit, le numéro 2 de la police du département.
Paris, métro Saint-Lazare. 30 mars, 11h30
« Rosser deux policiers aurait été un exploit »
Patrick Brosselin, 56 ans, reporter à l’Agence France presse (AFP), emprunte les couloirs de la station de métro Saint-Lazare. « J’ai vu une personne coincée et maintenue violemment au sol par deux ou trois agents de police en civil alors qu’elle était maîtrisée. Face à cette scène, les passants protestaient. Je l’ai fait tout autant. » L’un des agents en civil affirme : « Je suis policier. » « Et moi je suis journaliste », réplique Patrick Brosselin. Qui se fait aussitôt plaquer au sol, menotter puis embarquer au commissariat de la gare, où on le place en garde à vue. Il y restera 29 heures. « Mes lunettes étaient cassées, ma veste, déchirée. Je leur ai dit que j’étais cardiaque, que j’avais subi une opération à coeur ouvert, mais on n’a pas voulu me croire. Jusqu’au moment où je me suis senti vraiment mal... » Il a été alors transféré aux urgences médico-judiciaires. Le journaliste doit comparaître en janvier 2005 pour « outrage » et « résistance avec violence » ayant entraîné une interruption temporaire de travail (ITT) de cinq et deux jours à deux fonctionnaires. « Je mesure 1,66 m, souffre d’une forte insuffisance cardiaque, rosser deux policiers aurait été un exploit ! »
Villejuif (94). 8 avril, 1 heure du matin
« C’était un petit Laguiole qui servait à couper des radis »
Vincent Mazzone, 49 ans, accompagné de son amie, 35 ans, rentrent tranquillement d’une visite à un proche lorsque leur véhicule est arrêté par plusieurs agents de police en tenue. Le contrôle prend vite des allures musclées : Vincent est plaqué à l’extérieur du véhicule, fouillé énergiquement. Un des fonctionnaires trouve un couteau dans une poche. « C’était un petit Laguiole qui servait à couper des radis. Cet objet avait pour moi une très forte valeur sentimentale, je ne m’en séparais jamais. Lorsqu’ils l’ont découvert, leur comportement a tourné à l’hystérie. » Lame placée sous la gorge, les policiers insultent Vincent puis son amie. Protestations. La jeune femme est jetée au sol, son compagnon est roué de coups. Quelques minutes après, le couple se retrouve, menotté, en garde à vue au commissariat. Vincent subit de nouvelles violences physiques. A 22 heures, ils sont transférés vers Créteil, où ils resteront encore jusqu’à 15 heures, soit trente-huit heures après le contrôle routier. Bilan : déplacement de l’épaule et de la clavicule, entorse du genou, blessure au poignet, multiples contusions... Il a eu quatre jours d’ITT, mais, pourtant, ce sont les policiers qui portent plainte pour violences.
Bobigny (93). 8-9 avril
« Allez la vieille peau.. »
E.V., gérante de société, 60 ans, en garde à vue pour une affaire financière à l’hôtel de police. Elle est menottée et attachée au radiateur et le lieutenant de police S. une femme s’adresse à elle en des termes qu’elle a relatés à son avocat : « La vieille peau, on va enfin t’interroger et te montrer que les Deviers-Joncourt et Dumas, nous on les nique... avec tes costumes à la Simone Veil et ton parfum à deux sous, tu vas cracher la vérité. » Plus tard : « Allez, la vieille peau, on y retourne, et tes binocles, tu ne les auras pas, pour compter ton pognon t’en as plus besoin, c’est Fleury qui t’attend et tu sais ce qu’on y fait aux bourgeoises ménopausées comme toi là-bas ; ta garde à vue, elle est reprolongée et maintenant on va te fouiller le cul avant d’aller voir tes copines de Fleury. » L’avocat a adressé une lettre recommandée le 16 avril à l’IGS.
Paris. 18 avril, 5 heures
« Ils m’ont frappé.. »
François Temine a 22 ans. En rentrant en scooter de boîte de nuit, il se fait arrêter pas loin de la Bastille à Paris par trois policiers. « Ils m’ont accusé de rouler en sens interdit alors que j’étais sur une piste cyclable. » Il leur demande de « ne plus le tutoyer en l’appelant "garçon" ». « Je leur ai dit que l’on n’avait pas gardé les cochons ensemble et j’ai voulu voir leur carte de police. Ils m’ont dit : "T’es bourré, tu n’as pas le droit de demander ça." » Menotté, François Temine est conduit au commissariat. Il souffle dans l’éthylomètre qui « affichait 0,16 gramme ». Il demande à nouveau leur matricule aux fonctionnaires. « La femme m’a dit : "Ça t’exciterait, ça te ferait bander de le voir" et elle m’a collé sa carte sur la figure. Celui qui semblait être le chef m’a dit : "Tu mériterais une bonne paire de claques." Je leur ai répondu : "Vous ne seriez pas dans un commissariat, vous ne me parleriez pas comme ça." Là, ça ne leur a pas plu. » Selon lui, la patrouille le tire à l’extérieur du bâtiment. Un policier le jette par terre. « Ils m’ont frappé aux côtes, au visage et dans le dos. Au final, leur chef m’a dit : "Ça te suffit ?" et en partant il m’a lancé : "Pour moi, ce sera garçon." » Le lendemain, le jeune homme a porté plainte à l’IGS.
© Libération
Libération : Un rapport alarmant sur les violences policières: Une commission indépendante sur la sécurité a enregistré une forte augmentation des signalements de violences de la part des forces de l’ordre en 2003, lors d’interpellations sur la voie publique mais aussi à l’occasion d’expulsions d’étrangers ou dans les prisons.
Selon les grandes lignes de ce rapport qui doit être publié jeudi, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), créée en 2000, a été saisie 70 fois en 2003, contre une quarantaine de saisines en 2002 et une vingtaine en 2001.
Cette augmentation est le fait "d’une affirmation du rôle de la commission" après trois ans d’exercice et ne reflète donc pas forcément un accroissement du phénomène, estime le rapport.
Cependant, ses constats semblent en partie confirmer les accusations de l’opposition de gauche et d’associations de défense des droits de l’homme, qui estiment que la violence policière est en augmentation.
Concernant la police, la CNDS relève le cas d’un homme victime d’un malaise diabétique et contraint à s’arrêter sur l’autoroute, détroussé puis abandonné par des policiers.
La commission relève aussi une autre affaire où un homme interpellé pour avoir brûlé un feu rouge a été roué de coups par les policiers et hospitalisé une semaine.
D’une manière générale, les cas dénoncés font état d’abus de pouvoir des policiers, comme une porte forcée ou des interpellations brutales et sans motifs légaux.
La commission a réitéré ses recommandations de 2001 et 2002 sur la nécessité d’améliorer la formation des policiers et leur encadrement et de mettre en place des bilans réguliers sur les méthodes employées et les problèmes rencontrés.
Le rapport note aussi que deux étrangers reconduits en 2003 sont morts dans les avions "à la suite de gestes techniques d’intervention excessivement appuyés et prolongés".
"NECESSAIRE RIGUEUR"
La CNDS a rappelé "avec force la nécessaire rigueur qui doit caractériser l’enseignement et l’application de ces gestes de contrainte", dit le rapport.
La commission a transmis un autre cas de violence au parquet de Bobigny pour d’éventuelles poursuites contre la police de l’air et des frontières.
Il s’agit d’une affaire où un jeune Chinois mineur se serait vu dénier ses droits lors de son placement en rétention et a "fait l’objet d’une tentative illégale de rembarquement forcé assortie de violences."
La CNDS estime par ailleurs que les "vols groupés", les "charters" affrétés par le ministère de l’Intérieur pour renvoyer des groupes d’étrangers en situation irrégulière originaires du même pays, font en général l’objet d’une "préparation insuffisante".
Parmi les 70 dossiers traités en 2003 par la CNDS, une place particulière est enfin réservée aux prisons françaises, où les incidents se multiplient depuis que la surpopulation carcérale a battu des records historiques avec 61.000 détenus pour 48.500 places en juillet 2003.
La CNDS s’est inquiétée de la multiplication des suicides en détention (122 en 2002, dernière statistique disponible). Elle rapporte le cas d’un jeune détenu ayant provoqué sa propre mort et celle d’un co-détenu en incendiant sa cellule.
Pour la commission, ce cas est symptomatique du manque d’attention porté au problème, car le détenu était pyromane. Elle recommande la création d’un dossier unique pour chaque détenu, comportant toutes les informations médicales, judiciaires et psychologiques.
Elle dénonce par ailleurs plusieurs cas "d’agissements jugés déplacés voire inacceptables de la part de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire" et recommande "un contrôle plus ferme de la part de leur hiérarchie".
Grosse Fatigue : Libérez les Call-centers !
Vincent Laforet : "Perspectives" Exhibit: Prises de vues aériennes de New York par Vincent Laforet, photographe du New York Times.
Libération : Daniela, 17 ans, a repris le trottoir: Portrait de la jeune Roumaine arrêtée en compagnie de Dominique Ambiel.
Le Diana: « Toys Camera »
Le mouvement « Toys Camera », littéralement « appareil photographique-jouet », peut être admis parmi les mouvements esthétiques de la photographie contemporaine. Il prône l’utilisation d’appareils photos peu sophistiqués, en plastique, pour s’exprimer photographiquement. Il va à l’encontre du discours technologique et marchand des plus courants aujourd’hui. Par l’utilisation de ces caricatures plastiques d’appareils photographiques, il contribue à remettre la technologie à sa juste place d’outil et à recentrer la photographie autour de son seul sujet : l’image. Si l’on peut faire d’excellentes photographies avec ce type d’appareil, ne démontre-t-on pas indirectement que la qualité esthétique d’une image est indépendante des qualités techniques d’un boîtier ou d’un objectif ? Il s’intègre à la mouvance photographique dite « alternative », plus particulièrement celle liée aux sténotypes, à l’image polaroïd, à la lomographie et à certains procédés de traitement.
Un brin de dérision et de non-conformisme n’est pas inutile dans la démarche du photographe « Toys Camera ». Celui-ci voue un culte farouche à un appareil : le Diana.
Le 18h.com : Nicolas Miguet rattrapé par la justice: Retour brutal sur Terre pour le "sauveur" d’Eurotunnel. Nicolas Miguet fait l’objet d’une information judiciaire ainsi que d’une enquête menée par l’AMF pour "manipulation de cours" et "diffusion de fausses nouvelles".
A peine digéré son triomphe à la romaine dans les travées du parc des Expositions de Villepinte à l’issue d’une AG mémorable, le « sauveur » d’Eurotunnel est déjà rattrapé par la justice. L’homme d’affaires Nicolas Miguet, un temps pré-candidat à l’élection Présidentielle, fait ainsi l’objet d’une information judiciaire ouverte depuis novembre dernier. Comme le rapporte le quotidien Le Monde, la plainte contre X avec constitution de partie civile émane de l’ancienne direction de l’exploitant du tunnel sous la Manche, et porte sur les délits présumés de « diffusion de fausses nouvelles » ainsi que de « manipulation de cours ».
Pour Nicolas Miguet, le chantre des actionnaires contestataires qui ont évincé la direction d’Eurotunnel, cette enquête marque aussi le début d’une inquiétante série. C’est que l’éditeur de presse est déjà dans le collimateur de l’AMF pour les mêmes faits présumés : en clair, des mouvements suspects de l’action Eurotunnel entre mai et septembre 2003 couplés à des analyses douteuses sur le titre. Le tout dans une logique évidemment spéculative. Reste maintenant au gendarme boursier français de démêler l’écheveau des informations financières contradictoires : celles divulguées par la direction étaient-elle plus fiables que celles délivrés par les autres acteurs, dont Nicolas Miguet ?
LExpansion.com
Libération : Nicolas Miguet, l’inquiétant: En 2002, il s’était rêvé candidat à la présidentielle. Coup de bluff et de pub : il n’avait pu réunir les 500 signatures. Militant anti-impôt, Miguet, 43 ans, est connu pour sa trombine, affichée dans des publicités pour des services téléphoniques de conseils boursiers, ses sympathies d’extrême droite, ses dérapages de gestion et ses invectives. Incarcéré à la fin des années 1990 pour « banqueroute », il a été interdit de gestion d’entreprise entre 1997 et 2002. Il est le principal artisan de la prise de pouvoir (des petits porteurs d’Eurotunnel.).
LetterJames: Cartes postales et ecards personalisables
Libération : Frais de bouche des Chirac : Delanoë ne digère pas le non-lieu: Le maire de Paris a décidé de faire appel.
Obstination ou simple volonté d’aller au bout du processus judiciaire ? Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a en tout cas décidé hier de faire appel de l’ordonnance de non-lieu rendue le 15 mars par le juge Courroye dans l’affaire des frais de bouche du couple Chirac alors qu’il occupait l’Hôtel de Ville. « Il est désormais souhaitable que la lumière puisse être faite sur les conditions dans lesquelles ces détournements apparaissent ou non dans la comptabilité publique de la Ville et dans quelle mesure ils sont prescrits », s’est justifié Bertrand Delanoë.
Les chances de succès s’annoncent toutefois minces. Le juge Courroye a en effet clos son enquête sans engager de poursuites, en raison de problèmes de prescription. Le parquet a ensuite partagé son avis.
La démarche du maire socialiste n’est toutefois pas sans intérêt car elle pourrait amener la Cour de cassation à trancher le débat sur la prescription qui envenime cette affaire. La justice estime que le point de départ de la « mort » judiciaire se situe lors du contrôle des dépenses du couple Chirac par l’administration parisienne au début des années 90 , alors que certains observateurs, dont l’opposant (vert) Alain Riou, qui a pressé Bertrand Delanoë de faire appel, pensent que la prescription a démarré lors de la dénonciation des faits dans un rapport de la questure, en mars 2002. Seule cette clarification pourrait relancer une enquête pourtant alimentée par plusieurs témoignages probants d’employés de la mairie de l’époque.
Libération : « La France de 2004, c’est pas ma France »: Les Français sous Raffarin : un citoyen qui aide les exclus.
Libération : L’Inde pourrait carburer au plastique: Recyclage. Une chimiste a trouvé comment transformer ce type de déchets en essence.
La Belle Image: Galeries photo Kodachrome, Holga et Polaroid.
Libération : Organismes génétiquement masqués: Agriculture. Des universitaires britanniques ont révélé la présence de soja transgénique dans certains produits labellisés « organiques » ou « sans OGM ».
Michael Going Gallery of Altered Polaroid SX-70 Photographs
Libération : « Buzz » Antipub: Il ne faut pas faire de la pub aux antipub. Les résistants au tout publicitaire savent bien qu’un bon coup de « buzz » pourrait les achever, les rendre définitivement « tendance », donc inoffensifs. Ils ont tiré les leçons de l’histoire et se souviennent des révoltés de la société de la consommation du siècle dernier qui ont fini dans des agences de communication.
Libération : Le Mexique contaminé par son voisin: Agriculture. Alors que les cultures de maïs transgéniques sont interdites dans le pays, des traces d’OGM y ont été détectées. En cause : des graines en provenance des Etats-Unis.
Libération : Les « loubards » hurleurs étaient des policiers: A Lyon, un baryton polonais renommé se frotte aux méthodes « musclées » d’agents. A Nanterre, une mère est empêchée de voir son enfant blessé.
Libération : Descente en piqué des apiculteurs: Emmenés par José Bové, des manifestants ont envahi la Direction de l’alimentation pour exiger l’interdiction immédiate du Fipronil.
DiDieR SuPeR ChAnTeUr: Après avoir cartonné dans la chanson,
Didier voudrait faire du cinéma.
Didier deviendra ensuite Gouverneur
des Etats Unis, et puis Maître du Monde.
il compte ouvrir un salon de coiffure
pour pas trop se faire chier la journée..
Ses Pensées :
"Un artiste aujourd’hui c’est une gonzesse qu’on laisse chanter à la télé parce qu’elle est bonne"
"Si c’est vrai que la réincarnation existe, pourquoi faut-il à chaque fois gacher une partie de son enfance à réapprendre les bases"
"Aime les cons, et tu t’aimeras toi même"
"Arrête d’aller voir ta Grand-mère pour qu’elle te donne des sous et tu verras qu’elle t’en donneras encore plus"
"Mettre une télévision dans ses toilettes ça permet de pousser sans réfléchir"
"Si la Vierge Marie était vraiment vierge, ça veut dire que Jesus a été adopté"
"Les Anglais quand on voit ce qu’ils bouffent, on comprend pourquoi ils sont moches"
"Les Riches sont facilement gros car ils savent que quand ils veulent ils s’achètent la ceinture qui rend maigre"
"Le problème quand tu aimes les gosses c’est qu’il faut d’abord se faire chier à niquer une gonzesse pour en avoir un"
Libération : Juppé, poids lourd de l’UMP: Chahuté dans les rues de Troyes, il leste les chances électorales de son camp.
Chez lui, c’est un signe qui ne trompe pas. Les dents viennent subrepticement mordre la lèvre inférieure. Alain Juppé est colère. Très colère. Deux heures durant, hier après-midi, une douzaine d’« anars » troyens lui ont pourri son retour à la vie politique. Aux cris de : « Libérez les sans-papiers, enfermez Alain Juppé ! », ils l’ont harcelé, l’obligeant à modifier une partie de son programme et à se réfugier dans la mairie de Troyes (Aube). Un indice supplémentaire qui montre que le président de l’UMP risque bien de plomber les chances de sa formation aux régionales...
CQFD - Chômage / La France au travail
Brave Patrie - Alain Juppé responsable.: Bien que bientôt acquitté, demain, ou après demain, Alain Juppé s’en va. Il l’a annoncé hier sur France 2 en regardant David Pujadas droit dans les yeux.
Appel national pour la béatification d’Alain Juppé: Appel national pour la béatification d’Alain Juppé
Avant de préparer sa succession, sa Sainteté Jean Paul II a désormais une mission exceptionnelle à remplir : la béatification d’Alain Juppé ! Après les efforts rapides et récents faits en faveur de Sœur Emmanuelle et José Maria Escrivar, sa Sainteté doit en effet absolument engager ce processus long qui permettra de reconnaître les qualités d’un homme d’une envergure exceptionnelle.
Alain Juppé, si l’on en croit les déferlements médiatiques de la semaine écoulée, remplit absolument toutes les conditions du droit Canon pour prétendre à la Sainteté citoyenne Le dévouement envers les autres.- Alain Juppé a ainsi témoigné depuis de longues années d’un dévouement désintéressé à l’égard du Peuple. D’abord dans toutes ses fonctions, malgré une ascension sociale remarquable, il a su, en toutes circonstances rester simple, courtois, disponible, discret pour apporter ses immenses connaissances au service de l’action publique.
Il a ensuite démontré, à la Mairie de Paris, une disponibilité remarquable pour trouver des logements sociaux à des personnes nécessiteuses et procurer, à l’insu de son plein gré, des emplois lucratifs à des citoyens dans le besoin. Ce rôle d’élu soucieux de préserver les intérêts du peuple souverain a mérité, depuis plusieurs jours les louanges, le respect et l’admiration de tous ses pairs. Lire la suite...
Libération : « J’ai été sorti de l’avion menotté et déchaussé »: Un passager raconte son interpellation après avoir critiqué les conditions d’expulsion d’un Congolais.
Libération : Colère des magistrats contre les pressions: Ils fustigent des politiques qui nient la séparation des pouvoirs.
« On en reste à des traditions de l’Ancien Régime où l’ensemble des élus considère que les lois qu’ils votent s’appliqueront à tous les citoyens, mais jamais à l’exécutif ni aux élus », selon le président de l’Union syndicale des magistrats (majoritaire, modéré), Dominique Barella. A ceci s’ajoutent, contenues dans le projet de loi Perben2, les instructions du ministre de la Justice dans les dossiers particuliers. « C’est extrêmement inquiétant, ajoute Dominique Brault, du Syndicat de la magistrature (gauche). Quelle est cette conception de la démocratie ? Avec un Premier ministre qui réagit à la condamnation d’un de ses amis ! Le pouvoir a totalement perdu le sens de la séparation des pouvoirs ! Et ce même gouvernement et ses amis politiques ne cessent d’affirmer que les juges doivent punir plus sévèrement les délinquants. Et les mêmes ont le souci que les délinquants politico-financiers ne soient pas soumis à une loi qu’ils ont eux-mêmes fait adopter ! » La boucle est bouclée avec l’indignation de l’Ump devant la « peine automatique » qui frappe Alain Juppé, alors que Sarkozy et 150 députés UMP veulent justement instaurer des peines automatiques pour les récidivistes.
L´investigateur 166 - Le fils caché de Jacques Chirac : Le fils caché de Jacques Chirac
Il a 17 ans et il vit au Japon
BLACKSPOT SNEAKER: THE BIG QUESTION
For years, Nike was the undisputed champion of logo culture, its swoosh an instant symbol of global cool. Today, Phil Knight’s Nike is a fading empire, badly hurt by years of "brand damage" as activists and culture jammers fought back against mindfuck marketing and dirty sweatshop labor.
Now a final challenge. We take on Phil at his own game - and win. We turn the shoes we wear into a counterbranding game. The swoosh versus the anti-swoosh. Which side are you on ?
Adbusters has been doing R&D for more than a year, and guess what ? Making a shoe - a good shoe - isn’t exactly rocket science. With a network of supporters, we’re getting ready to launch the blackSpot sneaker, the world’s first grassroots anti-brand, with a ground-breaking marketing scheme to uncool Nike. If it succeeds, it will set a precedent that will revolutionize capitalism.
Libération : Les pieds dans le no-logo: Le magazine alternatif « Adbusters » lance une chaussure « équitable » pour contrer le célèbre modèle racheté par Nike. Mais l’utilisation de méthodes commerciales provoque une fracture au sein du mouvement altermondialiste.
[uZine 3] JE est un autre: Il convient désormais de s’identifier pour avoir le droit de s’exprimer. Soit. Mais ce que ne dit pas le gouvernement, c’est à quel point cette « identification » a priori de l’internaute est une menace très grave, et bien réelle, pour notre vie privée. Le spectre de Big Brother est d’ailleurs devenu l’une des principales cyber-préoccupations des Américains (qui, soit dit en passant, se gaussent bien de ces frenchies qui, comme leurs édiles il y a quelques années, veulent « réguler » l’inrégulable...).
À quoi ça sert de refuser de s’identifier ? Ben à protéger sa vie privée, pardi ! Petit état des lieux de qui surveillent quoi, et comment s’en protéger.
Libération : « Traitements inhumains » dans les prisons françaises: Le Comité européen de prévention de la torture blâme le surpeuplement carcéral.
Shaking Hands with Saddam Hussein: Shaking Hands : Iraqi President Saddam Hussein greets Donald Rumsfeld, then special envoy of President Ronald Reagan, in Baghdad on December 20, 1983.
José Bové : le jeu !: Incarnez José Bové dans ce jeu pour sauver le monde.
Libération : Sovab : les intérimaires ne le sont plus: La Cour de cassation a requalifié en CDI les contrats de 150 ouvriers de la filiale de Renault.
Libération : La Cour de cassation rappelle les limites du travail temporaire: PARIS - La Cour de cassation a rappelé mercredi, dans deux arrêts sans précédent, les limitations imposées aux employeurs en cas de recours au travail temporaire.
"Le contrat de travail temporaire ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice", dit la chambre sociale de la Cour.
"Un utilisateur ne peut faire appel à des salariés intérimaires que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire dénommée mission", ajoute-t-elle.
Ces deux arrêts sont rendus alors que le gouvernement projette d’instaurer un nouveau type de contrat de travail temporaire très critiqué par l’opposition et les syndicats.
l’Examineur - Une partouze dégénère en dîner: A nouveau des notables toulousains impliqués
Par Valérie Azoulay
Patrick Joyeu et ses invités
La gendarmerie de Toulouse a appréhendé vendredi à 23h seize personnes alors que, leur partouze n’ayant pas « pris », elles avaient finalement peu à peu décidé de se mettre à table. Une nouvelle affaire dont les toulousains se seraient bien passés !
Les notables toulousains sont décidément dans la ligne de mire, ces derniers temps. Parmi les seize personnes arrêtées vendredi au domicile du procureur général de Toulouse, se trouvaient également trois avocats, un juge, un médecin, une pharmacienne, une directrice d’école, un directeur de la police, une journaliste, et Dominique Baudis, l’ancien maire. Tous attablés devant un bon dîner, les convives allaient passer au plat de résistance lorsque vingt-sept gendarmes on enfoncé portes et fenêtres pour s’emparer de tout ce beau monde.
Patrick Joyeu avant le dîner
Ce n’est pas la première fois qu’une partouze dégénère en dîner dans la ville rose, désormais célèbre pour les mœurs dissolues de ses habitants, mais c’est la première fois que les principaux acteurs de ces agapes font partie de la « bonne société » toulousaine. Et cette fois-ci, les gendarmes ont agit à la suite des témoignages accablants de deux anciens cuisiniers, qui affirment avoir insultés et frappés par un certain « Nénette », jamais satisfait des plats qu’on lui servait.
Mais c’est surtout le nom de l’un des organisateur de ces dîners, un certain Patrick Joyeu, qui a incité les gendarmes à réagir promptement. Bien connu des milieux de la restauration toulousains, cet individu aurait a plusieurs reprises servi de la nourriture avariée à ses convives, entraînant de fortes diarrhées qui ont perturbé la vie politique locale.
Libération : Un grain de sable dans la machine OGM: Dans la province de Saskatchewan, Percy Schmeiser tient tête au géant Monsanto qui l’accuse d’utiliser en fraude son colza transgénique. La Cour suprême du Canada examine demain le cas de ce fermier têtu devenu une figure altermondialiste.
[Rdb-france] "Jeu-Action" Anti-Pub: Quand vous recevez de la publicité avec votre facture d’électricité ou de
téléphone, joignez-la avec votre paiement. Laissez à la compagnie le soin de s’en
débarrasser.
Quand vous recevez dans votre courrier ces lettres de pré-approbation pour
des cartes de crédits, prêts automobiles ou autres offres du même genre, la
plupart sont
accompagnées d’enveloppes de retour pré-affranchies, pas vrai ?
Donc pourquoi ne pas en profiter pour vous débarrasser d’autres courriers
inutiles en les mettant dans ces jolies petites enveloppes et ensuite à La Poste ?
Vous pouvez ainsi envoyer l’annonce reçue de votre dépanneur local à American
Express.Ou vos coupons rabais de pizza à SFR. Ou les offres exceptionnelles
du Franprix à qui vous voudrez ... Si vous n’avez rien reçu d’autre cette
journée là, vous pouvez toujours retourner le formulaire vierge dans l’enveloppe
pré- affranchie !
Si vous voulez demeurer anonyme, pensez juste à vous assurer que votre nom
n’est pas écrit sur l’un ou l’autre des documents que vous retournez. Vous
pouvez aussi renvoyer l’enveloppe vide juste pour laisser la société se demander
si elle a perdu un client potentiel. Au bout d’un moment, et si nous nous y
mettons tous, les banques,
compagnies de crédits et autres marchands de pizza vont commencer à recevoir
toutes les cochonneries qu’elles ont envoyées. Laissons les donc apprécier ce
que c’est que de recevoir toutes ces inanités. Le meilleur dans tout ça c’est
qu’elles paieront elles-mêmes pour l’enveloppe et le timbre ! (et ceci 2 fois :
l’envoi et le retour) Pas beau , ça ?
Aidons à garder notre service postal occupé puisqu’il prétend que le courrier
électronique leur pique des clients, et pour cette raison il devra sans doute
prochainement augmenter le prix des timbres !
Partagez ce message avec 1, 2, 3, et pourquoi pas 50 amis, et surtout,
amusez vous bien "
Libération : Chavez et Lula, avec Castro contre Bush: Accolade chaleureuse entre le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le Vénézuélien Hugo Chavez, au Sommet des Amériques qui s’est ouvert lundi à Monterrey, au Mexique. Malgré les efforts de Washington pour déloger Fidel Castro, au pouvoir depuis 45 ans à La Havane, l’Argentine, le Brésil et le Venezuela ont tous trois établis des relations amicales avec le leader Maximo, stigmatisé lundi par George W. Bush. Alors que dans la journée, le président américain a appelé ses homologues participant au cinquième sommet des Amériques à « travailler pour une transition rapide et pacifique à Cuba », Hugo Chavez a fait l’éloge de l’aide que La Havane apporte à son pays en matière d’éducation et de santé. « Nous avons pu cette année alphabétiser un million de personnes en six mois grâce à l’aide sans prix de Cuba –rendons à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ».
Cette passe d’armes à peine voilée entre les présidents vénézuélien et américain intervenait alors que les relations se sont encore tendues entre Washington et Caracas, quelques jours avant le sommet. Le président vénézuélien avait qualifié Condoleezza Rice, conseillère pour la Sécurité nationale du président Bush, de « véritable analphabète », après que celle-ci l’eut accusé de ne pas jouer un rôle constructif dans la région.
(libération.fr)
Bush in 30 Seconds
Libération : Le Rajasthan met le désert au vert: Eau. En redécouvrant les méthodes ancestrales de récupération de la pluie, des Indiens ont transformé les sols arides de leurs villages en terres fertiles et prospères.
Délit de grossesse en Caroline du Sud (EUA): Regina McKnight, 26 ans, purge 12 ans de prison pour avoir enfanté un enfant mort-né. Aux yeux du Procureur Général de Caroline du Sud, elle a commis un meurtre. L’absence de lien établi médicalement entre la mort du fœtus et la consommation de cocaïne par sa mère n’a pas pesé autant dans la décision du jury que la volonté des plaignants de faire de Regina McKnight un exemple. La Caroline du sud est le seul état des EUA à étendre ses lois de protection des enfants aux « fœtus viables », et aussi le seul état qui pratique des tests de drogue sur les femmes enceintes et en transmet les résultats à la Police sans leur consentement. 27 organisations, dont l’Association Américaine de Santé Publique ont fait appel de la sentence à la plus haute cour de justice des EUA.
Le vrai Le Pen: Vous croyez connaître Le Pen ? A voir
Libération : Roissy : zones d’attente, zones de violences: Selon un rapport du Comité anti-torture du Conseil de l’Europe publié mardi, de nombreux étrangers se plaignent d’être soumis à des brutalités par des policiers français dans les zones de rétention de l’aéroport parisien.
CQFD - Chômage / Prend ton usine: Prends ton usine et casse-toi
Fin août, le directeur de Flodor, Vimo Madéri, déménageait en douce le matériel de son usine de Péronne, en Picardie. Surpis en flagrant délit par ses ouvriers, le fabricant italien de chips devenait aussitôt un symbole de l’indélicatesse patronale. Médias et élus en tête, un torrent d’indignation se répandait sur la région et le pays. Flodor n’est pourtant qu’un cas parmi d’autres, l’énième avatar d’une pratique bien rodée de casse industrielle. Qui, elle, ne choque personne.
[ d|a|v|d|u|f|.|n|e|t ] - Sans papier rue d’Aubervilliers: Rue d’Aubervilliers à Paris, se trouve la préfecture de police. le long de la voie ferrée et face à l’entrée de la zone industrielle CAP 18. C’est le bureau des demandeurs d’asile.
Libération : Travail forcé : témoins à charge contre Total: Deux soldats birmans réfutent le rapport de Kouchner.
Libération : Sarkozy énerve les magistrats: « Sarkozy partout, justice nulle part », ont scandé une soixantaine d’avocats et de magistrats réunis devant l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), à Bordeaux, pour protester contre la participation de Nicolas Sarkozy à une conférence débat au sein de l’établissement. Dénonçant une « violation de l’indépendance de la justice », le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le Syndicat des avocats de France (SAF), l’Union des jeunes avocats (UJA) et la Ligue des droits de l’homme (LDH) avaient appelé à un rassemblement contre l’irruption du ministre de l’Intérieur dans le domaine de la justice.
Evelyne Sire-Marin, présidente nationale du Syndicat de la magistrature, a ainsi dénoncé « un grand empiètement sur la séparation des pouvoirs ». « Que des juges et des avocats soient entourés par des CRS sans pouvoir approcher de l’ENM montre que l’ENM est une terre conquise pour le ministre de l’Intérieur », a-t-elle dit. Nicolas Sarkozy a pour sa part dénoncé « une exploitation politique de petits groupes politiques dont on ne parle pas souvent et qui ont voulu se faire un peu de publicité » et assuré que l’ambiance durant cette conférence de deux heures dans l’amphithéâtre de l’école avait été « excellente ». (Libération.fr)
Brave Patrie : La justice fait rendre gorge aux iconoclastes du métro
Libération : Le Net se met dans le coût: Super-mail, horoscope, météo, rencontres... La Toile française passe au payant.
Mais pour France Télécom, la vague du payant est « plus lente que prévue ». L’opérateur historique s’inquiète : « Il y a toujours un éditeur qui refuse la règle du jeu », et s’entête à faire du gratuit, regrette Olivier Bon. « Il y a toute une pédagogie aussi à faire du côté des consommateurs » pour leur expliquer qu’un contenu de qualité est forcément payant. Mais « on ne fera pas boire un cheval qui n’a pas soif », conclut, philosophe, l’opérateur.
eCibas : Fermer les windows
Venezuela et Argentine : histoire de deux coups d’état: Progressive investigative journalist breaks news the establishment doesn’t want you to hear.
Orisinal, jeux pour petits et grands (jeux Flash)
acrimed | FR3 et les intermittents : autocensure (SNJ-CGT)
Suppression de Pentecôte, le SUCE et Nicolas Miguet appellent à une grande action de soutien - Désinformations.com: Pascal Deshaies, Président du SUCE (Syndicat Unifié des Cireurs de pompes Européens), appelle "tous les français à manifester massivement leur adhésion à la suppression d’un jour férié inutile".
Le SUCE applaudit en effet "le soutien sans faille que les français apporteront à nos pauvres ainés qu’ils ont abandonnés cet été. Seuls Bernadette s’échine à la tâche pour nos anciens. Sifflons en travaillant le prochain lundi de Pentecôte, habillons nous de couleurs vives et festoyons au bureau !".
Pascal Deshaies, de plus en plus enthousiaste et accompagné de Nicolas Miguet, appelle ses partisans à "envoyer le lundi de Pentecôte un e-mail à l’adresse Internet de Matignon, pour remercier Monsieur Raffarin du plaisir de travailler un jour supplémentaire, sans augmentation !".
Nicolas Miguet, nouvel adhérent du SUCE et immédiatement promu vice-président en charge du dossier des petits actionnaires, s’est exclamé lorsque nous l’avons interrogé : "Vive Raff’ et le Baron, vive le Médef, vive nous, c’est urgent !!!".
Selon Fox T.Paddle, président de l’IDOF (Institut Désinformation et Opinion Francophone), l’apport intellectuel de Nicolas Miguet permet au SUCE de retrouver "son âme" et donne un nouveau souffle à la contestation anti-sociale.
L’Express - Nicolas Miguet, le mégalo: Franc-tireur du conseil boursier, il s’est fait le porte-parole des petits actionnaires d’Eurotunnel. Quelles sont donc les méthodes de ce sulfureux homme d’affaires qui rêve même de l’Elysée ?
Il n’a pas choisi Ferrari, « parce que ça faisait Anelka ». Et comme il trouve Porsche trop commun, malgré le moteur « impeccable », c’est une Maserati - « Avec un M comme Mégalo », dit-il - que Nicolas Miguet s’est offerte, en juin dernier. Un coupé flambant neuf, intérieur cuir rose pastel, boîte automatique séquentielle, ordinateur de bord, 390 chevaux, payé 97 000 €. Premier signe visible de sa récente richesse. A son volant, les départementales de son Eure natale défilent à toute allure. Comme les quarante-deux années d’une route personnelle cahoteuse, jalonnée de coups de bluff et d’accidents de parcours...
Colombie : Coca-Cola met sa bête noire syndicale dans les cordes
Libération : la ville qui affole les labos américains
Stop à la pub: Appel au recouvrement d’espaces publicitaires
Linuxfrench.net : L’ignorance, c’est la force - Pirates Mag s’arrête
Brave Patrie : Bertrand Bertrand au pied du mur, par Jean-François Canne
Le beauf et sa bagnole : Racontez vos plus belles bourres
Grosse Fatigue
Cher Lieutenant George W. Bush: Par Michael Moore.
J’espère que tu ne m’en veux pas de t’appeler par le seul véritable titre militaire que tu aies jamais obtenu, celui de ton "service" temporaire dans la, euh, Garde Nationale Aérienne du Texas. Depuis le jour où je t’ai vu dans cet uniforme de pilote, atterrissant sur ce bateau, je suppose que tu préfères qu’on t’appelle par ton titre militaire, plutôt que par le titre civil qui t’a été imposé par les copains de ton père.
Rezo.net : L’autre Portail
Les cagoulés ont frappé
The Propaganda Project Remix
Remettre en cause la "preuve par l’image" : un devoir civique
The Guardian, Terry Jones et George W Bush: Voici un article publié dans The Guardian, le 25 janvier 2003,
par Terry Jones, (des Monty Python).
Cambouis de Luz
Merydeparis.com : un site "Abracadabrantesque": L’actualité donne parfois des bonnes idées de sites satiriques amateurs et il devient de plus en plus fréquent que les noms marquants soient déposés aussitôt en nom de domaine. Ainsi, le site Merydeparis.com a été ouvert juste après la publication le mois dernier par "Le Monde" de la confession vidéo de Jean-Paul Mery, financier de l’ombre des partis politiques. MeryDeParis étant un jeu de mot en référence au nom du principal intéressé et aux liens qu’il entretenait avec la Mairie de Paris.